dimanche 26 septembre 2021

Axe N’Djaména-Guélendeng, une route dangereuse

Jui 19, 2021

Très facile de voyager il y a quelques années encore au Sud du Tchad. Aujourd’hui, c’est tout à fait le contraire, le voyage vers cette partie méridionale est difficile. La voie est dans un état de dégradation très avancée à partir de Ndjamena-Guelendeng et plus loin Bongor-Kelo. Ialtchad lors d’un déplacement effectué par son équipe à Sarh a fait ce constat. Reportage

Si les voyages interurbains sous d’autres cieux se passent dans le confort, au Tchad cela demeure un véritable parcours du combattant. Difficile de comprendre, pour 153 km, un bus voyageur fait 5heures de temps entre Ndjamena-Guelendeng. Dans le passé, lorsque la route est bonne, 1heure et 30 minutes suffisent pour parcourir le tronçon N’Djamena-Guelendeng.  Juste sur cette distance, plusieurs accidents sont enregistrés chaque année. La route ne tue pas, mais c’est nous qui nous tuons, dit un adage. L’état de dégradation avancé de cette route est le résultat du sous-investissement des autorités publiques.

Sur cette route, les véhicules se sont frayés des rues en terre battue départ et d’autres de la voie principale impraticable. L’emprunter est une véritable séance de gymnastique et d’acrobatie.  Les bus voyageurs ont de la peine de descendre sur la terre battue puis remonter sur le bitume à chaque fois. Tout le monde se plaint, chauffeurs et passagers. Le bus se transforme en tribunal antigouvernemental. Les tons sont graves et vindicatifs. Pour certains, le gouvernement fait exprès. Kemtobaye Kossadinan est passager du bus de l’agence Kingui, très fâché, il raconte : « vous savez, la question des routes sont politisées. Aujourd’hui, c’est l’esprit géopolitique qui anime les autorités tchadiennes. Chacun estime qu’il faut plutôt se tourner vers sa région que d’investir dans une autre. Or, la route est un gage de développement. » Masra Rimtebaye va à Sarh. Il est désolé de constater que cet axe est négligé par la faute des gouvernants. « Écoutez, les routes qui se dégradent sont dues à la négligence des autorités. Elles ne se soucient même pas de leur population. Tout ce qui les intéresse c’est leur intérêt égoïste. Sinon comment comprendre que ce tronçon N’Djamena-Guélendeng reste jusque-là dans cet état », dit-il.

« Des recettes des péages qui ne servent à rien… »

Disons-nous les choses clairement, l’État tchadien est défaillant à plusieurs niveaux, déclare Taroumta Céline, une passagère. « Les gens nous font croire que les 500 F CFA, collectés aller-retour sur les véhicules devraient permettre d’entretenir les routes. C’est du bluff. Cet argent n’est même pas reversé au trésor public. C’est une vache à lait », s’insurge-t-elle. Un autre passager Ndomassal Clément estime que, « le ministère des Infrastructures devrait aussitôt arranger les routes dès qu’un nid de poule est constaté. Cela permettra d’éviter les dégradations avancées. On peut dire que les recettes des péages ne servent à rien. Et les cas des accidents sont imputables à l’État tchadien gestionnaire des routes », dit-il.

Le chauffeur du bus demande à parler sous le sceau de l’anonymat. Pour lui, la plupart des accidents sur cette voie sont dus en grande partie à l’état impraticable de la route. « Je vous dis que c’est difficile de manœuvrer un gros bus sur une route délabrée surtout au niveau de Ndjamena-Guelendeng et Bongor-Kelo. C’est pratiquement 1000 km pour arriver à Sarh. Nos bus prennent beaucoup de coups sur ce tronçon, mais on n’a pas de choix. Nous ne sommes que des chauffeurs, on rend compte de l’état de la route aux responsables d’agence de voyages. Il leur revient à eux de plaider auprès des autorités pour retravailler cette route », affirme-t-il.

Par rapport aux années dernières, il faut noter que des efforts sont en train d’être faits par le ministère des Infrastructures. L’intervalle du tronçon entre Guélendeng et Bongor est quasiment refait. Il ne reste qu’une vingtaine de kilomètres pour l’achever. Toutefois, le problème reste entier lorsqu’il faut 5 heures pour aller de N’Djamena à Guelendeng, villes distantes de 153Km.

Moyalbaye Nadjasna

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