samedi 25 septembre 2021

Au lendemain du forum, les leaders religieux parlent

Nov 04, 2020

Le 2e forum national inclusif tenu du 29 octobre au 1er novembre 2020 est terminé. Des débats ont eu lieu. Des résolutions et des recommandations ont été adoptées. Ialtchad Presse a échangé, au lendemain du forum, avec les leaders religieux. Reportage.

Le Tchad a 3 grandes organisations confessionnelles. Pour les musulmans, le Conseil Supérieur des Affaires Islamiques (CSAI) joue le rôle d’autorité morale. Les chrétiens catholiques sont représentés par l’Archidiocèse. Pour les chrétiens protestants, il y a l’Entente des Églises et les Missions Evangéliques du Tchad (EEMET). Ces organisations jouent auprès du gouvernement le rôle de consolidateurs de la paix et de la cohésion sociale. Ils y ont activement participé aux travaux du forum.

Serment confessionnel

Selon le Coordonnateur de département Éthique et Justice de l’EEMET, Pasteur Dogos Victor, il faut remercier les hautes autorités pour avoir pensé à organiser ce 2e forum national inclusif. Pour lui, ce forum est l’exaucement de leurs prières adressées à Dieu. Pour le pasteur, jurer sur la Bible est contraire à la recommandation biblique. « En tant que chrétiens, nous avons notre ligne de conduite. Ce serment confessionnel, instauré précisément le 20 avril 2018, est contraire à notre doctrine religieuse. », dit le pasteur.

Il affirme qu’à l’époque, le secrétaire général de l’EEMET en accord avec le président de l’Alliance des églises pentecôtistes ont écrit au bureau du président de parlement pour demander le retrait du ce serment. « Il porte atteinte à notre foi parce que c’est dit très clairement dans la Bible (Matthieu 5/37) de ne pas jurer par le ciel parce que c’est le trône de Dieu ni par la terre ni par aucune autre représentation. Que votre oui soit oui et votre non soit non de façon claire. Cette lettre était restée sans suite », dit le Pasteur Dogos Victor.

Pour marquer le désaccord, le Secrétaire Général de l’EEMET Rev. Pasteur, Batein Kaligue, a écrit une lettre pastorale à toutes les églises pour dire que le serment ne rime pas avec les recommandations bibliques. Et que les chrétiens doivent accepter toutes les responsabilités, mais de refuser de prêter serment tout en refusant de démissionner. A l’époque estime-t-il, l’EEMET les leaders protestants ont demander une rencontre avec le Président de la République afin d’évoquer le sujet. Cela n’a pas été possible. « Aujourd’hui, la suppression du serment confessionnel est la réponse de Dieu à nos prières. Nous sommes joyeux et reconnaissants à Dieu », s’est-il réjoui. Pour l’EEMET, c’est peut-être par ignorance que le 1er forum a instauré le serment confessionnel, mais le débat est désormais clos.

Selon Abdadayim Abdoulaye Ousman, Secrétaire Général du CSAI, le serment confessionnel n’est pas venu des religieux. C’est retiré et c’est une bonne chose.  Mais ce qu’on veut des autorités déclare le SG, c’est d’avoir la foi et de changer le comportement. « Dieu nous observe et nous surveille, si nous ne le voyons pas Lui nous voit. Il faut vivre dans la crainte d’Allah, si Allah est dans notre cœur nous ne devons pas faire de bêtises », dit le SG. Pour lui, le forum a débattu de plusieurs thèmes : le régime politique, le réaménagement des grandes institutions, le régime parlementaire, et les reformes en vue de la conciliation, de la paix etc. Ce qui l’a marqué ce sont les participants. Ils ont, dit-il, débattu en toute fraternité. En 1993, rappelle-t-il, lors de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), les Tchadiens de l’extérieur et de l’intérieur ont tenu des débats très chauds en s’accusant de tous les noms d’oiseau, parce qu’il y a un changement de régime. « Plus de 300 personnes, la moitié des participants a pris la parole, ce forum est à 80% une réussite. Ce qui m’a marqué c’est l’entente entre l’opposition et la majorité présidentielle. Je dis, les Tchadiens ont grandi et sont capables de conduire leur pays sans ingérence de quelque, manière que ça soit. », dit-il.

La paix

Le SG estime pour sa part que la politique de notre pays concerne tout le monde y compris les religieux. « Certains estiment que nous ne devrons pas nous impliquer. Il faut que cela soit clair. Lorsque nous participons à des forums, conférences, nous ne nous impliquons pas dans la politique. Nous sommes des hommes de foi. Nous participons à la consolidation de la paix et la cohésion sociale », dit-il.

Pour le CSAI, les religieux sont dans leur rôle. Ils ont été par exemple plusieurs fois des médiateurs entre les syndicats et le gouvernement. Toujours selon le SG, les religieux sont de nos jours des intellectuels il ne faut pas qu’on les prenne pour des analphabètes. Nous sommes exemplaires, affirme le SG du CSAI. « Sans la paix, il n’y a pas la vie, le développement et la liberté d’aller et venir. Nous sommes contre toute personne qui voudra détruire l’unité du Tchad. On va le combattre parce qu’il veut détruire nos vies », a signifié Abdadayim Abdoulaye Ousman. »

À propos du code de la famille il affirme que le CSAI se réserve sur 93 points, « les Tchadiens n’ont pas suffisamment lu ce Code. On ne peut pas coudre un boubou de 1.50 m à quelqu’un qui a 1. 20 m. Le code ne s’impose pas, on ne le rejette pas non plus, mais il faut que ce Code soit consensuel », conclut-il

Ialtchad Presse n’a pas pu recueillir les impressions du leader religieux catholique pour des raisons d’agenda.

Moyalbaye Nadjasna

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