samedi 25 septembre 2021

Lycée Habbena : inondation, désertion et reprise

Oct 22, 2020

En dépit de l’inondation de sa cour, le Lycée de Habbena se prépare pour la rentrée scolaire 2020-2021. Reportage.

10 heures 42 minutes. Le ciel dégage un air frais en cette matinée du lundi 12 octobre. Dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena, au quartier Habbena, se dresse le Lycée public d’Habbena. Deux bâtiments d’un niveau chacun. Il y a près de 2 mois, l’accès à la cour de cet établissement était impossible à la suite des inondations. La situation n’est plus la même aujourd’hui. Grâce aux digues faites de remblais, l’accès à l’administration et aux salles de classe est possible. Le Lycée reprend vie.

Élèves et parents se bousculent pour les inscriptions, réinscriptions, retrait de changement d’établissement et autres pièces académiques. Dans la pièce principale, deux surveillants se chargent des dossiers d’inscription et de réinscription. Juste à droite se trouve le bureau du proviseur. Une longue file d’attente se dresse devant sa porte.

Mme Habiba Idriss, proviseure du lycée nous reçoit enfin. Il nous a fallu près de deux heures d’horloge de patience. Dans son grand bureau, quatre chaises sont disposées pour les invités. Sur sa table, des lots de dossiers sont empilés çà et là. Elle est débordée par la charge de travail. Elle se permet de petits moments de pause par des gestes presque mécaniques. Elle ôte ses verres correcteurs, recule sa chaise et laisse tomber son dos, dans un grand souffle, sur le dossier de sa chaise en regardant la montagne de dossier sur son bureau.

Mme la proviseure dirige cet établissement depuis trois ans. Depuis le 1er octobre, les cours ont repris pour boucler l’année académique 2019-2020. Douze jours après, ces cours n’ont toujours pas démarré dans son établissement. Non pas à cause de l’inondation de la cour, mais plutôt à cause du « sabotage » des élèves. « Les enseignants viennent tous les jours. Mais aucun élève ne se présente. C’est un sabotage », dit Mme Habiba Idriss. La cause de ce « sabotage » est, selon elle, la décision du ministère de l’Éducation nationale de faire passer systématiquement les élèves en classe supérieure. « Cette décision leur fait prendre la grosse tête parce qu’ils savent que l’année est bouclée ou pas, ils passent en classe supérieure », lâche-t-elle, l’air dégoûtée. Finalement l’administration se prépare pour la nouvelle année académique prévue le 2 novembre. « Nous sommes prêts pour la reprise des cours. L’eau ne constitue plus un problème pour nous », a rassuré la proviseure.

Bien que les eaux se retirent peu à peu de son établissement. Le hic selon Mme Habiba Idriss, ce que ça fait 23 ans que cela se répète. « C’est un chantier inachevé », dit-elle. Selon elle, le lycée a été réceptionné sans clôture ni nivellement de la cour. Pourtant il est construit sur un bassin de rétention. Ce qui serait la cause de son inondation tous les ans. Toujours selon Mme Habiba, des efforts sont consentis tous les ans pour faire de ce Lycée, un établissement agréable.   « Chaque année on déverse du remblai. L’année suivante, c’est comme si rien n’a été fait. Cette cour a englouti des bennes de remblai. Mais on le fait petit à petit aux frais de l’administration », a indiqué Mme Habiba Idriss.

Pour la proviseure, le chantier nécessite de grands moyens. Depuis 23 ans, le gouvernement n’a pas réagi. « Nous en référons à notre hiérarchie chaque année. Cela fait 23 ans qu’on le dit, mais rien n’est fait. Nous espérons toujours qu’un jour le gouvernement trouvera la solution », dit-elle.  En attendant, elle appelle des personnes et organisations de bonne volonté à leur venir en aide pour la finition de la clôture et le remblayage de la cour.

Christian Allahdim

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