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Évasion et mort de prisonnier : la LTDH exige une enquête indépendante

Déc 07, 2021

Suite à l’assassinat par balle d’un prisonnier qui tentait de s’évader le 29 novembre et la répression qui s’en est suivie le 1er décembre par les forces de sécurité publique. La Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH), exige une enquête indépendante pour situer les responsabilités. Mais le procureur de la République, près le parquet de N’Djamena donne sa version de faits. Reportage.  

Le président par intérim de la Ligue tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH), Me Adoum Mahamat Boukar dénonce les exactions perpétrées sur les prisonniers de la maison d’arrêt de Klessoum, en banlieue sud de la capitale tchadienne, N’Djamena. Le défenseur des droits humains estime que la situation des prisonniers de Klessoum et surtout des prisonniers de guerre est préoccupante. Le responsable par intérim de la LTDH déplore l’usage excessif des gaz lacrymogènes par les forces de sécurité sur les prisonniers dans un endroit fermé. Selon lui, cela a occasionné malheureusement un mort et quelques blessés parmi les prisonniers de guerre du Front d’Alternance pour la Concorde au Tchad (Fact).

Me Adoum Mahamat Boukar estime que ces actes et pratiques violent les règles et conventions que le Tchad a ratifiées, surtout la convention de Genève sur la protection des prisonniers de guerre. Le défenseur des droits de l’homme regrette cet acte qu’il a qualifié de « barbarie moyenâgeuse ». Il rappelle que le gouvernement vient d’adopter en prélude au dialogue politique, 2 projets de loi d’amnistie concernant une partie des politico-militaires en excluant une autre frange importante des rebelles. Il souligne par ricochet que la décision du gouvernement rend l’amnistie partielle, sélective et ne favorise pas un bon déroulement du processus de ce dialogue national inclusif, voulu par tous les Tchadiens. Me Adoum Mahamat Boukar exige une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur la situation des prisonniers. Il demande que les prisonniers de guerre soient traités conformément à la convention de Genève. Et qu’une amnistie totale soit proclamée à l’endroit de tous les prisonniers politiques et de guerre sous réserve des cas de violations graves des droits humains. Le défenseur des droits humains exhorte le pouvoir public à plus de lucidité et au respect des engagements internationaux.

Mais, le procureur de la République près le parquet de N’Djamena, Moussa Wade Djibrine, balaie les allégations du décès en détention à la maison d’arrêt de Klessoum. Il dément l’assassinat d’un prisonnier de la rébellion du FACT. Selon le procureur, dans la nuit du 29 novembre dernier, le prisonnier s’est évadé de la maison d’arrêt en escaladant le mur à l’aide d’un voile tissé. Et c’est au cours d’une course poursuite qu’il a été atteint mortellement par une balle. Il ajoute que ce dernier est mort à l’hôpital de ses blessures. Le procureur de la République, près le parquet de N’Djamena précise aussi que suite à cette évasion, les forces de sécurité ont procédé le 1er  décembre dernier à une opération de fouille et de dénombrement des prisonniers. En dehors de ce cas, il n’y a eu aucun autre décès.

Jules Doukoundjé