dimanche 25 septembre 2022

Journal

Journal (329)

Au lendemain de la condamnation et de la libération des leaders de la société civile, Wakit Tamma Ialtchad a baladé son micro. Quelques citoyens ont donné leurs impressions. Vox pop.

Koumakoye Assina Lazare, « nous sommes content de leur libération, mais seulement leur condamnation avec sursis ne nous plaît pas. La loi n’est pas respectée pour leur condamnation ».

Noubaissim Christian, secrétaire général de syndicats de travailleurs de secteur pétrolier du Tchad « c’est un sentiment de satisfaction parce qu’ils viennent d’être libérés puisqu’ils sont incarcérés injustement. Leur condamnation est une forfaiture, ils voulaient se laver la face. Chaque tchadien qui dit ce qui ne marche pas sera condamné, c’est dommage, mais la lutte continue ».

Ali Hassan Zakaria,  « de toutes les manières je suis sûr de moi, ils seront totalement libérés. Libérés avec sursis n’est pas une libération, c’est pour ne pas qu’ils parlent après. C’est anormal, je pense que Wakit Tamma ne va pas reste les bras croisés, si la justice lève ce sursis, il vont nous trouver sur leur chemin. Si le PCMT est là, c’est pour gérer la transition, il faut qu’il  gère cette transition dans la transparente de la manière démocratique. Nous voyons que c’est une dictature qui dépasse celle du défunt papa. Il faut qu’il arrête  avec tout cette manœuvre de la dictature. C’est eux qui ont signé l’autorisation de la marche, donc il n’y a pas de raison d’arrêter les leaders de Wakit Tamma et de les juger sans respecter la loi. Ce n’est pas le moment de semer les troubles il faut qu’ils respectent la loi » .

Abdelsalam Hissene Adiko, « Wakit Tamma revendique la souveraineté de la gestion de notre pays, je pense que c’est légitime et la transition devait adhérer à cette idée. Donc, il n’est pas normal de jeter en prison certains, au moment où on parle de dialogue. Je ne sais pas qu’ils vont dialoguer avec qui? Pour moi, le dialogue a besoin de toutes ses filles et ses  fils. Donc durant la transition, la voix du peuple, c’est la voix de Dieu. Prenons l’exemple du Mali comparaison n’est pas raison. Nous n’avons pas un problème particulier avec la France, mais elle reste un partenaire du Tchad ».

Idriss Moussa Hamid, étudiant « selon moi, la transition n’a pas respecté la loi. Nous n’avons pas le droit de parler, si on parle on est ciblé. Certaines choses commises ne reflètent  pas l’image d’un pays en voie de développement. Il faut que les dirigeants respectent les textes de la République pour donner le bon exemple pour que les citoyens respectent à leur tour la loi ».

Propos recueillis par Ousmane Bello Daoudou  

Le ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale Dr Abdel-Madjid a assisté ce matin à la cérémonie de lancement de l’opération de transfert monétaire d’urgence aux réfugiés camerounais et les communautés hôtes du site de Guilmey-Farcha, dans le 1er arrondissement de la ville de N’Djamena. La cérémonie a lieu en présence des réfugiés et des autochtones.

Plusieurs hautes autorités composées de membres du gouvernement, de l’ambassadeur du Cameroun au Tchad, du représentant de la Banque mondiale (BM) au Tchad et du délégué du gouvernement auprès de la commune de N’Djamena ont assisté à Guilmey, sortie de la ville de N’Djamena à la cérémonie du lancement de l’opération de transfert monétaire d’urgence aux réfugiés camerounais et communautés hôtes. Ces réfugiés camerounais avaient fui la ville de Kousseri et ses environs suite aux affrontements intercommunautaires. L’opération a lieu grâce au projet d’appui aux réfugiés et communautés d’accueil (PARCA) et avec le soutien financier de la BM, du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) et du gouvernement. Cette opération de transfert monétaire concerne les camps de réfugiés de Guilmey, Kalambari et 37 villages d’accueil.

38.052 réfugiés camerounais et 8954 autres personnes des communautés hôtes bénéficieront de cette assistance financière. Les ménages des réfugiés percevront 45.000 frs par individu et les bénéficiaires des communautés d’accueil auront pour part un montant unique de 120.000 frs CFA par ménage.

Cet appui permettra à tous d’assurer leurs besoins essentiels de base. Dans le but de faciliter l’accès aux soins de santé primaire aux réfugiés, le gouvernement a construit et équipé deux espaces de santé sur les sites de Guilmey et de Kalambari.

Cette opération sociale est d’un montant de 3 milliards de frs CFA.

En décembre dernier, de milliers de réfugiés camerounais qui avaient fui les conflits intercommunautaires, étaient accueillis provisoirement dans la forêt de Farcha Milézi, dans le 1er arrondissement de la commune de N’Djamena, puis installés dans les sites de Guilmey et de Kalambari. Le gouvernement tchadien et ses partenaires du système des Nations unies et les ONG s’activent pour la prise en charge holistique.

Avec l’approche de la saison de pluies, les réfugiés des camps précités rencontreront d’énormes difficultés et auront besoin de plus d’appui financier et matériel.  Cette opération de transfert monétaire d’urgence vient à point nommé et soulagera un tant soit peu ces réfugiés composés majoritairement de femmes et des enfants.

La Banque Mondiale (BM) au Tchad vient de rendre public un communiqué de presse ce 6 juin 2022 à N'Djamena. Le document dit que l’économie du Tchad s’est contractée depuis 2015. Cette contraction économique à empêcher le pays de réduire la pauvreté et d’améliorer ses résultats en matière de développement selon de nouvelles analyses publiées par l'institution de Breton Wood dans le cadre de la deuxième semaine du savoir organisée  du 6 au 8 juin 2022 dans la capitale tchadienne. 

D’après ce communiqué, les auteurs de ces nouvelles analyses soulignent le besoin de développer des chaînes de valeur agricole et d'élevage plus solides afin de diversifier l’économie, assurer une meilleure sécurité alimentaire et promouvoir une croissance durable. Selon ces études, l'important c'est les réformes audacieuses, la réduction des vulnérabilités à long terme, tout en profitant des opportunités offertes par la transition politique, la hausse des prix du pétrole et la restructuration de la dette. La deuxième édition de la semaine du savoir est placée sous le thème: « Nourrir la population tchadienne : vers la transformation des chaînes de valeur de l'agriculture et de l'élevage a été choisi pour lancer les débats sur l'état des connaissances et apporter de nouvelles pistes de réflexion pour améliorer les conditions de vie et promouvoir les opportunités pour la population tchadienne ».

Selon le document, Rasit Pertev, représentant résident de la BM pour le Tchad, a affirmé que, « la crise alimentaire mondiale et l’inflation généralisée en cours doivent inciter à la réflexion quant aux réponses adéquates à apporter surtout dans un contexte aussi fragile et austère que  celui du Tchad ».

Le communiqué  précise qu'au cours de la semaine du savoir, la BM présentera une série de quatre nouveaux rapports. Il s'agit de la note sur la situation économique et de la pauvreté au Tchad qui indique que le PIB du Tchad s'est contracté de 1,2 % en 2021, marquant une deuxième année consécutive de récession. Les raisons identifiées selon le document, c'est la suspension de deux mois de production de pétrole dans les usines Esso, des perturbations de l'activité économique dues à l'insécurité sociopolitique et des contraintes de liquidité en raison des retards dans la restructuration de la dette. Avec une reprise économique lente et fragile, les effets négatifs de la pandémie sur les ménages pauvres et vulnérables devraient perdurer à court et moyen terme, signifie toujours le document.

Le communiqué met en exergue, l’inflation due à la crise Russie-Ukraine. Cette crise indique le document, a également des répercussions négatives sur les ménages les plus pauvres et vulnérables. « Malgré un marché pétrolier porteur qui entraînera une reprise de la croissance en 2022 se poursuivant en 2023-2024, la croissance du PIB par habitant restera négative ou relativement modeste », dit la BM. Les problèmes sécuritaires et les différentes entravent l'exploration des opportunités sur la commercialisation du bétail et de leurs produits, souligne le communiqué. Il ajoute que cette situation est aggravée par les difficultés d’accès au crédit. Le document relève des améliorations significatives en matière de services vétérinaires, de lutte contre les abattages clandestins, et d’infrastructures de marché. Les conclusions de l’étude indiquent que le marché nigérian reste et certainement pour longtemps, le débouché privilégié du bétail tchadien.

Agriculture, un secteur clé de l'économie tchadienne

L’analyse des contraintes et opportunités pour le développement du sous-secteur agricole selon le communiqué confirme que l'agriculture est un secteur clé de l'économie tchadienne. il relève que près de 88% des ménages vivant de l'agriculture de subsistance.  « Cependant les chaînes de valeur agricoles restent sous-développées malgré des avantages comparatifs notamment dans le sésame et la gomme arabique. L’étude souligne aussi l’importance d’améliorer la résilience au changement climatique grâce à des investissements ciblés et l'adoption de pratiques et infrastructures agricoles climato-intelligentes. » La BM estime à travers son communiqué qu'il faut développer les capacités des organisations de producteurs. Ce sont des partenaires essentiels qui doivent saisir les opportunités offertes par les chaînes de valeur porteuses du pays affirme le document.

Le rapport identifie aussi trois contraintes pour une croissance inclusive et résiliente. Ce sont, la violence et la fragilité politique, la volatilité des revenus pétroliers, et l’impact du changement climatique. « Nos analyses concluent que pour créer des emplois et stimuler l’économie, les pouvoirs publics devront se focaliser sur les réformes et les investissements pour améliorer la prestation de services publics, combler les déficits d’infrastructures et permettre le développement du secteur privé dont les chaînes de valeurs agricoles et de l’élevage. Le Tchad ne sera pas en mesure de suivre pleinement les priorités identifiées s’il ne s’attaque pas plus efficacement aux moteurs sous-tendant la fragilité, les conflits et la violence dans le pays », suggère Fulbert Tchana Tchana, économiste principal de la Banque mondiale pour le Tchad.

Le président du Parti pour le Rassemblement et L’équité au Tchad maître Théophile Bongoro a tenu une réunion d’information avec ses membres militants du PRET ce samedi 04 juin au siège dudit parti au quartier Dembé dans la commune du 7èmè arrondissement. Le président du Prêt a présenté les membres du bureau exécutif.

Dans son mot d’ouverture de la réunion maître Théophile Bongoro s’est violemment attaqué au Mouvement patriotique du Salut (MPS), l’ex-parti au pouvoir en affirmant,  «  l’efficacité n’étant pas la résultante du nombre, certains membres fondateurs, après avoir porté aux fonts baptismaux le parti, ont vécu de loin la vitalité de celui-ci pour des raisons diverses et variées. Mais tout est compréhensible par nous les gardiens du temple, tant le clientélisme et le politique a servi au pouvoir du Mouvement patriotique du Salut (MPS) comme mode captation des militants des partis sérieux et redoutables ».

Selon lui, le PRET a dès sa naissance, sous le leadership dynamique et clairvoyant de son président, entouré d’une équipe volontariste a conquis du terrain dans sa politique de maillage du territoire grâce aux femmes et aux hommes engagés. Au regard de l’activité politique émaillée de tuerie et de massacre à grande échelle à Abéché, Sandana, Danamadji, et aujourd’hui à Kouri-Bougoudi. Le président du PRET appelle les pouvoirs publics à assurer la sécurité des Tchadiens où qu’ils se trouvent en cette période d’incertitude.  « Car, il relève de son pouvoir régalien, la protection de la population tant dans son intégrité physique que ses biens », dit-il.

Me Bongoro dit que cette réunion n’a d’autres objectifs que de mettre au même niveau d’information ses militants, les sympathisants et amis des jours passés et ceux d’aujourd’hui. Il rajoute qu’il est de bon aloi de se pencher sur l’état de la transition et surtout sur « nos choix et perspectives en tant qu’acteur politique majeur qui fait et fera le Tchad de demain », dit-il. Aussi, il soutient que le renforcement de l’équipe dynamique du parti est un atout dans un environnement politique en pleine recomposition et dans une période qui appelle les acteurs politiques à mener de front les préparatifs du dialogue national annoncé. « C’est pour cette raison que le parti demeurant dans l’alliance Victoire qui l’a porté à bout de bras lors de l’élection présidentielle inachevée d’avril 2021  a choisi d’être avec ses alliés ». Et ce avec la bénédiction du Bureau Politique National lors de sa réunion du vendredi 7 mai 2021, les institutions devant œuvrer pour les préparatifs de ce dialogue. Ainsi avec l’Alliance Victoire, le PRET et quelques nouveaux amis ne voulant laisser leur sort entre les mains des tiers, ont fait le choix d’investir les organes préparatifs du Dialogue National Inclusif Souverain (DENIS) pour le raisonnable motif que «  ce qui se fera pour nous sans nous se fera  contre nous » a-t-il conclut.

La ministre du Développement touristique et de l’Artisanat, Mme Mounira Hassaballah a effectué ce matin vendredi 03 juin, une visite officielle au village de Gaoui, situé à une dizaine de kilomètres à l’Est de la capitale N’Djamena pour faire l’état de lieux de la Maison d’argile et du groupement des femmes potières.

Son entourage affirme que c’est dans le cadre de sa mission d’accompagnement des mouvements associatifs exerçant dans le secteur du tourisme et de l’artisanat, la ministre du Développement touristique et de l’Artisanat, Mme Mounira Hassaballah s’est rendue à Gaoui et précisément à la Maison d’argile et au local du groupement des femmes potières pour faire le constat afin d’apporter des solutions idoines, dit-elle.

À sa descente de voiture, elle est accueillie par le Sultan de Gaoui, sa Majesté Abdoulaye et la Présidente du groupement des femmes potières, Halimé Ourdi. Mme Mounira Hassaballah a fait le tour à tour du local du groupement hébergé au sein du Musée de Gaoui et la Maison d’argile.

Au local du groupement des femmes potières, la ministre du Développement touristique et de l’Artisanat a visité le stand de fortune de fabrication puis le stand d’exposition. Ensuite, Mme Mounira Hassaballah s’est rendu à la Maison d’argile située à une trentaine de mètres du groupement. Elle a été guidée par le promoteur de ladite Maison, l’artiste Mandoué. Ensemble, ils ont visité tous les stands d’exposition et de fabrication.  

La ministre du Développement touristique et de l’Artisanat a rappelé que sa visite s’inscrit dans la droite ligne de sa mission d’accompagnement des mouvements associatifs exerçant dans le secteur du tourisme et de l’artisanat. Elle a également relevé que cette visite vise à encourager les potières et les promoteurs pour leurs efforts dans la valorisation de la poterie et penser à la relève et écouter leurs préoccupations.

Il faut le rappeler, le village de Gaoui est l’un des lieux ancestraux où la tradition du travail de la terre cuite a connu son apogée. Cette connaissance a été préservée et transmise d’une génération à une autre.

Abderamane Moussa Amadaye

Un banal accident sur la voie publique aux  environs de 13h en face de la maison de culture Baba Moustapha a failli tourner au lynchage. Une Française a percuté deux jeunes sur une motocyclette. L’affaire a failli tourner au vinaigre n’y été l’intervention de la gendarmerie nationale tchadienne.

Une citoyenne française qui conduisant sa voiture de marque RAV4 grise d’une plaque CD (Corps Diplomatique) roulait à toute allure a percuté au rond-point entre l’ambassade de l’Allemagne au Tchad et la Maison de culture Baba Moustapha deux jeunes sur une moto de marque Hajoue de couleur rouge. Un des accidentés, Djimet Ahmat âgé de trentaine d’années affirme, « nous avons quitté l’axe commissariat central pour se rendre à Chagoua. Arrivée au rond-point de la maison de culture Baba Moustapha, une voiture conduite par une Française nous a percutés par derrière. Sur-le-champ elle a fait un appel d’intervention de service de sécurité de l’ambassade de France pour venir la récupérer. Une fois arrivés, sans constat, les agents de sécurité de l’ambassade de France au Tchad m’ont demandé d’aller me faire soigner et de les retrouver à l’ambassade. Nos gendarmes arrivés avec un léger retard m’ont demander de laisser tomber l’affaire et d’exécuter ce que les agents de sécurité de l’ambassade de France m’ont dit ». Pour Abdallah, témoin oculaire « elle roulait à vive allure et les a percuter par derrière. Et on leur demande d’aller soigner les blessures et de déposer le rapport médical à l’ambassade. Ce n’est pas respectueux ».  

L’accident s’est déroulé alors que l’équipe des journalistes de la rédaction était en route vers un autre reportage et est tombée par hasard sur l’incident. Sur les lieux de l’accident, le ton a vite monté entre les civils tchadiens qui s’attroupaient et le comportement cavalier des agents de la sécurité de l’ambassade de France qui refusaient d’attendre le constat de la police de circulation routière. Ils ont tout fait pour bâcler le constat, qui n’a finalement jamais eu lieu. Ils ont été aidés en cela par les gendarmes tchadiens sur place. Tous étaient préoccupés par le sort de la Française que par les blessures des accidentés. Cette attitude a fait réagir plusieurs passants rage de colère.

N’eut été l’intervention des agents de sécurité de l’ambassade de France au Tchad et les gendarmes, cette dame aurait pu être lynchée par la foule.

À Kouri Bougoudi dans la province du Tibesti, à l’extrême nord, un conflit meurtrier a eu lieu sur le site d’exploitation artisanale de l’or. Il y a plusieurs morts. Cet évènement n’a laissé personne indifférent, citoyens, défenseur des droits de l’Homme et homme politique ont réagi au micro d’Ialtchad Presse. Vox pop

La nouvelle sur les massacres entre Tchadiens sur le site d’exploitation d’or à Kouri Bougoudi a fait couler d’encre et des salives. Pour certains citoyens rencontrés ce matin à l’exemple de Nadjla Hassan,  il est anormal de voir des Tchadiens s’entretuer pour des choses qui ne valent pas une vie humaine. « Notre génération doit prendre conscience, la guerre n’a aucun intérêt. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités afin de ramener l’ordre à Kouri Bougoudi et dans l’ensemble du pays», soutient-elle.

Un autre citoyen, Yaya Hassan estime pour sa part qu’il est absurde que des Tchadiens s’entretuent entre eux, il interpelle « le gouvernement à arrêter les responsables de ces massacres et de les juger conformément à la loi de la République ».

M. Lazard, Vice-président de l’Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme (ATPDH) affirme que c’est bien malheureux ce qui s’est passé à Kouri Bougoudi, « des Tchadiens meurent bêtement pour des richesses épuisables. La vie humaine n’est pas l’équivalence d’une richesse» dit-il. Il soutient que si les Tchadiens s’entretuent c’est parce que les conditions de vie sont extrêmes, la vie est devenue chère, le manque d’emploi, etc. Chacun veut subvenir par tous les moyens à ses besoins. Il souligne également que l’or du Tchad, la population n’en bénéficie pas. Toute cette richesse va dans les poches de tierces personnes. « Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et partager de façon équitable les richesses nationales ».

Ordjei Abderahim Chaha, Président du Parti Rassemblement pour la Justice et l’Égalité au Tchad (RAJET), «  la présence des cadres militaires incompétents à Kouri Bougoudi guidés par la quête effrénée du gain facile est à l’origine de ses violences. Le gouvernement doit s’impliquer, impliquer tout le monde dans la gestion de la chose publique. Il faut intégrer et affecter des cadres civils et des administrateurs militaires compétents dans les provinces. C’est crucial afin de remettre de l’ordre et faire régner l’autorité de l’État ».

Abderamane Moussa Amadaye

La ministre du Développement touristique et de l’Artisanat, Mme Mounira Hassaballah était au Centre Artisanal de N’Djaména ce jour lundi, 23 avril pour, dit-elle, faire l‘état de lieux du centre en arrêt depuis trois décennies.

En arrêt depuis le début des années 90, le centre artisanal de N’Djamena traverse une crise sans précédente.  Il est quasiment dans les oubliettes des décideurs politiques. Ce matin 23 avril 2022, La ministre du Développement touristique et de l’Artisanat, Mme Mounira Hassaballah s’est rendu sur le lieu pour faire le constat afin d’apporter des solutions idoines, dit-elle, que traverse ce centre depuis plus de 30 ans.

Elle a visité toutes les salles, de l’atelier fonderie-bijouterie en passant par l’unité de production des chaussures aux ateliers de reluire, de peinture, de sculpture, de maroquinerie et enfin la salle de gallérie d’art et d’artisanat qui sont, presque tous à l’abandon, envahi par des araignées où quelques objets sont exposés et quelques personnels âgés veillent dessus.

Pour la ministre du Développement touristique et de l’Artisanat, le Centre Artisanal de N’Djaména est un organisme du Centre National de l’Artisanat des Arts appliqués en abrégé « CNAA » qui est sous la tutelle de son ministère. Elle souligne que sa visite consiste à constater et faire état de lieux  du premier centre d’artisanat du Tchad. Elle a également affirmé que des solutions seront trouvées pour qu’enfin le centre soit relancé et le transfert de connaissance de ce noble métier soit effectif d’une génération à une autre.

Mme Mounira Hassaballah a rappelé aussi que le Tchad a gagné plusieurs prix à l’international grâce à l’artisanat « le Tchad a gagné autant de prix dans les années 60, 70, 80 et 86 et depuis les années 90 et plus au-delà nous n’avons jamais gagné un prix » a-t-elle affirmé. Et ajoute que l’artisanat peut aussi contribuer dans la lutte contre chômage des jeunes. La ministre a profité pour lancer un appel à  la jeunesse pour embrasser ce métier. Selon elle, l’État est prêt à mettre des moyens nécessaires à afin de les accompagnés et de relancer ainsi l’artisanat tchadien qui stagne depuis plusieurs décennies.

Rappelons que le Centre Artisanal de N’Djamena a été créé en 1969 pour former les jeunes à s’outiller des connaissances artisanales et à mettre en valeur la fabrication locale, mais depuis le début des années 90 le centre manque de soutien de l’État.

Abderamane Moussa Amadaye

A l’international comme au national, les organisations de la défense des droits de l’homme continuent à réagir suite aux arrestations des leaders des droits de l’homme, suite à la marche autorisée du 14 mai passé. Dans un communiqué conjoint signé le 21 mai, elles demandent leur libération immédiate et inconditionnelle. Retour sur la teneur du document avec Ialtchad.

D’abord, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains (FIDH-OMCT), la Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH), et l’Association Tchadienne pour la Promotion et défense des Droits de l’Homme (ATPDH) condamnent les arrestations suite à la marche du samedi 14 mai dernier. Selon le contenu du document signé ce 21 mai par  M. Dobian Assingar, Délégué permanent de la Fédération Internationale des droits de l’homme auprès de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et le président par intérim de la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH), Me Adoum Mahamat Boukar, « c’est une marche pacifique pour dénoncer le soutien de la France aux autorités militaires de la transition au Tchad ainsi que la présence supposée d’une base militaire française sur le territoire tchadien.»

Pour ces défenseurs des organisations des droits de l’homme, cette manifestation de la coalition Wakit Tamma avait été dûment autorisée par le Ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration. Ils précisent que l’encadrement par les forces de défense et de sécurité tchadiennes tout au long du parcours en est une preuve. La FIDH et la LTDH réalisent que les incidents qui se sont produits en marge de la manifestation et des actes de vandalisme commis contre les stations-service du groupe pétrolier français Total sont en dehors du parcours autorisé. Ils déplorent que ces leaders de Wakit Tamma soient placés sous mandat de dépôt par le Procureur de la République près le Tribunal de N’Djamena et incarcérés à la maison d’arrêt de Klessoum, à N’Djamena. La FIDH-OMCT et la LTDH précisent que ces leaders sont poursuivis pour « destruction de biens » et « troubles à l’ordre public ». Elles ont aussi mentionné qu’ils s’inquiètent de la répression systématique envers les manifestants pacifiques au Tchad.  Ils rappellent aux autorités de la transition leur obligation de respecter et de protéger les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Pour appuyer leur propos, ils citent les articles 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et les articles 9 et 11 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, ratifiés par le Tchad.

La FIDH-OMCT et la LTDH demandent aux autorités de la transition à garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et le bien-être psychologique de l’ensemble des défenseurs des droits humains au Tchad. Elles réclament un strict respect des libertés fondamentales (libertés d’expression, et de manifestation), une enquête prompte, exhaustive, impartiale et transparente afin de faire toute la lumière sur les violations et atteintes aux droits humains commises à l’encontre des défenseurs des droits humains, une garantie des conditions d’un environnement favorable aux actions légitimes de promotion et de défense des droits, cesser toute forme de pression exercée sur la société civile au Tchad. Aux partenaires internationaux du Tchad et particulièrement les Nations Unies, l’Union africaine, la CEMAC, l’Union européenne et la France, la FIDH-OMCT et la LTDH leur demandent de contribuer au respect et à la protection des droits humains et des défenseurs et manifestants au Tchad.

« L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible », a rapporté le communiqué. Le communiqué précise que la FIDH et l’OMCT sont membres de Protect Defenders, un mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile internationale.

Moyalbaye Nadjasna

Ces derniers jours ont été marquées plusieurs manifestations contre la politique de la France au Tchad. Dans la capitale tchadienne comme en province, les manifestants ont réclamé le départ de l’armée française et l’arrêt immédiat de soutien politique à la junte militaire. Si la marche organisée par Wakit Tama le samedi dernier à N’Djamena était autorisée par les autorités, certaines personnes non identifiées ont profité de l’occasion pour vandaliser des stations-service Total. Pour maintenir l’ordre public, la police nationale, la gendarmerie et les gardes nomades ont procédé à des arrestations. L’équipe d’ialtchad a recueilli les propos de quelques citoyens sur les arrestations des manifestants. Vox pop.

Fatimé Adam Bichara, « la manifestation est un droit par lequel un citoyen exprime son ras-le-bol et c’est ce que les manifestants arrêtés ont fait, ils ne veulent pas de la France au Tchad, c’est leur droit, le gouvernement doit respecter ce choix.  L’arrestation des manifestants est injustice, nous réclamons leur libération ».

Allaynassem Sidérasse, « l’arrestation des manifestants est un acte illégal parce qu’ils manifestent dans leur droit, pour la cause commune et l’intérêt général du pays. Il faut que l’État fasse de son mieux pour leur libération ».

Zahra Moussa, « Selon moi, l’arrestation des manifestants contre la politique de la France au Tchad est injuste et anormale. Chaque citoyen est libre de donner son avis sur la chose publique, mais je trouve aussi injuste la brutalité des manifestants sur les biens privés des expatriés ou des Tchadiens. Les manifestants doivent être disciplinés et exemplaires. La liberté de manifester a des limites. »

Abakar Djimé Dona, « Les manifestants n’ont pas respecté l’itinéraire de la manifestation et ont saccagé  des stations Total, des biens publics appartenant à l’État, et des biens appartenant aux particuliers. C’est illogique et intolérable ce vandalisme, nous réclamons que justice soit faite. »

Hissène Kelly, « L’État ne devrait pas en principe donner une autorisation à la marche contre un partenaire diplomatique aussi important comme la France. C’est au nom de la liberté d’expression que cette marche a été autorisée,  mais les manifestants n’ont pas respecté l’itinéraire, moins encore la liberté des autres. Nous avons tous vu les actes de vandalisme faits sur les stations appartenant au groupe français Total et sur les voies publiques. C’est de l’atteinte à la liberté des autres que je condamne avec la dernière énergie. Manifester pacifiquement c’est admissible, mais saccager, piller c’est illégal et je suis persuadé que la justice fera son travail ».

Propos recueillis par Abderamane Moussa Amadaye   

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