dimanche 13 juin 2021

Enfants « recycleurs des bouteilles » et les risques

Déc 27, 2020

Le recyclage des objets, et surtout des bouteilles, est devenu une activité lucrative pour des jeunes démunis. Et cela n’est pas sans risque. Reportage.

Un métier comme tant d'autres. Le recyclage des objets est devenu un métier qui se pratique un peu partout au Tchad. A N’Djamena, la capitale tchadienne, certains jeunes ont fait leur gagne-pain en dépit des risques liés à la santé.

Âge moyen 17 ans, ces jeunes fouillent chaque jour les poubelles publiques, les bars, les marchés, les décharges illégales à la recherche des bouteilles. Un grand sac au dos et un panier à la main, ces jeunes fouineurs des poubelles sont en majorité des enfants appelés communément « les enfants de rue ».

Cédric est un de ces enfants. Il sillonne la ville depuis son jeune âge. « J'ai quitté la famille très tôt. Pour subvenir à mes besoins, je suis obligé de faire une activité et j'ai choisi celle de recyclage des bouteilles », explique-t-il.  Dès 5h, Cédric commence à fouiller. Pour avoir plus des bouteilles, « je sors très tôt pour faire le tour. Comme nous sommes nombreux à fouiller les poubelles, je me donne plus de chance en étant parmi les premiers à être sur place ».

Sur les dépotoirs publics, ils ramassent toutes sortes de bouteilles. En plastique ou en verre. Mahamat est comme Cédric, recycleur. « Je ne fais pas la distinction. Je ramasse tout ce que je trouve », fait-il savoir. C’est une fois, au lavage que le tri se fait. Les bouteilles déformées sont reformées grâce à la pompe à air pour leur redonner leur forme d’antan.

Après la collecte, c’est l’étape de lavage. Certains se rendent au fleuve, d'autres préfèrent se retrouver dans un coin de la ville. « Une fois que mon sac est plein, je me rends au fleuve pour laver mes bouteilles. Là-bas je ne paie pas l'eau. J'ai juste besoin du savon détergent », affirme-t-il.

Les clients sont exigeants, d'après Mahamat. Il faut prendre son temps pour bien laver. Les bouteilles sont vendues aux marchés, aux petits restaurants, dans les boutiques. Ces bouteilles ont une nouvelle vie. Elles sont réutilisées comme contenant d'huile, d'eau fraîche, les jus, les yaourts. « Quand j’ai fini mon lavage, je les vends. J’ai mes clients. Certains achètent en gros pour pouvoir revendre, d'autres prennent juste pour leurs besoins », dit Ali.

Madame Fatimé exerce ce commerce depuis bien de temps. Elle est grossiste, « je suis grossiste depuis longtemps. Je prends en gros et je revends à mon tour ». Elle affirme ne pas faire une marge bénéficiaire énorme, mais raisonnable.

Solange, vendeuse d'eau et jus d'oseille, « j’achète chaque jour les bouteilles. Chez mon fournisseur. Un enfant de la rue. Le prix est acceptable. 2 petites bouteilles à 25 FCFA, mais au marché, c’est cher. Une bouteille à 25 FCFA », relève-t-elle. Pour être sûre de la propreté, madame Solange dit qu'elle relave avec de l'eau tiède plus du détergent avant de les réutiliser.

Récupérer après l'usage est une bonne action. Cela évite la pollution de l'air et protéger l'environnement, mais la pratique de lavage après avoir collecté laisse à désirer.

Pour Oueye Noël, étudiant en 6e année de Médecine et stagiaire à l’hôpital général de référence nationale, cette pratique comporte assez de risques sanitaires. Car ces bouteilles ramassées dans des endroits très sales (caniveaux, ordures...) et non désinfectés pourraient contenir des microbes qui peuvent occasionner des maladies. Pour des raisons de santé publique, M. Oueye Noel, conseille à ces jeunes de laver ces bouteilles avec un détergent et les désinfecter avec l'eau de javel avant de les revendre.

Oueye Noël demande aux recycleurs de ramasser des bouteilles dans des endroits salubres (magasins, boutiques...) ou à l'occasion des cérémonies. Et de bien les laver et les désinfecter pour éviter aux consommateurs d’éventuelles maladies.

Il est également important que la population soit éduquée pour ne pas jeter les bouteilles partout, car jetées dans la nature, ces bouteilles polluent l'environnement, explique-t-il.

Orthom L’Or

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