jeudi 20 janvier 2022

Visite des pavillons du Musée de Gaoui (3)

Déc 14, 2021

Les pavillons du Musée du village Gaoui, a environ 20 kilomètres de N’Djamena, capitale tchadienne sont fascinants. Une visite guidée nous a permis de découvrir l’histoire du peuple Sao, mais aussi du peuple Kotoko. Reportage.

Dans le premier pavillon en salle 1 on y trouve, de vases à eau de différents volumes avec une décoration identique. Un bas décoré par incision et le haut, lisse avec des bordures épaisses. Il y a aussi de statuts humains découverts par l’archéologue française Mme Claustre, fait prisonnier par le défunt président Hissène Habré.

Le 2e pavillon, salle 2, il y a des harpons à bout pointu avec une manche. Un outil de pêchedu peuple kotoko. Il y aussi le Malane ou pièges pour capturer les poissons. Ces matériels permettent d’organiser la pêche collective. La prochaine porte c’est la salle 3. Ce pavillon est réservé à la promotion des œuvres des célèbres potières de Gaoui. Des articles disponibles  chez les fabricantes et les visiteurs peuvent faire des commandes si jamais ils veulent en acquérir un ou plusieurs produits. Dans la même salle, on peut voir les « ganounes » ou foyer en poterie, des mouloumi ou grenier en miniature.

Plus loin, c’est la salle de la légende Sao où est décrit ce peuple mythique, ancêtre du Tchadien d’aujourd’hui. L’auteur Marcel Griaule a décrit en 1944 les Sao comme des hommes de grandes tailles qui vivent des pêches, de  chasse et de cueillettes. Leur génie créatif tourne autour de la poterie. Leurs gobelets sont immenses. Ils ont un rite funéraire original dans des jarres pouvant contenir deux hommes. Ils pratiquent selon lui, la pêche sans filet en barrant de leurs mains les rivières. Ils chassaient des hippopotames. Le timbre de leur voix porte à de kilomètres des lieux. Et qui sème la panique chez les animaux de la savane.

Un autre pavillon, la case du nouveau marié. À l’intérieur on trouve un lit en terre battue avec un oreiller à côté d’une pierre de massage. Sur le lit est étalée une peau d’un bélier servant de couverture au nouveau-né. Dans la même case, il y a un grenier moyen pour la femme pour faire le tika, ou poisson en poudre. Histoire des Hommes, histoire des conflits conjugaux, il y a dans le pavillon même un lieu dédié aux mésententes des jeunes couples.

Il y a ensuite, la salle des dignitaires composée d’une chambre du sultan ou le Mey comme est désigné le sultan en langue Kotoko. Il y a aussi des salles des retrouvailles des notables, d’attentes et les accoutrements des sultans et des reines qui datent de plus de 100 ans. Sont exposés également la photo du cheval de sultan Afade, don du président mauritanien Ould Dada, etc. Il y a des salles où on peut voir des armes blanches et des pierres mystiques d’affronts pour la légitime défense en cas d’agressions extérieures. Une dernière salle contient des masques et des photos des lieux sacrés pour les rites d’intronisation des sultans. Au dernier niveau du bâtiment, c’est la demeure du sultan et de son épouse, la reine mère appelée « la goumsou ». Les autres épouses du Mey sont installées au rez-de-chaussée du bâtiment.

Moyalbaye Nadjasna

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