jeudi 20 janvier 2022

Des milliers de camerounais se réfugient au Tchad

Déc 10, 2021

Les conflits intercommunautaires entre éleveurs, Arabes Choa et pêcheurs puis agriculteurs Mousgoun, au Nord Cameroun ont forcé de milliers de personnes à traverser la frontière vers le Tchad. Le gouvernement tchadien, le UNHCR Tchad, le système des Nations Unies au Tchad et ses partenaires sont à pied d’œuvre pour répondre aux besoins urgents. Les réfugiés sont installés dans plusieurs villages de la province du Chari-Baguirmi et certains, dans les quartiers de la ville de N’Djamena. Reportage.

Plusieurs milliers de Camerounais ont fui les conflits intercommunautaires dans la région de l’extrême Nord du Cameroun pour se réfugier au Tchad. Les conflits intercommunautaires ont opposé depuis le dimanche dernier les 2 communautés qui se sont déjà affrontées plusieurs fois dans le passé pour les mêmes raisons : pâturages et partage d’espace et des eaux. Ce conflit violent et meurtrier a contraint des milliers de personnes, composées essentiellement des femmes et des enfants à traverser le fleuve Logone pour se réfugier au Tchad.

Pour le 2e adjoint au maire de la ville de N’Djamena, Brahim Abdou Mahamat Choua, en visite dans le site provisoire de la forêt de Farcha, dans le premier arrondissement, qui accueille les réfugiés, la mairie va faire un geste humanitaire selon ses moyens. Pour l’instant, le maire est venu constater l’accueil et dit qu’il est touché par le nombre de femmes et d’enfants. Il appelle les Tchadiens de bonne volonté à tendre la main aux réfugiés. Selon lui, la Mairie compte apporter rapidement une aide alimentaire avant de s’atteler à d’autres choses. Beaucoup de jeunes et adolescents rencontrés sur le site provisoire de Farcha ont perdu leurs parents. Ils ont fui les conflits sans leurs parents. Ils traumatisés, affamés depuis leur arrivée.

Avant de les prendre en charge, le HCR et d’autres partenaires procèdent à l’enregistrement des réfugiés. Quelques ONG et la Mairie de N’Djamena apportent à manger, mais les autorités peinent à fournir à manger à tous. Plusieurs femmes et enfants dorment sous les arbres sans couvertures ni moustiquaires. En attendant la prise en charge et leur réinstallation, certains réfugiés, surtout ceux qui ont vu leurs parents tuer devant eux, ont besoin d’appui psychologique.

Pour l’administrateur délégué à la Mairie du 9e arrondissement de la commune de N’Djamena, Kélo Agnim, le nombre des réfugiés qui arrivent dans les villages de Karwei et Kabé au bord du fleuve Logone s’accroît de jour en jour. Selon lui, ces réfugiés arrivent à pirogues et à de la nage. L’administrateur délégué affirme que le mardi dernier le 9e arrondissement a enregistré plus de 193 ménages accueillis avec plus de 629 personnes, essentiellement des femmes et des enfants. Un autre village de pêcheur situé au bord du fleuve Logone a, lui aussi enregistré 622 réfugiés. Il précise par les réfugiés continuent d’affluer. Les chiffres sont pour le moment provisoires. Dans un tweet, le président du Conseil militaire de la transition (CMT), le général d’armée Mahamat Deby a appelé la communauté internationale à fournir en urgence l’assistance nécessaire à ces nouveaux réfugiés. « Face à cette situation préoccupante, le gouvernement a été instruit à prendre toutes les mesures appropriées. Aussi, je voudrais inviter mes compatriotes à faire preuve de solidarité et d’hospitalité vis-à-vis de ces personnes forcées à quitter leur pays pour se sauver », a tweeté le PCMT.

Au moins 19 personnes auraient été tuées lors d’un affrontement du dimanche dernier, dans le département du Logone-Chari (Nord Cameroun), entre les pêcheurs Mousgoun et aux éleveurs de bétails arabes Choa suite à leurs litiges liés aux ressources en eau et en pâturage.

Selon les témoignages de certains réfugiés, des maisons, des écoles et des mosquées ont été incendiées. Cela a contraint plusieurs villageois d’abandonner leurs maisons pour trouver refuge au Tchad. Depuis plusieurs mois, la région de l’extrême Nord du Cameroun est le théâtre de violences fréquentes entre les communautés et ces conflits sont souvent liés aux ressources naturelles limitées. En août dernier, 12 personnes ont été lors d’un affrontement entre les 2 communautés pour les mêmes raisons.

Jules Doukoundjé

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