jeudi 20 janvier 2022

Esso réclame 30 milliards de F CFA à ses employés

Nov 30, 2021

Le jeudi 25 novembre 2021, les employés d’Esso Tchad mis au chômage ont répondu à l’assignation de leur employeur devant le Tribunal de grande Instance de N’Djamena. Esso-Tchad, selon l’Avocat des employés, réclame une somme faramineuse de 30 milliards FCFA. Cette somme selon Esso représente la perte qu’elle aurait subie pendant la période de grève et des dommages et intérêts assortis d’une provision à hauteur de 500 000 F CFA représentant les frais de procédure. Or le 5 novembre dernier, l’UST a réagi contre les intimidations de Esso. Reportage.

L’assignation de Esso-Tchad contre les membres de comité désignés par les salariés pour négocier avec la direction générale selon Me Mouné Koudangbé est vide de sens et inédite. Il affirme que Esso réclame devant le tribunal que ses employés soient condamnés à lui payer la faramineuse somme de 30 milliards de nos francs. « Cette somme selon Esso représente la perte qu’elle aurait subie pendant la période de grève et des dommages et intérêts assortis d’une provision à hauteur de 500 000 F CFA  représentant les frais de procédure », explique Me Mouné.  Pour lui, une procédure comme celle-là ne peut prospérer au regard de la loi. Cela n’a aucun fondement juridique, ajoute-t-il. « Même la juridiction saisie pose véritablement problème. Je pense qu’on aura le temps de discuter de différents moyens de défense devant cette juridiction et nous obtiendrons gain de cause à mon avis parce que trop légers ».

Me Mouné Koudangbé soutient qu’il y a deux notions : la grève et le lock-out. Pour lui, la grève est une chose et le lock-out déclenché par Esso en est une autre. « La grève nous sommes dans un État de droit, elle est reconnue par notre loi fondamentale qui est la Constitution et même le Code du travail régit la grève. Il s’agit d’un droit fondamental que les employés ont exercé dans le respect de la légalité. Concernant le lock-out, c’est l’employeur Esso qui l’a déclenché. C’est une sanction prévue par le Code du travail pour pouvoir réprimer une grève illicite ». Seulement précise-t-il que dans le cas d’espèces, on ne peut aucunement parler d’une grève illicite .

La procédure conduisant au déclenchement de cette grève a été scrupuleusement respectée jusque-là, note-t-il.  Pour l’avocat, le lock-out déclenché par Esso est illicite. « Cela a été décidé lorsqu’il y a eu déjà reprise de travail. Or la loi dit que c’est en répression a une grève. Ce qui explique qu’il faudra que les employés soient d’abord en grève avant de déclencher le lock-out. En l’espèce il s’avère que, les employés avaient décidé de la levée de la grève 24h plus tôt avec une notification à la direction. Et les activités ont même repris sur le site pétrolier de Komé dans la journée du 7 octobre », dit-il. Curieusement, en pleine journée de travail, l’employeur a pris la décision de mettre les travailleurs en lock-out, ce qui est contraire à notre loi, soutient Me Mouné.

Le 5 novembre 2021, l’UST la plateforme syndicale des travailleurs au Tchad à travers un communiqué de presse s’est insurgée contre cela. Selon l’UST, Exxon Mobil ne respecte pas la préinscription légale des textes en vigueur. Elle demande que la Direction générale d’Esso arrêter ses menaces et intimidations et les sanctions disciplinaires (blâmes, mise à pied et licenciement massif…) contre les employés.

L’UST regrette aussi, les démarches entreprises par la direction générale d’Esso pour un recrutement massif des expatriés au détriment des nationaux. Elle déplore aussi le manque de réaction du gouvernement, « face à ces déviances comportementales, ces sentiments de supériorité exagérés, ces zèles hors norme, en face desquels le devoir d’une action exigeante s’impose. L’UST appelle à la responsabilité du gouvernement devant ces violations flagrantes du code de travail tchadien », précise le communiqué. L’UST demande des sanctions appropriées pour restaurer la légalité.

La suite de la procédure judiciaire de Esso Tchad contre ses employés est attendue d’ici au 9 décembre 2021 au palais de justice de N’Djamena.

Moyalbaye Nadjasna

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