dimanche 22 mai 2022

Bourkou louise Ngaradoumri, une femme multiple

Mar 06, 2022

Le Tchad regorge des femmes qui ont des ambitions et de visions pour son développement. Mme Bourkou Louise Ngaradoumri l’une de ces femmes. Elle est présidente du parti Rassemblement pour le Progrès et la Justice Sociale (RPJS). Activiste politicienne, Bourkou Louise est aussi une exilée politique qui a bénéficié d’un asile en France. Qui est cette femme qui voit le Tchad grand avec d’innombrables potentialités à exploiter ? Portrait.

Teint clair, élancée, toujours souriant, Mme Bourkou Louise est une femme très politique, très patriote. Sur de ses convictions, maman Louise déteste l’injustice et la méconnaissance de droit de la femme. Ne pouvant supporter les incongrus et les violations des droits humains, elle va quitter le Tchad pour s’exiler en France où elle bénéficie d’un asile en 1999. Mme Bourkou Louise est une activiste environnementale et militante pour la démocratie. Elle a occupé le poste de vice-présidente de l’Assemblée nationale du Tchad en 1990. Elle a créé son parti Rassemblement pour le progrès et la justice sociale (RPJS) en 1996. Le RPJS est présent dans 12 provinces du Tchad sur 23. En 2016, Maman Louise a porté sa candidature aux élections présidentielles au temps du maréchal du Tchad, Idriss Deby. « Malheureusement quand j’ai donné ma candidature en 2016, le défunt maréchal ne voulait pas que les femmes participent. Or, c’est quand même une toute première histoire d’une candidature féminine aux élections présidentielles au Tchad. C’est comme ça que j’ai dit bon je viens de rentrer de la France peut-être que les gens auraient peur que la France me soutienne », confie-t-elle. La présidente du RPJS évoque qu’elle donnait sa candidature par amour pour sa patrie. S’il s’agissait de vendre mon pays, je suis capable de le faire, mais j’aime sincèrement mon pays, dit-elle. « J’aime le peuple tchadien. J’ai quitté la France, un pays de luxe d’où je vivais à l’aise. J’ai neuf (09) enfants que je les ai amenés en France tout petits. Ils sont aujourd’hui devenus des hommes et des femmes responsables. Même si je restais en France, mes enfants vont s’occuper très bien de moi. Qu’est-ce qui m’amènerait ici pour souffrir sous cette chaleur caniculaire sans électricité ? », s’interroge la politicienne.

Selon la présidente du parti RPJS tout est simplifié pour elle en France. Mais à cause de l’amour du Tchad, elle fut convaincue de son retour au pays. « Je le crois bien pour les élections à venir ma candidature ne sera pas rejetée. Avec le maréchal je me suis montrée un peu récalcitrante, les choses n’ont pas marché, mais cette fois-ci, je reste sur ma position et toujours têtue.  Toutefois je crois que les choses vont aller autrement », rapporte Maman Louise. Elle explique que les époques ne sont pas les mêmes. A son avis, le temps évolue, 2016 n’est plus 2022. Actuellement, relate la politicienne, le numérique est en vogue. On peut même faire de campagnes sans se présenter aux électeurs en utilisant les Réseaux sociaux, note-t-elle. Elle rappelle que l’Éducation nationale reste sa priorité.  « Dans un pays ou l’Éducation nationale est en baisse, son développement va poser problème. C’est l’Éducation qui fournit des élites et de ressources humaines compétentes pour le pays », signifie-t-elle. Elle se dit préoccupée des conditions d’études liées à l’épineux problème de pléthore dans les salles de classe. Pour elle, c’est son cheval de bataille. Maman Louise estime que la santé et l’alimentation entrent aussi dans sa vision. D’après elle, les Tchadiens mêmes les plus démunis ne doivent pas trimer avant de trouver à manger. « À défaut d’une bonne alimentation, la maladie peut facilement nous emporter. Il faut bien manger pour prendre des médicaments », soutient la politicienne.

Le Tchad n’est pas pauvre

Mme Louise énonce que c’est dommage qu’on dise toujours que notre pays est pauvre. Elle souligne que nous avons 1 284 000 km2 de terre cultivable et notre pays est une île entourée de beaucoup d’eaux. La présidente du RPJS informe qu’à Ouadi-doum, lorsque le Tchad était en guerre, Kadhafi cultivait son blé en se servant d’eau jaillissante des sources des montagnes. « Il avait installé de motopompe pour alimenter 60 000 hectares de blé. Or on s’entretuait et lui faisait tranquillement ses récoltes et les vendre au niveau international. Nous disposons vers le nord des lacs qui sont salés qui n’existent nul par ailleurs », affirme-t-elle.

Mme Bourkou Louise est unique enfant à ses parents. Elle raconte que sa mère avait beaucoup de difficultés pour mettre au monde. Mais son père aimait bien sa mère à cause de sa beauté extraordinaire. Ses parents dit-elle, se sont mis toujours ensemble. « Même moi je suis arrivée par hasard, avec beaucoup de trouble et conséquences. Ma mère a failli mourir, moi aussi. Dieu merci on a survécu. Malheureusement, mon père était décédé quand j’avais l’âge de trois ans sans voir le produit de sa progéniture. Autrement, je suis sans frère ni sœur. Ce sont mes enfants qui sont actuellement mes sœurs, frères et mes confidents. Et voilà la vie continue pour attendre moi aussi mon destin », rapporte Mme Louise. Elle est orpheline de père et de mère.

Mme Bourkou Louise déteste la solitude. Elle aime partager et rigoler avec les autres. « C’est la convivialité des Tchadiens, notre façon de vivre ensemble, qui m’a donné la nostalgie de venir », signifie-t-elle. Selon maman Louise, elle a adressé une correspondance au président français à l’époque François Hollande qui a facilité son retour. C’est ainsi note-t-elle que Hollande a saisi feu maréchal tchadien Idriss Deby pour qu’elle rentre. « C’est le Tchad qui m’a envoyé un billet d’avion pour rentrer. J’étais bien accueillie et j’ai retrouvé mon esprit après la prison à ciel ouvert chez le blanc. J’aime le Tchad, j’aime les Tchadiens. Je visite les uns les autres pour causer, boire du thé avec des cacahouètes et renouer ainsi à mes instincts tchadiens », rigole-t-elle en concluant.

 Moyalbaye Nadjasna

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