mercredi 27 octobre 2021

Yorongar Ngarléjy quittera la coordination de son parti

Sep 24, 2021

Le coordinateur exécutif du parti Fédération, Action pour la République (FAR), Yorongar Ngarléjy, décide de se retirer de la scène politique, après 30 ans d’opposition au régime de Idriss Deby Itno. Il quittera la tête de son parti après avoir organisé un congrès national pour présenter un rapport moral. Entrevue.

L’opposant le plus déterminé et le plus farouche au régime du défunt président Idriss Deby Itno, depuis 30 ans, Yorangar Ngarlejy, coordinateur exécutif du parti Fédération, Action pour la République (FAR), décide de quitter la vie politique. L’homme politique déclare qu’il est complètement ruiné après 30 ans de combat politique, sans appuis des autres membres du parti. Épuisé et fatigué, il décide d’organiser un congrès national pour présenter un rapport moral avant de quitter la tête de son organisation politique qu’il coordonne depuis des années, sans appui majeur de ses camarades de lutte. « Je me suis ruiné pour faire fonctionner le FAR, depuis 30, cela suffit. Maintenant, je vais organiser un congrès, dresser un rapport moral et je m’en vais », a laissé entendre l’opposant. Pour lui, les membres du bureau, les députés, les militants, les conseillers municipaux que le FAR a fait élire ne cotisent pas. Il ajoute que pendant son absence, surtout quand il était en France, il y a 20 ans environ, le Bureau s’est réuni pour adopter les grilles de paiement des cotisations qui vont de 50 f à un pourcentage de 10 f sur le salaire, mais personne n’a honoré cet engagement. Il affirme que quand il y’a de postes à pourvoir par le FARR, c’est tout le monde qui se rue dessus. « Cela m’a tapé aux tympans. J’ai décidé après avoir mis en place toutes les structures, je quitte la direction du parti », dit-il.  Il décide de quitter le parti, mais reste dans le parti sans s’impliquer dans la prise de décisions.

Au sujet de la relève au parti, l’opposant précise que ce n’est pas à lui de préparer la relève. À son avis, un parti politique, comme toute association, les membres se préparent à la succession. « Je ne peux pas préparer quelqu’un, j’ai essayé, mais à chaque fois quand la personne qui est pressentie de me remplacer, pousse des ailes, il claque la porte et va créer son parti, cela m’est arrivé plusieurs fois. Donc je ne prépare personne cette fois-ci » regrette M. Ngarléjy. Il dit qu’il quitte le parti et les membres organiseront les élections pour un nouveau coordonnateur du parti. Abondant l’éventuelle disparition du parti, quand il ne sera plus coordinateur, il soutient que le parti est bien structuré. Toutefois, l’homme politique craint que ceux qui prendront la direction du parti après lui ne monnaient le parti pour en faire une jouissance personnelle. « 30 ans de lutte politique pour rien et je pèse bien mes mots », affirme l’opposant.

Pour les jeunes qui souhaiteraient faire de la politique, Yorongar Ngarléjy donne un conseil « quand on n’a pas d’argent, on ne se lance pas en politique ». Il rajoute, « quel que soit ton niveau, quel que soit ton rang au sein de l’association d’une manière générale et dans un parti politique en particulier, tu dois payer tes cotisations ». Pour faire fonctionner le parti, il est demandé aux membres de cotiser. La cotisation est fixée à 50 f pour les étudiants, les élèves et les chômeurs. Mais, peine perdue, ceux-ci refusent de payer. « J’étais rentré de France en 1982 avec beaucoup d’argent, mais maintenant, je mange à peine », soutient-il.

« Je ne crois pas à la transition actuelle »

À propos de la transition, l’homme politique dit qu’il ne croit pas à cette transition dirigée par un des fils du président Deby et qu’il a prévu cela depuis longtemps. « J’avais dit que le président Idriss Deby Itno était en train de créer une monarchie, une dynastie, mais les Tchadiens disent que Yorongar se livre à des fantasmes », confie le coordinateur du parti FAR. Concernant le dialogue national inclusif (DNI), prévu à la fin d’année, il affirme que c’est du faux et cela n’apportera rien. « Ce serait comme les dialogues, les conférences nationales qui ont eu lieu. Rien de plus », estime-t-il. Pour l’opposant, les gens vont se livrer à des orgies, rien de sérieux. Yorongar, Ngarléjy dit avoir donné de conseils au président du CMT de faire attention à son entourage, car c’est eux qui ont induit en erreur le président Idriss Deby Itno. « Tant qu’on ne tend pas la main à la rébellion, discuter sérieusement, parvenir à un accord pour faire la paix. Toutes ces gesticulations ne sont que de poudres aux yeux, je parle sincèrement, ça n’a de valeurs que pour les gens qui ne sont pas sérieux ». Parlant du CNT, il ironise que tous ceux qui contestent le CNT sont aujourd’hui candidats, alors qu’ils réclamaient l’organisation du DNI avant le CNT. Pour lui, il n’y a pas de sérieux. À son avis certains partis politiques qui remplissent l’espace politique sont des clients qu’on achète pour faire la salle besogne. « Il n’y a rien de sérieux qui se pointe à l’horizon. Moi, je ne crois pas », regrette-t-il. Le fédéraliste estime que le CMT ne peut pas faire autrement que ce qu’il est. Pour lui, les décisions prises par le CMT sautent aux yeux. « Sur 15 membres, 2 seulement sont originaires d’une partie importante du Tchad, le reste c’est la famille. Les autres provinces exclues », précise l’homme politique. À l’en croire, ce genre de chose ne faciliterait pas le vivre ensemble que l’on clame tous les jours.

Pour sauver la situation, Yorongar Ngarléjy propose qu’on organise les élections législatives et présidentielles sur la base de l’une des constitutions au Tchad qui a requis la majorité des Tchadiens. Pour lui, ce sont les constitutions de 1962 et de 1996 qui sont des constitutions acceptables de tous. Le fédéraliste pense que celui ou celle qui sera élu sur cette base pourra s’atteler à la réforme. « Il faut doter le Tchad des institutions solides. Malheureusement personne ne m’entendra, parce que ce n’est pas dans leurs intérêts », conclut-il. Pour lui, le Tchad est peuplé de « gargantua » qui ne pensent qu’à leurs ventres.

Jules Doukoundjé       

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