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Commerçants et Douane de N’guéli à couteau tiré

Jan 11, 2022

La douane de N’guéli a augmenté le prix de dédouanement sur tous les produits importés qui entrent au Tchad via Kousseri au Cameroun. Cette augmentation concerne tous les articles et produits alimentaires des premières nécessités. 600 FCFA sont ajoutés sur chaque produit dans un camion que doivent payer les commerçants. Ces derniers n’acceptent pas cette augmentation. Reportage.

Depuis plus de deux semaines aucun camion, gros porteur, n’est entré dans la capitale. Les camions qui transportent les produits importés alimentaires et non alimentaires qui entrent au Tchad par Kousseri sont garés dans l’enceinte de la douane de N’guéli. D’autres sont stationnés sur la voie qui mène au même pont. Ils attendent d’être situés avant de prendre la route qui mène dans les différents marchés de la capitale. La douane a décidé d’augmenter le prix sur chaque marchandise qui entre dans la capitale. Cette augmentation a mécontenté les commerçants. Les prix des produits des premières nécessités comme la farine de blé, le sucre et le riz ont augmenté à 600 FCFA le sac par camion. Les commerçants refusent cette hausse des prix de dédouanement.

Pour Abakar Bourma, vendeur de farine de blé au marché de Dembé, cela fait plus de deux semaines que les commerçants, à travers leur syndicat, sont en pourparlers, mais aucune solution n’est  trouvée. Pour lui, le prix du dédouanement est passé récemment de 5 millions à 7 millions. Cette fois-ci, nous refusons de payer, martèle-t-il « Ce sont les stocks que j’ai fait depuis décembre que je vends maintenant. Sinon, aucun sac de farine n’est entré à N’Djamena, c’est inquiétant. Les produits comme la farine de blé expirent en 6 mois seulement. Alors, si une solution n’est pas vite trouvée, ce sera difficile pour les consommateurs », explique-t-il. Souleymane Djibrine un autre vendeur, il n’est pas question, selon lui, que les commerçants dédouanement leurs produits à ce prix. « Nous commerçants sommes aussi des consommateurs. Le coût de vie est devenu très cher à N’Djamena. Il faut que la douane revienne à des meilleurs sentiments », ajoute-t-il. Si rien n’est fait, dans quelques jours, la farine, le sucre et le riz manqueront.

Une dame du bureau des transitaires de N’guéli affirme sous le sceau de l’anonymat que c’est une coutume de la douane d’augmenter le prix du dédouanement à chaque début d’année. Elle justifie cette hausse par le fait que la douane voulait faire des recettes à l’État. Cette année, elle a augmenté jusqu’à 600 FCFA sur chaque produit importé, dit-elle. 

Kouladoum Mireille Modestine