dimanche 13 juin 2021

Contre la démagogie, un peu plus de pratiques…

Written by  Jui 13, 2005

Il n’est de meilleur ciment social que le travail.

Au Tchad, qui est responsable de nos malheurs et qui ne l’est pas ? Quand des médecins, professeurs, ingénieurs, vétérinaires, ou agronomes etc. se reconvertissent dans la politique ou cherchent des bureaux climatisés au lieu d’exercer leur vocation première, on doit se poser des questions.

A bien voir, lire et écouter, sur la toile (Internet), les Tchadiens n’auront que leurs yeux pour pleurer les années ou même les décennies à venir. De l’intérieur comme de l’extérieur la vue est sombre. Journalistes, analystes, étudiants, tous convergent vers la théorie et la politique.  

Chers compatriotes, notre passion pour la politique nous empêche de voir la réalité pratique de notre économie même si cette dernière est primordiale. L’énergie fournie pour changer la politique actuelle de l’extérieur, peut être adaptée et transposée à l’économie, pour le bien être de la population tchadienne et donc nous tous.

Le pays produit des biens agricoles et d’élevage, mais personne ne veut en parler : peut-être qu’on attend Microsoft pour créer des emplois. Les tomates, les mangues, la gomme arabique, le sorgho ….pour ne citer que ceux-là, sont vendus sans valeur ajoutée. Le manque de volonté politique et la concentration de têtes pensantes dans la capitale et les bureaux ne donnent pas de perspectives d’avenir.
Tout le monde veut s’enrichir et donc les raccourcis pour atteindre tous les rêves, c’est la politique. En politique et commerce on n’a pas besoin d’aller à l’école argumentent certains, surtout dans les « carrefours ». Je me réserve de commenter ce dernier.

Au Tchad comme partout en Afrique, il est rare d’entendre un homme politique parler dans sa campagne de créations d’emplois et des entreprises pour faire vivre la population dans sa dignité. (Un atelier avec 2 employés est une entreprise).
Le langage de nos hommes politiques est celui hérité des négriers blancs et des colonialistes qui pillaient le continent en promettant quelques paquets de sucres ou des pacotilles aux autochtones. Aujourd’hui, l’héritage perdure grâce à la démagogie des hommes politiques, à l’ignorance et à la pauvreté des populations qui manquent de tout.

Dans les campagnes politiques on promet monts et merveilles : si vous votez pour moi je vous construirais des hôpitaux, des écoles ; vous aurez beaucoup d’argent, etc. Jamais vous n’entendez le mot emploi même dans la démagogie. (Le travail qu’il a fui pour la politique). Cette façon de faire a atteint le peuple à tel point que celui qui ne promet rien n’a rien car personne ne vote pour lui. Un crime démocratique contre le pauvre peuple qui n’est pas éduqué et formé pour cette « démocratie bâtarde » discutable sur ce continent.

Par ailleurs, personne ne peut ignorer la situation que vivent les Tchadiens aujourd’hui. Mais rien n’empêche de mettre l’économie en avant, qu’on soit en démocratie ou en dictature. Toutes les grandes démocraties occidentales ont vu les dynamismes économiques avant la démocratie. Car la démocratie est difficilement compatible avec la pauvreté et l’ignorance.
La politique, tout le monde en parle en théorie, mais en pratique elle est aussi la gestion, l’économie, l’administration, la résolution du chômage…

Étudiants des tous bords, universitaires, enseignants, chefs d’entreprises, consultants, politologues, politiciens, il est temps de se débarrasser de ces lunettes intellectuelles dont la visibilité est un peu encrassée et se limite à des visions théoriques.

Pourquoi ne pas faire des rapports voire même dix (10) pages chacun selon sa compétence et polluer les bureaux de l’état, comme ça au moins demain on pourra dire que j’ai proposé mes idées et qu’on me les a jetées à la figure.
Selon un dicton « La théorie c’est quand on sait tout et rien ne fonctionne, la pratique c’est quand tout fonctionne et que l’on ne sait pas pourquoi ». En faisant beaucoup de pratiques, certaines choses peuvent bouger sans se rendre compte. Et faire des rapports, c’est déjà faire un pas vers la pratique. Nous devrions nous mettre au travail, apprendre sans arrogance « aide-toi, le ciel d’aidera » de l’extérieur ou de l’intérieur, chacun peut apporter ses idées dans le ministère de sa compétence. Je suis convaincu que la réussite communautaire ou collective est la somme des réussites individuelles

Le Tchad appartient à tous les tchadiens et les adversaires politiques ne sont pas des ennemis. Des réunions à paris pour changer la donne c’est bien, mais une réunion pour l’économie et l’investissement sera plus que bien.

«Qui d’autres que les tchadiens doivent porter leurs causes ?»

Issa Mahamat Abdelmamout

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