dimanche 26 septembre 2021

Acheikh Ibni O. rencontre les responsables des médias

Jui 28, 2021

Acheik Ibni Oumar, Ministre d’État chargé de la Réconciliation nationale et Dialogue a rencontré les dirigeants des médias publics et privés le 26 juin à ce qui semble devenir son QG, l’hôtel Radisson Blu. Un contact au cours duquel, le ministre dit prendre contact et recueillir de suggestions et des propositions des médias relatives au Dialogue national inclusif à venir. Reportage.

La rencontre a démarré avec un petit retard. Le ministre d’État chargé de la Réconciliation nationale et du Dialogue Acheik Ibni-Oumar et son staff, ont trouvé devant eux des responsables des médias prêts à engager un débat de fonds en prélude au forum du Dialogue inclusif. Le ton est grave lors que le modérateur relève qu’il ne faudrait pas aborder le fond du sujet. Aussitôt la parole remise au ministre d’État Acheik Ibni-Oumar.  Il explique sa mission. Selon lui, son portefeuille consiste à aller à la base pour faire remonter au sommet et aller aussi dans les provinces pour tout remonter à la capitale. « Le dialogue doit circuler verticalement de la base au sommet. Mais aussi horizontalement », dit-il. D’après lui, le dialogue inclusif et les élections transparentes que les Tchadiens appellent de leurs vœux ne doivent pas être comme dans le passé assimilé juste aux grands évènements, ponctuels et hautement médiatisés. « Pour redynamiser la marche historique de notre peuple vers le dialogue national et la consolidation du fondement de la démocratie dans cette phase exceptionnelle, il nous faut une approche aussi exceptionnelle. Cela nécessite une sensibilisation et une mobilisation de tous », affirme-t-il.

Pour le ministre, notre pays connaît déjà une situation très difficile sur tous les plans notamment, le terrorisme en interne et en externe, les difficultés de la jeunesse face aux perspectives d’épanouissement personnel et professionnel, la dégradation de la situation économique et financière, les conflits intercommunautaires, les boycotts des élections présidentielles, entre autres.  « Nous nous sommes trouvés dans une crise dans la crise. Ce qui explique les imperfections, les défaillances et la lourdeur dans la mise en œuvre des programmes de l’exécutif. C’est ce qui cause l’impatience et irritation au sein de la population qui sont tout à fait compréhensible et légitime ». Il rajoute qu’une réflexion est en cours pour la mise en place d’un comité d’organisation du Dialogue inclusif. « Mais d’ores et déjà, nous avons enregistré des contributions individuelles ou organisées directement appréciables ou indirectement sur les différents médias », indique-t-il.

Les interventions musclées des responsables des médias

En résumé, les médias demandent d’un côté que les plus hautes autorités s’assument afin de mettre les choses à leur place. Associer de plus près la Presse dans le dialogue et ne pas la confiner à un simple rôle de couverture de l’évènement. Ils insistent en outre, sur la souveraineté et la nature inclusive du dialogue. Les questions de la protection et la sécurité des journalistes de l’accès aux sources d’informations sont relevées par la plupart de ceux qui ont pris la parole. D’autres estiment que le fait d’empêcher de toucher au fond du sujet préfigure de la nature du dialogue à venir. D’autres encore ont relevé la non-représentativité du Conseil national de transition (CNT) que les autorités de la transition entendent mettre en place. Pour certains responsables des médias, la Haute Autorité des médias audiovisuels (HAMA) est une institution qui a fait reculer la liberté de la presse. Elle est liberticide et supplée par moment à la justice. Ils notent aussi l’incohérence des actions du gouvernement de transition et se demandent si la transition de 18 mois a commencé ou pas. L’aide à la presse, la viabilité économique des médias ne sont pas perdues de vue dans les interventions. Les médias exigent qu’on définisse clairement le rôle et la place des médias dans le dialogue national inclusif à venir.

Selon M. Acheik Ibni-Oumar, certaines interventions sont de type syndical et relèvent des difficultés de la profession, d’autres concernent la gouvernance de l’État en général, les processus de la transition tels qu’il sont engagés (le pour et le contre) et les modalités appropriées pour engager le dialogue dans de bonnes conditions. D’après lui, un traitement différencié des suggestions sera fait. Des fiches seront aussi transmises aux autorités concernées dit-il. « Nous ne sommes pas un ministère de gestion. Nous sommes plutôt un ministère de mission. Donc nous n’avons pas la possibilité, la légitimité, ni les moyens pour répondre à toutes ces préoccupations. Certaines suggestions seront intégrées dans nos synthèses », précise le ministre. Pour le fond du sujet qui mécontente certains responsables des médias, Acheik Ibni-Oumar, justifie qu’ils ne l’ont pas voulu parce que le moment viendra pour en parler. Par exemple, on ne peut pas épuiser un échange sur le conflit intercommunautaire ou l’opposition armée en un petit temps, explique-t-il. « Notre objectif c’est de vous écouter. Nous sommes tous des citoyens et nous avons un cœur qui bat comme tout le monde. Chacun de nous a une sensibilité par rapport à tout ce qui se passe et brûle d’impatience de l’exprimer. Nous allons en faire meilleur usage de vos suggestions. Bientôt, nous mettrons en place des canaux d’échange à savoir, le site Internet, la page Facebook, les Emails », dit-il.

Moyalbaye Nadjasna

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