mercredi 26 janvier 2022

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Journal (225)

Dissoute après la mort du président Idriss Deby Itno, puis réhabilitée, l’Assemblée Nationale (AN) vient d’accorder sa confiance à l’équipe du gouvernement de transition de Pahimi Padacké Albert. C’était à travers un vote entérinant le programme politique présenté ce, 14 mai, à l’hémicycle à Gassi, dans le 7e arrondissement.

149 pour, 0 contre, 0 abstention, c’est le résultat du vote des parlementaires tchadiens qui a entériné le programme politique du gouvernement de transition, présenté par Pahimi Padacké Albert. «Préserver la paix et garantir la sécurité des tchadiens» est le credo de ce gouvernement a affirmé le Premier ministre. C’est un programme axé sur 9 points a indiqué le Premier ministre. Il s’agit entre autres:

  • d’assurer la sécurité et l’intégrité territoriale, désarmer les civiles sur l’ensemble du territoire national ;
  • de sauvegarder l’unité nationale et la paix sociale ;
  • de consolider l’État de droit et la démocratie ;
  • d’organiser un dialogue national inclusif ;
  • d’organiser un referendum constitutionnel et la tenue des élections générales libres et transparentes ;
  • de contribuer à la lutte contre le terrorisme dans la région ;
  • de poursuivre la lutte contre la mauvaise gouvernance, le népotisme, l’exclusion et la corruption ;
  • d’améliorer les conditions de vie des Tchadiens ;
  • de relancer l’économie et renforcer les finances publiques.

Dans les détails, le Premier ministre de transition met l’accent sur la paix et la sécurité comme conditions primordiale pour la garantie du processus électoral équitable et transparent. Il rajoute que la paix tant souhaitée ne peut cohabiter avec la détention illégale et généralisée d’armes de guerre par les civils. Pahimi Padacké Albert soutient que son gouvernement va veiller à l’apaisement des tensions communautaires pour une cohabitation pacifique et le vivre ensemble des filles et fils du Tchad. Car dit-il, la diversité sociale et culturelle devrait être un gage du développement du Tchad. «Le dialogue politique, social et interreligieux doit enraciner la paix et la concorde nationale», a insisté le Premier ministre de transition dans sa présentation. En outre, il relève que le respect des lois, des droits et l’exercice des droits individuels et collectifs par la puissance publique et les citoyens  doivent marquer la démocratie au Tchad.

L’autre point important, c’est l’organisation d’un dialogue inclusif de la réconciliation nationale. Pour le chef du gouvernement de la transition, ce cadre verra la participation de tous les Tchadiens de l’intérieur comme de l’extérieur du pays. Aucun sujet d’intérêt national ne va être occulté, rassure-t-il. «Nous débattrons de tout et nous déciderons sur tout ce qui concerne le nouveau contrat social que nous voulons pour notre peuple ».

Un autre point est la nouvelle constitution. Pahimi Padacké Albert, signale que son équipe va élaborer un projet de constitution qui va tenir compte des conclusions du dialogue national inclusif. Objectif, aboutir des institutions fortes, plus démocratiques, pour des élections crédibles et transparentes, signifie dit-il. Pour améliorer les conditions de vies des Tchadiens, il promet de rendre disponible le vaccin contre la covid-19 d’ici peu.

À noter que la Cour Suprême par un avis du 7 mai 2021, après l’examen de la requête du Ministre Secrétaire Général du gouvernement a habilité l’Assemblée nationale d’exercer les attributions du Conseil national de transition (CNT) en attendant sa mise en place. La présentation de ce programme politique du gouvernement de la transition fait suite au conseil du ministre tenu le 12 mai 2021.

Moyalbaye Nadjasna
Allarassem Djimrangar

L’Agence Tchadienne de presse et d’Edition (ATPE) ne publie pas depuis plusieurs semaines. Elle ne joue plus son rôle d’agence. Elle est réduite en un journal écrit dénommé Info-Tchad. Malgré qu’elle fonctionne comme un journal, beaucoup de difficultés sont décriées par son personnel. Un préavis de grève allant du 12 au 15 mai a été donné à la direction générale.

Le personnel de l’Agence Tchadienne de presse et d’Edition (ATPE) perd patience. Une correspondance du personnel notifiant la dégradation des  conditions de travail a été déposée ce 11 mai au bureau de la directrice générale de ce média public. Selon la teneur du document, le personnel revendique la dotation de la rédaction des matériels de travail adéquats (ordinateurs portables, enregistreurs, appareils photos, calepins, stylo à bille, badges professionnels, les chaises, tables, bancs, tableaux, accès à l’Internet, abonnement aux journaux). Aussi, rajoute le communiqué, la mise en place d’une équipe de rédaction complète notamment, un rédacteur en chef et son adjoint, un secrétaire de rédaction et son adjoint, un chef de service des reportages, des chefs de desks ainsi que d’autres chefs de service administratif et technique.

En outre, les agents de l’ATPE, revendiquent également le versement intégral de leurs primes et indemnités de 2019 et 2020. Selon nos sources, le journal Info-Tchad n’a pas paru depuis plus de six mois déjà.

Créée en 1966 par l’ordonnance du 15 juillet 1966, d’après nos recherches, l’Agence tchadienne de presse (ATP), est un établissement public à caractère industriel et  commercial. Elle a un statut d’un service public placé l’autorité du ministère de l’Information, puis replacée en 2003 sous la tutelle du ministère de la Communication. À ses débuts, l’ATP était le seul organe de presse ayant le monopole de la collecte, du traitement et de la diffusion des informations. Faute de réseaux et des moyens d’équipement adéquats pour offrir un service d’agence, l’ATP s’est contentée de la production d’un bulletin à la base des informations liées aux évènements. Sa rédaction centrale outre la collecte d’information, complète, objective, exacte et impartiale, la rédaction centrale traite les informations collectées sur tout le territoire national.  L’ATP disposait à l’époque quatre  bureaux régionaux à Moundou, Sarh, Abéché et Faya. Elle va évoluer puis se métamorphose en Agence tchadienne de presse et d’édition (ATPE). Son bulletin quotidien Info Tchad disparaît de facto.

L’ATPE lance un nouveau journal dénommé «Info.» Le premier numéro a été lancé le 03 octobre 2011 qui paraît deux fois dans la semaine (bihebdomadaire). Bien que la nouvelle vision de l’ATPE c’est l’information générale, elle continue de véhiculer les informations à caractère officiel ou institutionnel. L’ATPE ne dispose pas du bureau à l’extérieur du pays. Elle peut cependant distribuer un service d’information mondiale moyennant des conventions de partenariat avec d’autres agences de presse, notamment (AFP et China Nouvelle).    

A noter que malgré la tenue de son conseil d’Administration aboutissant à la nomination d’une équipe autour de la direction générale, l’ATPE est restée égale à elle-même. Ces revendications susmentionnées ne sont que des vieilles réclamations réactualisées. Et pourtant ce personnel fait un travail professionnel malgré le peu de moyens à sa disposition.

Même si la patience dit on est la longueur du temps, l’exigence du monde en perpétuelle mutation s’impose et exige de matériel de qualités pour un travail de qualité. La Directrice générale de l’ATPE à qui nous avons contactées hier après-midi pour un éventuel échange nous a dit : «ce préavis de grève ne me frisonne pas» .

Moyalbaye Nadjasna

L’association l’Amicale des anciens Auditeurs du symposium sur la Sécurité transsaharienne et la bonne gouvernance (SST/TCHAD), au cours d’un point de presse fait ce 11 mai au palais du 15-janvier entend apporter sa contribution pour conforter la paix et favoriser la cohabitation pacifique des Tchadiens.

Selon la Vice-présidente de l’Amicale des anciens Auditeurs du symposium sur la Sécurité transsaharienne et la bonne gouvernance (SST/TCHAD), Mme Fatimé Assarah Abdel Aziz, la préoccupation actuelle c’est la survie du Tchad. Pour elle, la mort du président de la République Idriss Deby Itno le 20 avril dernier a laissé le pays dans l’incertitude. Elle rajoute que le pays est devenu l’épicentre des tensions au Nord, Est, Sud et Ouest. D’après elle, leur amicale qui se veut une plateforme d’échange et de fertilisation des idées entre ses membres veut offrir ses bons offices afin de faciliter le dialogue et la médiation entre les filles et fils du Tchad sans distinction. « La violence ne mène nulle part et ne peut servir qu’à enfoncer le pays dans l’abîme et les populations dans le désarroi », dit Mme Fatimé Assarah Abdel Aziz.

Pour la vice-présidente, le Tchad a tout essayé.  Depuis 60 ans d’indépendance,  dit-elle, le Tchad n’a eu que 8 à 11 ans de paix pour se consacrer à son développement. Le reste du temps déclare-t-elle,  le pays l’a passé à contenir la sécheresse, les inondations, les attaques aviaires et acridiennes, les coups d’État, les rebellions, des conflits intercommunautaires, les conflits avec la Libye, les conflits religieux et la liste n’est pas exhaustive. Elle promet que leur association va rencontrer toutes les forces vives de la nation, les partenaires et les pays amis soucieux de la stabilité du Tchad. « Objectif, recueillir les avis des uns des autres pour déboucher sur un dialogue non seulement inclusif, mais global et profond », précise Mme Fatimé Assarah Abdel Aziz.

D’après la vice-présidente de l’Association SST/TCHAD, les solutions aux problèmes tchadiens ne peuvent se trouver qu’entre les Tchadiens. Elles ne peuvent venir de l’extérieur, d’où la nécessité pour chacun de consentir un sacrifice salutaire, renchérit-elle. « Pour qu’il y ait la paix, il faut un dialogue. Ce dialogue doit être inclusif sans marginalisation de qui que ce soit », précise-t-elle. Elle soutient que leur amical regorge des compétences capables d’une synergie d’action nécessaire à relever le défi actuel. Nous sommes résolument engagés dans une bataille pour la solution à la crise actuelle que traverse le Tchad avec la contribution de tous ceux ou celles qui sont préoccupés, note-t-elle.

A noter que l’Amicale des anciens Auditeurs du symposium sur la Sécurité transsaharienne et la bonne gouvernance (SST/TCHAD), a été créée le 18 avril 2013. Son objectif est d’améliorer la capacité des forces de défense et de la sécurité ainsi que celle de la société civile à réagir efficacement afin d’aider le gouvernement à préserver la paix,  l’intégrité et l’unité nationale du Tchad. L’amical œuvre dans la sensibilisation, la formation continue et les renforcements de capacités. Il s’investit aussi dans les études et recherches dans le domaine de règlement des conflits et la bonne gouvernance. L’amical est laïque, indépendante, apolitique et à but non lucratif. Il regroupe en son sein, des officiers supérieurs de l’Armée, de la Gendarmerie, la Police, des administrateurs, des représentants des organisations de la société civile et des personnes ressources. Le slogan de l’Association «l’amical SST/TCHAD» est Sécurité-Paix-Développement.

Moyalbaye Nadjasna

Par un communiqué rendu public hier, sur sa page Facebook, l’Union Nationale pour le Développement et le Renouveau (UNDR), justifie l’entrée de ses membres dans le Gouvernement de Transition. In extenso voilà en substance ce que dit le post.

« Après la mort du président Deby Itno, les Tchadiens s’attendaient à ce que tous ceux qui incarnent l’ancien régime soient balayés tout d’un coup. La réalité est qu’il faille tenir compte de l’instinct de conservation ou de sécurité de ceux qui détiennent encore le pouvoir. Le 20 avril,  le Conseil Militaire de la Transition CMT est mis en place. Il a fallu qu’un gouvernement de transition soit également formé. Chose faite le, 2 mai dernier. C’est une équipe constituée de 40 membres, dont 2 militants de l’UNDR. Un gouvernement qui n’a fait qu’activer la colère des organisations de la société civile qui n’y figure pas. Les Tchadiens mécontentements ont vivement réagi. »

Pourquoi l’UNDR est entré au gouvernement de transition? Voilà la question qui taraudait l’esprit des Tchadiens qui n’arrivaient pas à comprendre la prise de position de l’heure. Et pourtant, en date du 27 avril dernier, Saleh Kebzabo soutenait la marche anti CMT. « L’avenir du Tchad après Deby, être dans toutes les structures de la transition pour suivre de près l’élaboration des textes fondamentaux du pays et ceux concernant les élections», telles en sont les raisons du revirement de l’UNDR, note le document.

Toujours pour justifier l’entrée de l’UNDR dans le gouvernement de transition,  le communiqué invoque l’incertitude créée par la mort inattendue du Président tchadien Idriss Deby. D’après les arguments avancés dans le document, la mort du président Deby Itno aurait pu aboutir à une guerre civile, vu l’intensité d’animosité entre les communautés. Selon toujours le même communiqué, il s’est trouvé qu’un groupe d’officiers s’est constitué et a pris le pouvoir, à sa tête le fils du défunt président. Le document, de rajouter que, la population dans son entièreté a désapprouvé la succession dynastique au pouvoir. Beaucoup de Tchadiens ont réclamé le retour à l’ordre constitutionnel, indique le communiqué. Pour renchérir la justification de la présence de l’UNDR dans la transition, le communiqué indique qu’après analyse faite de la situation, se tenir à l’écart permettra au Mouvement patriotique du Salut (MPS), parti du président défunt et de ses alliés de continuer à gérer le pays.  «L’UNDR a une grande expérience électorale et politique. Ce qui pourrait aider la transition a créé des conditions  aux élections libres et transparentes. Les camarades figurant dans la transition, veilleront afin de détecter les manœuvres consistant à manipuler les élections.», note le communiqué.

A en croire le communiqué, le président du parti le Calebasse, le président de l’UNDR faisait partie des acteurs politiques consultés par les médiateurs nationaux et internationaux. « Certains militants ont même proposé que le président de l’UNDR accepte d’être Premier ministre si on le lui propose. D’autres l’ont suggéré de se réserver pour les élections présidentielles à venir», dit le communiqué.

Des avis contradictoires sont relevés aussi lors des échanges sur la page Facebook du parti.

Selon un militant engagé de l’UNDR, « il faut que le président joue franc jeu et non penser aux intérêts égoïstes, l’alternance doit être de mise tout en tenant compte de son âge pour les futures élections »

Un autre internaute, très remonté, affirme « vous vous êtes trompés largement, mais le peuple ne vous suivra pas dans cette voie ». Le même rajoute que les arguments avancés ne sont pas convaincants, « et si le CMT décide, il en a le pouvoir, de démettre à mi-chemin vos militants entrés au gouvernement, qu’allez-vous faire ? ». Pour lui si l’Undr allait entrer dans ce gouvernement de transition, pourquoi alors appeler les gens dans la rue avant de mieux réfléchir ? s’est interrogé l’intervenant.

Le Conseil paix et sécurité de l’Union Africaine (UA) se réunit ce 10 mai à Addis Abeba, en Éthiopie suite à la situation sociopolitique au Tchad. Il va se pencher sur le rapport de la mission de l’UA envoyée à N’Djamena, le 29 avril sou l’égide du Nigérian Bankole Adeoye et l’ambassadeur djiboutien, Mohamed Idriss Farah, président du Conseil de paix et sécurité de l’UA. Des décisions sont attendues à l’issue de cette réunion.

Le Conseil paix et sécurité de l’Union africaine examine le rapport de sa mission dépêchée semaine dernière à N’Djamena, capitale tchadienne, suite à la situation sécuritaire du pays. Il faut rappeler qu’après le décès du président tchadien Idriss Deby, l’armée s’est emparée du pouvoir et a mis à la tête Mahamat Idriss Deby Itno, fils du défunt chef de l’État. Un Comité Militaire de Transition (CMT) a été mis en place suscitant des contestations de l’opposition politique démocratique et de la société civile. Ces mécontents dénoncent un coup d’État institutionnel et réclament un retour à l’ordre constitutionnel. Depuis lors des manifestations pacifiques violemment dispersées se répètent à travers le pays. Conséquences, des Tchadiens meurent et sont blessés graves pour avoir manifesté.  Ce lundi, cette réunion du Conseil de sécurité de l’UA va se servir des éléments recueillis dans le rapport de mission afin de prendre des à l’encontre du Tchad. Sanctions ou pas sanctions.

Des sources révèlent que le rapport de l’enquête de l’UA au Tchad pose aussi des conditions au Conseil militaire de transition qui a pris le pouvoir. Le rapport note entre autres, le respect strict d'une transition de 18 mois maximum, l'organisation d'un dialogue national inclusif aboutissant sur un partage du pouvoir entre militaires et civils, comme cela s'est fait au Soudan. Rappelons que le Conseil paix et sécurité semble divisé sur une ligne de conduite face à la situation qui prévaut au Tchad. Selon les sources divergentes, certains pays proposaient la suspension du Tchad de l’UA en raison de la prise de pouvoir qu'ils qualifient de « coup d'État militaire ». D’autres proposaient à l’UA de déroger exceptionnellement à ses principes et d’accompagner la transition au Tchad. Car, argumentaient-ils que ce pays « est un verrou essentiel contre le terrorisme en Afrique et qu'il est fragile ».

Sur les traces de la mission de l’UA

Le Conseil paix et sécurité de l'UA a envoyé le 29 avril sa mission au Tchad. Cette mission a rencontré les nouvelles autorités, à commencer par le chef du Conseil militaire de transition, Mahamat Idriss Deby, fils de l’ancien président, les partis d’opposition, les organisations de la société civile, les diplomates en poste à  Ndjamena ainsi que les représentants des organisations religieuses. Objectif : veiller à la bonne marche de la transition en cours.

Signalons qu’une manifestation timide a eu lieu le 8 mai, violemment dispersée par la police. La coordination des actions citoyennes a déploré une dizaine de blessés dont trois graves et une cinquantaine d’arrestations sur l’ensemble du territoire. Le Procureur de la République de Ndjamena note une vingtaine d’arrestations dans la capitale et un manifestant blessé par balle réelle. Le 19 avril, Addis Abeba, le Président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat avait réitéré l’attachement indéfectible de l’UA aux solutions pacifiques des problèmes africains par la voix du dialogue et de la recherche du consensus.

La France a salué, lundi dernier la formation par la junte d'un gouvernement de transition dirigé par un Premier ministre civil incluant plusieurs membres de l'opposition. Elle demandait aussi que la transition soit d'une durée limitée. Paris relevait que limiter la transition permettrait au retour rapide à des institutions démocratiquement élues. La France affirmait aussi soutenir l’initiative de l’UA d’accompagner le Tchad dans la transition.

Moyalbaye Nadjasna

 

Engagés depuis avril sur les théâtres des opérations au nord Kanem, les éléments de l’armée tchadienne ont regagné N’Djamena dans la matinée du 9 mai. Un signe qui marque la fin des hostilités, disent les autorités militaires.

Ce sont plusieurs unités de l’armée nationale tchadienne engagées sur le théâtre des combats les mettant aux prises avec les rebelles du FACT depuis avril au nord Kanem qui sont de retour dans la capitale, N’Djamena. En tête du convoi, le chef d’état-major général des armées (Cemga), le général Abdelkérim Daoud Brahim. Il était sur place pour superviser les opérations de ratissage, selon le ministre de la Défense, Daoud Yaya Brahim.

Selon le Cemga, les rebelles sont anéantis. « Nous avons la maîtrise de la situation dès le début. Nous avons amené des prisonniers et des matériels. Au terrain, il ne reste rien. Je demande aux populations de rester tranquille; tout est dans l'ordre maintenant », rassure le général Abdelkerim Daoud Brahim.

Comme butins de guerre, plus d’une centaine de rebelles fait prisonniers et une dizaine de véhicules avec des matériels récupérés ont été présentés à la presse à l’état-major général des armées. D’après le CEMGA, certains de ces prisonniers sont des pauvres qui se sont fait enrôler pour de l’argent. D’autres, dit-il, se sont retrouvés là par force.

Parmi les prisonniers se trouvent deux cadres importants de la rébellion du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad ( Fact). Il s’agit de celui qui se présente comme directeur de la section gendarmerie et l’autre comme commandant des opérations. Le premier a été arrêté entre la frontière Niger-Tchad. Le second à Nokou, au nord Kanem. Pas des nouvelles du chef rebelle, Mahamat Mahdi Ali. Selon le commandant des opérations du FACT, leur groupe a travaillé aux côtés des forces du Maréchal Halifa Haftar, considéré comme l’homme fort de l’Est libyen. En contrepartie, ils ont reçu armements et équipements militaires. Leur objectif, renverser le régime de N’Djamena dirigé par le défunt président Idriss Deby Itno.

C’est dans ce climat de confiance que le président du Conseil militaire de transition, le général Mahamat Deby Itno a effectué son premier déplacement à l’étranger depuis sa désignation le 20 avril. Il s’est rendu à Niamey ce lundi 10 mai. Dans la capitale nigérienne, le chef de l’État tchadien a eu une séance de travail avec le président Mohamed Bazoum. Puis il s’est rendu dans la zone des trois frontières pour galvaniser les unités tchadiennes déployées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

Il faut le rappeler, les éléments du groupe rebelle du FACT dirigés par Mahamat Mahdi Ali ont fait leur incursion au Tchad le 11 avril dans la zone de Tibesti. Après des combats éclair, ils sont parvenus à atteindre le nord Kanem. C’est là que des combats atroces les ont opposés à l’armée tchadienne entre le 17, le 18 et le 19 avril. L’armée a, dans un bilan, évoqué la mort de 300 rebelles, plusieurs matériels de guerre récupérés et près de 300 prisonniers. Depuis lors, aucun autre bilan n’a été communiqué sur les combats qui ont repris depuis le 27 avril. En réaction aux autorités militaires, le Fact répond par une phrase en affirmant que « c’est loin d’être fini ».

Par un arrêté rendu public ce 7 mai par le ministère de la Sécurité publique, les manifestations pacifiques sont autorisées. Mais sous plusieurs conditions.

D’après les termes du document, les manifestations pacifiques sont autorisées « conformément à la charte de transition et à la volonté des plus hautes autorités au respect de l’État de droit. » Et pour cela, indique l’arrêté ministériel, « les forces de l’ordre prendront toutes les dispositions sécuritaires nécessaires à cet effet. » Mais tout cela n’est possible qu’à certaines conditions.

Le ministère de la Sécurité publique exige d’abord des organisateurs d’une manifestation pacifique une demande d’autorisation préalable indiquant un itinéraire bien défini. Cet itinéraire, précise le document, peut être modifié en commun accord avec les autorités au moins cinq jours avant la date demandée.

Ensuite, les organisateurs d’une manifestation pacifique doivent signer un engagement auprès du ministère de la Sécurité publique. L’arrêté n’a pas mentionné la nature de cet engagement.

Puis le ministère de la Sécurité exige des organisateurs d’une manifestation la sensibilisation et l’encadrement des manifestants afin d’éviter tout trouble à l’ordre public.

Et enfin, la dernière condition à remplir est la détention d’une autorisation de fonctionnement pour toute organisation appelant à une manifestation.

Autre précision, le ministère fait savoir que l’objectif d’une manifestation pacifique est d’exprimer une opinion dans le respect des textes en vigueur.

Pour Me Max Loalngar, coordinateur de la plateforme Wakit tamma qui appelle à une marche ce 8 mai, le décret cité dans ce document est désuet. « Qu’on ne nous perturbe pas avec des décrets de 1962 qui sont morts et enterrés avec leurs auteurs », s’agace-t-il. D’après lui, il n’existe dans la législation actuelle aucun argument du droit positif qui ne peut être opposé pour poser tel ou tel acte. « C’est pour cela que la marche de demain (8 mai) est maintenue », confirme Me Max Loalngar.

Prenant en compte quelques points énumérés dans le communiqué du ministère de la Sécurité publique, le coordinateur de Wakit tamma rassure que la marche sera « pacifique ». « Nous allons nous encadrer », promet-il. Au contraire, Me Max Loalngar demande que les forces de l’ordre s’abstiennent de se présenter aux abords de cette manifestation.  « Celle-ci faisant suite à la marche du 27 avril réprimée dans le sang, nous pensons que la présence des forces de l’ordre serait de nature à troubler l’ordre public », estime-t-il. Car, dit-il, le sentiment d’une victime de voir son bourreau peut la pousser à agir violemment.

Ainsi, la marche du 8 mai a pour point de rassemblement l’espace Fest’Africa de Chagoua et avec point de chute le rond-point Fontaine de l’union. « Une motion et un schéma de sortie de crise seront présentés », annonce Me Max Loalngar.

Aux dernières nouvelles, le ministère de la Sécurité publique vient d’interdire la marche.

Après une trêve de 10 jours, la Coordination des Actions Citoyennes (CAC) annonce une grande marche pour le 8 mai.

« La lutte continue en mémoire de nos martyrs », a déclaré le coordonnateur de la CAC, Me Max Loalngar, dès l’entame de son point de presse. Depuis le 27 avril, date de la première manifestation de contestation de la prise de pouvoir par le Conseil Militaire de Transition (CMT), la plateforme a décrété une trêve. « D’une part pour enterrer nos morts et panser nos blessures, d’autre part pour honorer nos hôtes de la mission de l’Union Africaine (UA) », a dit M. Loalngar.

Pendant cette trêve, affirme Me Max, la junte militaire au pouvoir a étalé sa mauvaise foi en « formant un gouvernement fantoche en dépit de multiples appels au bon sens et à la raison. » « Ni le retour à l'ordre constitutionnel ni le schéma malien proposé par certains n'a trouvé grâce à leurs yeux », déplore-t-il. Aussi, indique le coordinateur de la plateforme Wakit Tamma, le pouvoir a usé de tous les moyens pour tenter de briser la dynamique populaire : trafic d'influence, achats de conscience, clientélisme, etc. « Tout y est passé. Mais le peuple est debout, la CAC reste mobilisée pour le bien-être de toutes nos communautés du nord au sud, de l'est à l'ouest », souligne-t-il.

Pour la plateforme, la junte militaire en ordonnant de tirer sur des civiles, a méconnu les libertés publiques. Et pour cela, elle est disqualifiée pour présider à la destinée du pays. « Parce que le sacrifice de nos chers martyrs n’est vain, les revendications populaires doivent s'intensifier », appelle Me Max Loalngar.

La plateforme Wakit Tamma dit maintenir son appel à la marche pacifique et invite toutes les organisations de la société qui ne se sont pas encore engagées dans la lutte à cette date, de se joindre sans délai à la mobilisation du peuple pour les actions citoyennes futures. « La toute prochaine marche pacifique est justement prévue pour le samedi 8 avril, sur toute l'étendue du territoire. Nous devons ensemble tracer nos sillons pour façonner le modèle tchadien que nous voulons inclusif, généreux et dynamique. Peuple tchadien, ta liberté naîtra de ton courage », lance Me Max Loalngar.

Il faut signaler que l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), le parti de Saleh Kebzabo dit suspendre sa participation aux activités de cette plateforme. « L’UNDR demande à ses militants et sympathisants de suspendre les marches et toutes autres formes de manifestations en attendant de voir clair dans les négociations qu’il faut engager avec les autorités de la transition pour la gestion de ces marches pacifiques », a instruit Célestin Topona Mocna, 1er vice-président de l’UNDR lors d’un point de presse fait ce 6 mai.

Avant d’annoncer son retrait, l’Undr a tenu à préciser que le secrétaire national administratif du parti, le Professeur Avocksouma Djona qui avait désapprouvé publiquement, dans un point de presse, la veille le choix de son parti et de son chef Saleh Kebzabo de faire partie du gouvernement de transition est du passé. Et que le professeur a reconnu son erreur d’avoir pris la parole publiquement pour contredire la ligne du parti. Il s’en est excusé.

Joint au téléphone M. Avocksouma a affirmé que son parti a raison sur la forme, car il devrait avant sa sortie en discuter en interne. Quant au fond du sujet, sa position n’a pas changé. Il affirme qu’il continuera à soutenir les actions de Wakitt Tamma comme citoyen tchadien.

Le ministre de la Défense, le Général Daoud Yaya Brahim a démenti les allégations selon lesquelles l’armée tchadienne s’est livrée à des actes inhumains sur les rebelles du Front pour l’alternance et le changement au Tchad (FACT) faits prisonniers.

Cette sortie médiatique du patron de la Défense nationale, le Général Daoud Yaya Brahim fait suite à la publication des capsules vidéo sur Facebook accusant l’armée tchadienne de traitements inhumains et dégradants sur les prisonniers de guerre. D’après Daoud Yaya Brahim, ce n’est que de la diffamation. Car, selon lui, l’armée tchadienne est une armée bien formée et instruite sur le droit international humanitaire. « L’armée tchadienne qui a été victime de plusieurs incursions terroristes s’est toujours comportée de manière humanitaire. Jamais un soldat tchadien n’a torturé un prisonnier moins encore le tué », affirme-t-il. Pour lui, ces informations sont de nature à ternir l’image du Tchad, du Conseil militaire de transition (CMT) et des forces de défense et de sécurité.

Pour couper court à la désinformation, le ministre Daoud Yaya Brahim a promis inviter la presse et la Croix-Rouge à visiter ces prisonniers. « La plupart des prisonniers de guerre sont aujourd’hui, entre les mains de la gendarmerie nationale, qui sont en phase d’enquête. A partir de lundi prochain, je demanderai à la Croix-Rouge, à la presse d’aller les visiter pour leur poser de questions et voir leur état de santé », dit Daoud Yaya Brahim.

Sur la question du dialogue souhaité par l’état-major du FACT, la réponse du ministre est sans ambages : « dialoguer avec des terroristes ? Moi je ne connais pas de rebelles, je ne connais que des terroristes ». A entendre le ministre le dialogue est exclu. Car, soutient-il, ces hommes armés qui ont fait leur incursion au nord du Tchad en avril ne sont même des Tchadiens. « La plupart d’entre eux sont nés en Europe, en Arabie Saoudite, en Libye. Et comme vous le savez la Libye est devenue un Etat néant, un bastion des terroristes », a-t-il-martelé.

Le ministre Daoud Yaya Brahim rassure que la situation sécuritaire est sous contrôle. « Il n’est point besoin de paniquer. Les forces de défense et de sécurité sont en situation de ratissage », informe-t-il. Il appelle les autorités en charge de l’enseignement de relancer les activités académiques. Egalement, le ministre félicite la population du Kanem pour sa collaboration avec les forces de l’ordre pour débusquer les rebelles déguisés en civil.

                                                           

Le secrétaire national administratif de l’Union Nationale pour le Développement et le Renouveau (Undr), le Professeur Avocksouma Djona a désapprouvé publiquement le choix de son parti et de son chef Saleh Kebzabo de faire partie du gouvernement de transition formé il y a 48h.


Au cours du point de presse tenu ce mardi 4 mai, le secrétaire national administratif de l’UNDR, Avocksouma Djona n’est pas passé par quatre chemins pour exprimer son désaccord quant à la participation de son parti au gouvernement de transition. D’après lui, les raisons pour lesquelles son parti n’était pas d’accord avec le MPS sont toujours valables. « Nous sommes pour l’alternance démocratique. Nous sommes contre la perpétuation dynastique du pouvoir. Nous sommes pour un dialogue inclusif », dit Pr Avocksouma Djona.

La composition du gouvernement de transition et la répression de la manifestation du 27 avril a été la goutte d’eau qui a débordé le vase. Pour Avocksouma, la participation de son parti au gouvernement de transition est synonyme de reconnaissance de facto du Conseil Militaire de Transition. « C’est dans ce moment de douleur que l’UNDR décide d’accompagner le Premier Ministre, de reconnaître le CMT et de participer à un gouvernement qui n’est d’un consensus paralysant », tonne-t-il. Il insiste sur sa désapprobation de la décision de son parti d’entrer dans le gouvernement. Et apporte son soutien à la Coordination des Actions Citoyennes (CAC) dénommées « Wakit tamma ». Malgré le désaccord avec son parti, le secrétaire national administratif n’a pas évoqué sa démission.

Pr Avocksouma Djona Atchénémou  a fini son point de presse en interpellant le CMT sur la nécessité d’organiser un dialogue inclusif, préalable à la réconciliation nationale. De cesser toute répression des marches pacifiques et de dialoguer avec les politico-militaires pour un cessez-le-feu.

 

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