samedi 12 juin 2021

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Journal (149)

Par un arrêté rendu public ce 7 mai par le ministère de la Sécurité publique, les manifestations pacifiques sont autorisées. Mais sous plusieurs conditions.

D’après les termes du document, les manifestations pacifiques sont autorisées « conformément à la charte de transition et à la volonté des plus hautes autorités au respect de l’État de droit. » Et pour cela, indique l’arrêté ministériel, « les forces de l’ordre prendront toutes les dispositions sécuritaires nécessaires à cet effet. » Mais tout cela n’est possible qu’à certaines conditions.

Le ministère de la Sécurité publique exige d’abord des organisateurs d’une manifestation pacifique une demande d’autorisation préalable indiquant un itinéraire bien défini. Cet itinéraire, précise le document, peut être modifié en commun accord avec les autorités au moins cinq jours avant la date demandée.

Ensuite, les organisateurs d’une manifestation pacifique doivent signer un engagement auprès du ministère de la Sécurité publique. L’arrêté n’a pas mentionné la nature de cet engagement.

Puis le ministère de la Sécurité exige des organisateurs d’une manifestation la sensibilisation et l’encadrement des manifestants afin d’éviter tout trouble à l’ordre public.

Et enfin, la dernière condition à remplir est la détention d’une autorisation de fonctionnement pour toute organisation appelant à une manifestation.

Autre précision, le ministère fait savoir que l’objectif d’une manifestation pacifique est d’exprimer une opinion dans le respect des textes en vigueur.

Pour Me Max Loalngar, coordinateur de la plateforme Wakit tamma qui appelle à une marche ce 8 mai, le décret cité dans ce document est désuet. « Qu’on ne nous perturbe pas avec des décrets de 1962 qui sont morts et enterrés avec leurs auteurs », s’agace-t-il. D’après lui, il n’existe dans la législation actuelle aucun argument du droit positif qui ne peut être opposé pour poser tel ou tel acte. « C’est pour cela que la marche de demain (8 mai) est maintenue », confirme Me Max Loalngar.

Prenant en compte quelques points énumérés dans le communiqué du ministère de la Sécurité publique, le coordinateur de Wakit tamma rassure que la marche sera « pacifique ». « Nous allons nous encadrer », promet-il. Au contraire, Me Max Loalngar demande que les forces de l’ordre s’abstiennent de se présenter aux abords de cette manifestation.  « Celle-ci faisant suite à la marche du 27 avril réprimée dans le sang, nous pensons que la présence des forces de l’ordre serait de nature à troubler l’ordre public », estime-t-il. Car, dit-il, le sentiment d’une victime de voir son bourreau peut la pousser à agir violemment.

Ainsi, la marche du 8 mai a pour point de rassemblement l’espace Fest’Africa de Chagoua et avec point de chute le rond-point Fontaine de l’union. « Une motion et un schéma de sortie de crise seront présentés », annonce Me Max Loalngar.

Aux dernières nouvelles, le ministère de la Sécurité publique vient d’interdire la marche.

Après une trêve de 10 jours, la Coordination des Actions Citoyennes (CAC) annonce une grande marche pour le 8 mai.

« La lutte continue en mémoire de nos martyrs », a déclaré le coordonnateur de la CAC, Me Max Loalngar, dès l’entame de son point de presse. Depuis le 27 avril, date de la première manifestation de contestation de la prise de pouvoir par le Conseil Militaire de Transition (CMT), la plateforme a décrété une trêve. « D’une part pour enterrer nos morts et panser nos blessures, d’autre part pour honorer nos hôtes de la mission de l’Union Africaine (UA) », a dit M. Loalngar.

Pendant cette trêve, affirme Me Max, la junte militaire au pouvoir a étalé sa mauvaise foi en « formant un gouvernement fantoche en dépit de multiples appels au bon sens et à la raison. » « Ni le retour à l'ordre constitutionnel ni le schéma malien proposé par certains n'a trouvé grâce à leurs yeux », déplore-t-il. Aussi, indique le coordinateur de la plateforme Wakit Tamma, le pouvoir a usé de tous les moyens pour tenter de briser la dynamique populaire : trafic d'influence, achats de conscience, clientélisme, etc. « Tout y est passé. Mais le peuple est debout, la CAC reste mobilisée pour le bien-être de toutes nos communautés du nord au sud, de l'est à l'ouest », souligne-t-il.

Pour la plateforme, la junte militaire en ordonnant de tirer sur des civiles, a méconnu les libertés publiques. Et pour cela, elle est disqualifiée pour présider à la destinée du pays. « Parce que le sacrifice de nos chers martyrs n’est vain, les revendications populaires doivent s'intensifier », appelle Me Max Loalngar.

La plateforme Wakit Tamma dit maintenir son appel à la marche pacifique et invite toutes les organisations de la société qui ne se sont pas encore engagées dans la lutte à cette date, de se joindre sans délai à la mobilisation du peuple pour les actions citoyennes futures. « La toute prochaine marche pacifique est justement prévue pour le samedi 8 avril, sur toute l'étendue du territoire. Nous devons ensemble tracer nos sillons pour façonner le modèle tchadien que nous voulons inclusif, généreux et dynamique. Peuple tchadien, ta liberté naîtra de ton courage », lance Me Max Loalngar.

Il faut signaler que l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), le parti de Saleh Kebzabo dit suspendre sa participation aux activités de cette plateforme. « L’UNDR demande à ses militants et sympathisants de suspendre les marches et toutes autres formes de manifestations en attendant de voir clair dans les négociations qu’il faut engager avec les autorités de la transition pour la gestion de ces marches pacifiques », a instruit Célestin Topona Mocna, 1er vice-président de l’UNDR lors d’un point de presse fait ce 6 mai.

Avant d’annoncer son retrait, l’Undr a tenu à préciser que le secrétaire national administratif du parti, le Professeur Avocksouma Djona qui avait désapprouvé publiquement, dans un point de presse, la veille le choix de son parti et de son chef Saleh Kebzabo de faire partie du gouvernement de transition est du passé. Et que le professeur a reconnu son erreur d’avoir pris la parole publiquement pour contredire la ligne du parti. Il s’en est excusé.

Joint au téléphone M. Avocksouma a affirmé que son parti a raison sur la forme, car il devrait avant sa sortie en discuter en interne. Quant au fond du sujet, sa position n’a pas changé. Il affirme qu’il continuera à soutenir les actions de Wakitt Tamma comme citoyen tchadien.

Le ministre de la Défense, le Général Daoud Yaya Brahim a démenti les allégations selon lesquelles l’armée tchadienne s’est livrée à des actes inhumains sur les rebelles du Front pour l’alternance et le changement au Tchad (FACT) faits prisonniers.

Cette sortie médiatique du patron de la Défense nationale, le Général Daoud Yaya Brahim fait suite à la publication des capsules vidéo sur Facebook accusant l’armée tchadienne de traitements inhumains et dégradants sur les prisonniers de guerre. D’après Daoud Yaya Brahim, ce n’est que de la diffamation. Car, selon lui, l’armée tchadienne est une armée bien formée et instruite sur le droit international humanitaire. « L’armée tchadienne qui a été victime de plusieurs incursions terroristes s’est toujours comportée de manière humanitaire. Jamais un soldat tchadien n’a torturé un prisonnier moins encore le tué », affirme-t-il. Pour lui, ces informations sont de nature à ternir l’image du Tchad, du Conseil militaire de transition (CMT) et des forces de défense et de sécurité.

Pour couper court à la désinformation, le ministre Daoud Yaya Brahim a promis inviter la presse et la Croix-Rouge à visiter ces prisonniers. « La plupart des prisonniers de guerre sont aujourd’hui, entre les mains de la gendarmerie nationale, qui sont en phase d’enquête. A partir de lundi prochain, je demanderai à la Croix-Rouge, à la presse d’aller les visiter pour leur poser de questions et voir leur état de santé », dit Daoud Yaya Brahim.

Sur la question du dialogue souhaité par l’état-major du FACT, la réponse du ministre est sans ambages : « dialoguer avec des terroristes ? Moi je ne connais pas de rebelles, je ne connais que des terroristes ». A entendre le ministre le dialogue est exclu. Car, soutient-il, ces hommes armés qui ont fait leur incursion au nord du Tchad en avril ne sont même des Tchadiens. « La plupart d’entre eux sont nés en Europe, en Arabie Saoudite, en Libye. Et comme vous le savez la Libye est devenue un Etat néant, un bastion des terroristes », a-t-il-martelé.

Le ministre Daoud Yaya Brahim rassure que la situation sécuritaire est sous contrôle. « Il n’est point besoin de paniquer. Les forces de défense et de sécurité sont en situation de ratissage », informe-t-il. Il appelle les autorités en charge de l’enseignement de relancer les activités académiques. Egalement, le ministre félicite la population du Kanem pour sa collaboration avec les forces de l’ordre pour débusquer les rebelles déguisés en civil.

                                                           

Le secrétaire national administratif de l’Union Nationale pour le Développement et le Renouveau (Undr), le Professeur Avocksouma Djona a désapprouvé publiquement le choix de son parti et de son chef Saleh Kebzabo de faire partie du gouvernement de transition formé il y a 48h.


Au cours du point de presse tenu ce mardi 4 mai, le secrétaire national administratif de l’UNDR, Avocksouma Djona n’est pas passé par quatre chemins pour exprimer son désaccord quant à la participation de son parti au gouvernement de transition. D’après lui, les raisons pour lesquelles son parti n’était pas d’accord avec le MPS sont toujours valables. « Nous sommes pour l’alternance démocratique. Nous sommes contre la perpétuation dynastique du pouvoir. Nous sommes pour un dialogue inclusif », dit Pr Avocksouma Djona.

La composition du gouvernement de transition et la répression de la manifestation du 27 avril a été la goutte d’eau qui a débordé le vase. Pour Avocksouma, la participation de son parti au gouvernement de transition est synonyme de reconnaissance de facto du Conseil Militaire de Transition. « C’est dans ce moment de douleur que l’UNDR décide d’accompagner le Premier Ministre, de reconnaître le CMT et de participer à un gouvernement qui n’est d’un consensus paralysant », tonne-t-il. Il insiste sur sa désapprobation de la décision de son parti d’entrer dans le gouvernement. Et apporte son soutien à la Coordination des Actions Citoyennes (CAC) dénommées « Wakit tamma ». Malgré le désaccord avec son parti, le secrétaire national administratif n’a pas évoqué sa démission.

Pr Avocksouma Djona Atchénémou  a fini son point de presse en interpellant le CMT sur la nécessité d’organiser un dialogue inclusif, préalable à la réconciliation nationale. De cesser toute répression des marches pacifiques et de dialoguer avec les politico-militaires pour un cessez-le-feu.

 

48 heures après la formation du gouvernement de transition, contestée par la plupart des membres de la Société Civile, la Coordination des actions citoyennes (CAC) réunie, ce mardi 04 mai sous l’égide de son porte-parole Barka Michel appelle à une marche pacifique le samedi, 08 mai sur l’entendue du territoire tchadien.

La coordination des actions citoyennes entend organiser une marche pacifique, le samedi, 08 mai sur l’ensemble du territoire national. Selon son porte-parole Barka Michel, par ailleurs, président de l’Union des travailleurs du Tchad (UST), le CMT et le gouvernement de transition n’ont pas fait cas de leur revendication. Pire, un gouvernement a été précipitamment mis sur pied. Pour lui, ils ne reconnaissent pas le Conseil Militaire de Transition (CMT), ni le gouvernement de transition. « On veut le départ du CMT et qu’un gouvernement civil soit mis en place», déclare-t-il. Il demande que l'ordre constitutionnel soit rétabli avec une transition dirigée par un civil. M. Barka Michel affirme que ce  gouvernement civil débouchera rapidement à un dialogue inclusif de tous les Tchadiens de l'intérieur, de l'extérieur et les politico-militaires pour solutionner définitivement le problème du pays.

Rappelons que l'Union des syndicats du Tchad (UST) a réuni en urgence le mercredi, 21 avril dernier son bureau exécutif pour examiner la situation sociopolitique du pays. L'UST disait rejeter la transition militaire et demandait aux travailleurs d'observer un arrêt de travail jusqu'à ce que la situation soit clarifiée.

Il faut aussi le souligner que la quasi-majorité des acteurs de la société civile se disent écartés du gouvernement de transition. Alors que le président du CMT avait promis un gouvernement de transition de large ouverture.

Moyalbaye Nadjasna

Le Forum des organisations de la société civile du Tchad (Foscit) a appelé ce 30 avril, à une journée ville morte et de deuil national en mémoire des manifestants morts le 27 avril. Cependant, le mot d’ordre n’a pas été fortement suivi sur l’ensemble du territoire national.

Sur les différentes artères, avenues, quartiers, marchés, etc. que nous avons sillonné en cette journée ensoleillée du 30 avril, l’achalandage est comme d´habitude. La capitale tchadienne, N’Djamena, ne ressemble pas à une ville morte, moins encore à une cité en deuil national. Les bus et minibus circulent normalement. Les commerçants, les fonctionnaires, les ménages vaquent convenablement à leurs occupations.

Le marché à mil de N’Djamena était pris d’assaut par les clients à deux semaines de la fête du ramadan. « Comme vous pouvez le constater, N’Djamena est comme avant. Je ne vois pas ce qui peut ressembler à une ville morte. Les gens vaquent normalement à leurs occupations. Moi également, je suis venu pour acheter les habits à mes enfants », raconte une mère rencontrée au marché à mil.

Pour le porte-parole national du Foscit, Mahamat Zène Cherif, le but du mot d’ordre appelant la population à observer ce 30 avril, une journée ville morte et de deuil national est de dénoncer la prise du pouvoir par la force, sa confiscation par la force et de réclamer le retour à l’ordre constitutionnel. Il reconnaît que l’opération ville morte n’a pas été suivie comme il le souhaite. «La population n’a pas respecté ce mot d’ordre pour des raisons sociales et économiques. Vous savez, nous sommes dans une période de carême et il y a aussi les préparatifs de la fête du ramadan qui se pointe à horizon », dit Mahamat Zène Cherif. Selon lui, cette situation a fait que les ménages, avec les réalités tchadiennes, ont de difficultés à rester chez eux parce qu’une grande partie vit le jour au jour. C’est pourquoi chacun est obligé de sortir gagner sa vie. « Malgré tout, la population partage notre vision de choses », dit-il.

Le Foscit ne compte pas s’arrêter là. Il prévoit une marche pacifique le samedi 1er mai sur tout le territoire tchadien pour exiger le retour à l’ordre constitutionnel.

Allarassem Djimrangar

Dans un communiqué en date du 29 avril, la commission de l’Union africaine et son conseil de paix et de sécurité informent l’opinion nationale et internationale qu’elles entreprennent une mission d’enquête de sept (7) jours en République du Tchad. 

Dirigée par le commissaire de l’Union Africaine (UA) aux affaires politiques, de la paix et de la sécurité, l’ambassadeur Bankole  Adoeye, cette mission composée de cinq(5) membres du conseil de paix et de sécurité(CPS) de l’UA et la RDC, en qualité de pays assurant la présidence de l’UA, est venue discuter avec la junte au pouvoir et biens d’autres acteurs politiques de toutes les questions relatives à la situation qui prévaut dans le pays.

Selon le document, cette mission d’enquête dont les travaux ont commencé depuis le 29 avril et prendront fin le 6 mai prochain cherchera à obtenir un retour rapide à l’ordre constitutionnel et la gouvernance démocratique tout en préservant la sécurité et l’intégrité territoriale du Tchad à travers des informations auprès des nouvelles autorités et des parties prenantes. Le communiqué de poursuivre qu’en marge des rencontres, le soutien de l’enquête sur le meurtre du défunt Président Idriss Deby Itno, l’engagement de l’Union africaine aux côtés du gouvernement et le peuple tchadien dans le processus d’une transition apaisée.

En plus, la mission aura à examiner avec les parties prenantes concernées, les questions essentielles liées à la paix et à la stabilité durable du Tchad telles que la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, la rébellion armée ainsi la criminalité transfrontalière organisée, précise le communiqué.

Enfin, avant de soumettre les conclusions de ses consultations au conseil de paix et de sécurité de l’UA au plus tard le 8 mai 2021, pour examen et décision sur la situation au Tchad, la mission d’enquête rencontrera les acteurs régionaux et sous régionaux notamment la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEAC), la Commission du bassin du Lac Tchad (CBLT), la Communauté sahélo-saharienne (CEN-SAD), la CEDEAO, le G5-Sahel et les Nations-Unies sur l’impact potentiel des événements actuels sur les régions du Sahel et du bassin du Lac Tchad, conclut le communiqué.

Togyanouba Santanan

Des combats mettant aux prises l’armée tchadienne et les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact) ont repris depuis mardi au nord Kanem.

L’armée tchadienne et les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact) s’affrontent de nouveau dans le nord Kanem depuis mardi 27 avril. Les combats continuent encore dans la journée de jeudi.

Il y a quatre jours, la junte militaire au pouvoir a annoncé son refus de négocier avec ces rebelles les qualifiant de « hors-la-loi » et les accusant de terrorisme. Pourtant ceux-ci étaient prêts à un cessez-le-feu pour dialoguer.

Selon les nouvelles autorités de N’Djamena, ces « terroristes », acculés par la force de frappe de l’armée, se sont réfugiés au Niger avec leur chef Mahamat Mahdi Ali en vue de se reconstituer. Pour les anéantir, N’Djamena a demandé la coopération militaire de Niamey. Le 26 avril, les autorités nigériennes qui ont chassé ces « hors-la-loi » de leur territoire.

Selon nos informations, les éléments du Fact se sont redirigés vers le Kanem et éparpillés le long de la frontière. L’armée tchadienne est entrée en action. Des opérations terre et ciel sont lancées depuis mardi 27 avril. Jusque-là, l’armée n’a pas communiqué sur ces opérations.

Dans un communiqué publié ce jeudi 29 avril, le chargé de communication du groupe rebelle indique l’armée tchadienne évite des affrontements terrestres au profit des bombardements aériens. Il annonce par la même occasion qu’un hélicoptère de l’armée a été abattu ce 29 avril grâce à leur système de défense antiaérien. Selon Rfi, l’information a été confirmée par des sources sécuritaires tchadiennes. Pour le groupe rebelle,  la France aide l’armée tchadienne avec des vols de reconnaissance. Pour cette raison, il menace d’abattre désormais tout aéronef qui survolera leur position. 

Il faut le rappeler, les incursions des rebelles du Fact sur le territoire tchadien ont commencé le 11 avril, le jour de l’élection présidentielle. Ils ont progressé rapidement pour atteindre le nord Kanem. Le 17 avril, l’armée détruit totalement la logistique des rebelles. Le lendemain, l’armée lance de nouveau l’offensive et annonce avoir mis en déroute les rebelles. Le chef rebelle a reconnu avoir opéré un repli. Le 19 avril, les rebelles lancent une contre-offensive surprise au cours de laquelle le président de la République Idriss Deby Itno est tué. Dès lors, les nouvelles autorités de N’Djamena ont promis en découdre avec ceux qui ont ôté la vie à leur Maréchal chef suprême des armées Idriss Deby Itno.  

La marche pacifique initiée par la coordination des actions citoyennes pour protester contre le Conseil Militaire de Transition (CMT) et l’ingérence de la France dans les affaires du Tchad le 27 avril passé a causé d’énormes dégâts humains. Les autorités et les organisateurs avancent chacun ses chiffres.

Selon le gouvernement, par le biais du procureur de la République, Youssouf Tom, N’Djamena, la capitale tchadienne a enregistré 4 cas de décès, dont une femme. Par contre, Moundou, la capitale économique n’a enregistré qu’un seul cas de décès.

Ce bilan dressé par le procureur est contredit par les organisateurs. D’après Me Max Loalngar, l’un des leaders de la coordination des actions citoyennes, que nous avons contacté, le bilan sur le plan humain est élevé. « 15 morts, dont 3 ont été signalés à Moundou et 12 à N’Djamena. Plus de 170 personnes arrêtées. Des blessées, on n’en parle pas », dit-il. Selon lui, la marche initiée par son organisation, pour protester contre la transition militaire et l’ingérence de la France dans les affaires internes du Tchad, a été une réussite. Car, dit-il, enfants, jeunes et personnes âgées sont tous sortis pour exprimer leur ras-le-bol.

Dans le souci de confirmer dans l’un ou l’autre cas les chiffres avancés par les organisateurs de la marche et les autorités, nous nous sommes rapprochés des responsables de la Morgue de l’Hôpital général de référence nationale (HGRN) de N’Djamena. Mais ceux-ci ont refusé de répondre à nos questions. 

Rappelons que la marche pacifique du 27 avril, initiée par la coordination des actions citoyennes dénommée « Wokit tama », a été durement réprimée par les forces de l’ordre. Les marcheurs rejettent la transition militaire et dénoncent l’ingérence de la France dans les affaires internes du Tchad. Malgré la répression, la coordination des actions citoyennes a encore appelé à une nouvelle manifestation pacifique ce mercredi 28 avril. Et promet d’autres.

Allarassem Djimrangar

Le président français, Emmanuel Macron a reçu ce matin son homologue Félix Tshisekedi, président de la République Démocratique du Congo, par ailleurs président en exercice de l’Union Africaine. Le chef de l’État français condamne la répression des manifestations ce matin, 27 avril à N’Djamena, capitale tchadienne.

Emmanuel Macron dit soutenir le processus de la transition qui doit ouvrir la voie à la démocratie et à la stabilité du Tchad. Vu l’évolution de la situation, il dit être préoccupé. Il affirme condamner avec fermeté, la répression des manifestations et des violences qui ont eu lieu ce matin à N’Djamena. Pour le chef d’État français, le respect des engagements pris par le Conseil Militaire de Transition (CMT) est celui d’une transition pacifique, inclusive sur le plan politique. Macron insiste qu’il a apporté son soutien à l’intégrité et à la stabilité à N’Djamena pour l’ensemble du pays. Il dit être pour une transition pacifique et démocratique, « je ne suis pas pour un plan de succession. » D’après lui, la France ne sera jamais auprès de ceux qui forment ce projet. Le temps est venu dit-il, de lancer un dialogue politique national ouvert à tous les Tchadiens, c’est ce qui est attendu aujourd’hui. « Le CMT serait le conditionnel de notre soutien. Nous resterons aux côtés de l’Union Africaine que préside le président Tshisekedi aujourd’hui et le G5 Sahel qui s’est engagé résolument dans la médiation de la situation qui me préoccupe très fortement», a lancé le président français.

Rappelons que le président français Emmanuel Macron, a signifié lors de son passage à N’Djamena pour les hommages à son homologue tchadien Idriss Deby, que la France ne laissera ni aujourd’hui ni demain ceux qui tenteraient de nuire à la stabilité et à l’intégrité du Tchad.

Moyalbaye Nadjasna

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