samedi 12 juin 2021

Recyclage, les autres vies de vos vieux pneus

Mai 26, 2021

Le recyclage des pneus usagés est un secteur d’activité très peu connu. Les artisans tchadiens font un formidable travail de transformation en redonnant une vie utile aux pneus contribuant ainsi à améliorer sans le savoir l’environnement. Ialtchad Presse vous amène à la découverte d’une des activités des artisans qui recyclent ces pneus usés en des pièces de rechange pour moto et véhicule ou en sandalette. Reportage.

Dembé, dans le 6e arrondissement de N’Djamena. Du côté du carré Bulldo, derrière le gouvernorat et la Caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT), Brahim Abdoulaye est installé dans son atelier. Il est en train de limer une pièce de rechange fabriquée localement. Juste en face de lui, son client l’attend. La livraison faite, Brahim est disponible. Et top chrono le reportage sur son activité démarre.

Le quartier Bulldo, diminutif de bulldozer, est le quartier général des fabricants des pièces de rechange locales à base des pneus usés. Tout le long du mur du gouvernorat et de la CNRT, il n’y a que leurs ateliers.

Il y a deux ans que Brahim Abdoulaye a ouvert cet atelier de fabrique de ces pièces de rechange locales de moto et de véhicule. Plus précisément des pièces qui ne concernent que la roue. « Le plus souvent, j’achète les pneus chez des garagistes », dit-il. Le prix varie selon l’état et la taille des pneus : 7 500, 10 000, 15 000F, etc.

Pour se procurer des pneus, Brahim et son coassocié se permutent à l’atelier. Un jour, l’un va faire le tour des garages pendant que l’autre travaille à la fabrique. Ainsi de suite. Pour éviter des ruptures et faire face à la concurrence, les associés s’approvisionnent en quantité et selon leurs moyens.

Un travail simple, mais méthodique

Pour transformer ces mastodontes de pneus en de petites pièces détachées, Brahim Abdoulaye n’a besoin que des couteaux fabriqués artisanalement, des marteaux, de tournevis et de l’eau mélangée avec du détergent. « Ce n’est qu’avec ces matériels que je travaille », confie-t-il. Et le travail semble être facile pour celui qui redonne vie aux pneus. Il suffit qu’il trempe le bout du couteau dans l’eau composée, et le pneu cède facilement sous son action. Surprenant en le voyant à l’œuvre.

Quand le pneu est acheté, le fabricant enlève d’abord les fers qui s’y trouvent. Ce qui peut être utilisé pour la fabrication des fourneaux. Ensuite, le chef d’œuvre découpe le pneu selon le besoin. Avant de le modeler selon la commande. « On ne fabrique que des joints (sourambloc) pour les roues. Il suffit d’apporter le modèle et on s’y met », fait-il savoir.

D’après cet artisan, ces pièces de rechange locales sont plus sollicitées que celles originales. « Nous vendons moins cher et, en plus elles sont plus durables », vante-t-il la qualité de ses produits. Leurs clients favoris sont des mécaniciens et des vendeurs détaillants des pièces détachées. « On vend quatre joints pour la moto à 750 ou 1 000F ; pour les véhicules, un à 1 000, 1 500F », renseigne-t-il.

À côté des pièces de rechange, Brahim fabrique aussi des chaussures faites à base des pneus. Localement ces babouches sont appelées « moutt  khali », littéralement « il te survivra » Ces sandalettes tout terrain se vendent à 750F pièce.

Évoluant dans l’informel, Brahim dit payer régulièrement des droits à la mairie. « Chaque mois je verse des droits à la commune », dit l’artisan à l’agilité enviable. Combien il paie à la mairie ? Il refuse d’en dire plus.

Christian Allahadjim
Allarassem Djimrangar

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