vendredi 1 juillet 2022
Journal

Journal (282)

L’association des femmes vendeuses de poissons du Tchad ne supporte plus les agissements d’une tierce personne qui réclame depuis 3 ans la propriété de là où est construit ce marché. Agacée, elle traduit l’affaire devant les juridictions compétentes.

Le marché de poisson de Chagoua est construit depuis 2013 par la Banque Africaine de Développement BAD au bénéfice des femmes vendeuses de poissons. C’était pour répondre aux demandes des femmes vendeuses de poissons de Dembé qui avaient subi une inondation après une forte pluviométrie en 2012. Depuis la réception du marché, les bénéficiaires exercent tranquillement leurs activités jusqu’à ce jour 30 août 2019 quand M. Djérambété François débarque pour réclamer la propriété de ce marché. Selon ses propos, le local où est implanté le marché appartenait à son père et veut le récupérer.

L’affaire est traduite devant le juge de paix du 7e arrondissement. L’association des femmes avait gagné. Mais un an après, précisément le 30 août 2020, M. Djérambété revient à la charge avec les mêmes revendications. À la dernière tentative est celle du 30 août passé, il dit être déterminé à avoir gain de cause. Il entend diviser le marché et en être le superviseur. Très remontées, les femmes vendeuses de poissons se sont concertées pour informer la presse avant de lui interdire de mettre pied au marché.

Pour la présidente de l’association des femmes vendeuses de poissons du Tchad Fihil Agoï, les femmes exigent que Djérambété François ne revienne plus les perturber. Selon elle, les vendeuses de poissons ne reconnaissent pas l’autorité de ce dernier et qu’il n’est pas membre de leur association, moins encore de la faîtière. Pour elle, le marché est construit pour l’autonomisation financière des femmes. Il ne peut en aucun cas devenir un champ de bataille pour des intérêts personnels d’un individu. « Ce type n’a jamais été élu président de la faîtière. Nous voulons la paix pour faire nos affaires », lance-t-elle. Remontées, elles se sont mobilisées pour faire recours à la justice afin de trancher définitivement le problème.

Le président de l’Union des coopératives des pisciculteurs et vendeurs de poissons du Tchad, Haroun Kadre souligne que M. Djérambété et son fils sont exclus de l’association depuis 2015. Selon lui, le plaignant a fabriqué des faux documents administratifs qui attestent que le terrain où le marché est implanté lui appartient. « Personne ne l’a élu président de l’union des coopératives, tout ce qu’il fait, n’engage que lui », note-t-il.  L’affaire est désormais devant les tribunaux. La Justice tranchera. En attendant un éventuel procès, les vendeuses continuent leurs activités.

Kouladoum Mireille Modestine

Le président d’honneur de la Ligue Tchadienne des droits de l’homme (LTDH), Dobian Asngar réagit par rapport à sa nomination par décret le 30 août dernier par le Conseil Militaire de Transition au comité d’organisation du dialogue national inclusif (CODNI), pour représenter l’association.  Il met en garde les autorités du CMT de la bonne organisation du dialogue, gage de sa participation, sinon il jetterait l’éponge.

Après sa nomination par décret le 30 août dernier pour représenter la LTDH au dialogue national inclusif (DNI), prévu en novembre prochain, le président d’honneur Dobian Asngar exige des autorités du CMT de la tenue d’un dialogue sincère et inclusif sans ambiguïté, qui est un gage de sa participation. Il estime que sans un dialogue sincère, ouvert à toutes les forces vives de la nation, il ne voit pas l’intérêt de participer à une rencontre qui va accoucher probablement d’une souris. L’ancien président de la LTDH précise qu’il ira au DNI au nom de la LTDH, mais ira à une condition : la bonne organisation du dialogue. Dobian Asngar souligne qu’il est désigné pour aller défendre les valeurs de la liberté et les valeurs humaines. « Je ne pars pas pour faire des compromissions, il faut que le CMT et le gouvernement de transition comprennent. S’ils ne vont pas parler de vrais problèmes, je n’hésiterai pas à claquer la porte », déclare-t-il.

Au sujet de la contestation de sa nomination au DNI, par Me Max Loalngar, il fait savoir que l’ancien président est suspendu. Et qu’il n’a pas le pouvoir de contester une décision prise par le COC. Le président suspendu, balaye du revers de la main les arguments avancés par le président d’honneur, Dobian Asngar. Selon M. Loalngar, aucune instance de la LTDH n’a procédé à cette nomination et le président d’honneur ne pourrait y figurer qu’en son propre nom. Il explique que suivant les dispositions des statuts et règlements intérieurs de la LTDH, une telle décision ne pourrait être actée que par le COC ou encore par le président élu qui est habilité à représenter l’association à tous les échelons de la vie publique. Ce dernier rappelle que loin de refuser le dialogue, l’abstention ou le refus d’un dialogue sincère est aussi un mode d’expression pour la défense des populations et ne sauraient faire l’objet de marchandage.

Jules Doukoundjé

Pour encourager les parents à faire vacciner leurs enfants, le médecin consultant de l’OMS au Tchad Dr Issa Kane, sensibilise les chefs de carrés du quartier Blabline, dans le 4e arrondissement de la capitale tchadienne, N’Djamena. Ces derniers devraient à leur tour jouer le rôle de relais pour la sensibilisation.

Il a été constaté que les parents refusent d’amener les enfants dans les Centres de santé pour recevoir leurs doses de vaccin (gratuits), malgré le fait que le service vaccination prend toujours l’initiative d’appeler les parents à chaque rendez-vous. Le médecin consultant de l’Organisation Mondiale (OMS) de la Santé est parti de ce constat pour rencontrer les chefs de carrés du quartier Blabline dans le 4e arrondissement de la ville de N’Djamena. Il est question au cours de cette rencontre d’amener, les chefs de carré,  à faire une sensibilisation à la base avant la campagne de vaccination contre la poliomyélite qui commencera bientôt. Le centre de « santé place nord », situé au quartier Blabline compte une population de 13.601 âmes parmi lesquels 601 enfants. Selon les statistiques de ce Centre, 50 enfants devraient être vaccinés chaque mois, soit un pourcentage de 1,6 enfant par jour. Mais force est de constater que durant tout le mois, le service de vaccination peine à vacciner 20 enfants.

Pour le chef de service de vaccination, Haroun Abdelkader, la population de ce quartier sollicite beaucoup plus d’autres services que la vaccination. Selon le médecin consultant de l’OMS Dr ISSA KANE, il existe des maladies comme la variole qui sont éradiquées grâce à la mobilisation de la communauté internationale. Alors il sollicite la collaboration et l’implication des chefs de carré pour toucher le plus grand nombre. Il souligne en outre qu’il faut intégrer les services si les parents ne veulent pas se présenter avec les enfants pour la vaccination. « C’est-à-dire vacciner les enfants et faire la consultation prénatale pour aboutir à la distribution des moustiquaires », propose ce dernier.

Cette rencontre a été une occasion pour les chefs de carré de donner des raisons de leur réticence, de leur doute, de leur hésitation et de stéréotypes des parents. Toutefois, ils ont accepté de s’impliquer davantage dans la sensibilisation de leurs administrés. Le chef de service  Haroun Abdelkader relève quelques difficultés de son service qui se résume aux chaînes de froid. Il ne dispose pas depuis 2 ans de frigidaires. À la fin de la rencontre, les chefs de carré et le consultant de l’OMS se sont entendus pour élaborer une stratégie de communication avec un calendrier précis pour la sensibilisation de la campagne de vaccination. Il sera disponible la semaine prochaine. Mais avant cela, une petite formation sera organisée à l’intention des chefs de carrés pour leur donner les messages clés sur la santé maternelle. Cette rencontre de concertation va se poursuivre dans tous les centres de santé afin de s'informer des réalités et des problèmes avant de lancer la campagne de vaccination.

Kouladoum Mireille Modestine

Les résultats de la première du baccalauréat session 2021 sont connus ce dimanche 29 août. Le jury présidé par Dr Andjaffa Djaldi Simon a proclamé 23.725 candidats admis d'office et 22.739 candidats admissibles qui composeront la seconde session d’ici le, 4 septembre.

Les résultats de la 1re session du baccalauréat 2021 sont proclamés. Le président du jury Dr Andjaffa Djaldi Simon et son staff ont proclamé, 23.725 candidats admis d'office soit un taux de réussite de 24.45% et 22.739 candidats admissibles soit un taux de réussite de 23,44%. Les candidats admissibles vont composer la seconde session le 4 septembre, dit le jury.

Pour le président du jury, la seconde session sera un examen oral qui  prendra la forme des épreuves écrites. Les candidats auront à répondre à quelques questions ou résoudre des exercices. Selon Dr Andjaffa Djaldi Simon,  les candidats admissibles doivent être sereins et se préparer en conséquence. Pour ceux qui ont échoué, Dr Andjaffa Djaldi Simon leur conseille de redoubler d'efforts et de s’améliorer pour l'année prochaine.

Pour cette année ce sont au total, 97.022 candidats sur l’ensemble du territoire national qui ont composé les épreuves du baccalauréat. Les résultats sont disponibles par messagerie téléphonique et sur le site officiel de l'Office national des examens et concours du supérieur (ONECS).

Moyalbaye Nadjasna

Les membres du jury du baccalauréat session août 2021 s’apprêtent à proclamer les résultats du premier tour ce dimanche 28. Environ 97 022 candidats, toutes séries confondues, qui ont passé l’examen vont être situés sur leur sort. Le jury s’active sur les derniers détails pour la proclamation des résultats du premier tour.

Environ 300 membres du jury du baccalauréat, session août 2021, s’activent au siège de l’office national des examens et concours du supérieur (ONECS) situé au quartier Gassi, dans le 9e arrondissement de la ville de N’Djamena pour donner les résultats. Presque un mois de travail sans relâche après la composition de l’examen, les membres du jury s’apprêtent à déclarer admis dès le premier parmi les 97.022 candidats qui ont composé le baccalauréat au début de ce mois. 

Pour le président du jury Dr Andjaffa Djaldi Simon, tout est pratiquement fini, il ne reste que l’aspect technique et que d’un moment à l’autre, les résultats seront connus. Selon lui, c’est possible que les résultats soient connus ce samedi ou au plus tard dimanche. Et que le jury s’attelle sur les derniers aspects techniques pour se réunir et apprécier les résultats et déclarez-les admis.  Pour ce qui concerne le nombre des admis, il précise que sans la concertation du jury, il ne peut pas révéler le nombre des candidats déclarés admis, moins encore ceux qui reviendront au deuxième tour. « Nous attendons pour convoquer le jury, la machine tourne et nous pensons que d’un moment à l’autre, nous allons proclamer les résultats, sauf les données manquent pour convoquer le jury », explique le président du jury du baccalauréat session août 2021. Il ajoute que tout le staff est prêt et que la délibération sera prête dans les heures qui viennent.

Selon certains membres du jury rencontrés dans la cour de l’ONECS, le directeur de l’ONECS, le directeur des examens et quelques responsables seraient partis présenter les résultats au ministre de l’Enseignement supérieur qui les conduirait auprès du président du CMT avant de convoquer le jury. Les mêmes sources nous renseignent que le Bac de cette année est pris au sérieux et qu’il n’y a pas de raison à douter de son déroulement jusqu’à la proclamation des résultats.

Jules Doukoundjé

La tension entre la société américaine Exxon Mobil au Tchad et ses employés continuent. Les employés ont envahi la piste d’atterrissage de l’aérodrome de Komé 5. Ils s’insurgeaient contre une éventuelle visite de la représentante de la société Savana Energy l’acheteur des actions d’Esso-Tchad. Le secrétaire général du Petrosynat nous retrace le film de l’évènement d’hier 28 août.

Le SG du PETROSYNAT M. Noubaïssem Christian, indique que la tension est très tendue entre Esso-Tchad et ses employés. Depuis, le 27 août à Komé 5, base du site pétrolier dans la province du Logone oriental, au sud du pays, les employés ont envahi la piste d’atterrissage de l’aérodrome. Par cette action ils veulent empêcher la visite terrain du site de Komé 5 par le staff d’Esso-Tchad et la représentation de la société Savana Energy, explique M. Noubaïssem Christian. « D’abord tout a commencé le lundi, la Directrice générale Exxon Mobil au Tchad Mme Carole Galle, voulait coûte que coûte descendre sur le terrain avec la société Savana Energy. Pourtant, les parties étaient en négociation, il n’y a aucun point de compromis, aucune avancée. La direction générale aurait proposé 1000 dollars, environ 600 mille F CFA comme prime de  séparation. 1000 dollars pour des gens qui ont travaillé pendant une vingtaine d’années cela ressemble à une insulte »,  dit-il. D’après le syndicaliste, les employés soulignent que, si la société Savana Energy vient sur le site faire ses inventaires, au retour, ils vont certainement signer l’acte de vente. Les employés, dit-il, ne sont pas d’accord avec cette visite. « Le matin, malgré cette tension, Mme Carole Galle tenait à venir et les employés ont ramassé les véhicules pour aller déposer sur la piste d’atterrissage de l’aérodrome de Komé 5. La sécurité privée en protection informée les prévient que même s’ils viennent, ils ne peuvent pas descendre par rapport à ce qui se passe sur le terrain. Ils ont annulé de facto le vol », déclare-t-il.

le SG du PETROSYNAT rapporte que, les employés se sont mobilisés sur la piste le mardi, « l’avion qui va atterrir n’a qu’à atterrir sur eux et les écraser tous pour libérer la piste. »  Selon le SG, les employés ne l’ont informé qu’hier 27 août vers 9h, ils ont remarqué une forte présence des gendarmes qui ont foncé l’entrée où se trouvaient les agents privés de sécurité. « Ce qu’il faudrait noter, c’est d’abord une violation, car pour entrer dans Komé, il faut passer par quarantaine. C’est pour la première fois que la sécurité entre avec des armes sur le site », affirme le SG. Pour lui, les employés se seraient rapprochés des gendarmes qui leur disent qu’ils ont reçu l’ordre d’entrer, mais ne feront aucun mal ni laisser un avion quelconque atterrir.

M. Noubaïssem Christian dit qu’après échange amical entre gendarmes et employés d’Exxon Mobil, une partie des gendarmes est repartie avant de préciser qu’on signale encore ce matin la présence de 4 gendarmes.

« Une partie des employés affirme que la présence de ces gendarmes est comme on dit « anguille sous roche ». Donc ils ne bougeront pas très loin et s’ils voient un avion quelque part, ils vont repartir sur la piste », rajoute le syndicaliste. Hier poursuit-il, une délégation a quitté Ndjamena pour venir voir la DG d’Esso au sujet de la présence des gendarmes sur le site, elle aurait nié. Pourtant, déclare le SG, les employés auraient appris qu’elle a  communiqué et même rendu visite au détachement de sécurité qui s’occupe de la protection du secteur pétrolier. Une rencontre avec le ministre de tutelle est prévue ce 28 août.

Rappelons que le bras de fer entre Esso-Tchad et ses employés a commencé depuis juin 2021. Ce géant pétrolier américain envisageait une éventuelle vente de ses actions à la société Savannah Energy (présente seulement au Niger et au Nigéria). Le personnel exige que tous ses droits soient versés avant toute vente ou tout rachat. Ils déclarent ne pas vouloir se faire piéger. C’était le cas des anciens personnels d’autres sociétés pétrolières qui avaient exercé au Tchad entre autres, TTC, Pride Fora sol.

À suivre…

Moyalbaye Nadjasna

Suite à la suspension du président de la Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH) M. Max Loalngar, par le conseil d’administration de cette institution, la plateforme Wakit Tama pointe du doigt l’œuvre des autorités du CMT qui chercheraient à diviser les leaders des plateformes et des organisations de la société civile.

La coordination nationale de la plateforme Wakhit Tama condamne la suspension du président de la ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH), M. Max Loalngar par les membres du Conseil d’orientation et de contrôle (COC) de la LTDH. Selon le porte-parole de Wakit Tama, Barka Michel, la plateforme condamne cette tentative de division des membres de la plateforme.

M. Barka Michel met en garde le CMT, le gouvernement de transition et la France, alliée du CMT tenteraient de manipuler les forces vives de la nation tchadienne. Le syndicaliste soutient que le peuple tchadien est debout jusqu’à la victoire finale. Et jusqu’à ce que le soleil de justice se lève sur le pays. La coordination Wakit Tama informe les Tchadiens, l’opinion nationale et internationale et la diaspora qu’une chasse à l’homme est lancée par les autorités du CMT et le gouvernement de la transition contre les leaders de la plateforme. Il déclare que le CMT, le gouvernement de la transition et leurs soutiens seront tenus pour responsable de tout ce qui arrivera aux leaders de Wakhit Tama.

Jules Doukoundjé

Par deux résolutions prises le 23 août dernier, le Conseil d’orientation et du Contrôle COC de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH) a suspendu son président, Me Loalngar Yogangnan Maxs. Par un communiqué le président évincé ou en voie de l’être a réagi hier 26 août en clamant une manœuvre de forfaiture, selon ses mots.

Le Conseil d’orientation et du contrôle (COC) de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH) a l’issue de son conseil extraordinaire, tenue le 23 août suspend Me Loalngar Yogangnan Max, président de la LTHD et réhabilite à ses fonctions, M. Oyamta Baldal, Coordonnateur national du LTDH licencié, le 17 août passé. Désormais, c’est Me Adoum Mahamat Boukar qui est désigné pour assurer l’intérim de la présidence de la LTDH jusqu’ au prochain congrès, indiquent les conseillers. Le COC reproche au Président évincé, le non-respect des textes statutaires et règlementaires, de son engagement personnel vis-à-vis du 9e congrès ordinaire tenu en janvier 2020, de ne pas faire de la politique active. Les conseillers lui reprochent également d’engager la LTDH dans une politique politicienne avec les plateformes « Wakit Tama » et « Consensus ». Dans la résolution 2 du COC, les conseillers notent une absence totale du président de la LTDH, le non-respect de la feuille de route établie après le congrès, la confiscation d’informations aux autres membres du COC, des déclarations non fondées et propos isolants à l’égard des partenaires de la LTDH.

À propos de la réhabilitation du Coordonnateur national, le COC précisé que la décision du licenciement pris par le désormais ex-président Me Max est irrégulière du point de vue statutaire et règlementaire. Le COC brandi cite les articles 42 des statuts et 59 du Règlement intérieur (RI) de l’organisation.

Le président déchu, Me Max Loalngar, réagit par un communiqué de presse et informe les militants et les sympathisants de la LTDH ainsi que l’opinion qu’il a apprise non sans enchantement, qu’une partie des conseillers triée réunit en Assemblée Générale  extraordinaire, du Conseil d’orientation et du contrôle COC, le 23 août, l’aurait suspendu de ses fonctions. Il ajoute que, le COC aurait désigné un président intérimaire tout en rétablissant le coordonnateur national, employé de la LTDH licencié par ses soins il y a peu.

Selon lui, il s’agit d’une pure forfaiture et d’une manœuvre destinée à poursuivre la dilapidation des maigres ressources de l’organisation. « En vertu des statuts et règlement intérieur de la LTDH, le président est élu par le congrès et non par le collège des conseillers. Et le président intérimaire n’est pas élu, mais détient ses prérogatives de l’empêchement du président élu », explique Me Max. Il soutient que, si l’article 14 du statut dispose qu’une session extraordinaire du COC peut être convoqué par le président, à la demande de 2/3 de ses membres, l’article 22 du RI précise très clairement que « le président du COC convoque et préside le conseil ordinaire et extraordinaire » aussi, une session du conseil du COC tenue en dehors de son président est une pure forfaiture. »

Le président de la LTDH suspendu trouve hallucinant qu’une équipe soucieuse de son bon fonctionnement en vienne à suspendre son président simplement pour son activisme en se basant sur des affirmations gratuites et mensongères. « Là où le bât blesse, c’est de rétablir dans ses fonctions un employé licencié sans aucune mise en garde ni un audit indépendant alors qu’un rapport de médiation établit sans ambages qu’il s’est rendu coupable de mauvaise gestion des ressources et d’abus des biens de l’organisation, en plus de moult actes répréhensibles qui impactent négativement la vie de l’organisation », note-t-il. Pour lui, même si l’on voulait faire supporter par les militants, les travers révélés par le rapport de médiation divulgué, le 17 juillet 2021, il serait judicieux de les informer préalablement.

Me Max Loalngar, informe qu’il n’entend pas à se soumettre aux résolutions du 23 août.  Il déclare que ces résolutions sont nulles et non avenues. Il affirme ne plus être complice de malversations au préjudice de l’organisation. « Le coordonnateur national ne fait plus partie de la LTDH à cause de son licenciement pour faute lourde et ne saurait engager la LTDH », conclut Me Loalngar Yogangnan Max.

Sur les antennes de la radio FM liberté, ce matin 27 août, Me Loalngar affirme qu’il engagera des poursuites judiciaires et s’attaquera à cette décision de suspension qu’il qualifie de nullité absolue.

Moyalbaye Nadjasna

La Haute Autorité des médias et l’audiovisuel(HAMA) vient de clore les deux jours de réflexion et d’échange avec les responsables des médias. C’est au cours d’une cérémonie assortie des résolutions et des recommandations qu’a pris fin hier, 26 août dans un hôtel de la place que la rencontre.

Deux jours de réflexions et d’échange entre la HAMA et les médias sur le thème, « le rôle et missions des médias: avant, pendant, et après le Dialogue national inclusif (DNI) », ont accouché des résolutions et des recommandations. Au Conseil Militaire de Transition (CMT), les participants l’encourage à tendre la main à tous les Tchadiens et de tout mettre en œuvre pour assurer le bon déroulement de la phase préparatoire du DNI, considérer non seulement les médias comme des canaux d’information, mais des acteurs à part entière et les impliquer dans toutes les phases du dialogue, soutenir les médias dans leur mission régalienne et particulièrement dans la couverture médiatique de cette rencontre, doter la maison des médias du Tchad d’une salle multimédia, assurer la sécurité des journalistes et leur faciliter l’accès à l’information, réintégrer l’enseignement de l’éducation civique et morale dans les programmes scolaires.

Concernant les résolutions, les médias s’engagent entre autres : à assurer une large couverture médiatique des travaux du DNI, se conformer aux règles de l’éthique et de la déontologie du métier, résister aux manipulations et éviter les partis pris, sensibiliser la population tchadienne à un engagement civique ou un contrôle civique des actions publiques, promouvoir la solidarité et la confraternité entre les peuples tchadiens.

Le président de la HAMA, Dieudonné Djonabaye demande aux responsables des médias à la clôture des travaux de demeurer toujours dialecticien. Selon lui, la seule arme efficace et redoutable est le verbe sinon la liberté d’expression. « Cette liberté d’expression nous devons en faire bon usage en apportant notre contribution à la construction de la nation tchadienne. Ce n’est pas avec la violence que nous allons bâtir la fondation de notre pays », soutient-il. M. Djonabaye rappelle que la conférence nationale souveraine était couverte seulement par la presse d’État, mais cette fois, le DNI va se tenir dans une période riche de notre histoire. « C’est la démocratie pluraliste avec une presse plurielle et diversifiée. C’est l’occasion pour vous de peser de vos écrits sur le processus du dialogue. Nous n’avons aucune intention de vous loger dans un cadre, c’est une adresse à plus d’ardeur à conquérir plus d’espace de liberté, de donner la parole à tous les acteurs », argue-t-il.

Le président de la HAMA dit aux médias qu’ils doivent par leurs plumes amener leurs compatriotes à accepter les débats contradictoires afin de ne plus se battre avec des canons. Il ajoute que les médias doivent pratiquer un journalisme saint aux fins de favoriser une cohésion sociale saine. M. Djonabaye précise que le journalisme est un métier qui exige du savoir-faire, des aptitudes et des compétences précises, « regard, qualité d’écoute, relation des faits, soucis des lecteurs ou auditeurs. » Il affirme enfin que, les journalistes doivent être utiles à leurs compatriotes par la culture de la paix et du dialogue.

Moyalbaye Nadjasna

Celui que ses fan ont surnommé « Dougli », le lion en langue goranne n’est plus. L’ex-président tchadien Hissène Habré est décédé ce mardi matin à Dakar suite de covid-19. D’un côté plusieurs voix s’élèvent pour apprécier l’homme d’État qu’il a été. De l’autre côté ils critiquent sa gestion.

L’ancien président Hissein Habré est décédé ce mardi 24 août des suites de la covid19 à l’âge de 79 ans. Il avait été hospitalisé ces derniers jours à Dakar au Sénégal où il purgeait sa peine de prison à perpétuité, après avoir contracté la maladie. Hissein Habré était arrivé au pouvoir le 7 juin 1982 en marchant sur la capitale, N’Djamena pour déloger son frère ennemi Goukouni Weddeye. Habré était resté à la tête du pays durant près de 8 ans avant d’être renversé par le défunt président Idriss Deby en décembre 1990. Ses années de pouvoir sont marquées par de nombreux crimes. Une commission d’enquête après sa chute parle de 40.000 morts. Au Tchad, la nouvelle du décès de l’ancien l’homme fort a surpris bon nombre de défenseurs des droits de l’homme et certains opposants qui trouvent en lui, un compatriote qui aimait son pays, malgré les crimes qu’il a commis contre son peuple.

Pour Salibou Garba, président du parti Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (AND), parti d’opposition, l’ex-président est un patriote et un homme moulé dans la lutte contre l’impérialisme. Il affirme que Hissein Habré était comme la plupart des révolutionnaires qui étaient marxistes bolcheviques et que c’est ce qui explique la brutalité de son style et de sa rigueur et surtout le refus de la corruption et la gabegie. L’homme politique confie que le natif de Faya, dans l’extrême du pays, est un organisateur rigoureux, hors-norme et qu’avec lui, l’on ne jouait pas avec le denier public et l’État tchadien était vraiment un État respecté par ses voisins. Salibou Garba a toutefois nuancé ses propos avant de marteler que pendant le règne de l’ex-dictateur, il s’est passé des choses atroces et qu’il n’était pas le seul responsable de toutes ces atrocités et barbaries. Ce dernier affirme avoir fait connaissance de l’ancien homme fort du pays avant d’indiquer que c’était Hissein Habré qui lui avait demandé de rentrer quand il était en exil au Cameroun. « Quand j’étais rentré, il m’avait reçu et me disait : je ne pensais pas que vous allez accepter de rentrer, parce qu’on m’accuse de tuer les gens et les jeter dans le fleuve », confie l’opposant.

Au sujet du rapatriement de la dépouille de l’ancien président, le président de l’AND souligne qu’il faudra s’activer pour acheminer le corps du lion du désert. M. Salibou Garba estime que l’ancien président a assez connu l’humiliation lors de son procès et qu’il est du devoir des Tchadiens de le pardonner et d’accepter que sa dépouille vienne reposer sur sa terre natale.

La mort de Hissein Habré a surpris beaucoup de Tchadiens qui sont restés sur leur soif de voir l’ancien dictateur purger sa peine à perpétuité. Pour le président d’honneur de la LTDH et vice-président de la fédération internationale des droits de l’homme, Dobian Asngar, la mort est toujours quelque chose de triste et qu’on aurait souhaité que l’ex-chef d’Étatt soit en vie pour pouvoir comprendre le sens de la cruauté qu’il a fait aux gens. Selon lui, en tant que défenseur des droits humains, l’on ne peut pas se réjouir de la mort d’un humain. « Nous ne l’en voulons pas jusqu’à sa mort. Le sens de notre combat est qu’il soit en vie pour répondre » précise-t-il. Dobian Asngar affirme que la mort de Hissein Habré doit servir de leçon aux autres apprentis dictateurs qui tenteraient de faire la même chose, avant d’ajouter qu’il n’est pas contre le rapatriement de la dépouille de l’ex-président. Abondant dans le même sens Me Jacqueline Moudeina dit qu’elle n’a pas de commentaire à faire sur la mort d’un être humain et de surcroît un compatriote, avant d’ajouter qu’il faut laisser la famille organiser et vivre le deuil. À propos du procès, l’avocate des victimes de Hissein Habré précise que la mort ne met pas fin au combat et qu’il faut attendre après les obsèques avant de parler du procès.

Jules Doukoundjé  

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