jeudi 6 octobre 2022

Victimes de Habré : 2 restes de corps restitués aux familles

Jui 15, 2022

Les victimes de l’ancien président tchadien Hissène Habré ont organisé mercredi, 15 juin une cérémonie de deuil national au centre Don Bosco de N’Djamena, capitale tchadienne. Les restes Djimokobaye Nadjigoto et de Alifa Taigui Baye Sam ont été restitués à leurs familles respectives pour être enterrés dans leur village natal. Le ministre de la Justice Garde des Sceaux, ainsi que le conseiller spécial à la présidence, M. Djimadoum-yan Kayamou Énoch ont assisté à l’événement. Reportage.

10h. Le cortège transportant les restes de Djimokobaye Nadjigoto et de Alifa Taigui Baye Sam franchit le seuil du centre Don Bosco de N’Djaména, capitale tchadienne. Veuves, orphelins, parents et sympathisants étaient se sont tous installés et tous se sont tenus debout pour accueillir les restes de ces deux victimes. Très vite la cérémonie a commencé malgré le retard connu à la suite d’une forte pluie torrentielle qui s’est abattue tôt le matin sur la capitale tchadienne. Les représentants des veuves et orphelins se sont relayés pour exprimer leurs amertumes. Ils insistent sur leurs indemnisations qui tardent. Selon les orphelins, un deuil national devrait s’organiser devant les autorités et à la place de la nation et non dans un coin caché de la ville, ici à Don Bosco. « Nous allons accompagner les restes de nos parents, mais à notre retour, nous allons donner une semaine au gouvernement d’assurer nos indemnisations. Faute de quoi, nous allons camper devant la présidence afin que justice nous soit faite. », promettent-ils.

Clément Abaifouta, président de l’association des victimes des crimes et répression de Hissène Habré (AVCRHH), et son collègue, représentant du président de l’AVCRP (association des victimes des crimes et répressions politiques) ont réitéré leur volonté d’aller jusqu’au bout de leur lutte. Ils promettent d’utiliser tous les moyens légaux pour rentrer dans leurs droits.

Pour la coordonnatrice du collectif des avocats Me Jacqueline Moudeina, c’est une journée de douleur intense et profonde. Selon elle, restituer les deux restes montre que les 40 000 morts sous règne de Habré sont désormais enterrés dignement. L’avocate des victimes appelle les familles à s’armer de courage. Elle dit lever l’équivoque sur la question d’excavation. D’après elle, lorsque les juges d’instruction ont constitué l’expertise pour dépêcher sur le terrain afin de vérifier la véracité de fait ressortie sur le dossier, toutes les familles étaient conviées. Malheureusement dit-elle, c’est seulement les deux familles Djimokobaye et Baye Sam qui se sont présentées sur le terrain. C’est pourquoi, aujourd’hui c’est seulement les deux restes promis pour être restitués dans le procès-verbal ont été remis aux familles. L’avocate promet à leur retour, revenir à leur dossier qui est passé comme une lettre à la poste. A son avis, la justice est complète et non partielle. Il n’y a pas raison qu’on n’indemnise pas les victimes, insiste-t-elle. Me Jacqueline affirme qu’ils ont opté pour la justice et non pour la vengeance, mais ils sont désolés qu’on les traite comme un ballon de ping-pong.

Concernant les témoignages, Me Djomian Germain a présenté Djimokobaye Nadjigoto comme étant un grand commis de l’État, un instituteur de formation. Un homme courtois, aimable, aimant le travail bien fait, il fut nommé plusieurs fois sous-préfet et chef de poste administratif. Il fut arrêté le 8 octobre 1984 et exécuté trois jours après. Né vers 1928, à Doba dans le Logone géographique, Djimokobaye fut père de 12 enfants dont 4 sont décédés et 8 vivants. Baye Sam, lui est un chef de Canton né vers 1945 à Goundi.

62 ans de massacre, s’en est de trop

Le ministre de la Justice Ahamat Mahamat Alabo après ses mots de condoléances regrette les massacres au Tchad. Le Garde de Sceaux, parlant en son nom personnel, rappelle le massacre des manifestants pacifiques en 1963. Il se désole que les Tchadiens n’aient pas cessé d’être tués par d’autres Tchadiens depuis 62 ans. « Les massacres ont été perpétrés par les gouvernements successifs de notre pays depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui. Il est temps que cela s’arrête, il est temps que les Tchadiens comme des êtres civilisés ne puissent pas tuer leurs compatriotes pour avoir tout simplement exprimé une opinion contraire », interpelle le ministre. Ahamat Alabo souhaite que ces questions soient soulevées lors du Dialogue national inclusif (DNI) à venir. Ce qui va permettre aux Tchadiens de trouver ensemble une formule afin qu’aucun Tchadien ne meurt pour son opinion, dit-il.

Le conseiller spécial à la présidence, Djimadoum-yan Kayanan Énoch promet déposer son procès-verbal qu’il va aussi le présenté en haut lieu.

Moyalbaye Nadjasna

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