jeudi 19 mai 2022

Après les fêtes : peu d’engouement pour la reprise des activités

Mai 03, 2022

Deux fêtes se sont enchaînées cette année au cours de ce début du mois de mai 2022. Il s’agit de la fête de travail (1er mai) et de l’Aïd al fitir (le 2 mai) qui marque la fin du jeûne de ramadan pour les fidèles musulmans. Ialtchad en ce jour ouvrable du 3 mai 2022 a fait un tour dans les marchés et quelques ministères pour constater si la reprise des activités a lieu. Reportage.

La ville de N’Djamena a baissé de ferveur après les deux fêtes : la fête de travail et la fête de ramadan. Ces célébrations se sont succédé les 1er et 2 mai 2022. Dans les plus grands marchés de la capitale tchadienne, le « souk Kabîr » ou grand marché et le « souk khalla » ou marché à mil, le constat est identique. On peut rouler librement même, en engin, dans les allées. Ce qui était impossible à quelques jours de ces fêtes, surtout la fête de ramadan. Les plus grandes boutiques sont dans leur quasi-totalité fermées. Les tenanciers continuent leur fête auprès de leur famille. Quelques détaillants se voient déjà fauchés et estiment qu’il faut retourner au marché. C’est le cas de Al-Hassane Ahmadou, commerçant au marché à mil.  À son avis, la fête s’est bien passée et dans la famille tout va bien. « Seulement, nous avions engagé de grosses dépenses, je suis fauché en ce moment. C’est un impératif pour moi de retourner rapidement au marché ouvrir ma boutique. J’ai plus de 30 ans ici au marché à mil. D’habitude je fête au moins 72 heures avant de reprendre le marché, mais cette année, c’est un peu difficile », confie-t-il.

Ramadan Abouneillou un autre commerçant affirme, « il n’y a rien depuis hier. La fête a tout pris. Il faut combler le vide, car après la fête la vie continue avec la famille. Un père de famille est toujours vigilant, je suis venu chercher un peu pour demain, car on ne sait jamais. Le pouvoir d’achat a chuté certes, mais la vie c’est la patience alors j’attends avec confiance les clients. » Selon le jeune commerçant, toute chose à son temps et seule la patience fait gagner. « À la maison, il fait chaud et en plus on n’a pas de l’électricité. Le mieux c’est de sortir et chercher un peu pour les enfants », soutient-il.

Mammouth est un client. Il est assis sur sa moto devant la boutique de Al-Hassane. Il explique que les boutiques dans leur quasi-totalité sont fermées, la fête continue pour certains. « Je suis venu acheter une chambre à air pour ma moto. J’ai cherché un peu partout, mais Dieu merci ce boutiquier vient juste d’ouvrir sa porte donc je suis soulagé », dit-il.

Au centre de la ville même les entreprises aux abords de l’axe cinéma Le Normandie sont prévues fermées. À la direction des ressources humaines de l’Éducation nationale en plein chantier toutefois, le personnel est au bureau pour recevoir les usagers. Une poussette nous mène au ministère de Finances et du Budget. Les agents ont repris le travail. Dans les parkings, les voitures des responsables sont alignées. Ce sont les usagers qui ne sont pas visibles comme d’habitude. Selon M. Modjingar Ferdinand, l’économiste au service de Budget, la fête s’est bien déroulée dans la globalité. « Deux fêtes se sont enchaînées, la fête de travail le dimanche et celle de ramadan le lundi. Même si elles ont été célébrées dans un contexte de cherté de vie, tout s’est bien passé. Mes vœux à l’endroit des Tchadiens. C’est un vœu de paix, de concorde et que la période de la transition réussisse pour un Tchad meilleur. C’est fini les fêtes et il faut reprendre le travail, c’est ce qu’a dit le ministre de la Fonction publique. C’est une journée ouvrable c’est pourquoi nous sommes-là », affirme l’économiste. M. Brahim, un autre agent dans un ministère qui requiert l’anonymat. Pour lui, une note positive c’est la paie déclenchée tôt pour faciliter l’organisation de la fête à tous les fonctionnaires. « La fête s’est bien passée toutefois, on n’est au regret de dire qu’on a fêté, mais sans électricité. On demande à Allah le Tout-puissant d’apaiser le climat politique et social de notre pays. Nous souhaitons une paix durable pour le bonheur de tous les Tchadiens », invoque M. Brahim.

Moyalbaye Nadjasna

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