jeudi 16 septembre 2021

Journal

Journal (214)

Le Forum des organisations de la société civile du Tchad (Foscit) a appelé ce 30 avril, à une journée ville morte et de deuil national en mémoire des manifestants morts le 27 avril. Cependant, le mot d’ordre n’a pas été fortement suivi sur l’ensemble du territoire national.

Sur les différentes artères, avenues, quartiers, marchés, etc. que nous avons sillonné en cette journée ensoleillée du 30 avril, l’achalandage est comme d´habitude. La capitale tchadienne, N’Djamena, ne ressemble pas à une ville morte, moins encore à une cité en deuil national. Les bus et minibus circulent normalement. Les commerçants, les fonctionnaires, les ménages vaquent convenablement à leurs occupations.

Le marché à mil de N’Djamena était pris d’assaut par les clients à deux semaines de la fête du ramadan. « Comme vous pouvez le constater, N’Djamena est comme avant. Je ne vois pas ce qui peut ressembler à une ville morte. Les gens vaquent normalement à leurs occupations. Moi également, je suis venu pour acheter les habits à mes enfants », raconte une mère rencontrée au marché à mil.

Pour le porte-parole national du Foscit, Mahamat Zène Cherif, le but du mot d’ordre appelant la population à observer ce 30 avril, une journée ville morte et de deuil national est de dénoncer la prise du pouvoir par la force, sa confiscation par la force et de réclamer le retour à l’ordre constitutionnel. Il reconnaît que l’opération ville morte n’a pas été suivie comme il le souhaite. «La population n’a pas respecté ce mot d’ordre pour des raisons sociales et économiques. Vous savez, nous sommes dans une période de carême et il y a aussi les préparatifs de la fête du ramadan qui se pointe à horizon », dit Mahamat Zène Cherif. Selon lui, cette situation a fait que les ménages, avec les réalités tchadiennes, ont de difficultés à rester chez eux parce qu’une grande partie vit le jour au jour. C’est pourquoi chacun est obligé de sortir gagner sa vie. « Malgré tout, la population partage notre vision de choses », dit-il.

Le Foscit ne compte pas s’arrêter là. Il prévoit une marche pacifique le samedi 1er mai sur tout le territoire tchadien pour exiger le retour à l’ordre constitutionnel.

Allarassem Djimrangar

Dans un communiqué en date du 29 avril, la commission de l’Union africaine et son conseil de paix et de sécurité informent l’opinion nationale et internationale qu’elles entreprennent une mission d’enquête de sept (7) jours en République du Tchad. 

Dirigée par le commissaire de l’Union Africaine (UA) aux affaires politiques, de la paix et de la sécurité, l’ambassadeur Bankole  Adoeye, cette mission composée de cinq(5) membres du conseil de paix et de sécurité(CPS) de l’UA et la RDC, en qualité de pays assurant la présidence de l’UA, est venue discuter avec la junte au pouvoir et biens d’autres acteurs politiques de toutes les questions relatives à la situation qui prévaut dans le pays.

Selon le document, cette mission d’enquête dont les travaux ont commencé depuis le 29 avril et prendront fin le 6 mai prochain cherchera à obtenir un retour rapide à l’ordre constitutionnel et la gouvernance démocratique tout en préservant la sécurité et l’intégrité territoriale du Tchad à travers des informations auprès des nouvelles autorités et des parties prenantes. Le communiqué de poursuivre qu’en marge des rencontres, le soutien de l’enquête sur le meurtre du défunt Président Idriss Deby Itno, l’engagement de l’Union africaine aux côtés du gouvernement et le peuple tchadien dans le processus d’une transition apaisée.

En plus, la mission aura à examiner avec les parties prenantes concernées, les questions essentielles liées à la paix et à la stabilité durable du Tchad telles que la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, la rébellion armée ainsi la criminalité transfrontalière organisée, précise le communiqué.

Enfin, avant de soumettre les conclusions de ses consultations au conseil de paix et de sécurité de l’UA au plus tard le 8 mai 2021, pour examen et décision sur la situation au Tchad, la mission d’enquête rencontrera les acteurs régionaux et sous régionaux notamment la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEAC), la Commission du bassin du Lac Tchad (CBLT), la Communauté sahélo-saharienne (CEN-SAD), la CEDEAO, le G5-Sahel et les Nations-Unies sur l’impact potentiel des événements actuels sur les régions du Sahel et du bassin du Lac Tchad, conclut le communiqué.

Togyanouba Santanan

Des combats mettant aux prises l’armée tchadienne et les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact) ont repris depuis mardi au nord Kanem.

L’armée tchadienne et les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact) s’affrontent de nouveau dans le nord Kanem depuis mardi 27 avril. Les combats continuent encore dans la journée de jeudi.

Il y a quatre jours, la junte militaire au pouvoir a annoncé son refus de négocier avec ces rebelles les qualifiant de « hors-la-loi » et les accusant de terrorisme. Pourtant ceux-ci étaient prêts à un cessez-le-feu pour dialoguer.

Selon les nouvelles autorités de N’Djamena, ces « terroristes », acculés par la force de frappe de l’armée, se sont réfugiés au Niger avec leur chef Mahamat Mahdi Ali en vue de se reconstituer. Pour les anéantir, N’Djamena a demandé la coopération militaire de Niamey. Le 26 avril, les autorités nigériennes qui ont chassé ces « hors-la-loi » de leur territoire.

Selon nos informations, les éléments du Fact se sont redirigés vers le Kanem et éparpillés le long de la frontière. L’armée tchadienne est entrée en action. Des opérations terre et ciel sont lancées depuis mardi 27 avril. Jusque-là, l’armée n’a pas communiqué sur ces opérations.

Dans un communiqué publié ce jeudi 29 avril, le chargé de communication du groupe rebelle indique l’armée tchadienne évite des affrontements terrestres au profit des bombardements aériens. Il annonce par la même occasion qu’un hélicoptère de l’armée a été abattu ce 29 avril grâce à leur système de défense antiaérien. Selon Rfi, l’information a été confirmée par des sources sécuritaires tchadiennes. Pour le groupe rebelle,  la France aide l’armée tchadienne avec des vols de reconnaissance. Pour cette raison, il menace d’abattre désormais tout aéronef qui survolera leur position. 

Il faut le rappeler, les incursions des rebelles du Fact sur le territoire tchadien ont commencé le 11 avril, le jour de l’élection présidentielle. Ils ont progressé rapidement pour atteindre le nord Kanem. Le 17 avril, l’armée détruit totalement la logistique des rebelles. Le lendemain, l’armée lance de nouveau l’offensive et annonce avoir mis en déroute les rebelles. Le chef rebelle a reconnu avoir opéré un repli. Le 19 avril, les rebelles lancent une contre-offensive surprise au cours de laquelle le président de la République Idriss Deby Itno est tué. Dès lors, les nouvelles autorités de N’Djamena ont promis en découdre avec ceux qui ont ôté la vie à leur Maréchal chef suprême des armées Idriss Deby Itno.  

La marche pacifique initiée par la coordination des actions citoyennes pour protester contre le Conseil Militaire de Transition (CMT) et l’ingérence de la France dans les affaires du Tchad le 27 avril passé a causé d’énormes dégâts humains. Les autorités et les organisateurs avancent chacun ses chiffres.

Selon le gouvernement, par le biais du procureur de la République, Youssouf Tom, N’Djamena, la capitale tchadienne a enregistré 4 cas de décès, dont une femme. Par contre, Moundou, la capitale économique n’a enregistré qu’un seul cas de décès.

Ce bilan dressé par le procureur est contredit par les organisateurs. D’après Me Max Loalngar, l’un des leaders de la coordination des actions citoyennes, que nous avons contacté, le bilan sur le plan humain est élevé. « 15 morts, dont 3 ont été signalés à Moundou et 12 à N’Djamena. Plus de 170 personnes arrêtées. Des blessées, on n’en parle pas », dit-il. Selon lui, la marche initiée par son organisation, pour protester contre la transition militaire et l’ingérence de la France dans les affaires internes du Tchad, a été une réussite. Car, dit-il, enfants, jeunes et personnes âgées sont tous sortis pour exprimer leur ras-le-bol.

Dans le souci de confirmer dans l’un ou l’autre cas les chiffres avancés par les organisateurs de la marche et les autorités, nous nous sommes rapprochés des responsables de la Morgue de l’Hôpital général de référence nationale (HGRN) de N’Djamena. Mais ceux-ci ont refusé de répondre à nos questions. 

Rappelons que la marche pacifique du 27 avril, initiée par la coordination des actions citoyennes dénommée « Wokit tama », a été durement réprimée par les forces de l’ordre. Les marcheurs rejettent la transition militaire et dénoncent l’ingérence de la France dans les affaires internes du Tchad. Malgré la répression, la coordination des actions citoyennes a encore appelé à une nouvelle manifestation pacifique ce mercredi 28 avril. Et promet d’autres.

Allarassem Djimrangar

Le président français, Emmanuel Macron a reçu ce matin son homologue Félix Tshisekedi, président de la République Démocratique du Congo, par ailleurs président en exercice de l’Union Africaine. Le chef de l’État français condamne la répression des manifestations ce matin, 27 avril à N’Djamena, capitale tchadienne.

Emmanuel Macron dit soutenir le processus de la transition qui doit ouvrir la voie à la démocratie et à la stabilité du Tchad. Vu l’évolution de la situation, il dit être préoccupé. Il affirme condamner avec fermeté, la répression des manifestations et des violences qui ont eu lieu ce matin à N’Djamena. Pour le chef d’État français, le respect des engagements pris par le Conseil Militaire de Transition (CMT) est celui d’une transition pacifique, inclusive sur le plan politique. Macron insiste qu’il a apporté son soutien à l’intégrité et à la stabilité à N’Djamena pour l’ensemble du pays. Il dit être pour une transition pacifique et démocratique, « je ne suis pas pour un plan de succession. » D’après lui, la France ne sera jamais auprès de ceux qui forment ce projet. Le temps est venu dit-il, de lancer un dialogue politique national ouvert à tous les Tchadiens, c’est ce qui est attendu aujourd’hui. « Le CMT serait le conditionnel de notre soutien. Nous resterons aux côtés de l’Union Africaine que préside le président Tshisekedi aujourd’hui et le G5 Sahel qui s’est engagé résolument dans la médiation de la situation qui me préoccupe très fortement», a lancé le président français.

Rappelons que le président français Emmanuel Macron, a signifié lors de son passage à N’Djamena pour les hommages à son homologue tchadien Idriss Deby, que la France ne laissera ni aujourd’hui ni demain ceux qui tenteraient de nuire à la stabilité et à l’intégrité du Tchad.

Moyalbaye Nadjasna

Le conseil militaire de transition vient de nommer ce lundi, 26 avril, l'ancien Premier ministre, Pahimi Padacké Albert, à la tête du gouvernement de transition. En même temps, la coordination des Action Citoyennes dénommée «Wokit Tama», dénonce un coup d’État institutionnel de la junte et affirme que la France s’ingère dans les affaires internes du Tchad. Elle appelle à une manifestation pacifique. L’UST refuse de reprendre le travail, par contre, le SG de la CLLTT demande à tous les syndicats affiliés à la CLTT de reprendre cette semaine.  Reportage.           

L’ancien Premier ministre, Pahimi Padacké Albert, sera à la tête du gouvernement de transition. Il vient d’être nommé par le Conseil militaire de la transition (CMT). Padacké Albert, est arrivé deuxième avec 10,32%, lors des résultats provisoires de la présidentielle du 11 avril dernier. Il fut le candidat du parti Coq Blanc RNDT-Le-Réveil. Signalons que le CMT mis en place par la junte continue à faire l’objet des contestations des partis de l’opposition démocratique et de la société civile. Me Max Loalngar, est coordonnateur de la Coordination des actions citoyennes « Wokit Tama ». Dans un échange téléphonique ce matin, il affirme, « nous ne voulons pas du Conseil militaire de la transition. C’est illégal». Selon lui, leur coordination ainsi que l’ensemble de la société civile et l’opposition démocratique appellent à la manifestation pour dénoncer d’abord, le coup d’État institutionnel de la junte et dénoncer l’ingérence de la France dans les affaires internes du Tchad. Pour lui, la constitution a prévu tout ce qu’il faut faire en cas vacance de pouvoir. D’après lui, le contraire s’appelle coup d’État institutionnel. « Demains très tôt, nous serons dans les rues. Vous nous trouverez partout dans les rues de la capitale. Ce, pour appeler au retour à l’ordre constitutionnel», indique-t-il.

Me Max Loalngar, réitère que le Tchad est un pays libre, indépendant et souverain. La France doit cesser de s’ingérer continuellement dans les affaires du Tchad. L’ère de la colonisation est révolue, les tchadiens sont assez mûrs pour conduire leur destinée. Il n’y a rien de compliquer, c’est très simple de gérer cette affaire, dit-il. Ce que la France aurait dû faire signifie-t-il, c’est de ne pas prendre acte, mais d’appeler la junte au retour à l’ordre constitutionnel.

Les centrales syndicales divergent…

La confédération libre des travailleurs du Tchad (CLTT), a appelé  ses membres à reprendre le travail cette semaine. La semaine dernière, le gouverneur de la ville de N’Djamena a demandé aux travailleurs du secteur public et privé de reprendre avec le travail. Mais l’Union des travailleurs du Tchad (UST) s’est réunie le mercredi, 21 avril dans son bureau exécutif pour examiner la situation sociopolitique. Le bureau exécutif dit rejeter la transition assurée par les militaires. Elle a demandé aux travailleurs d'observer un arrêt de travail jusqu'à ce que la situation soit clarifiée.

Son secrétaire général, Gounoung Vaima Gan-faré appelle à un dialogue inclusif de tous les Tchadiens de l'intérieur, de l'extérieur et les politico-militaires pour une solution au problème de la paix au Tchad. Il demande que l'ordre constitutionnel soit rétabli avec une transition dirigée par un civil.

Moyalbaye Nadjasna

Dans une déclaration faite le dimanche, le conseil militaire de transition refuse de négocier avec les rebelles du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (Fact) qu’il considère comme des hors-la-loi. Pour la classe politique et la société, ce refus risque de compromettre la paix et la stabilité.

L’annonce est tombée tel un coup de massue. Dans une déclaration radiodiffusée le dimanche 25 avril, le conseil militaire de transition (CMT) dit exclure toute négociation avec les « mercenaires » venues de la Libye (allusion faite au groupe rebelle du FACT). « L’heure n’est ni à la médiation ni à la négociation avec des hors-la-loi », a martelé le porte-parole du CMT, le général Azema Bermandoa Agouna. Pourtant en date du 24 avril, le chef rebelle Mahamat Mahdi Ali a déclaré sur les ondes de la Rfi, être disposé à dialoguer et à un cessez-le-feu. Ce refus de dialoguer avec ces hommes en arme pour une sortie de crise est condamné à la majorité par la classe politique.

François Djekombe, président du parti USPR, est l’un des acteurs politiques appelant le groupe rebelle du FACT à un cessez-le-feu pour l’organisation d’un dialogue inclusif. Pour lui, cette déclaration va-t’en guerre du CMT est la résultante du soutien que Paris lui apporte. « C'est une erreur stratégique », relève-t-il. Toujours selon lui, ce genre d’erreur a été à la cause du génocide au Rwanda. « Ce genre de prise de position ambiguë et de soutien aveugle qui étaient à l'origine du génocide au Rwanda en 1994, parce que les autorités en place pensent toujours sortir victorieuses de n'importe quelle guerre avec le soutien et la bénédiction de Paris », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Il dit ne pas comprendre pourquoi les nouvelles autorités de N’Djamena se refusent à la médiation proposée par les chefs d’Etat du G5 Sahel. « Dans la mesure où nous exigeons la dissolution de la junte militaire et la mise en place d'un gouvernement d'union nationale de transition, le CMT jouit de quelle notoriété pour refuser l'offre de dialogue avec la médiation du Niger, exigeant plutôt la capture du chef du FACT? », s’est-il interrogé, toujours sur sa page Facebook. « Si le CMT veut la guerre, ''à la guerre comme à la guerre'', la majorité des Tchadiens souhaitent la paix et c'est ça le plus important », conclut-il.

L’opposant Saleh Kebzabo a aussi réagi. Il dit désapprouver cette décision qui, selon lui, est contre-productive. « On veut aller à la paix donc il faut nécessairement dialoguer et encore un cessez-le-feu », déclare-t-il. Du côté de la société civile, la réaction est aussi la même. « C’est du mépris quand les gens rejettent l’appel au dialogue », dit Max Loalngar, président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme. Il est pour lui de dire que ce groupe politico-militaire est composé des Tchadiens qui, face au refus de dialogue du régime Déby, ont pris les armes. Dans tous les cas, Max Loalngar dit exiger toujours la dissolution de ce CMT qui est illégal et illégitime.

Hormis l’exclusion du dialogue avec le groupe du FACT, le CMT appelle à la solidarité sous régionale, très précisément des États du G5 Sahel pour combattre ces « terroristes ». « Le Tchad lance un vibrant appel à tous les États membres du G5 Sahel pour plus de solidarité, de coordination et de mutualisation des efforts en vue de mettre hors état de nuire ceux qui ont assassiné le Maréchal du Tchad Idriss Déby Itno, attenté à sa sécurité ainsi qu’à celle de l’ensemble du Sahel », a communiqué le général Azema Bermandoa Agouna. 

Pendant que les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) sont bombardés, les présidents du Niger Mohamed Bazoum et de la Mauritanie Mohamed Ould El-Ghazaouani consultent l’opposition démocratique dans le cadre de la transition avec le Conseil Militaire de Transition.

Selon des sources proches des rebelles, l’armée française continue a bombardé intensivement les colonnes des rebelles tchadiennes qui menaçaient d’attaquer la capitale, N’Djamena. Les éléments du FACT se seraient dispersés en petits groupes dans le désert. Une partie se serait réfugiée dans les massifs du Tibesti, à la frontière avec la Libye. Le président français dans son intervention hier aux obsèques de Deby, a signifié que, la France ne restera pas indifférente face aux actions qui menacent la stabilité et l’intégrité du Tchad.

Entre-temps, après les obsèques, l’opposition démocratique et la majorité présidentielle ont rencontré deux Chefs d’État Mohamed Bazoum et Mohamed Ould El-Ghazaouani,  délégués par le président en exercice du G5 Sahel Christian Mark Kaboré qui remplace au pied levé le défunt président Deby Itno pour entendre l’opposition et majorité.

Durant les échanges l’opposition a réclamé le retour à l’ordre constitutionnel et dénonce ce qu’elle appelle coup d’État du Conseil Militaire de la Transition (CMT). La majorité, elle, soutient à appuyer la junte militaire et la Charte de Transition. Selon nos sources la rencontre s’est passée dans une ambiance cordiale. Dans les prochains jours, d’autres rencontres sont prévues pour donner suite dans les prochains jours. D’autres partenaires se joindront pour aider les différentes parties à trouver une solution pour former un gouvernement de transition.

Pour revenir aux rebelles, selon des sources gouvernementales tchadiennes, le chef rebelle serait tué ou blessé au cours des bombardements. Toutefois, aucune source indépendante ne confirme cette information. Les rebelles démentent la mort de leur chef. Et affirment qu’il se trouverait dans un endroit sûr.

Rappelons que les rebelles du FACT avaient lancé une offensive contre les forces loyalistes, le dimanche 11 avril 2021. Jour où les Tchadiens étaient appelés aux urnes pour élire leur nouveau président. Ils avaient revendiqué le contrôle des garnisons de Wour et Zouarké, dans les massifs du Tibesti à plus de 1000 km de N’Djamena.

Le 19 avril, dans une offensive de l’armée nationale, le gouvernement du Tchad annonce la mise en débandade des rebelles. Le, 20 avril, une autre contre-offensive rebelle signalée au nord du Kanem à environ, 400 km de la capitale. Le même jour au front, le président Idriss Deby Itno fut tué, pourtant déclaré provisoirement vainqueur par la CENI du scrutin du 11 avril.

Le Conseil militaire de transition, mis en place après la mort du président Idriss Deby Itno, a promulgué la Charte qui doit régir le Tchad pour les 18 mois à venir. Elle a été publiée sur le site de la présidence pendant quelques heures avant d’être retirée pour publication de mauvaise version, disent nos sources. Voici la quintessence.  

La Charte de la Transition est calquée sur la Constitution du 4 mai 2021. La nouveauté est dans la création de nouvelles instances qui feront office de la présidence, de parlement et de gouvernement. Il s’agit du Conseil Militaire de Transition (CMT), du Conseil National de Transition (CNT) et du Gouvernement de Transition (GT).

Le Conseil militaire de transition

Selon l’article 36 de la Charte, le Conseil militaire de transition (CMT) est un organe de définition et d’orientation des questions de paix, de stabilité et de sécurité nationale. Il est dirigé par un président qui exerce les fonctions de président de la République, de chef de l’État et de chef suprême des armées. En tant que chef de l’administration, il assure la continuité de l’Etat. Composé de 15 généraux, le CMT est présidé le général de corps d’armées Mahamat Idriss Déby.

Un point important : le président du CMT dispose du droit de grâce et confère les décorations de la République (article 42).

Le gouvernement de transition

Le gouvernement de transition renferme l’exécutif. Il conduit et exécute la politique de la nation (article 52). A cet effet, il dispose de l’administration, des forces armées et de sécurité.  Ses membres sont nommés et révoqués par le président du CMT. Son secrétaire général est placé sous l’autorité du président du CMT pour la coordination du travail gouvernemental.

Des tractations sont en cours pour la formation de ce gouvernement.

Le conseil national de transition

Il fait office d’Assemblée nationale. Le conseil national de transition, composé de 69 membres, a pour mission de :

  • suivre et contrôler l’exécution, par le Gouvernement, des décisions et orientations du Conseil Militaire de Transition ;
  • exercer la fonction législative ;
  • veiller à la défense et à la promotion des droits de l’homme et des libertés ;
  • examiner et d’adopter le projet de Constitution et les textes législatifs (article 59).

Ces membres, appelés conseillers, sont désignés par le président du CMT. Ils jouissent des mêmes privilèges que des députés (indemnités, immunité…)

Bon à savoir, la durée de la transition prévue par la Charte est de 18 mois. Toutefois, elle peut être renouvelée une seule fois par le CMT.  Des élections en vue d’élire un nouveau président de la République et des députés mettront fin à la transition. Déjà le CMT est boudé par la société civile et les partis politiques qui réclament une transition civile, dans l’ordre constitutionnel.

Christian Allahadjim

Un des premiers décrets est signé ce 20 avril 2021 par le nouvel homme fort de N’Djamena, le Général de corps d’armée, fils du défunt président Idriss Deby Itno et président du Conseil militaire de transition (CMT) Mahamat Idriss Deby est composé de 15 membres.

Général de Corps d’armée, Mahamat Idriss Deby
Général de Division, Djimadoum Tiraina
Général de Corps d’armée, Bichara Issa Djadalla
Général de Corps d’armée, Oki Mahamat Yaya Dagache
Générale de Corps d’armée, Mahamat Ismaël Chaibo
Générale de Division, Souleymane Abakar Adoum
Général de Corps d’armée, Tahir Erda Tairo
Général de Brigade, Azem Bermandoa
Général de Brigade, Amine Ahmat Idriss
Général de Brigade, Gamané Moukhtar
Général de Division, Saleh Ben Haliki
Général de Corps d’armée, Abakar Abdelkerim Daoud
Général de Corps d’armée Ahmat Youssouf Mahamat Itno
Général de Corps d’armée, Mahamat Nour Abdelkerim
Général de Brigade, Gueilé Hemchi

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