mercredi 27 octobre 2021

Piqûre de scorpion au Nord : problème de santé publique

Sep 26, 2021

Les Piqûres et Envenimations de scorpions (PES) et l’avancée du désert dans les régions sahariennes terrorisent les populations du Borkou, de l’Ennedi, du Tibesti et du Wadi-Fira. Reportage.

« Les piqûres de scorpion doivent être considérées comme un problème de santé publique mais cette question soulève une autre encore plus sensible, celle de l’avancée inexorable du désert qui déplace l’habitat naturel du scorpion, le désert, en ville, mais détruit également les rares oasis qui existaient jusqu’à maintenant », alerte l’ONG HDS. Cette ONG fait de la lutte contre le scorpion, de la lutte contre l’avancée du désert et la protection de l’environnement dans les régions du B.E.T/Wadi-Fira sa principale mission.

Les habitants du Grand Nord, Borkou-Ennedi-Tibesti et Wadi Fira mènent souvent une vie dangereuse. Ils sont menacés en période de chaleur par des scorpions noirs. Il ne peut se passer une semaine ou un jour sans enregistrer des cas de morsure de scorpion. Selon HDS, les hôpitaux enregistrent plusieurs cas de piqûres. Ces insectes sont agressifs. Par exemple les scorpions de Faya, selon un agent technique de santé, « ils ne sont pas comme les autres scorpions. Ils sont gros et longs les venins qu’ils injectent à leurs proies peuvent être recueillis au moins à 5 cl. »

Le Coordinateur M. Koni Sougoudi Kellemi de l’ONG HDS affirme que « c’est l’effroyable leiurus quinquestriatus qui sème la mort dans l’Ennedi, au Borkou et au Tibesti. » Il définit cet insecte vénéneux comme Le leiurus de la famille de buthidés, un arthropode de couleur jaune, mesurant 7 à 10 cm. Il se distingue des autres scorpions par les deux derniers anneaux de sa queue qui sont sombres et surtout par ses fines pinces. Toujours selon M. Kellemi son venin est le plus foudroyant et la bestiole est agressive à la moindre rencontre.

D’autres scorpions appartiennent à la famille des arachnides. Le redoutable scorpion est appelé par les scientifiques Androctonus australis. Ce scorpion, Androctonus australis, est aussi hautement venimeux que son congénère Leiurus quinquestristus. Les deux espèces sont cotées 4/4, donc très toxiques. Leur venin est mortel pour les enfants de moins de 7 ans et les vieilles personnes.

D’après les chercheurs, un scorpion Androctonus australis, couvant ses petits appelés pulls, a été capturé en mai 2018 dans un jardin potager de Kalaït pour être identifié. Il avait autour de lui 55 bébés scorpions. Cette espèce est dominante autour de la ville de Kalaït, de Fada et d’Amdjarass.

Traitement contre piqûre

« Les produits pharmaceutiques utilisés pour soigner les malades envenimés sont entre autres le dexaméthasone, hydrocortisone et prométhazine », affirme un agent technique de santé de Faya.

Selon le Coordinateur de HDS Mr Koni Sougoudi Kellemi, les piqûres de scorpions sont la première cause de mortalité dans les villes de Bardaï, Faya, Fada et Amdjarass. On dénombre 300 cas, dont 10 décès environ, par mois pendant le moment de pic. Les victimes sont en majorité des enfants et des femmes enceintes.

HDS préconise en cas de piqûre de scorpion, d’abord, de garder son calme, de ne pas faire de garrot, de ne pas faire d’aspiration à la bouche, d’immobiliser la région piquée, d’appliquer de la glace pour lutter contre la douleur, de transférer la victime rapidement à l’hôpital, d’identifier le scorpion mis en cause si possible, de mettre la victime en position demi-assise ou position latérale d pendant son transfèrement à l’hôpital.

Pour l’ONG HDS, les axes stratégiques de lutte contre les PES doivent cibler sur le scorpion et son environnement, sur le comportement de la population et sur les professionnels de santé, sur l’amélioration de la prise en charge et sur l’implication de tous.

Les régions sahariennes du Borkou, de l’Ennedi et du Tibesti, a fait l’objet de plusieurs programmes mis en œuvre par le programme National de Lutte contre le Scorpionisme, le Ministère de la Santé publique, l’OMS, certains partenaires internationaux et également avec  l’Organisation humanitaire tchadienne HDS (Halt Death Stalker), seule organisation qui lutte contre les piqûres de scorpions dans le Grand Nord.

En 2014 la ville de Faya a été choisie pour servir de point d’ancrage à toutes les études scientifiques qui seras entreprise au Tchad sur de cette problématique. L’objectif de cette rencontre était d’élaborer un cadre stratégique global de lutte contre les piqûres de scorpions. Un tableau complet de la situation épidémiologique a été élaboré. Il a fait ressortir plusieurs constats parmi : aucune étude réelle n’a été menée dans la région du BET (Borkou-Ennedi-Tibesti), excepté les efforts de HDS qui a fait une étude de terrain sur les différentes espèces, les zones endémiques et les périodes où les piqûres sont les plus fréquentes. Les actions et les expertises menées  par l’organisation ont contribué à la mise en œuvre de ce Programme National de Lutte contre les Piqures de Scorpions et surtout ont mis à jour la nécessité de créer un Programme National de Lutte contre les piqûres de scorpions et les morsures de serpent. L’idée consistait aussi à faciliter la disponibilité du sérum de prise en charge dans toutes les 4 régions. De mettre en place de campagnes de types IEC (Information-Éducation-Communication) dans les zones endémiques. De poursuivre les appuis techniques et financiers aux acteurs, etc. …

Pour éviter d’être attaqué par les scorpions, il faut porter des chaussures fermées lors de déplacements, secouer toujours les habits et les chaussures avant de les porter. Éviter de laisser traîner les objets et les habits au sol. Il est important d’élever des poules, des chats et des hérissons qui sont les principaux ennemis de cette bestiole. Certains produits répulsifs comme l’acide borique et la terre de diatomée peuvent éloigner les scorpions.

Mahamat Kao Adoum

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