Départ de Goukouni de l’ex-CTS : société et opposition réagissent

Mar 11, 2022

Le départ de l’ancien président Goukouni Weddeye du Comité technique spécial (CTS), la disparition de ce comité et la création d’un nouveau comité chargé de négocier avec les politico-militaires prévue le 13 mars prochain à Doha au Qatar en vue de l’organisation du dialogue national inclusif (DNI) a surpris les leaders des partis d’opposition et la société civile. Certains pensent que ce départ va rendre les choses difficiles pour la tenue du DNI. Reportage.

L »éjection de l’ancien président Goukouni Weddeye du comité technique spécial (CTS), la dissolution de cette instance inquiète les leaders des partis politiques d’opposition et la société civile. Créé par décret présidentiel le 26 avril 2021, le CTS est chargé de conduire les pourparlers avec politico-militaires jusqu’à l’aboutissement d’un accord final dans le cadre de l’organisation du dialogue national inclusif (DNI). Et c’est dans l’optique d’organiser les élections libres, transparentes et inclusives pour permettre à tous les Tchadiens de vivre ensemble et en paix. Mais son départ inquiète certains hommes politiques et défenseurs des droits humains.

Pour Dobian Assingar, président d’honneur de la Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme et représentant de la Fédération internationale des Droits de l’Homme (FIDH) auprès de la CEEMAC, quelques soit les raisons, son départ doit avoir des conséquences. Selon lui, l’ancien président est un homme respecté de tout le monde, c’est-à-dire par la population et les mouvements rebelles. Il ajoute que tout le monde a confiance en lui et le débarquer pendant qu’on s’approche du pré-dialogue de Doha est mal avisé. Dobian Assingar estime que tout le monde espère qu’on trouvera bien de solutions avec l’ancien président. « On a pris une résolution ou une décision malencontreuse pour le débarquer. Je suis sûr que ça va créer de gros problèmes », dit le défenseur des droits humains. Il s’inquiète aussi de la réaction des mouvements rebelles. Dobian Assingar craint aussi que les politico-militaires n’aient pas de confiance aux autorités. Selon lui, pas de confiance, pas de résultats et s’il n’y a pas de résultats avec les mouvements rebelles, le dialogue n’aura pas lieu. Il souligne que ce serait une reprise perpétuelle, et les mouvements rebelles vont commencer à déferler sur la capitale tchadienne et le même cercle vicieux de la violence reprendra. « Je ne sais pas si nos responsables ont mesuré l’ampleur ou le mauvais côté de cette façon de faire. Mais ça va avoir des répercutions certaines » dit-il. Au sujet de la fin de mission de l’ancien président, Dobian Assingar explique qu’on lui a donné une mission de négocier avec les mouvements rebelles et pendant qu’il est en cours de négociation avec eux et on le débarque. Il pense que les autorités sont à court d’arguments et s’ils n’ont rien à dire qu’ils cessent de parler et qu’on ne prenne pas les citoyens pour des imbéciles. « C’est comme si ceux qui nous gouvernent aujourd’hui ne veulent pas que le dialogue réussisse. Ils sont en train de travailler pour que ça capote ».

Pour Mahamat Digadimbaye, coordonnateur national de la coordination des associations de la société civile et de la défense des droits de l’homme (CASCIDHO), les acteurs de la société civile ont cru en la nomination du président Goukouni Weddeye pour piloter le CTS, vu son expérience, en tant ancien président et ancien rebelle. Selon lui, c’est une personnalité dense qui a l’appui des Tchadiens. Mahamat Digadimbaye souligne que l’ancien a de manière unanime la confiance de tous les Tchadiens et qu’il va mener à bon port sa mission en rassurant les politico-militaires et les tchadiens. Il ajoute que son départ a été une grande surprise pour les défenseurs des droits humains et la société civile. Le coordonnateur de la CASCIDHO, souligne que l’ancien président est un rassembleur. Mieux, il n’a pas de calculs d’intérêt politique. Il souhaite que la nouvelle équipe réussisse la mission que Goukouni Weddeye a commencé et que le pré-dialogue de Qatar puisse réussir. Il pense aussi que le nouveau président usera de tout son poids pour mener à bon port cette mission que le président Goukouni a commencé.

Jules Doukoundjé

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