Paludisme, plaidoyer pour les enfants et les femmes enceintes

Aoû 03, 2021

Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la ville de N’Djamena ces dernières semaines commencent à avoir des répercussions sur la santé des populations. Plusieurs centres de santé et hôpitaux enregistrent lors des consultations, de cas de paludisme, surtout chez les enfants et les femmes enceintes. Reportage.

Les centres de santé et les hôpitaux de la ville de N’Djamena enregistrent de plus en plus dans leurs services de consultations des patients souffrant de paludisme. Certains responsables de ces centres et hôpitaux appellent les populations à bien se protéger en pulvérisant leurs chambres et de dormir sous les moustiquaires imprégnées. Pour le médecin-chef de l’hôpital de l’Union, situé au quartier Chagoua, dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena, Dr Djimornan Djikiri, la saison des pluies est naturellement une période de moustique, c’est aussi la période où beaucoup d’hôpitaux font face à des cas de paludisme sous toutes ses formes. En ce qui concerne le taux de paludisme pendant cette période de pluies, le Dr Djikiri constate une flambée des cas de paludisme dans les hôpitaux et les centres de santé de la capitale tchadienne. Selon lui, cette flambée est liée aux inondations que connaît la ville de N’Djamena et que c’est le moment de reproduction du moustique anophèle femelle qui est le vecteur du paludisme. Le responsable de l’hôpital de l’Union indique que le paludisme est la première cause des hospitalisations dans cette structure sanitaire. Et les enfants et les femmes enceintes sont les plus touchés. Pour prévenir le paludisme, il exhorte les femmes et les enfants à dormir sous les moustiquaires imprégnées, avant de dire que si l’on ne fait pas la campagne de prévention, la situation risquerait d’être critique, surtout en cette période hivernale. Pour éviter que la situation ne soit pas maîtrisable, le médecin-chef de l’hôpital de l’Union compte lancer au courant de ce mois, une campagne de chimioprophylaxie saisonnière en faveur des enfants et surtout des femmes enceintes.  « Nous demandons aux parents de laisser les enfants prendre normalement les médicaments qu’on va leur donner pendant cette campagne de prévention », dit le Dr Djimornan Djikiri.

À propos de la prise en charge des femmes enceintes contre le paludisme, le jeune médecin souligne que la consultation prénatale permet à celles-ci de prendre le traitement préventif intermittent gratuitement. Il invite les femmes enceintes à se rendre dans les centres de santé et les hôpitaux les plus proches pour la consultation et de bénéficier gratuitement du traitement afin de réduire le taux de prévalence liée au paludisme. « Le taux de prévalence du paludisme chez les femmes enceintes et les enfants est en train de grimper, si nous ne cherchons pas de stratégies pour stopper, nous risquerons de nous retrouver dans une situation difficile à gérer, surtout quand le pique sera atteint en septembre et octobre », explique le médecin-chef. Il a toutefois révélé que, dans la structure qu’il gère, les services de consultation montrent que chaque jour, 50 personnes souffrent de paludisme et que la plupart sont des femmes enceintes et les enfants.

Au centre de santé d’Atrone

Au centre de santé d’Atrone, la situation semble plus compliquée. Le quartier Atrone de part, sa position géographique, est l’un des quartiers les plus inondés de la commune du 7e arrondissement. De l’avis du sage-femme et responsable du centre de santé, Mme Ndénam Irène, le paludisme est la première cause de mortalité chez les enfants de 0 à 5 ans.  Selon elle, ce taux est lié à la position même du quartier qui manque d’infrastructures telles que les canaux d’évacuation des eaux de pluie et surtout le niveau social des populations. La responsable du centre de santé d’Atrone soutient que la prise en charge des enfants et les femmes enceintes est gratuites et appelle aux parents de référer leurs enfants au centre de santé pour une meilleure prise en charge. Parlant de la disponibilité des médicaments contre le paludisme, elle explique qu’il n’y a pas de souci, mais que ce qui les préoccupe pendant cette saison des pluies, c’est la quantité insuffisante des TDR (le test de dépistage rapide).

Pour lutter efficacement contre le paludisme, surtout chez les femmes enceintes et les enfants, les autorités sanitaires devraient s’évertuer à mener une campagne nationale de sensibilisation pour la distribution et l’utilisation massive des moustiquaires imprégnées dans toute l’étendue du territoire.

Jules Doukoundjé

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