dimanche 22 mai 2022

Mahamat Idriss Deby gouverne-t-il ?

Fév 15, 2022

Depuis la mort du Maréchal-président Idriss Deby Itno, le pays semble vivre dans l’insécurité. Au sommet de l’État, c’est silence radio. Alors qui gouverne réellement cette transition ? Le PCMT a-t-il le volant du gouvernail entre ses mains? Il y a de quoi s’inquiéter face à la recrudescence de l’insécurité, de la répression et de l’absence des sanctions. Pourquoi ? 

À N’Djamena, un ministre de la République, de surcroit chargé de la Sécurité publique se fait tirer, après des menaces. L’affaire concerne un jeune colonel assassiné. Une affaire rocambolesque qui semble aujourd’hui sans solution. Et dont les frères de l’ex-première dame Hinda Deby Itno sont présumés coupables. Ils sont incarcérés aux renseignements généraux. La justice est tenue à l’écart, l’exécutif est pris à la gorge, les parents de la victime crient justice, les tchadiens sont médusés, le président est silencieux. Un fendant communiqué de la Police national est diffusé, non pas pour condamner l’acte, mais pour s’attaquer aux images fantaisistes qui circulent sur les réseaux sociaux. C’est dire combien la police tchadienne a le sens de la priorité.

À Abéché, capitale de l’Est tchadien, des militaires ont tiré sur des manifestants pacifiques contre l’intronisation d’un chef de Canton. Comme si cela ne suffisait pas, le lendemain, des militaires récidivent au cimetière, sur ceux qui enterraient les morts de la veille. Bilan 21 morts et plusieurs blessés.  Aucune mesure n’est prise contre le gouverneur, premier administrateur de la région. Des gestes mous ont été posés comme, l’envoi d’une délégation gouvernementale pour calmer les familles endeuillées. Comme si les victimes sont morts d’une mort banale. Les « abéchois » ruminent leurs frustrations et réclament le départ du Gouverneur.

À Sandana, un village au sud du pays, un massacre a eu lieu. La cause, la mort d’un berger a déclenché la vendetta sur des agriculteurs. Un bilan s’élève à 12 morts. Massacres, morts, blessés les autorités ont repris leur recette habituelle : envoi d’une délégation. Sans plus. Dans un post sur Facebook, le PCMT a réagi tardivement pour condamner ces massacres. Il a promis que les auteurs de ces actes seront poursuivis et punis. Comme à Abéché, on ne sait ni quand, ni comment justice sera rendue.

Enfin, insécurité, vendetta, répressions, absence des sanctions, silence en haut lieu, sortie à minima du PCMT sont à l’origine de la défiance de l’autorité de l’État déjà mis à mal du vivant du Maréchal. Le PCMT doit comprendre que le Tchad a changé. Et les tchadiens ont soif de justice.

Bello Bakary Mana                                            

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