jeudi 29 juillet 2021

La filière coton en crise

Written by  Fév 14, 2005

Dévaluation du Franc CFA, ajustement structurel, subventions « déloyales » agricoles de certains pays occidentaux sont à la base de cette crise du coton au Tchad. Ajouter à cela, la mauvaise gestion de la première source de rentrée de devises dans le pays.

Créée en 1971, la Cotontchad (Société cantonnière du Tchad) connaît aujourd’hui une grave crise. Les différents efforts de l’État se sont avérés inefficaces pour sortir cette société du marasme. Spécialisée dans l’achat de coton graine, de l’égrenage et de la commercialisation de la fibre ainsi que des produits de la graine ; la Cotontchad à un capital de 4,256 milliards de FCFA et représente plus de 30 % du PIB du Tchad.

Mais comment expliquer que la Cotontchad qui a été la seule société cotonnière africaine jadis maîtresse de son produit sur le marché international soit passé aujourd’hui à côté de ses objectifs ? Cette crise est-elle une simple détérioration des termes de l’échange ? Une absence d’une véritable politique du coton ? Ou alors, des erreurs stratégiques de l’État tchadien ?

Les vraies causes à cette crise sont :
-D’abord, la privatisation en 2000 de l’huilerie savonnerie de la Cotontchad.
-Ensuite, le désengagement de l’État en 1999 et la mise en place d’un plan de stratégie des reformes.
-Enfin, les fluctuations du marché international et les nombreux choix erronés de l’État par démanteler ce géant de l’économie tchadienne.

A ces trois causes, il faut ajouter des problèmes de gestion. Celui des subventions agricoles des pays occidentaux. Par exemple, les États Unis subventionnent non seulement la production mais aussi l’exportation de leur coton. Cela a eu pour conséquence : la diminution des exportations du coton tchadien.

Autres conséquences immédiates : la Cotontchad a procédé à des licenciements de son personnel ainsi qu’à la fermeture de la plus part de ses usines.

De ce qui précède, l’État tchadien a un choix : ne pas se désengager de ses responsabilités. Il faut une politique commerciale cohérente. Et que cette politique s’adapte au plan des reformes.

Autrefois, la Cotontchad avait une bonne méthode de commercialisation du coton. Par exemple, le fait de vendre directement le coton à travers son réseau d’agents. Ce qui a l’avantage d’éviter des intermédiaires.

Une des perspectives qui pourra être salutaires pour l’État tchadien serait de faire preuve de bonne volonté, d’exiger que la Cotontchad puisse commercialiser elle-même sa fibre à la filature. Et aussi d’entamer un processus de financement de la production et de s’assurer de la transparence en matière de gestion. Le marché du coton est devenu de nos jours un problème majeur pour les pays sous développé. L’État tchadien doit aujourd’hui penser à une politique de diversification des ressources naturelles afin d’éviter ou de minimiser les crises à venir.

Espérons que la nomination dare-dare d’Ibrahim Malloum, un connaisseur de la filière pourra relancer la filière coton. Mais aussi soit l’occasion de gérer la Cotontchad dans la transparence.

Lona Ouaidou, Ramadan

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