jeudi 16 septembre 2021

Journal

Journal (214)

Malgré le communiqué conjoint et l’arrivée d’une forte délégation à N’Djamena, capitale tchadienne la tension retombe à peine.  Sur le terrain, il a eu d’échange de tirs mercredi entre les deux armées. Toutefois, le Tchad continue d’acheminer des renforts militaires dans cette zone. 

Pourtant 24 à 48h avant, le ministre tchadien des Affaires étrangères Chérif Mahamat Zene et son homologue centrafricaine Sylvie Baipo Temon, ont annoncé dans un communiqué conjoint la mise en place d’une commission d’enquête internationale pour établir les responsabilités dans l’attaque du 30 mai dernier à la frontière entre les deux pays ayant occasionné la mort de six soldats et blessés cinq autres.

Après avoir opposé un refus de recevoir la délégation dépêchée par Bangui, les autorités tchadiennes ont finalement accepté de rencontrer cette délégation mardi 1er juin. Dès son arrivée, « la délégation a eu une séance de travail avec leurs collègues tchadiens des affaires étrangères, de la défense et de la sécurité, avant d’être reçu par le président du conseil militaire de transition, Mahamat Idriss Deby », informe le communiqué qui précise que les deux parties ont reconnu la gravité de la situation et souligné l’urgence d’élucider les circonstances dans lesquelles cette attaque a été opérée. « La mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante et impartiale, composée des partenaires traditionnels de deux pays qui sont l’Organisation des Nations unies (Onu), l’union Africaine (UA) et la communauté économique des états de l’Afrique centrale (Ceeac), a l’effet de déployer les espères sur les théâtres des attaques pour établir les faits et déposer un rapport qui situera les responsabilités a été convenue », annonce ce communiqué.

Les pays s’engagent à mettre en application les conclusions du rapport de la commission internationale indépendante d’établissement des faits afin de travailler ensemble sur une nouvelle base pour renforcer la sécurité à la frontière commune et éviter à l’avenir que des tels incidents malheureux ne se reproduisent.

Le deux pays souhaitent renforcer leur coopération bilatérale. Les ministres centrafricains dépêchés à N’Djaména et leurs homologues tchadiens réitèrent l’engagement des deux chefs d’État, Mahamat Idriss Deby et Faustin Archange Touadera de « privilégier le dialogue pour préserver la paix et la stabilité dans les deux pays et mutualiser leurs efforts pour relever les défis sécuritaires communs », conclu le communiqué.

Les autorités centrafricaines ont dépêché dare-dare une délégation conduite par la ministre des Affaires étrangère Mme Sylvie Baipo Temon chez le président de la Transition Mahamat Idriss Deby Itno pour faire baisser la tension provoquée par le massacre de 6 soldats Tchadiens par les Forces armées centrafricaines (FACA).

Malgré cela les autorités ne décolèrent pas, « c’est un affront qu’il faudra laver tôt ou tard », nous souffle un responsable. Un autre haut gradé rajoute, « il faut donner à ces « centros » une correction digne de notre rang militaire ».

Rappel des faits

Tout est parti le 30 mai 2021, Cherif Mahamat Zène, ministre des Affaires Étrangères, de l’Intégration africaine et des tchadiens de l’étranger, a annoncé par un communiqué du gouvernement une attaque d’un poste avancé de Sourou, en territoire tchadien par l’armée centrafricaine. Ce poste selon le communiqué est gardé par 12 éléments détachés de forces de Défenses et de la Sécurité tchadienne. D’après ce communiqué, cette attaque a occasionné la mort de 6 soldats tchadiens. Le gouvernement de la RCA a réagi ce 31 mai 2021. Il déplore l’incident qui s’est produit et réitère sa volonté d’entamer toutes les actions de sécurisation des frontières communes dans l’intérêt des deux peuples. Retour sur l’évènement.

Les autorités tchadiennes sont tellement furieuses qu’elles refusent de recevoir, au moment de publier cet article, une délégation centrafricaine bloquée à Douala au Cameroun en attente d’un feu vert pour arriver dans la capitale tchadienne. Entre temps, les réseaux sociaux tchadiens crient vengeance. La tension entre les deux voisins est vive. La cause : 6 soldats tchadiens sont morts dans une incursion des FACA au poste avancé de Sourou, en territoire tchadien non loin de la localité de Mberé en lisière de la frontière de la RCA, selon le gouvernement de la République du Tchad. D’après le ministre Cherif Mahamat Zène, le Tchad est agressé sur son propre territoire par les FACA.

Tout a commencé ce dimanche, 30 mai à 5 heures du matin dit-il, l’attaque du poste avancé de Sourou gardé par douze éléments détachés, en territoire tchadien. Des assaillants lourdement armés ont tué un soldat tchadien et 5 blessés, 5 autres enlevés puis exécutés à Mbang du côté centrafricain, note-t-il. Selon Cherif Mahamat Zène, le DG de la gendarmerie centrafricaine a saisi l’ambassade du Tchad à Bangui pour que les autorités tchadiennes récupèrent auprès du chef de village Mbang les dépouilles de ces 5 soldats faits prisonniers puis exécutés.  Pour le gouvernement tchadien, ce crime de guerre et d’une gravité extrême. Elle est préméditée et opérée à l’intérieur du Tchad, dont seul le gouvernement de la RCA en connaît les raisons ne sauraient restés impunis. Le Tchad conclut le communiqué, tient à alerter la MUNISCA, l’UA et la CEAC de cette grave agression dont il est la cible.  

Le gouvernement centrafricain a réagi par le truchement de son porte-parole M. Ange Maxime Kazagui, ministre centrafricain de la Communication et des Médias, Porte-parole du gouvernement. Pour lui les échanges de tirs qui ont eu lieu départ et d’autre ont malheureusement occasionné des morts deux côtés. Le gouvernement de la RCA, impute l’attaque de ce dimanche 30 mai  aux éléments de la rébellion  Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC). La RCA condamne le mode opératoire de la CPC qui procède par des attaques sur la population centrafricaine avant de traverser la frontière. Il déplore les pertes des vies humaines et adresse ses condoléances aux familles endeuillées. Il réaffirme en outre leur détermination et leur volonté d’œuvrer conformément à la lettre des dispositions de la commission mixte tchado-centrafricaine de décembre 2019. La RCA se dit prête à entamer toutes les actions de sécurisation des frontières communes dans l’intérêt des deux peuples. Elle est disponible pour travailler avec la partie tchadienne pour préserver la paix et la sécurité des deux pays. Les hautes autorités de la RCA proposent la mise en place d’une mission d’enquête conjointe.

Aux dernières nouvelles N’Djamena peine à contenir sa colère. Des attroupements de l’armée tchadienne sont signalés à la frontière centrafricaine.

Younouss Sidick

Depuis quelques mois, la Radio Dja FM est confrontée à des difficultés énergétiques.  Le jeudi 27 mai dernier, elle a interrompu son programme. Qu’est-ce qui peut expliquer cette interruption ?

La radio Dja Fm est la toute première radio privée au Tchad. Elle se veut une radio de proximité. En un mot proche des résidents de N’Djamena, la capitale. Elle est située entre le grand marché et le marché à mil. L’interruption de ses programmes intervient au moment où les auditeurs ont besoin de s’informer au quotidien. Ismaël Abdoulaye est un auditeur fidèle de DJA-FM. Selon lui, c’est une radio qui a beaucoup d’auditeurs à cause de son contenu très riche et diversifié. « La radio DJA FM est une excellente radio. Elle donne aussi des bonnes informations. Nous nous soucions fort de son interruption. Personnellement je mennuie depuis qu’elle n’émet pas. Qu’Allah le miséricordieux puisse leur venir en aide pour qu’il arrange rapidement leur panne. Car, nous avons raté nos émissions, débats, etc. », affirme-t-il.

« Je ne suis pas tranquille depuis l’interruption de son programme. Parce que c’est une radio qui me rassure et me convainc en termes d’informations. Cette interruption est comme un plat que tu as l’habitude de manger tous les jours. Subitement on te dit que tu n’auras plus ton plat préféré », affirme un auditeur assidu. 

Dans un communiqué de presse, du 29 mai 2021, la directrice générale Zara Mahamat Yacoub, affirme que Dja Fm traverse ces dernières années une crise financière due en partie à l’effet de la Covid-19. Selon elle, une partie de son personnel a été compressé pour pallier à la situation, mais sans succès. « Comme tout cela ne suffisait pas, depuis le mois d’avril, Dja Fm est confrontée à des difficultés d’ordre énergétique. La capacité de fonctionnement de son groupe électrogène a été perturbée à cause de son utilisation excessive pour compenser les coupures intempestives d’électricité de la SNE », argumente-t-elle.

D’après elle, cette radio a enregistré des pannes incessantes du groupe électrogène, en plus des coupures d'électricité. « Notre émetteur de 1000 W a reçu un choc électrique qui a détruit certaines de ses composantes. Malgré notre situation peu reluisante, au sujet de nos capacités financières, nous espérons pallier à cette situation le plus rapidement possible », rassure-t-elle.

Alamine Bineye, Rédacteur en Chef de la station, a posté sur sa page Facebook que c’est la SNE qui serait responsable des dommages causés sur le matériel de Dja Fm. Il affirme que des dizaines de plaintes ont été déposées suite aux dégâts causés par la SNE. « Nous appelons Youssouf Tom et le ministre de la Justice à fouiller dans les tiroirs pour relancer la procédure, car pour nous c’est un devoir d’informer la population en cette période.

Allarassem Djimrangar

Dans un esprit de préparation du dialogue et de la réconciliation nationale, les Autorités coutumières et traditionnelles du Tchad se sont concertées le 28 et 29 mai au Palais du 15-janvier à N’Djamena, capitale tchadienne.

Ils étaient nombreux ces dépositaires des us et coutumes du Tchad à plancher durant 48 heures sur leurs apports pour le dialogue inclusif et la renonciation nationale qui pointe à l’horizon. Des recommandations axées sur six points ont sanctionné ces assises. Premièrement, il s’agit dans un premier temps d’associer les chefs traditionnels au processus de dialogue inclusif et de réconciliation nationale. Deuxièmement, il s’agit de prendre un acte pour ériger les chefs traditionnels en juges de paix et transformer leurs goumiers en police rurale. Troisièmement, accorder aux chefs traditionnels la gestion des problèmes fonciers. Quatrièmement, prendre un acte pour leur accorder une immunité juridique pour les protéger contre les arrestations arbitraires. Cinquièmement, impliquer les chefs traditionnels dans la sensibilisation de la population sur les idéaux de la paix et de la cohabitation pacifique. Et sixièmement, modifier la loi organique numéro  0013, portant statuts et attributions des autorités coutumières et traditionnelles en vue de conférer le statut d’administrateurs aux sultans et chefs de cantons.

Les chefs coutumiers ont aussi appelé les Tchadiens de toutes les contrées du pays à considérer leurs diversités coutumières, traditionnelles, ethniques, tribales, linguistiques comme des atouts. Ils exhortent leurs compatriotes à s’unir dans la prière afin de bouter hors du Tchad les démons de la violence, de la division, de la haine, des rancœurs, du matérialisme, d’égoïsme et de la barbarie. Pour eux, les Tchadiens doivent véhiculer les messages de paix, de justice, d’unité, de spiritualité, d’amour, de pardon, de solidarité et du travail, seul gage du progrès du Tchad. « Il faut rechercher la voie de la sagesse dans toutes nos pensées et action pour un avenir radieux », conseillent-ils. Les autorités coutumière ont échangé sur le devenir du Tchad. Selon le président du présidium, M. Dokony Adiker, hier les chefs traditionnels étaient des simples auxiliaires et collaborateurs, mais aujourd’hui, ils sont des administrateurs. Cela montre combien ils jouent un rôle important dans la gestion administrative et coutumière du Tchad, se félicite-t-il.

Pour le chef Mbodou Mbami, l’un des chefs de Canton présents dans la salle, les chefs de cantons sont piétinés, mais ils doivent arracher leurs droits, « il faudrait qu’on soit bien préparé, car nous avons la vocation d’une institution et nous devons le démontrer par notre bonne organisation et dans une synergie d’action », dit-il.

Des médiateurs de premier plan…

M. Tamita Djidingar, président de l’association des Autorités coutumières et traditionnelles du Tchad AACTT, a rappelé les valeurs ancestrales.

Pour lui, les chefs traditionnels connaissent la population mieux que quiconque. « Vous êtes les médiateurs de premier plan et vous êtes capables d’assurer la cohabitation pacifique et la cohésion sociale. Vous avez fait une analyse critique du climat social et politique de l’heure. Vous avez aussi mené des débats francs avec des apports dignes de Vos Majestés. Vous avez la capacité de restaurer la paix durable dans nos villes et campagnes », déclare-t-il. Le chef Tamita Djidingar encourage ses collègues à continuer la sensibilisation auprès de leurs populations respectives condition sine qu’anone pour le développement.

Les autorités traditionnelles et coutumières du Tchad ont comme stratégie : l’écoute des Tchadiens dans leurs aspirations et leurs vœux pour leur pays. Les cadres indiqués disent-ils sont entre autres, les Églises, les Mosquées, les rencontres rurales, etc. « L’idéal, c’est d’aller au dialogue inclusif dans un esprit d’unité et comme un seul homme ».

Moyalbaye Nadjasna

Deux jours auront suffi aux jeunes venus de différentes provinces du Tchad et de la capitale, pour le symposium organisé par le Conseil National de la Jeunesse du Tchad (CNJT). Reportage.

Ils sont au moins 300 jeunes à prendre part au symposium. Placé sous le thème: « valorisation des bonnes pratiques et de partage d’expérience », les participants se sont entretenus durant 2 jours. A la sortie de ce colloque, les jeunes qui ont pris part ont fait des recommandations au gouvernement et à la société civile. Pour eux, le gouvernement doit protection et sécurité aux citoyens, il doit mettre tout en œuvre pour apaiser le climat aux jeunes. « Nous jeunes, participants au symposium, recommandons au gouvernement, d’assurer l’intégration des jeunes, d’écouter nos doléances et nous associer aux prises des décisions » recommandent les participants.

Le chef du projet la voix des jeunes du sahel phase II, Tegviel Dabiré Evariste, exprime sa satisfaction pour ce symposium. Selon le chef du projet, le Tchad passe un moment de tension et les jeunes sont des acteurs majeurs pour la paix. Il exhorte le gouvernement de transition à être du côté de la jeunesse.

Djedanoum Roland, jeune venu de Moundou, dit avoir être ravis de participer à ce symposium. « Je suis heureux et comblé, car les débats ont été riches,» dit-il, d’une mine joyeuse. Pour lui, ces genres de rencontre et d’échange doivent être permanents afin de permettre aux jeunes de cultiver l’amour du vivre ensemble.  Asdongar Belna, habillé en ti-short blanc, sur lequel il est écrit « jeunes de Doba, débout main dans la main pour bâtir le Tchad », représente  la province de Doba. Pour lui, le Tchad revient de loin et le temps est venu pour que les fils du pays s’assoient autour d’une table pour chercher des pistes de solutions pour les maux qui minent le pays. « Je rêve d’un Tchad meilleur où il fait beau vivre. Un Tchad où nos voisins se bousculent pour venir vivre. Et non un Tchad des coups de canaux chaque matin ni un Tchad des divisions claniques et ethniques, » le jeune Asdongar.

Dénémadji Christine, représente la ville de N’Djamena. Pour elle ce symposium s’est tenu à un bon moment. Un moment où le Tchad traverse des moments des d’incertitudes. Et ce sont les jeunes qui doivent être la cheville ouvrière de ce moment où il faut être tous ensemble et dialoguer pour des trouver des solutions définitives.

Djilel-tong Djimrangué

Les enseignants durcissent le ton. Selon eux, il est hors de question de reprendre les cours sans une garantie sécuritaire. C’est la position adoptée lors de la réunion qui a regroupé le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET), province de Ndjamena, les bureaux des sections départementales ainsi que les sous-sections ce 26 mai 2021. Ialtchad suit l’évolution de cette situation scolaire qui garde encore les élèves à la maison. Reportage

13 heures, école du Centre. C’est là où loge le bureau du SET, province de N’Djamena. Djion-Nadji Moise, Secrétaire Général Adjoint du SET-N’Djamena nous reçoit. On échange sur l’évolution de la suspension des cours. Selon le SGA du SET-N’Djamena, ils ont eu une rencontre avec les bureaux des sections départementales, les sous-sections voire la section académique. « Après l’état des lieux suite aux comportements peu orthodoxes des policiers, les camarades ont décidé à l’unanimité du maintien du mot d’ordre de la suspension des cours. Ils exigent une garantie éclairée de la part des responsables de la sécurité avant toute reprise des cours dans les établissements scolaires publics », explique-t-il. Pour M. Djion-Nadji Moise, certains établissements privés peut-être ont repris, mais ceux du public, tant que rien ne se décide pour mettre les enfants à l’abri des bavures policières, personne ne reprend.

D’après lui, rien n’est fait jusque-là. « Les enseignants dans leur ensemble disent qu’ils n’acceptent pas cette manière de faire des policiers. Comme leur ridicule parlé, ils disent, les « enseignants sakit », c’est-à-dire, les enseignants seulement, ils font ce qui bon leur semble », indique-t-il. Au lycée de Walia dit-il, les policiers ont séquestré des enseignants en présence de leurs élèves, le proviseur avait été gardé à vue pendant 30 minutes avant d’être libéré. « Nous ne pouvons pas continuer à subir de telle sorte d’humiliation », mentionne-t-il. Le SGA déclare que les autorités en charge de la sécurité doivent les rassurer comme quoi les policiers ne vont plus violer les enceintes des établissements scolaires. « Je le répète que les cours des établissements scolaires sont inviolables. Alors lorsqu’on les envoie, il faudra leur donner des orientations. Nous ne sommes pas leurs ennemis pour qu’ils nous livrent une ainsi une guerre totale », martèle-t-il. M. Djion-Nadji Moise souligne que leur organisation syndicale sait bien que la fin de l’année scolaire s’approche, mais la vie humaine est sacrée et plus importante que tout. Il faut vivre pour travailler ou étudier, rajoute-t-il.

Selon lui, tous les syndicats des enseignants demandent que désormais, les policiers véreux qui seront identifiés doivent être traduits devant la justice. Il affirme qu’ils ont rencontré les responsables au niveau de l’éducation qui les ont rassurés de porter leur voix aux hautes autorités chargées de la sécurité. « Et bien, nous attendons, si elles nous appellent pour faire ensemble le point, nous allons reprendre. Au cas contraire, la suspension des cours continue », dit le SGA du SET-Ndjamena.

Moyalbaye Nadjasna

Le Conseil National de la Jeunesse du Tchad (CNJT), en collaboration avec les autres associations des jeunes au Tchad, organise le symposium sur la question de la paix au Tchad du 27 au 28 avril.

Selon le porte-parole du CNJT Asdjim Bendoum, c’est un symposium national qui va réunir plus de 300 jeunes venus de 22 régions du Tchad et des 10 arrondissements de la ville de N’Djamena. Pour lui, cette rencontre sera un lieu d’échange et de partage pour la jeunesse tchadienne. « C’est pour la première fois, que le symposium se tient au Tchad, » déclare le porte-parole.

« La question de la paix est fondamentale et d’actualité pour le Tchad, car nous sommes dans un climat de tension. Les jeunes sont appelés à s’asseoir autour d’une table pour en débattre, » dit Asdjim Bendoum. Le porte-parole pense qu’il est temps que la jeunesse tchadienne puisse trouver un cadre de dialogue.  

Cette rencontre est placée sous le patronage du Premier ministre de la Transition Pahimi Padacké Albert. Pour y participer, il suffit de remplir un formulaire laissé sur la page du Ministère de la Jeunesse. Selon les organisateurs, ce symposium va réunir plus de 300 jeunes venus des provinces et de la ville de N’Djamena à la recherche de la paix pour le Tchad, explique le porte-parole, vu les mouvements d’humeur des jeunes ces derniers temps, le CNJT ne peut rester indifférent. « Nous pensons que la solution à cela est le dialogue, car exprimer sa colère est bien, mais il faut savoir comment le faire, » dit-il. Des recommandations et les résolutions sont attendues au sortir de ces assises. Chaque participant a pour mission de faire la restitution dans sa province ou sa circonscription, renchérit M. Asdjim.

Le porte-parole appelle par ailleurs les jeunes à se lever comme un seul homme pour pouvoir s’asseoir et définir ensemble une vision commune. 

Djilel-tong Djimrangué
Allahadjim Christian

Des rumeurs sur les réseaux sociaux font état d’un présumé viol collectif sur une fille mineure âgée de 15 ans. Les auteurs de cet acte sont présentés comme des fils de hauts cadres du pays. Acte qui a suscité indignation et colère sur la toile. Quelques citoyens rencontrés donnent leurs impressions. Vox pop.

Selon Constante Yetchabo, étudiante en 1re année de science économique et gestion au Centre des études et de formation au développement (Cefod), les cas de viol des filles mineurs sont monnaie courante dans la capitale tchadienne, N’Djamena. Cela est dû aux défaillances des plus hautes autorités censées corriger les auteurs de ce délit. « Si seulement cela s’avère vrai, on défère ces présumés accusés, on les juge, s’ils sont coupables on les condamne. Cela servira de leçons et l’on ne parlera plus de viol dans notre pays. Mais comme l’État ne prend pas au sérieux ce problème, c’est cela qui fait qu’il y a tant de viol des mineurs dans la capitale », dit la jeune dame. D’après elle, cet acte, si vrai, est horrible. Et mérite que les autorités s’attaquent à ce problème.

Kaltouma Massissou, étudiante en 2e année de gestion, logistique et transport au Cefod, quant à elle condamne cet acte inhumain et dégradant. « Si c’est vrai, ces individus qui ont violé cette fille de 15 ans doivent être déférés à la maison d’arrêt. Puisque c’est un acte immoral et déviant », avance-t-elle.  Elle  conseille aux filles tchadiennes de prendre soin d’elles et de faire très attention. « Il y a des endroits que les filles ne doivent pas fréquenter. Au gouvernement, je lui demande d’assurer la sécurité des jeunes filles et de condamner ceux qui commettent ces genres de crime. Nul n’est au-dessus de la loi. Elle est dure, mais elle reste la loi », demande Kaltouma.

Madjihadoum Ngarhornim étudiant en deuxième année de science économique à l’université de N’Djaména, se dit être surpris que ce sont ceux qui sont censés protéger la population qui laissent leurs enfants commettre de tels actes. « Cela est dû à un problème d’éducation parce que quand on est un haut cadre et on voit notre progéniture commettre de tel délit, on doit le recadrer. Malheureusement, ce n’est pas le cas avec nos hauts cadres du pays », regrette ce dernier. Selon lui, il n’y a pas la justice au Tchad. « Si vraiment il y avait la justice, on devrait juger et condamner ces délinquants afin que des actes pareils ne se reproduisent plus jamais », dit-il.

Pour Ndigueyanouba Ndilyanram étudiant en première année de droit au Cefod, c’est une situation récurrente parce qu’au Tchad les droits de l’homme et des libertés fondamentales sont souvent foulés au pied.  Ce qui encourage ces personnes à commettre de tels actes. « Si c’est exact, je condamne cet acte puisque ça tombe directement sous le coup des différentes dispositions du Code pénal tchadien. Il faut que l’État assure la sécurité de la population en particulier des mineurs », conclut-il.


Allarassem Djimrangar
Mitan Maxime

Le Conseil National de la Jeunesse du Tchad (CNJT), en collaboration avec les autres associations des jeunes au Tchad, organise le symposium sur la question de la paix au Tchad du 27 au 28 avril.

Selon le porte-parole du CNJT Asdjim Bendoum, c’est un symposium national qui va réunir plus de 300 jeunes venus de 22 régions du Tchad et des 10 arrondissements de la ville de N’Djamena. Pour lui, cette rencontre sera un lieu d’échange et de partage pour la jeunesse tchadienne. « C’est pour la première fois, que le symposium se tient au Tchad, » déclare le porte-parole.

« La question de la paix est fondamentale et d’actualité pour le Tchad, car nous sommes dans un climat de tension. Les jeunes sont appelés à s’asseoir autour d’une table pour en débattre, » dit Asdjim Bendoum. Le porte-parole pense qu’il est temps que la jeunesse tchadienne puisse trouver un cadre de dialogue.  

Cette rencontre est placée sous le patronage du Premier ministre de la Transition Pahimi Padacké Albert. Pour y participer, il suffit de remplir un formulaire laissé sur la page du Ministère de la Jeunesse. Selon les organisateurs, ce symposium va réunir plus de 300 jeunes venus des provinces et de la ville de N’Djamena à la recherche de la paix pour le Tchad, explique le porte-parole, vu les mouvements d’humeur des jeunes ces derniers temps, le CNJT ne peut rester indifférent. « Nous pensons que la solution à cela est le dialogue, car exprimer sa colère est bien, mais il faut savoir comment le faire, » dit-il. Des recommandations et les résolutions sont attendues au sortir de ces assises. Chaque participant a pour mission de faire la restitution dans sa province ou sa circonscription, renchérit M. Asdjim.

Le porte-parole appelle par ailleurs les jeunes à se lever comme un seul homme pour pouvoir s’asseoir et définir ensemble une vision commune. 

Djilel-tong Djimrangué
Allahadjim Christian

Mahamat Nour Ibedou Secrétaire Général de la Convention tchadienne de défense des droits de l’homme (CTDDH), est réhabilité dans ses fonctions, par une décision de la Cour d’Appel de N’Djamena, ce 21 mai. Qu’est-ce qui a motivé cette suspension?

Mahamat Nour Ibedou dans un échange téléphonique a relevé  à la rédaction qu’il n’a pas été suspendu pour cause de malversation financière. « L’organisation n’a même pas d’argent. Il y a de cela une année, M le défunt président Idriss Deby a demandé à son ministre de la justice de m’arrêter. Pour qu’il arrive à organiser ses élections, il faut que je sois destituée de la CTDH. Le ministre ne sachant que faire a demandé au juge de me suspendre sans raison », explique-t-il.  Selon le SG de la CTDDH, l’ancien Garde de Sceaux M Djimet Arabi s’est décarcassé pour monter un membre de la CTDDH, « détourneur » du fonds la CTDDH contre lui. « Ce monsieur a porté plainte contre moi à la justice, un prétexte. En principe quelqu’un qui a été chassé d’une organisation ne peut pas porter plainte. Et les juges du Tribunal de la grande Instance ont pris une ordonnance, nous avons fait opposition d’appel avec notre avocat, mais l’ordonnance a été encore confirmé et nos avocats ont interjeté l’appel de la Cour d’Appel », dit M. Ibedou. Il rajoute, comme le système judiciaire est dans la poche de feu Deby Itno, le président de la Cour d’Appel M. Timothée a préféré retarder le dossier pour ne pas se prononcer jusqu’à ce que la décision de réhabilitation soit prise ce 21 mai 2021. 

« Pour ma réhabilitation, disons que le premier argument, c’est d’abord le fait que les gens qui donnent de l’ordre n’existent plus. Donc le juge avec l’arrivée de M. Ahmat Mahamat Alabo, qui a dit que les juges sont libres de dire le droit, le juge de la Cour d’appel a dit le droit sans crainte et sans un ordre quelconque », affirme le SG de la CTDDH. Selon lui, sa réhabilitation n’est pas un évènement, car il travaillait toujours comme SG de la CTDDH malgré sa suspension. « Je n’avais pas accordé de la considération à quoi que ce soit. Pour moi, ils ont réparé la bêtise de ceux qui ont fait ça », confie Ibedou.

Autre sujet, autre position. D’après lui, dans leur nouvelle organisation Wakim Tama, ils ne reconnaissent pas le Conseil militaire de transition CMT. Pour lui, le système Deby est toujours-la. « Je suis sûr qu’il va y avoir une reprise en main de la Justice. Il faut vraiment du temps pour que les choses se remettent au niveau de la justice. A mon avis, les membres de gouvernement n’ont pas assez de pouvoir avec ce CMT-là. M. Alhabbo avait dit qu’il faille libéré les manifestants arrêtés, mais jusque-là ils ne les ont pas été libérés, ce qui prouve que le CMT est tout puissant », martèle-t-il. Espère que les juges vont respirer, poursuit-il.

De la politique à la société civile

Mahamat Nour Ibedou est né en décembre 1956 à Mongo dans la province du Guera au centre du pays. Du mouvement politico-militaire à la défense des droits humains. Préoccupé par la dictature d’Hissène Habré, Ibedou intègre alors le Mouvement politico-militaire Mosanat, le Mouvement pour le salut national du Tchad qui s’est opposé au régime de Habré.

Huit mois plus tard, Mosanat signe un accord avec un groupe rebelle dirigé par le colonel Idriss Deby Itno pour former le Mouvement patriotique du salut (MPS). Ensemble ils chassent Hissène Habré du pouvoir un jour du 1er décembre 1990. Mahamat Nour Ibedou sera le tout premier chef de mission du président Deby. Mais deux ans plus tard, en 1992, Bledou n’aperçoit aucun changement. Il claque la porte du MPS.

En 2011, il décide d’abandonner la politique pour militer dans la société civile en créant avec quelques autres personnes la CTDDH, une organisation de défense des droits humains. Il milite et préside à sa destinée depuis plus de 10 ans.

Moyalbaye Nadjasna

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