vendredi 1 juillet 2022
Chronique

Chronique (54)

La musique est célébrée dans le monde depuis mardi 21 juin 2022. C’est la fête de la musique. Les musiciens tchadiens sont aussi en fête. Depuis l'avènement du covid-19, l'ardeur et l'engouement festifs n'y sont plus. Certains musiciens estiment que le plus grand problème que rencontrent les musiciens tchadiens c'est le manque de volonté politique pour soutenir la musique tchadienne. Pis, le tchadien ne consomme pas sa musique, s’il le fait c’est très marginalement. Chronique.

La fête de la musique est célébrée à N'Djamena ce 21 juin dans un seul site en occurrence, à l'Institut Français du Tchad (IFT). L'ambiance du passé avec plusieurs sites semble être un vieux souvenir. Quelles pourraient en être les raisons ? Difficile à répondre à cette question. Mais l'important est que, les musiciens tchadiens trouvent enfin après l'avènement de covid-19, un cadre pour s'exprimer leurs talents et se faire évaluer par leurs fans. Comprise comme l'art de combiner les sons pour les rendre agréables à l'oreille, la musique se transporte. Des efforts ont été consentis par les musiciens tchadiens pour combler leurs fans des bienfaits de la musique. Il y a un retour à la source, une révolution qui se traduit par la quête de l'identité nationale. La musique adoucit les mœurs. Et combats le stress.

Les débuts de la musique populaire au Tchad datent de 1962 à cette époque c'était l'orchestre « Tchad succès » qui évoluait à Fort-Lamy, ancienne capitale du Tchad aujourd'hui N'Djaména. Deux plus tard en 1964, l'orchestre Chari-Jazz est né à Fort-Archambault actuel Sarh, chef-lieu de la province du Moyen-Chari. Certains membres de cet orchestre vont bénéficier d'une formation au Zaïre, actuelle République Démocratique du Congo (RDC),  financée par le premier président tchadien, Ngarta Tombalbaye.

Aujourd'hui, le nombre des orchestres tchadiens est passé du simple au triple avec un environnement musical cosmopolite. La culture musicale étrangère a pénétré les frontières tchadiennes et le système musical national est influencé de toute part. Certains rythmes tels que le hip-hop des États-Unis et de l'Europe ainsi que d'autres rythmes africains comme le Dombolo, le coupé décalé, les Zouk ont infecté le milieu musical tchadien. Les figures de la musique tchadienne les plus connues actuellement sont entre autres, Abdoulaye Ndergué, Talino Manu, Ahmed Pécos, Matania, Maître Gazonga, Matibeye Généviève, Cidson Alguewi, Caleb Rimtobaye (Afrotronix), Mounira Mitchala, Kaar Kass Sonn, Moussa Chauffeur, Yasmine Abdallah, Diégo, Aimé Paly.

Seulement, les musiciens ont toujours déploré le fait qu'on les considère comme des amuseurs du public. Or, ils jouent un rôle important dans la promotion de la culture. Selon eux, les autorités les ignorent, le public voire les médias les évite. Les difficultés rencontrées souvent par les musiciens tchadiens sont le, par exemple, le paiement de leurs redevances, le manque des infrastructures, etc. Le bureau des droits d'auteurs a toujours évoqué l'insuffisance des moyens lui permettant d'effectuer de contrôle de la déperdition des redevances des musiciens ou artistes en général auprès des redevables (Bars, média, alimentations, kiosques, etc.).

Au-delà du rôle récréatif et de divertissement, la musique a toujours été un instrument de la promotion des cultures. Mais aussi une véritable industrie pouvant booster l'économie nationale. Il existe des talents, il suffit d'investir en eux pour révolutionner la musique tchadienne.

Moyalbaye Nadjasna

Eaux, électricité, carburant, gaz et denrées alimentaires sont des nécessités du quotidien dans la vie des ménages. Au Tchad, l’accès à ces besoins vitaux est un problème sérieux. Une situation qui rend difficile la vie des Tchadiens. Un véritable casse-tête. Qu’est-ce que pourrait être à l’origine ? Chronique.

Difficile à comprendre et très difficile à réaliser aujourd’hui à N’Djamena capitale tchadienne. Depuis une semaine, les ménages souffrent pour recharger leurs bonbonnes de gaz butane. A brouette, à moto ou en véhicule, des chefs de  famille et des majordomes ou « domestiques » parcourent des quartiers sans lueur d’espoir. Interrogation. Mystère et boule de Crystal. Comment ces ménages se débrouillent pour, ne serait-ce que, faire la cuisine ? Voilà la pénurie sévit. Et le charbon et le bois de chauffe sont interdits. Le Tchadien se demande dans combien de temps encore son ménage va continuer à en souffrir ?  

Hier c’était la pénurie du gasoil qui défrayait la chronique dans les médias. Jusque-là aucune raison claire n’a pu élucider cette pénurie à N’Djamena et sur le territoire national. Aucune explication. Ni la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT), ni l’Autorité de Régulation du Secteur pétrolier Aval Tchad (ARSAT) d’ailleurs suspendue, ni la mini-raffinerie aucune de ces institutions pétrolières n’a daigné dire un mot aux Tchadiens. Ils croient ne pas redevables à la population tchadienne. Eux, les intouchables de ce qui reste de cette république de clans, des amis, des familles et des brillants incompétents.

L’eau c’est la vie, l’électricité, c’est la vue, a-t-on coutume de scander la Société nationale d’électricité et celle des Eaux, dans ses spots publicitaires qui courroucent les téléspectateurs. Des sociétés d’État qui existent sans rendre les services auxquels les abonnés ont droit. Elles se permettent encore de croire qu’elles servent les Tchadiens. Tellement les Tchadiens peinent au quotidien pour profiter de leurs services qu’ils immigrent peu à peu vers le solaire, affectueusement appelés « panneaux ». Bientôt, espérons que ces sociétés feront faillite. Et c’est tant mieux pour tous…enfin peut-être.  

La souffrance est partout que dans certains quartiers, lorsqu’il n’y a pas l’électricité, que lorsque l’eau ne coule plus, les gens se rouent vers les pompes à motricité humaine chez les voisins. L’électricité alors, c’est carrément la terreur des N’Djaménois. L’électricité arrive, s’il arrive à 1heure du matin pour être repris dès 7h. La majorité des Tchadiens des vieux quartiers centraux dorment dans le noir, vivent dans le noir. Et se réveille le lendemain avec des dirigeants aussi ténébreux et magouilleurs dans leurs décisions que fanfarons dans leurs promesses. Ils n’anticipent rien. Ils ne prévoit rien. Ils n’ont aucune solution, navigue à vue. Alors que gouverner c’est prévoir, et prendre soin des siens. Gouverner pour eux c’est rester dans le déni. Dans l’obscurité de l’incompétence.

J’erre en ville à la recherche de ma bonbonne de gaz. Et d’un peu de lumière. Je n’ai toujours pas trouvé ma bonbonne de gaz. Mon quartier est plongé dans l’obscurité. Mon « taco » manque de carburant, les stations-services manquent d’essence et de gasoil. J’ai de la peine pour mon pays, pour tous ces braves gens qui se remettent toujours à Dieu, à Allah. Je suis tenté de paraphraser le titre du roman du défunt écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma… « Allah n’est pas obligé », ce titre va parfaitement à ce pays. Les pénuries ne sont pas l’affaire de Dieu, mais celle d’hommes et d’incompétence.

Moyalbaye Nadjasna

Certains Tchadiens ont fait entrer dans leur mode de discours, l’éloge au président de la République. Depuis le premier président François N’garta Tombalbaye jusqu’à Idriss Deby Itno et le président du Conseil Militaire de Transition (CMT), dans la plupart des discours, les mots qui sortent de la bouche de tous les responsables administratifs et les décrétés lors de discours solennel sont « grâce à la clairvoyance du président X », « par la volonté du chef de l’État », « sous l’impulsion du président », etc. Est-ce une manière de jeter des fleurs au président ou du « griotisme »? Chronique

Du plus petit au plus grand, tout agent de l’État qu’il soit décrété ou pas, s’il tient un discours se jette en louangeant les mérites du président de la République dans tel ou tel aspect de la vie politique tchadienne. Chacun est censé exprimer de vive voix ses talents du griot du chef. Les expressions qui donnent du zèle au président sont prononcées dans les discours de toutes les cérémonies officielles. On peut citer par exemple, « je voudrais exprimer ma gratitude à l’endroit du général Mahamat Idriss Deby Itno, président de la République, chef de l’État ». Ou encore « la question de l’emploi des jeunes est une préoccupation majeure du Général d’armée qui ne ménage aucun effort pour traduire dans les faits cette question qui gangrène notre économie ».

Des propos qui passent à côté des réalités que vivent les Tchadiens. Ceux qui prononcent ces propos savent très bien que c’est totalement faux ce qu’ils disent, mais ils sont tenus de le faire pour plaire au chef sinon leur poste est en jeu. Tenez, lors de la cérémonie de clôture des activités marquant le cinquantenaire de l’université de N’Djamena, les étudiants ont hué le président de l’université Mahamat Saleh Daoussa Haggar qui a fait l’éloge du président du Conseil Militaire de Transition qui n’est concernée ni de près ni de loin par la vie de l’université de N’Djamena même s’il préside la destinée du pays. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, tous ceux qui tiennent ces discours le matin, reviennent le soir pour dénoncer et réclamer à ces autorités qu’ils vantent le mérite, les meilleures conditions de vie et de travail. Ironie du sort.

L’exemple le plus parlant est celui du président du Conseil Militaire de Transition. Il s’est attribué le titre de président de la République, chef de l’État en plus du président du CMT. Ces multitudes de titres donnent du fil à retordre pour ceux qui les prononcent lors des allocutions. Mahamat Idriss Deby passe de président du Conseil Militaire de Transition au président de la République, chef de l’État. Ensuite du général des corps d’armées au général d’armée en recevant une étoile de plus sur les quatre qu’il portait. Pourtant le président du Conseil Militaire de Transition sait que tant qu’on n’a pas été élu au suffrage universel, on ne peut être appelé président de la République.

Kouladoum Mireille Modestine

La marche organisée par la coordination des actions citoyennes Wakit Tama le 14 mai dernier a fait tache d’huile dans la sphère politique tchadienne. Au lendemain de cette marche, le président du Conseil Militaire de Transition (PCMT) Mahamat Idriss Deby a présidé la réunion mensuelle sur la sécurité avec les membres du gouvernement de transition. Il a instruit les forces de sécurité et le corps judiciaire d’appliquer la loi dans toute sa vigueur face au débordement de la marche. Ainsi, les leaders de Wakit Tama dont Me Max Loalngar sont mis aux arrêts. Chronique décryptage avec un analyste politique.

Dans sa communication à la réunion mensuelle de sécurité au lendemain de la marche organisée par la coordination des actions citoyennes Wakit Tama, le PCMT a instruit son gouvernement à appliquer la loi dans toute sa vigueur. Il appelle ainsi les magistrats et les acteurs de l’appareil judiciaire à jouer pleinement leur rôle face à ce qu’il appelle dérive et trouble à l’ordre public. Allusion est faite ainsi au débordement des marcheurs le 14 mai dernier qui sont allés saccager quelques stations-service de la compagnie française Total Énergies. Pour lui, la marche est une grande responsabilité au même titre qu’elle doit être un droit fondamental. Il lève l’équivoque sur l’amalgame qui règne entre marcher pacifiquement pour exprimer son opinion et marcher pour causer des troubles à l’ordre public. « La marche doit strictement être soumise à des règles bien définies et comprises par tous. Le droit implique de devoir, le non-respect des règles qui définissent le droit et les devoirs des uns et des autres doit être établi et soumis à la rigueur de la loi », a-t-il précisé. Il ajoute que nul n’a le droit de porter préjudice aux avoirs des étrangers qui vivent légalement au Tchad ni les pays amis et frères qui ont fait le choix d’investir au pays. Au lendemain de cette communication, les leaders de la coordination des actions citoyennes Wakit Tama sont traqués et mis aux arrêts. La dernière arrestation est celle du coordonnateur de Wakit Tama Me Max Loalngar ce mardi 17 mai 2022. Ces arrestations sont parfaitement illégales et sont exécutées de la manière la plus rébarbative possible.

Pour l’analyste politique Dr Evariste Ngarlem Toldé, une menace réelle plane sur les libertés collectives et individuelles suite à cette communication du PCMT. Et que l’on est en train de restreindre le droit de manifester qui est un droit constitutionnel. Selon Dr Évariste, le Tchad amorce un recul démocratique même si le pays est sous un régime d’exception. Il souligne que ce sera désormais un bras de fer entre les sociétés civiles et les pouvoirs publics parce que les partisans de Wakit Tama ne se laisseront pas faire. « Ce sera une situation chaotique vu les répressions, les arrestations et les tueries. Cette communication du PCMT laisse présager que le gouvernement prendra des dispositions pour interdire les marches prochaines. On est en train d’avancer sur un chemin glissant où on risque d’arriver à une transition sans un dialogue national et souverain et qui aboutira à d’interminables manifestations ». L’analyste politique de préciser que e gouvernement ferait mieux d’encadrer les manifestations que d’empêcher les gens de manifester. Il suffit de les encadrer. Sinon cela donne l’impression que le gouvernement et le Conseil militaire de transition (CMT) avaient, bien avant, l’intention d’arrêter les leaders de Wakit Tama même s’il n’y avait pas ces casses.

Kouladoum Mireille Modestine

La question énergétique a toujours mis les Tchadiens sous tension. Les gouvernants n’ont plus d’arguments pour convaincre les citoyens tchadiens. La Société nationale d’Électricité (SNE) malgré ses 120 kW, n’arrive plus à desservir les ménages. Pas plus tard qu’hier la Banque Mondiale (BM) et le gouvernement tchadien viennent de signer 2 conventions. Il s’agit du Projet d'Accroissement de l'Accès à l'Énergie au Tchad (PAAET) et le Projet d'Amélioration des Résultats d'Apprentissage de l'Éducation de Base (PARAEB). Quelles sont les attentes et les enjeux d’un tel accord ? Décryptage.

Le Projet d'Accroissement de l'Accès à l'Énergie au Tchad (PAAET) et le Projet d'Amélioration des Résultats d'Apprentissage de l'Éducation de Base (PARAEB) sont les enjeux des conventions signées hier entre la Banque Mondiale et le Tchad. La première impression qu’on peut faire du discours du ministre tchadien du plan, M. Mahamat Hamid Koua qui a paraphé ce document est la grosseur de l’enveloppe. Un montant de deux cent douze millions de Droits de Tirage Spéciaux (212.000.000 DTS) équivalent à deux cent quatre-vingt-quinze millions de dollars américains (295.000.000 USD). Impressionnant, mais quand même vrai, depuis 60 ans, le taux d’accès à l’électricité est seulement de 6 %. Il faut attendre 70 ans pour peut-être arriver à 30 %, défi principal de cette signature facilitée par l'Association Internationale de Développement (IDA). Les attentes sont immenses. Sur les 15 millions de Tchadiens, seulement 1 million de ménages seront électrifiés d'ici 2027. Et les 14 millions ?

Autre impression qu’on peut faire du propos du ministre de plan, les résultats préliminaires de l'enquête nationale en cours au Tchad. A son avis, une priorité est donnée aux systèmes électriques par mini-réseaux isolés pour les villes et aux Systèmes solaires pour les zones rurales jusqu'en 2027. Il annonce que, la SNE ne sera pas entièrement chargée que l'extension de l'accès à N'Djamena. Concernant l'extension, l'exploitation et la maintenance des systèmes électriques des 12 villes secondaires, le ministre précise qu’elle sera déléguée au secteur privé. Il évoque quelques retombées humaines. Il s’agit de l’amélioration de la qualité de vie des Tchadiens par le développement du capital humain et social, la protection sociale et l'autonomisation économique.

Autre enveloppe, c’est celui destiné l’Éducation nationale. Elle est d’une valeur de cent sept millions six cents milles, de Droits de Tirage Spéciaux (107.600.000 DTS) équivalent à cent cinquante millions de dollars américains (150.000.000 USD). Son enjeu c’est l’amélioration des Résultats d'Apprentissage de l'Éducation de Base (PARAEB). Le résultat attendu c’est un système éducatif de qualité, plus dynamique qui redonne à l’école tchadienne sa lettre de noblesse. Il faut souligner qu’actuellement, l’école tchadienne fait face à nombreux défis de baisse de niveau, d’infrastructure et de manque de matériels didactiques et pédagogiques.

Impressionnante intervention du représentant résident de la Banque Mondiale (BM) au Tchad, Rasit Pertev. Selon lui il va mobiliser les équipes techniques de la Banque mondiale pour la réalisation de ces projets. « En réussissant à mobiliser en un mois quelques 700 millions de dollars pour financer ces projets, le Conseil d'Administration a signifié par-là que l'appui de la Banque mondiale est total pour permettre au Tchad de sortir du piège de manque d'énergie et d'infrastructures routières et d'un système éducatif en difficulté », a-t-il signifié.

Autrement dit, le Tchad dispose le strict minimum pour sortir de la crise énergétique si on fait usage de cet appui. M. Pertev soutient que ces projets structurants vont changer positivement le visage du Tchad en termes d'opportunité d'emplois, d'éducation, de business et de développement en général. Ça, c’est dans le discours. Il faudra attendre de voir ces paroles se matérialiser avant de commencer à croire. Le problème de manque d’énergie et les milliers de promesses de solution ont fait des Tchadiens des St-Thomas. Ils veulent voir avant de croire.

Moyalbaye Nadjasna

Bientôt un mois que les N’Djamenois remuent ciel et terre pour s’approvisionner en gazole. Les automobilistes, les grandes et petites entreprises ne sont pas à quel saint se vouer. Les autorités en charge du pétrole de sa distribution et de sa vente ne s’expliquent pas sur la question. Les conséquences sociales et économiques sont palpables.

Le gazole a-t-il disparu de la mini-raffinerie de Djarmaya ? C’est la question  que se posent les N’Djamenois ces derniers jours. Qui doit donc répondre à cette question ? Bien évidemment, c’est le gouvernement. Mais pourquoi est-il resté muet jusqu’aujourd’hui ? Les raisons ne sont pas toujours évoquées. Difficile à cerner cette situation qui sème le désarroi. Les particuliers et les entreprises privées ne savent pas quoi faire. Chaque jour, les consommateurs font le tour des stations-service sans être satisfaits. Certaines stations-service de la place affirment n’avoir pas le gazole depuis des semaines. Pour confirmer leur propos, les pompes numériques sont purement et simplement bâchées.

Les agences de voyages dépassées par la situation ont prévu fermer leurs portes. Certaines petites et moyennes entreprises essaient de trouver du gazole auprès des détaillants dans les quartiers. Mais cela pour combien de temps à partir du moment où mêmes, les stations-service sont vides ? Mauvaise nouvelle, ces détaillants spéculent et vendent le litre à 750 FCFA. Dans les usines de fabrique de glace, les chefs d’usine notent le délestage intempestif du courant par la société Nationale d’Électricité (SNE). Une situation très embarrassante qui les contraint à l’utilisation de grands groupes électrogènes. Ils tombent d’emblée dans de grosses dépenses et tournent en perte, car le fut du gazole est vendu à 150 000 FCFA.

Cette pénurie n’est pas sans conséquence. Par exemple, certains petits entrepreneurs risquent de fermer leurs portes. Parce qu’ils ne peuvent pas supporter les charges de dépense en carburant. Dans le domaine social, le prix de glace par exemple va croissant en cette période de canicule en plein ramadan. L’usine ne fabrique pas en quantité faute d’énergie électrique. Certains employés de petites et moyennes entreprises sont menacés de chômages techniques. Les Tchadiens n’ont-ils pas droit à un éclairage de la part du gouvernement ou des conseillers nationaux sur des questions touchant à leur bien-être ? Cette rareté impacte négativement sur la vie des Tchadiens. Il est temps que les autorités de la transition règlent ce problème au plus sacrant.

Moyalbaye Nadjasna

Le Président du conseil militaire de transition (PCMT) s’est adressé à la nation ce 19 avril 2022. Il a insisté sur la tenue du dialogue national inclusif (DNI) le 10 mai prochain.

La mort du Président Deby le 20 avril 2021 a ouvert une nouvelle ère de transition au Tchad. Une transition militaire dirigée par le General Mahamat Idriss Deby, fils de défunt président. Le pouvoir militaire organisé sous l’appellation du Conseil militaire de la transition (CMT) était contesté à ses débuts par les organisations de la société civile, les partis politiques de l’opposition démocratiques et militaires. Plusieurs manifestations ont fait l’objet des bavures policières coûtant la vie à des Tchadiens.  Pour récapituler un an d’exercice de transition, le PCMT le général Mahamat Idriss Deby s’est adressé à la nation. Le point d’orgue c’est le Dialogue national inclusif (DNI). « Comme annoncé précédemment, les travaux du Dialogue National Inclusif commenceront le 10 mai 2022 à N’Djaména », a annoncé le PCMT dans son discours. Selon lui, c’est un rendez-vous crucial à l’issue duquel, le pays va se doter des institutions pérennes répondant aux aspirations profondes et légitimes du peuple tchadien souverain.

Le Chef de la junte a évoqué que la prise du pouvoir par les militaires est un acte historique entrepris pour assurer la continuité de l’État. Il soutient aussi que cette transition militaire a garanti de la paix, la quiétude, la sécurité des populations, la préservation de l’intégrité territoriale et la sauvegarde de la souveraineté internationale du Tchad. Selon le PCMT, une feuille de route a été établie par le gouvernement de transition avec pour objectif de créer les conditions propices à l’organisation des élections générales transparentes et démocratiques au terme de la transition. Le général Mahamat Deby a signalé aussi la mise sur pied du Conseil national de la transition (CNT). Il faut rappeler qu’au lendemain de la prise du pouvoir par la junte la constitution et le parlement avaient été dissous. Une charte de transition, trop critiquée, a été confectionnée en lieu et place de la loi fondamentale.

Au sujet de la sécurité, le PCMT a estimé que la situation est stable mis à part les malheureux évènements dans quelques provinces. Le général Mahamat Deby, a abordé également la révision du statut des armées. À son avis, un paquet de réformes nouvelles pour une gestion optimale de la carrière militaire. Ce qui va améliorer leurs conditions de vie et de travail des militaires, dit-il.

S’agissant du social, il faut signaler que plusieurs manifestations notamment des syndicats, des diplômés sans emplois ont rendu morose le climat social du pays. Toutefois, à en croire le PCMT, les autorités de la transition ont fourni des efforts importants. Il justifie leurs efforts par la signature du pacte social avec les organisations syndicales, le recrutement de 5000 jeunes diplômés à la Fonction publique en cours, la création d’un fonds spécial pour les micros projets pour les femmes rurales, la réduction des coûts d’Internet, etc. Comme approche pour le développement, il dit dans son discours mettre l’accent sur l’énergie, l’élevage et l’agriculture. Il reconnaît l’instabilité et l’insuffisance de l’énergie en ce moment au pays. Le PCMT promet s’investir pour résoudre la défaillance du réseau électrique, en mettant l’accent sur la production de l’énergie verte.

La justice a fermé à plusieurs reprises ses portes suite aux menaces des magistrats dans l’exercice de leur fonction et leurs conditions de travail. Récemment, les syndicats des magistrats ont lancé une grève illimitée qui a duré trois semaines sans trouver une solution définitive. Dans son adresse à la nation, le PCMT note l’instauration d’un système judiciaire soucieux des libertés individuelles et des droits fondamentaux des citoyens. Pour lui, la justice fait partie des priorités du CMT. Il déclare réitérer clairement sa ferme volonté de mobiliser les moyens nécessaires en vue d’améliorer les conditions de vie, de travail et de protection des magistrats. « Aucun moyen à notre portée ne sera épargné pour soutenir la justice qui représente le cœur d’un État de droit, tout en exigeant en retour, un fonctionnement optimal de l’appareil judiciaire pour restaurer la confiance entre la Justice et les justiciables », a souligné le général Mahamat Deby. Il appelle les Tchadiens à l’unité pour un Tchad prospère.

Moyalbaye Nadjasna

Cela fait exactement un an que le président tchadien le maréchal Idriss Deby Itno est mort. Le 20 avril 2021, l’annonce de sa mort a créé une panique à N’Djamena, la capitale tchadienne. La nouvelle a défrayé la chronique et les « Unes » des médias nationaux et internationaux. Une véritable surprise pour les militants du Mouvement patriotique du Salut (MPS) qui attendaient pour fêter leur victoire aux élections présidentielles pour un sixième mandat consécutif. Retour sur cet évènement.

La nouvelle du décès du maréchal du Tchad a surpris tous les Tchadiens. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) proclamait sa victoire aux élections d’avril 2021 avec plus de 92 % de suffrage exprimé. Les militants s’organisaient pour la fête du sixième mandat consécutif du président fondateur du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) Idriss Deby Itno.

Ce 20 avril 2021, les chars de combat quadrillaient la ville de N’Djamena. C’est une débandade totale, piétons, motocyclistes et automobilistes créent un embouteillage sans pareil. Il faut beaucoup de manœuvres pour arriver chez soi pour ceux qui ont appris la nouvelle.  Sur les antennes des médias publics et privés mêmes internationales, la mort du maréchal tchadien passait en boucle et les éditions spéciales se multipliaient. Les rebelles du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT) avaient lancé l’offensive coûtant ainsi la vie au président tchadien qui s’était rendu au front.  Rapidement, un calme relatif régnait sur N’Djamena malgré la nouvelle du décès du Chef de l’État.

Aussitôt, les militaires ont mis sur pied un Conseil militaire de transition (CMT) et Mahamat Idriss Deby, fils du président prend le pouvoir. Les militaires déclarent de leur intention à la télévision nationale. La junte dissout de facto la constitution et l’Assemblée nationale (AN) qui vont être réhabilitées plus tard en attendant la mise sur pied d’un Conseil national de la transition (CNT). À la place de la constitution, les militaires formulent une charte de transition qui confère tout le pouvoir entre les mains du Président du CMT. Quelques jours après les obsèques du maréchal sont organisés en présence du Président français Emmanuel Macron, et du Président en exercice de l’Union africaine (AU) Félix Tshisekedi. À la place de la Nation tchadienne, des tirs de canon ont salué la mémoire du fils du soldat Idriss Deby Itno mort au front. La dépouille mortelle du maréchal Idriss Deby Itno va être ensuite transportée à Amdjaras (Ennedi Est) son village pour être inhumé.

L’entame de la transition au Tchad était cadencée par des mouvements d’humeurs, les manifestations et des vives contestations. Certaines organisations de la société civile, des partis politiques de l’opposition, les forces vives de la nation parlent de coup d’État. D’autres doigtaient les Français et les accusaient de soutenir les militaires au pouvoir. Ces manifestations ont été pour la plupart réprimées dans le sang créant ainsi un climat de tension entre la population et les militaires.

Un an après la mort du président Idriss Deby, la transition avance difficilement. Après les pré-dialogues civils, les politico-militaires militaires et le gouvernement n’arrivent pas à s’entendre pour donner la chance au Dialogue national inclusif prévu pour le 10 mai prochain. Or la transition en compte déjà 12 mois sur les 18 mois prévus dans la charte.

Moyalbaye Nadjasna

Depuis l’entame de la transition, le climat social est peu reluisant. Des mécontentements sociaux se cristallisent dans des grèves, des manifestations violemment réprimées par les forces de l’ordre, etc. Les autorités de la transition semblent s’égarer dans ce tourbillon d’évènements. À qui la faute ?

La température sociale au Tchad n’est pas constante. L’éducation souffre, la santé aussi et même la justice a pris un coup de froid terrible tout dernièrement. Un ensemble des maux qui affectent la stabilité sociale du pays. Le Tchad depuis le 20 avril 2021, après le décès du maréchal Idriss Deby Itno, a enclenché un processus transitoire. La junte au pouvoir a été très contestée, mais a réussi malgré tout à s’installer. Le Premier ministre de la transition à son temps a présenté un programme du gouvernement jugé évasif par certains députés de la troisième législature remplacés par l’actuellement Conseil national de transition (CNT). Dans la foulée de la transition, les faits les plus marquants sont sans doute les grèves et les manifestations souvent violemment réprimées par les forces de défense et de la sécurité.

Niveau Éducation : des manifestations intermittentes d’élèves tantôt, ils revendiquent le manque d’enseignants surtout scientifiques, tantôt, les conditions d’études pour les étudiants. Les enseignants scientifiques, eux, cessent le travail après plusieurs préavis de grèves pour leur reversement à la fonction publique. Les lauréats des écoles professionnelles et ceux de l’École normale fatigués par les promesses qu’ils qualifient de fallacieuses choisissent la rue pour se faire entendre.

Niveau social : les retraités, personne de 3es âges cumulent des arriérés de pensions. Même si limitées par la performance physique, organisent des sit-in, des marches pour clamer justice. Les différentes plateformes syndicales sont perdues dans leurs revendications et la base ne sait à quel saint se vouer. Il a fallu prendre hausser le ton pour parvenir à la signature d’un pacte social le 4 octobre 2021 entre le gouvernement et ses partenaires sociaux. Les défenseurs des droits des consommateurs et les ménagères crient la flambée des prix des produits..

Niveau santé : ce secteur n’a pas épargné par la tempête des revendications. Dernièrement, l’ensemble des contractuels dans les hôpitaux publics appelle à la grève. Ils ont lancé un préavis qui expirer bientôt. Le Président du Conseil militaire de  transition a promis le recrutement de 5000 jeunes diplômés à la fonction publique. Depuis lors, des milliers frappent à la porte  de la fonction publique.

Niveau justice : depuis deux semaines, l’institution judiciaire a fermé ses portes. Les magistrats dénoncent les violences sous toutes les formes qu’ils font l’objet. Ils déplorent que tous les acteurs judiciaires soient en insécurité dans l’exercice de leur fonction. Aussi, ils réclament des conditions de travail et l’amélioration de leur indice salarial.

À qui la faute ? Est-ce les autorités qui ne tiennent pas à leurs promesses ? Est-ce les manifestants qui sont impatients ? Le social constitue-t-il une priorité en cette période de transition ? La liste des maux qui accablent les Tchadiens est longue.

Il est encore temps de s’armer du courage. Les Tchadiens doivent croire à un futur beau jour, à un destin radieux de ce beau pays.

Moyalbaye Nadjasna

L’incertitude plane sur la date du Dialogue national inclusif (DNI) annoncé pour le 15 février prochain par le Président du conseil militaire de transition(PCMT),  Mahamat Idriss Deby le 31 décembre 2021. Quelques indicateurs semblent indiquer que cette date est intenable à moins que…. Chronique.

Les Tchadiens sont à quelque deux semaines de la date officielle pour la tenue du DNI le 15 février prochain. Une date tombée comme un coup de semonce sur les membres du comité d’organisation du dialogue national (CODNI). Depuis lors, plusieurs consultations se sont enchaînées. Objectif, présenter aux différentes entités l’état d’avancement des travaux d’organisation du DNI et les impliquer davantage dans le processus.

Le premier indicateur n’est pas favorable. Et risquerait de compromettre le rendez-vous du 15 février prochain. Par exemple la société civile et certains partis politiques de l’opposition sont  sceptiques. La coordination des actions citoyennes Wakit Tama, et certains partis d’opposition posent des conditions avant leur participation. Ils exigent « la révision de la charte de transition, la définition de critères de participation au dialogue, la non-représentativité des membres de la transition aux prochaines élections etc. » Ces revendications seraient-elles satisfaites avant la date du 15 février ? Le dialogue serait-il inclusif si ces acteurs politiques et de la société civile ne prennent pas part ?

Le second indicateur, c’est la participation des politico-militaires au DNI. Même si la concertation des mouvements politico-militaires à Rome du 20 au 22 janvier 2022 à l'invitation de la communauté Sant Egidio dans le sens du dialogue inclusif semble s’être bien déroulée, ce n’est pas totalement joué. À Rome la rencontre à consister essentiellement à presque un séminaire de formation à comment négocier à Doha au Qatar. Selon nos sources le Comité spécial technique (CTS) est reparti à N'Djamena, la capitale tchadienne, surpris par le sérieux des Qataris qui étaient très exigeants et regardant sur les financements de cette rencontre. Doha veut garder la main en cadrant le processus et en voulant impliquer l’Union africaine (UA) et les Nations-Unies dans le processus. Ce qui semble ralentir les ardeurs du Conseil militaire de transition (CMT). Le temps talonne le CMT.

Le troisième indicateur la libération partielle des rebelles par le CMT la semaine passée. C’est un pas positif selon certaines organisations de défense des droits de l’homme au Tchad. Mais elles déplorent le caractère sélectif de l’amnistie. Pour ces défenseurs des droits humains, l’amnistie générale ne doit laisser personne derrière. C’est la seule possibilité de garantir un dialogue sincère et inclusif. Il y a aussi le mouvement rebelle du Front d’alternance et de la concorde au Tchad (Fact) de Mahamat Mahdi Ali exige toujours la libération de ses prisonniers de guerre et un cessez-le-feu formel.

Selon nos sources, tous ces indicateurs il sera difficile de respecter ce rendez-vous du 15 février. Surtout que le CTS n’a même pas encore déposé son rapport. Toutefois les choses peuvent débloquer dans les prochains jours, mais difficile de tenir un DNI incontestable le 15 février. À moins que le CMT ne veuille tenir un DNI à minima.

Moyalbaye Nadjasna

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