jeudi 20 janvier 2022

Alimentation scolaire : sensibiliser pour un changement

Déc 04, 2021

Notre série d’articles sur l’hygiène alimentaire en milieu scolaire se termine. Nous avons donné la parole à la direction d’Alimentation, de la nutrition et de la santé scolaire, mais aussi à l’Association pour la défense des droits de consommateurs (ADC). Ces points de vue ont permis d’étayer les préoccupations relatives aux aliments vendus aux enfants dans les écoles. Reportage.

La qualité des aliments vendus aux élèves dans les établissements scolaires à N’Djamena et dans les provinces préoccupe. Selon M. Daouda El hadji Adam, SG de l’Association pour la défense des droits de consommateurs (ADC), c’est un souci en même temps un défi commun. C’est un problème de prévention alimentation saine, dit-il. « Au niveau de l’ADC, nous avons constaté que beaucoup de maladies dont souffrent nos populations sont dues au manque de prévention sanitaire », affirme le SG de l’ADC. Pour lui, le Tchad dispose un code d’hygiène. Malheureusement, les textes d’application ne sont pas toujours appliqués. Il rajoute que la police sanitaire qui devrait jouer le rôle d’éducation et de sensibilisation des prestataires pour le respect des normes n’est pas opérationnelle.

M. Daouda El hadji Adam, soutient qu’au niveau du ministère de la Santé publique, il y a un manque des techniciens dans le domaine de la prévention sanitaire ou d’hygiène alimentaire. « Vous constaterez que même dans les différents arrondissements de la ville, il n’y a pas assez des techniciens. Cela fait que les gens vendent les produits alimentaires n’importe comment. Il n’y a pas une autorité qui contrôle la tessiture du produit, sa qualité, sa péremption », insiste-t-il. Le SG de l’ADC estime que c’est un laisser-aller total. Cela fait qu’aujourd’hui les enfants sont exposés à toute forme d’insécurité alimentaire dans les établissements scolaires. D’après lui, ce ne sont pas seulement les enfants, mais tout ce qui est vendu dans la rue et dans les marchés qui est douteux. « Les risques sont à tous les niveaux. Parfois, ces produits sont mal conservés et perdent même leur valeur nutritive. Ce qu’il faut c’est de voir avec les structures de cantines scolaires avec l’appui de PAM et de l’Unicef comment faire pour sécuriser ces aliments », dit M. Daoud El hadji. Il affirme que c’est des pistes pour lesquelles, l’ADC voulait s’investir en synergie avec d’autres acteurs pour régler ce problème. Selon lui, il faut que les aliments soient bien présentés dans de conditions d’hygiène et de sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Des équipes formées

Pour le directeur d’Alimentation de la nutrition et de la santé scolaire Taha Hamid Mahamad, des équipes d’hygiène scolaires sont mises en place. Il précise que, ces équipes composées de 10 à 15 jeunes formés sont des élèves. C’est, selon lui, une approche qui va être appuyée par l’Unicef et le PAM. Ce sont des clubs qui vont travailler pour le maintien de l’hygiène et de la salubrité dans chaque établissement scolaire, confie-t-il.

« Il s’agit des élèves des cours moyens 1re et 2e année. Les parents d’élèves sont aussi impliqués et jouent le rôle des encadreurs. Pour les mécanismes de suivi, on a des cadres qui effectuent des missions de suivi de façon périodique », explique M. Taha Hamid Mahamad. Au cours d’un contrôle, si un technicien découvre une vendeuse avec des aliments sans condition d’hygiène, on la met dehors, dit-il. « On sensibilise certaines vendeuses en attirant leur attention sur les aliments qu’elles vendent. Il faut des aliments appropriés aux enfants. Vous savez, nous mettons du paquet surtout sur la question de l’hygiène scolaire ».

Le directeur reconnaît tout de même que certains aliments qui ne sont pas protégés constituent de problèmes. « Jusque-là on n’arrive pas à maîtriser les femmes vendeuses. Elles viennent de partout. Et la mentalité des élèves nous surprend toujours. Souvent, ils préfèrent acheter de petites choses telles que les criquets. Alors c’est aussi un problème d’éducation, d’environnement et du milieu ». M. Taha Hamid affirme que lui et son équipe font souvent des campagnes de sensibilisation sur le changement de comportement. Il souligne que des cas d’intoxication alimentaire ne sont pas encore signalés. Les enfants sont aussi déparasités, voire vacciner, évoque le directeur en terminant son propos.

Moyalbaye Nadjasna

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