mercredi 16 juin 2021

Diaspora au Canada

Fév 03, 2010

Sur les traces de la diaspora des tchadiens en Amérique du Nord

Diaspora, mot qui veut dire dispersion, est dérivé du Grec sporo qui signifie la graine et speira qui signifie semer. Il est employé dans la Grèce antique pour désigner la communauté juive. Les temps ont passé, et depuis mai 2003, le Conseil Exécutif de l’Union Africaine, a enjoint cette dernière de considérer la diaspora africaine comme partenaire de développement du continent. C’est le sixième pôle économique par excellence. Iatchad Presse a voulu savoir plus sur la diaspora tchadienne en Amérique du Nord, et avait rendu visite, à son domicile à Montréal, à Monsieur Galamy Mahamat Ali, Vice- Président de l’Organisme Canadien pour le Développement et l’Intervention en Afrique ( OCDIA ), et personnalité ressource de la communauté tchadienne au Canada. Il a bien voulu se prêter à nos questions.

Ialtchad Presse : Bonjour Monsieur Galamy !
Galamy Mahamat Ali :
Bonjour l’équipe Ialtchad Presse. C’est pour moi un réel plaisir de vous recevoir.

Ialtchad Presse : Parlez-nous de notre diaspora en Amérique du Nord, que savez-vous de notre ?
Galamy Mahamat Ali :
La diaspora  tchadienne en Amérique du Nord  est trop jeune et mal connue, comparativement à la diaspora malienne, sénégalaise ou  son encadrement est  assuré par les pouvoirs publics de leurs pays et par les migrants eux-mêmes. Mais depuis quelques années, une dynamique organisationnelle s’est créée partout en Amérique du Nord au sein notre diaspora. Les tchadiens s‘organisent dans les grandes villes en associations ou en amicales, pour donner plus  de  lisibilité, de la  clairvoyance  et de visibilité à leurs actions, et nous entretenons des liens solides de solidarité.

Ialtchad Presse : Quels sont, selon vous, les atouts de la diaspora tchadienne en Amérique du Nord dans le processus du développement du Tchad ?
Galamy Mahamat Ali :
La diaspora tchadienne en Amérique du Nord est impliquée à grande échelle dans le processus de développement du Tchad sur la base des atouts dont elle dispose. Elle possède des atouts indéniables au nombre desquels, le capital affectif, le capital financier, les compétences techniques, enrichies par les connaissances et les expériences accumulées dans le pays de résidence au sein des entreprises, de l’administration, des Organisations Internationales, ou dans les ONG. Elle recèle aussi des ressources humaines des qualités, qui sont utiles au développement du Tchad. Elle est notamment engagée  dans la lutte contre la pauvreté par le transfert de fonds, en direction du Tchad. Il est difficile de quantifier  les flux  de ces fonds, étant donné que les canaux de transfert sont nombreux et avec des commissions prohibitives. Les transferts informels par des simples voyageurs  sont plus ou moins risqués. Tout compte fait, la diaspora tchadienne transfère par année des millions des dollars, pour leurs familles au Tchad. Des  sommes qui permettent à ces ménages d’avoir un niveau de revenu moyen. En somme, la diaspora tchadienne en Amérique  du Nord est une mine d’or qu’il faut capitaliser. Des pays autrefois pauvres ont connu un essor économique par l’apport de la diaspora.  

Ialtchad Presse : En octobre 2008, à titre de porte-parole de la communauté tchadienne de Montréal vous avez eu à rencontrer le président de la République Idriss Deby Itno à Québec- city en marge du sommet de la francophonie, de quoi avez-vous parlé ?
Galamy Mahamat Ali :
Naturellement, il était question du Tchad, notamment des préoccupations de la communauté tchadienne en Amérique du Nord. Nous avons eu  avec le Président Idriss Deby Itno, un contact utile, franc et direct, et ce contact  s’est poursuivi inlassablement avec le reste de la délégation pendant son séjour à Québec.

Ialtchad Presse : En quoi consistent vos préoccupations et doléances  soumises au chef de l’Etat ?
Galamy Mahamat Ali :
Nous avons exhorté le gouvernement de mettre en place, une politique de développement de la diaspora tchadienne, afin de rendre sa mission effective. La mise en place d’un Secrétariat d’Etat pour les tchadiens de l’extérieur, l’élargissement du droit des votes des tchadiens à l’étranger, l’amélioration des  systèmes bancaires pour faciliter le transfert de fonds, et l’ouverture d’une Ambassade à Ottawa, pour   faire valoir nos droits civiques. Pour ce qui est  des cadres tchadiens désireux d’effectuer un retour pour se réinstaller au Tchad  dans  la vie socio-active, le gouvernement doit élaborer une politique d’insertion et de réinsertion, doublée d’un plan de carrière, et assurer l’entretien des cadres.

Ialtchad Presse : Il y a peu, vous avez mis sur pied un Ordre des Diplômés Tchadiens du Canada ( ODTC ), de quoi s’agit-il ?
Galamy Mahamat Ali :
Il s’agit d’une corporation qui a pour objectif d’identifier, de  regrouper et de représenter les diplômés  universitaires tchadiens qui sont gradués dans une université canadienne. Cette nouvelle initiative permettra de mettre à la disposition du Tchad, et des entreprises étrangères au Tchad  une base des données  des cadres fiables et valables. On devient membre par une fiche d’adhésion qui exige des informations basiques pertinentes.

Ialtchad Presse : Aussi, vous êtes le vice-président de l’Organisme Canadien pour le Développement et l'Intervention en Afrique (OCDIA), résumez-nous cette organisation.
Galamy Mahamat Ali :
L’Organisme Canadien pour le Développement et l’Intervention en Afrique (OCDIA), a été créé en mai 2002, selon la partie III de la loi sur les compagnies au Québec. L’OCDIA est un organisme non gouvernemental, sans but lucratif, non confessionnel et non partisan. Sa vocation première est de répondre à l’attente de l’Afrique en matière de coopération et de développement économique. Le siège d’OCDIA est établi dans la ville de Sherbrooke dans le canton de l’Estrie. Nous avons signé plusieurs protocoles d’accord de coopération avec certains pays  africains, comme le Rwanda, la Guinée, le Niger, les Comores, la République Centrafricaine et notamment le Tchad en juillet 2004. Nous appuyons le développement durable dans les pays africains, en travaillant de concert  avec des partenaires locaux, et notamment des intellectuels diplômés africains résidents en occident sous forme des réseaux. Nous orientons les chercheurs africains pour  faire publier leurs articles dans des revues scientifiques.

Ialtchad Presse : Quels sont vos réalisations ? Où en êtes-vous avec vos objectifs du départ ?
Galamy Mahamat Ali :
D’une manière générale, nos réalisations sont au-delà de nos attentes, et nous sommes entièrement satisfaits des résultats obtenus jusqu’ici. Nous avons à notre actif, plusieurs séminaires, ateliers et conférences pour faire la promotion du Tchad. Face à la crise du Darfour, l’OCDIA s’est investi à sensibiliser et mobiliser la communauté internationale de ne pas fermer les yeux sur cette crise. Au plan international, l’OCDIA a toujours associé sa voix à d’autres organismes pour dénoncer par des rapports et des pétitions, les  négociations sur l’Accord de Partenariat Économique (APE), les promesses non tenues du Club de Paris, de l’Union Européenne vis-à-vis de l’Afrique. Au plan national, la communauté tchadienne était à l’honneur quand un de nos compatriotes, en la personne de Mr Moustapha Saboun, était candidat aux élections du 01 novembre 2009, au poste de Maire de la ville de Sherbrooke. Le comté de Mr Jean Charest Premier Ministre du Québec.

Ialtchad Presse : Quels étaient les résultats?
Galamy Mahamat Ali :
Certes une défaite numérique, mais une victoire morale et enrichissante. Nous étions au 4ème rang sur 5ème candidats.

Ialtchad Presse : Quelles sont les difficultés et les problèmes que vous rencontrez pour mener à bien la mission de l’OCDIA ?
Galamy Mahamat Ali :
Nous avons des sérieuses difficultés au niveau de l’Agence Canadienne pour le Développement International (ACDI), qui est responsable de l’administration de la majeure partie du programme canadien de coopération internationale. Seulement neufs pays sont identifiés par le Ministère de la coopération du Canada, pour bénéficier de l’aide  inconditionnel. Il s’agit du Bangladesh, de la Bolivie, de l’Éthiopie, du Ghana, du Honduras, du Mali, du Mozambique, du Sénégal et la de Tanzanie. Les raisons évoquées  et le choix de ces pays par le Canada, s’expliquent par le simple fait qu’ils ont déjà une collaboration fructueuse avec le Canada, et sont engagés dans l’amélioration de bonne gouvernance, et dans une stratégie de réduction de la pauvreté. Le Canada a mis en place  le Fonds Canadien pour l’Afrique depuis 2002, d’un montant de 500 millions de dollars canadiens par an, soit 310 millions d’Euro, pour financer des projets de développement dans  les pays africains. Malgré les différents projets que nous avons montés au nom du Tchad pour  puiser dans cette enveloppe, nous avons reçu une fin de non-recevoir.

Ialtchad Presse : J’en ai fini Monsieur Galamy. Et vous ?
Galamy Mahamat Ali :
Nous souhaitons longue vie et beaucoup de réussite à Ialtchad Presse.

Moussa Yayami, Hamid

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