samedi 12 juin 2021

Pour une carte mémoire, un père séquestre et torture son fils

Mar 25, 2021

Aziz Adoum est un enfant de 10 ans. Il est victime des sévices corporels infligés par son père. La scène s’est déroulée durant 72 heures du vendredi 19 au dimanche 21 mars à N’Djamena, capitale du Tchad. Traumatisé par ses sévices, l’enfant a profité d’un moment d’inattention pour s’évader de chez son papa tard dans la nuit. Il est conduit par un bon samaritain chez une de ses parentes maternelles. Sa mère témoigne.

Des plaies, des enflures au dos et sur la tête sont les sévices subis par Aziz, un petit garçon de 10 ans, indique sa mère sous couvert de l’anonymat. Une torture infligée par son père, un homme habitant à N’Djamena, a-t-elle précisé. Selon elle, cette pratique dégradante s’est déroulée pendant 72 heures : « L’enfant aurait été faussement accusé par sa demi-sœur d’avoir volé sa carte mémoire dans sa voiture. Voilà la cause de la maltraitance de mon fils », dit-elle. Elle rajoute que cette dernière a frappé l’enfant, mais cela n’a pas suffi. Elle informe son père. Le papa sans vérifier la véracité des faits, frappe à son tour le petit garçon, affirme la mère d’Aziz. Elle poursuit son témoignage en affirmant que tard dans la nuit, alors que l’enfant dormait, le père est revenu pour tenter de l’étrangler, l’a battu à coups de chicottes et l’a mordu au dos.

Le Samedi 20 Mars, le supplice continue mais dans la journée seulement.

Dimanche 21 mars. L’enfant entend sa grande sœur confier à quelqu’un qu’elle aurait retrouvé la carte mémoire dans la même voiture, « lorsque ses informations nous ont été rapportées, la tante maternelle a appelé le père pour lui dire, qu’il n’est pas interdit de corriger un enfant. Mais le torturer, le mordre et l’étrangler c’est cruel ».

Selon la mère d’Aziz, le père tout furieux que l’enfant l’ai dénoncé et a informé son entourage avoir subi des sévices corporels, il recommence de plus belle et cette fois, en utilisant la manche de son pistolet pour frapper l’enfant. A minuit, l’enfant s’est enfui. « Dieu merci, il est tombé sur un bon samaritain qui l’a conduit chez sa tante. Pas content de la fuite de l’enfant, le papa appelle la tante et lui dit : il s’est enfui après que je l’ai corrigé encore et aller le chercher car je ne serais pas responsable de ce qui pourrais lui arriver », dit-elle.

Fâchée, la mère d’Aziz raconte « j’étais choquée en tant que mère. Un père qui va jusqu’à mordre son enfant, c’est plus que la haine. Mon enfant est victime de la folie de son papa. On s’est séparé il y a plus de 8 ans, il n’a jamais accepté cette séparation. Maintenant il se venge en maltraitant mes enfants ». Pour elle, le monsieur a demandé la garde des enfants, lorsque cette dernière s’est remarié et a obtenu la garde de ses enfants seulement en 2019. Et en moins de 2 ans, il les maltraite. Elle soutient que son garçon est certes turbulent, mais la correction infligée par son père à cause d’une carte mémoire est disproportionnée. Elle dit être effarée qu’un père puisse faire une telle chose à son enfant. D’après elle, ce monsieur déverse la haine qu’il a envers elle sur son fils.  « J’ai deux enfants avec ce monsieur. J’ai peur pour leur avenir. Je veux que justice soit faite. Les enfants ont des droits. On ne peut pas les torturer comme ça. Je suis une mère et je ne peux pas me taire et accepter une chose pareille ». Elle rajoute que les enfants sont des imitateurs. Elle a peur que ses deux fils ne copient négativement leur père pour le reproduire, adultes, dans leur propre famille.

C’est dommage déplore-t-elle, c’est un homme qui est censé éduquer, informer et de sensibiliser les citoyens sur de tels actes. Il est en déphasage, « mon enfant vit présentement avec nous. Il est en sécurité mais traumatisé ».

Affaire à suivre….

Moyalbaye Nadjasna

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