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Maestro Diégo à coeur ouvert

Written by  Jui 15, 2010

Musicien, encadreur des jeunes musiciens et acteur, Maestro Diégo de son vrai nom Mustapha Ngaradé est un des dinosaures de la scène artistique tchadienne avec déjà deux décennies de carrière. C’est aussi un artiste engage pour la cause de la démocratie et le développement dans son pays. Rappelons qu’il a été décoré chevalier de l’ordre du mérite civique du Tchad par le chef de l’État. Diégo a été aussi désigné en 2009 par Festafrica Magazine pour ses 20 ans de carrière, c’est ialtchadement que ce brillant et toujours joyeux génie de la musique tchadienne sous parle de lui, de sa carrière et de la musique tchadienne. Découvrez-le dans cette entrevue à cœur ouvert.

Ialtchad Presse : Qui est Maestro Diégo ?
Maestro Diégo : Je suis artiste et formateur des jeunes artistes. La musique est mon essence, la transmettre aux artistes est tout ce que j’aime faire et c’est à quoi je me suis donné pendant 20 ans.

Ialtchad Presse : Hier membre du groupe Tibesti, aujourd’hui en solo, parlez-nous de votre parcours ?
Maestro Diégo : Eh oui, je suis toujours membre du groupe Tibesti. Le groupe est une grande partie de moi, c’est tout mon parcours. Avec Tibesti j’ai eu à monter sur scène un peu partout dans le monde : beaucoup des pays en Afrique, en France, en Roumanie, etc. Je suis aussi en solo pour soutenir des projets personnels notamment pour financier mon centre d’apprentissage et de création musical en abrégé (CACM).

Ialtchad Presse : Vous faites de la musique pour quel public ? Vos inspirations ?
Maestro Diégo : Je fais un genre musical universel. Un genre qui marque le temps et l’espace. Pour mes inspirations, je suis d’accord que la terre ne manque pas d’inspiration mais je trouve chez le bon Dieu.

Ialtchad Presse : Après autant d’années d’expérience, quelle est votre discographie ?
Maestro Diégo : Alhamdoulil-lahi. Gloire à Dieu. J’ai fait 3 albums en solo et 3 avec Tibesti dont 1 compilation Afrique Centrale.

Ialtchad Presse : Qu’est-ce qu’être musicien au Tchad ?
Maestro Diégo : C’est désastreux d’être musicien au Tchad. Deux pour résumer la situation : souffrance et humiliation.

Ialtchad Presse : Votre coup de gueule alors…
Maestro Diégo : Que ceux qui ont le devoir et la responsabilité de changer la situation de changer les choses agissent. Que s’arrête cette insouciance vis à vis de l’art et de la culture dans notre pays. Une idée, qu’on commence à nommer à la tête de ces ministères des homes et des femmes imprégnés de ses arts.

Ialtchad Presse : À quand le prochain Album ?
Maestro Diégo : Pour bientôt, j’attends que les partenaires et sponsors me dissent oui. Le travail de studio est fini. C’est un album en double avec 20 titres qui marquera mes 20 ans de carrière. Le volume 1 intitulé Kaar (soleil) en langue Ngambaye comporte 10 titres. Le volume 2, intitulé Sa-ï-dou Awine (aidez les femmes) en langue arabe tchadien a 10 titres. Le lancement official est prévu en juin si tout va bien.

Ialtchad Presse : D’autres projets ?
Maestro Diégo : Après l’album à paraître, je me consacrerai à la réalisation de mon centre d’apprentissage musical.

Ialtchad Presse : Ialtchad Presse pour vous ?
Maestro Diégo : Avec Ialtchad Presse, il y a de quoi croire en la jeunesse tchadienne. J’ai beaucoup d’admiration pour ceux qui font des choses pour leur pays. Big Up.

Fatimé Mahamat