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Lycée de Walia, cours suspendus pour bavure policière

Fév 22, 2021

Suite à un communiqué de presse signé par la Cellule SET de Walia, le 17 février, les activités pédagogiques au lycée et collège de Walia sont suspendues. Objectif, libération immédiate et sans condition des élevés, enseignants et responsables de cet établissement public arrêtés par la police, le 15 février passé. Selon janvier Adamou secrétaire général cette suspension, compte du jeudi, 18 au samedi 20 février. Ialtchad Presse est allé s’imprégner de la réalité du terrain. Reportage.

Lycée et collège de Walia, il est 11 heures passées. Un silence cimetière règne dans la cour. Tout est suspendu, cours et activités pédagogiques du jeudi 18 au samedi 20 février. Et les autorités administratives et la cellule des Syndicats des enseignants tchadiens de Walia ont tour à tour arrêté leurs activités. Selon le communiqué de presse de la cellule, c’est suite à la bavure policière du 15 février lors d’une manifestation qui ne concernait en rien les élèves. Pour le signataire, janvier Adamou, secrétaire général, les forces de l’ordre ont tiré de lacrymogène dans la cour du lycée, saccagé les salles et bureaux, bastonnés, arrêté et humilié les enseignants et le personnel administratif de l’établissement. « La cellule du SET demande aux autorités compétentes de protéger les enseignants de cet établissement dans l’exercice de leur fonction. Elle se réserve le droit d’engager les actions de grande envergure », conclut le communiqué.

Pour Beakba Gabgaroua, proviseur du lycée de Walia, tous les élèves étaient dans leurs salles en train de faire cour ce lundi 15 février. Du coup dit-il, aux environ de huit heures, un groupe d’individus marche le long de la grande voie en face de leur établissement. « Ils commencent à brûler les pneus et la police intervient pour les disperser à coup des gaz lacrymogènes. Une partie des gaz tombe dans la cour du lycée. Stupéfaits, les élèves sortent de leurs classes en débandade », explique-t-il. Selon lui, paniqués certains élèves ont escaladé les murs, ceux qui ont de malaise respiratoire ils se sont réfugiés dans le bâtiment de l’administration et d’autres encore dans les toilettes. Un moment après, témoigne-t-il, la police investit la cour et leur demande de leur livrer les élèves qui gémissent. « Nous nous sommes opposés en leur expliquant que nos élèves ne sont pas des manifestants. Ils ont seulement pris peur et ils sont sortis de leurs classes. Du coup, on nous brutalise devant nos élèves et nous embarque », confie le proviseur.

Pertes des heures, plus grande inquiétude !

Beakba Gabgaroua, de poursuivre que les forces de l’ordre leur demandent pourquoi pousse-ils les élèves à manifester ? Réponse : « Nous sommes des agents de l’État et par conséquent, nous ne formons pas des délinquants », dit-il. D’après le proviseur, ils ont arrêté les élèves filles et garçons puis, sur-le-champ, les filles ont été libérées. Mais les garçons jusqu’aujourd’hui, personne ne sait s’ils sont libérés ou pas, note-t-il. « Pour des raisons d’accalmie, les autorités administratives ont suspendu les cours mardi et mercredi et normalement nous devons reprendre jeudi passé. Mécontent, de la bavure policière, le syndicat suspend lui aussi les activités pédagogiques jusqu’au samedi », précise le proviseur.

Selon le 1er administrateur du lycée de Walia, il y a eu déjà une longue grève et le lendemain, un tel événement c’est bien dommage ! « Ce n’est pas un bon signe pour une éducation de qualité. C’est une perte des heures », déplore-t-il d’un air frustré. Il plaide pour que les cours reprennent le plutôt que possible, ce lundi comme prévu, afin de rattraper le temps perdu.

Moyalbaye Nadjasna