jeudi 16 septembre 2021

Le fleuve Chari déborde et fait des victimes

Oct 31, 2020

A peine la saison de pluie est finie que le fleuve Chari déborde sort de son lit. Les habitants des quartiers Walia et Toukra dans le 9e arrondissement de N’Djamena, capitale tchadienne sont victimes du débordement fulgurant des eaux du Chari. Reportage.

Le fleuve Chari a débordé. Il a vomi ses eaux sur certains riverains. Tous les autres sont inquiets. Ce n’est pas tous les carrés des quartiers Walia et Toukra qui sont touchés. Il suffit d’être sur les deux ponts pour voir une étendue d’eau à perte de vue.  Ici au quartier Ngomna où nous nous sommes rendus, certaines concessions sont sous les eaux, des maisons se sont écroulées sous la pression du fleuve.

Dans une maison non loin de chez le chef de carré 5, cinq chambres construites en banco se sont écroulées. Les victimes ont récupéré les morceaux de tôles pour se bâtir un abri de fortune. « Les hippopotames et les serpents nous menacent chaque nuit », dit Hervé Baloua. Il ne sait pas où aller. « Je suis chômeur, il y a plusieurs personnes comme moi. Nous ne pouvons pas louer. Nous demandons aux ONGS et les personnes de bonnes volontés de ne pas nous oublier. Dans ce carré, il y a beaucoup de veuves et des orphelins voire des retraités. C’est difficile. », dit-il.

Selon Ngarlem Mougata, chef de carré 5 de Ngomnan malade et couché, sa zone était épargnée même pendant la période de fortes pluies et des inondations de cette année. « C’est un cauchemar. C’est depuis 4 semaines que le fleuve Chari nous inquiète. En saison pluvieuse, nous n’avons pas eu de difficultés. L’eau a coulé directement dans le grand Bouta. Mais avec la montée du Logone et du Chari, l’eau s’est déversée sur nous.  Depuis 3 semaines, nos jeunes gens ne dorment pas la nuit », dit le chef sur un ton de dépit.

Ngarlem Mougata affirme que lorsque l’eau se fraie un chemin, les jeunes accourent avec des sacs remplis de terres pour construire des barrages de fortunes. Les résidents demandent assistance aux autorités communales qui les ont aidés avec seulement 80 sacs de sable. « Heureusement une ONG de la place nous a donné 150 sacs, 2 brouettes et 3 pelles. Cela a permis aux jeunes de faire un travail impeccable, mais nous sommes toujours inquiets. Nous redemandons à la mairie centrale sinon aux plus hautes autorités de nous venir en aide, nous sommes dépassés. »

Un site aux sinistrés

Madame la maire 1er Adjoint de la commune du 9e arrondissement affirme que depuis que l’eau a commencé à reprendre son lit, la mairie suit l’évolution de l’eau. « Comme vous le voyez, c’est un phénomène naturel. Le maire est à nos côtés matin et soir. Il est entrain de lutter pour mobiliser le gouverneur et des organismes qui sont ici au Tchad. Les gens sont descendus sur le terrain pour faire le constat, mais le constat est amer. » Pour elle, la commune a mis à la disposition de la population des sacs, des terres, des personnes ressources, etc. « C’est horrible à tel point que nous ne pourrons rien en cette période. Toute dépend de la volonté de Dieu et Il pourvoira. La commune seule ne pourra rien. Nos cris d’alarme ont fait échos partout et nous osons croire que dans les jours à venir, le gouvernement prendra des mesures », poursuit-elle. Pour elle, ils sont auprès de leur population. Au quartier Ngoumnan, explique-t-elle, même le curé à retrousser les manches pour aider la population, il est exemplaire, conclut-elle.

Quelques sinistrés regroupés déjà sur un site non aménagé en face de la commune sont en train d’être enregistrés par les agents communaux. Une opération qui va permettre d’avoir dans les jours à venir le nombre exact des sinistrés.

Moyalbaye Nadjasna

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