dimanche 13 juin 2021

Les N’Djamenois parlent du silence des radio privées

Déc 02, 2020

Les radios privées de N’Djamena, capitale tchadienne ont décidé une journée sans informations le 1er décembre. C’est à la suite des arrestations des journalistes de la presse privée et des atteintes à la liberté d’expression constatée ce dernier temps. Ialtchad Presse est allé recueillir la réaction des citoyens. Reportage

N’Djamena, capitale du Tchad. Avenue Kabalaye. Il est 11h locales. Une heure où la circulation est dense. Et les vrombissements des moteurs font mal aux tympans. MM. Alladoumbaye Alain et Nannadoumadji Kodalta sont assis devant leur lieu de service dans le 3e arrondissement. Ils font la « causette ». Lorsqu’on les approche d’eux, grande surprise, leur conversation porte sur la journée sans radios des radios privées. « Vous tombez à pique », disent-ils. Selon Alladoumbaye Alain, la journée sans radios privées c’est pour montrer que les radios privées ne sont pas là pour faire entretenir la haine. « Elles donnent la voix des sans voix qui disent ce qu’ils ne peuvent pas dire ailleurs. Ce n’est pas une question politique. Mais ils n’ont pas d’autres possibilités de se faire entendre. C’est le jeu de la démocratie et de la Liberté », a-t-il confié.

Pour son compagnon Nannadoumadji Kodalta, ce que la police a fait à FM Libertés est une atteinte à la liberté d’expression. Selon lui, ce sont ces radios qui les informent sur beaucoup de sujets, surtout sur le vivre-ensemble. « Cette privation de liberté est injuste. Les radios privées ont raison de se faire entend. C’est pour attirer l’attention des autorités par rapport à la promesse du président Deby Itno de 1990. Il disait qu’il n’offrait ni or ni argent à la population, mais la démocratie et la liberté », affirme-t-il. Il estime que le Président de la République serait en train de suivre ce qui se passe. « Même si on n’a pas à manger au moins qu’on s’exprime en toute liberté, car nous sommes en démocratie », s’exclame-t-il.

Pour Mbaidang Balthazar, ce qui s’est passé est indigne. « La dernière fois devant la radio FM Liberté, la voie publique était bloquée par la police. Et cela allait occasionner même des accidents. Comment dans un pays dit démocratique les choses se passent de cette manière ? Nous les jeunes, nous écoutons plus les radios privées. Le gouvernement doit respecter de la liberté d’expression pour la cohésion sociale », dit-il. Pour lui, les journalistes sont là pour montrer ce qui ne marche pas aussi pour corriger les choses. 

Laisser les journalistes faire leur travail…

Un autre, M. Mamramadji Gabriel affirme que la radio FM liberté lui manque. « Je ne rate pas l’émission ‘’choc des idées’’ et le journal de 19h. Il faut que le gouvernement laisse les journalistes du privé faire librement leur travail. Nous sommes en démocratie. Nous avons besoin des informations vraies et vérifiées. Pas de la propagande », souligne-t-il avec force. Daouda Gombo Mahamat se dit désolé pour ce qui se passe. « Depuis hier, je suis sous informé. J’ai l’habitude de suivre les informations de Dja FM, Arc-en-ciel, FM Liberté. Il faut qu’elles reprennent vite pour nous informer », regrette Gabriel.

Pour Abdarazak Haroun, depuis hier sur les antennes de FM Liberté et des autres radios privées pas d’informations. Il n’y a que la musique. Selon lui, il recoupe toujours les informations grâce aux journaux parlés de radio la FM Liberté et Dja-FM. « Cela me fait mal de rester sans informations. Je suis un auditeur fidèle de ces deux radios ».

Pour lui, l’article 27 de la constitution tchadienne dit, « Les libertés d'opinion et d'expression, de communication, de conscience, de religion, de presse, d'association, de réunion, de circulation, de manifestations et de cortèges sont garanties à tous. Elles ne peuvent être limitées que par le respect des libertés et des droits d'autrui et par l'impératif de sauvegarder l'ordre public et les bonnes mœurs. La loi détermine les conditions de l'exercice ». La liberté d’expression est une loi constitutionnelle. Il faut laisser les journalistes tranquilles, conclut-il.

Moyalbaye Nadjasna

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