samedi 25 septembre 2021

Harmattan fait monter les prix des blousons

Nov 12, 2020

Le début du mois de novembre marque la période de fraîcheur au Tchad. Dans les marchés de la capitale, N’Djamena, les prix de vente des blousons et pulls grimpent vertigineusement. Reportage.

10h30 mn. Après la salubrité du samedi, à l'entrée nord du grand marché « Soukh Kabir » de N’Djamena, les commerçants s'agitent pour étaler leurs marchandises. À cause de la salubrité décrétée chaque samedi par la Mairie de la ville de N’Djamena, les marchés et les boutiques ouvrent à 10 heures seulement. Un peu plus loin, du côté ouest chez les vendeurs des friperies, on discute entre clients et vendeurs.

Ali est un commerçant des friperies. Il vient de déballer quatre ballots d’habits. Sur les quatre, trois sont uniquement pour les blousons et les pulls. Il explique que c’est la période et ces types de vêtements sont les plus sollicités. Femmes, hommes, et jeunes entourent son étal. D'un air joyeux, il fait la publicité pour attirer plus de clientèles, il vend à la criée « le froid arrive, venez chercher les habits pour vos enfants et pour vous, vous ne les trouverez pas demain. »

Prix en hausse

Les clients cherchent parmi les montagnes de blousons pour tirer le bon choix. Après avoir choisi, ils discutent le prix. Les clients crient à l’inflation des prix. « Il ne fait pas encore vraiment froid, mais le prix des blousons est très élevé », dit une mère. « Pour un enfant de 2 ans, le vendeur me dit, le dernier prix est à 2 500f. J'ai trois enfants de 2 à 10 ans, il me faut au moins 10 000f pour avoir leurs blousons. Je n'ai pas cette somme alors je laisse tomber », explique une mère de trois enfants rencontrées au marché.

Djabo Remy, un père de famille, est l'un des clients de M. Youssouf, vendeur des blousons au marché central. « J'ai deux petits garçons, l'aîné part à l'école et le petit a 1 an et demi. Pour cette période, je dois les habiller chaud ». Mais s'inquiète-t-il, « le prix est vraiment élevé, j'ai prévu acheter 4 blousons pour eux, mais là je n’ai pris que 2. Ça m'a coûté 6 000 f. »

Certains clients s’emportent à cause des prix « c'est toujours comme ça avec les commerçants. Ils sont prêts à profiter d'une occasion et comme ils savent que les clients sont dans le besoin, et qu’ils sont obligés d'acheter malgré le prix. Ce sont les profiteurs ». D’autres s’aventurent dans d’autres marchés de la ville. « Le grand marché est pour les riches. Moi j'irai voir ailleurs. Le prix n'est vraiment pas abordable ici », dit une jeune mère.

12h15mn. Marché de Dembé, dans le 6e arrondissement de N’Djamena. C'est un marché populaire très fréquenté. Dans les allées des vendeurs des blousons, il y'a un attroupement devant une boutique. Dans ce couloir, l’ambiance bon enfant y règne. Jeunes comme vieux fouillent dans le ballot des habilles. Dans le souci de faire un bon choix les demande l'avis des autres, « s’il te plaît madame, est-ce que mon choix est bien ? Est-ce qu'un enfant de tel à tel âge peut porter ? » Ce sont les questions que les clients se posent.

Après le choix, c’est l'étape de la discussion du prix au commerçant. Hamadou demande les prix de ces choix. Dans un visage serré, le commerçant lui communique les prix. Étonné par la hausse du prix, Hamadou réagit aussitôt « c'est parce qu'il commence à faire froid. C'est quoi le problème ? ». Déterminé à acheter, il discute longtemps avec le vendeur et pour finir, ce dernier a demandé à Hamadou d'aller voir ailleurs. « Pour trois blousons, j'ai dit 5 000f et il me dit d'aller voir ailleurs.  Je viens tenter ma chance dans d'autres boutiques ».

À côté de Hamadou, un père de 6 enfants dit n’avoir pas d’autres choix que d’acheter ces blousons. Il explique qu’il avait remis 10 000f à sa femme pour l’achat de ces habits contre le froid. Malheureusement madame est rentrée les bras ballants disant que le budget était insuffisant. « Je ne l’ai pas crue. C’est pourquoi, je suis venu au marché moi-même pour constater je suis face à la réalité. J'ai utilisé 15 000f pour avoir 6 blousons pour mes enfants », dit-il.

Comment se protéger du froid ?

Selon Dr Madjimbaye Todjimngar Séverin, coordonnateur à la Clinique La Melina, le froid est défini comme une baisse de la température ou absence de la chaleur. Toujours selon lui, ce phénomène naturel a son côté positif et négatif. 

Selon Dr Séverin, le côté positif ce que le froid aide à mieux dormir, à améliorer la circulation sanguine, à réduire la douleur dans le corps. Le côté négatif, Dr ce que le froid expose à des pathologies virales d’origine respiratoire. Il conseille aux personnes âgées différentes astuces naturelles qui consistent à : se couvrir tout le corps avec de préférence des habits en coton, porter des bonnets, des gants et des chaussettes. Il conseille également de s’hydrater suffisamment avec des boissons tièdes telles que les tisanes au détriment des jus de fruits. Pour Dr Séverin le sport est un bon moyen pour lutter contre le froid. La nuit, précise Dr Séverin, il est un impératif de bien fermer les portes et les fenêtres ainsi que tout trou pouvant permettre à l’air de pénétrer dans la chambre. L’utilisation des crèmes hydratantes empêche la pénétration du froid par les pores, dit-il. À ceux qui ont des enfants, Dr Séverin leur conseille d’appliquer des menthes à l’entrée des fosses nasales pour les empêcher d’inhaler de l’air frais. Mais également de les laver un peu tôt avec de l’eau tiède.

Pour les personnes vivant avec des maladies respiratoires, Dr Séverin leur demande de renforcer leur système immunitaire en buvant des tisanes et des boissons tièdes accompagnées de citron. Mais aussi de bien se couvrir le corps.

Christian Allahdjim
Orthom L’Or

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