samedi 12 juin 2021

Analyse sur la crise du charbon de bois au Tchad

Written by  Fév 07, 2011

La désertification du Sahel à la fin du 20e siècle et au début du 21e siècle est provoquée par la combinaison de deux principaux phénomènes : D'une part, une poussée démographique (+3% par an au début du 21ème siècle) qui fragilise les sols par :

- la surexploitation des terres afin de nourrir la population. La jachère traditionnelle a ainsi été abandonnée dans les années 1960.

- la surexploitation du bois, que les ruminants empêchent de repousser.

D'autre part, les sols sont exposés à l'érosion provoquée par le vent et par l'écoulement de l'eau de pluies rares (entre juin à septembre) mais de plus en plus violentes en raison du changement climatique. La terre ainsi érodée, devenue stérile, forme des plaques désertiques, les "zipelés", de plus en plus vastes et qui finissent par se rejoindre.

Néanmoins, le gouvernement du Tchad a interdit l’usage du charbon de bois afin de lutter contre l’abattage des arbres et la désertification. Cette décision du gouvernement tchadien est une mesure essentielle pour lutter contre la désertification. Du point de vue social et environnemental cette décision est responsable. La proportion de pauvres dans les populations est notablement plus élevée dans les zones sèches surtout parmi les populations rurales. Cette situation s'accroît encore en fonction de la dégradation des terres en raison de la diminution de la productivité, de la précarité des conditions de vie et de la difficulté d'accès aux ressources.

Cependant, le gouvernement du Tchad a pris des décisions politiques et même des actions sur plusieurs fronts :

-  la semaine de l’arbre : en saison des pluies pendant toute une semaine (ou plusieurs jours) les Tchadiens dans le pays plantent en groupe ou individuellement des jeunes plantes pour lutter contre l’avancé du désert.

- l’adhésion et la ratification des accords et contre relative à la protection de l’environnement, notamment la convention de lutte contre la désertification (ratifié en Août 1996) et la convention sur la diversité biologique (07 juin 1994)

- la participation du Tchad aux différents programmes du comité permanent Inter-Etats de lutte contre la désertification dans le Sahel.

- la mise en place de la convention de lutte contre la désertification d’un programme d’action national et des programmes d’actions locaux et régionaux et d’un fond national de lutte contre la désertification etc.

Tandis que, Selon l'ONU, la désertification est « le plus grand défi environnemental de notre époque ». La désertification constitue un problème d'environnement et un problème de développement. Elle affecte l'environnement local et le mode de vie des populations, mais ses effets ont des retentissements plus globaux : biodiversité, changements climatiques, ressources en eau. Etroitement liée à l'activité humaine, la dégradation des terres constitue à la fois une conséquence du mal-développement et une entrave majeure au développement durable des zones sèches

Par contre, ce combustible est la seule source d’énergie domestique pour 99% des ménages Tchadiens.

Tandis que, un des premiers spécialistes Américains des politiques publiques, Thomas R. Dye définissait celles-ci comme tout ce que les gouvernements choisissent de faire ou de ne pas faire. Le gouvernement Tchadien devrait d’abords sensibiliser la population surtout les ménages vulnérables de l’importance pour la société de cette nouvelle loi afin d'éviter des manifestations de protestations populaires. Voici les questions que plusieurs analystes se posent : est ce que le gaz est un substitut parfait du charbon de bois dans le cas du Tchad ? Quelle source d’énergie substituable et accessible aujourd'hui aux ménages Tchadiens a faible revenus ? Au Tchad, entre ménages a revenus élevés et ménages a revenus faibles le comportement ne diffèrent pas de manière significative entre les différents niveaux économiques des ménages, ce qui illustre le niveau de pauvreté de la population et le faible niveau des infrastructures du pays.

Toute fois, est-ce que le gaz et un substitut parfait ? La théorie économique néoclassique nous dit non. Selon la théorie, l’effet de substituabilité s’applique à des biens relativement proches, dont l’utilisation ou la consommation est relativement équivalente du point de vue du consommateur. On entend par substitution, ce qui peut remplacer quelque chose en jouant le même rôle. Dans le cas du Tchad le gaz ne constitue pas un substitut parfait du point de vue économique. Cette situation risque fort de créer un marché noir sans précédent. Le gouvernement Tchadien a mit sur pied récemment des mesures d'accompagnement en subventionnant l'utilisation des bouteilles de gaz de 3 et 6 kg à hauteur de 50% afin de venir en aide aux milliers des ménages vulnerables. Même à cela, les petits revenus n'en ont pas les moyens. Cette mesure doit tenir compte des ménages en bas de l’échelle pour qu’elle soit efficace. Quand l’offre n’est plus capable de satisfaire la demande du marché, il s’en suit une pénurie du bien en question. Et donc, le prix du gaz va encore augmenter d’avantage. De plus, les décideurs ont de fortes réticences à investir dans les zones arides à faible potentiel. Ce défaut d'investissement contribue à la marginalisation de ces zones. Quand les conditions agro-climatiques défavorables sont combinées à l'absence d'infrastructures et d'accès au marché, à une population mal nourrie et peu éduquée, à des techniques de production inadaptées, la plupart de ces zones restent en dehors du développement. La pauvreté engendre la dégradation des terres. La désertification est à son tour un facteur d'aggravation de la pauvreté.

Néanmoins, Vincent Lemieux disait: les politiques publiques ne se réalisent que par la rencontre de trois courants, celui des problèmes; celui des solutions et celui des choix politiques et que selon la seconde, ce sont des relations de pouvoir entre les participants qui permettent ou non la rencontre des trois courants, et donc le succès ou l'échec d'une politique publique. Qu’en pensez – vous ?

Lona Ouaïdou, Ramadan

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