Abattoir de Farcha, endetté a plus de 2 milliards F CFA

Nov 20, 2021

L’abattoir frigorifique de Farcha (AFF), créé depuis 1958, croule sous une dette colossale de plus 2 milliards de francs CFA dont 843 millions constituée des impayées de la Société Nationale d’Électricité (SNE). L’entreprise est dans l’incapacité d’éponger ses dettes, elle a mis la clé à la porte et a contraint plus 200 employés au chômage. Reportage.

L’abattoir frigorifique de Farcha traverse une crise financière sans précédent. L’entreprise est incapable d’éponger ses dettes évaluées à plus 2 milliards de francs CFA dont 843 millions pour des factures impayées de la SNE. Dos au mur, la société est contrainte depuis le 14 juillet dernier à fermer boutique. Cette fermeture a mis les 200 et quelques employés, qui n’ont pas été payés depuis 6 mois. Ils se sont organisés pour réclamer leur dû.

Les responsables de l’entreprise appellent au calme et promettent de solutions dans les jours à venir. Issaka Abbo Idriss, administrateur gestionnaire provisoire affirme que l’abattoir est une structure étatique à caractère industriel et commercial.  Il soutient que depuis sa création en 1958 jusqu’en 1998, l’abattoir fonctionnait correctement. Mais à partir de 1999, l’État avait opté pour une location de gérance avec une société dénommée société moderne des abattoirs qui a géré l’abattoir pendant 15 ans. Toutefois, il précise qu’avec le temps les installations sont devenues vétustes, les dettes se sont accumulées jusqu’en fin 2014. Et l’État était obligé de reprendre la gestion. « Nous sommes arrivés à un moment où on n’arrive pas bien à entretenir les installations et on a de difficultés à payer les salaires », explique Issaka Abbo Idriss.

Le nouvel administrateur gestionnaire révèle que les dettes se sont accumulées avec un passif de 2 milliards de nos francs à payer aux différents partenaires. Les factures d’électricité et les arriérés de salaires remontent à 5 mois. « Ce sont ces énormes dettes qui ont contraint l’abattoir à mettre les clés à la porte depuis le 14 juillet dernier », précise-t-il. Il reconnaît la souffrance des salariés qui traversent actuellement un moment difficile. Il leur demande de patienter et tout va entrer dans l’ordre. M. Issakha fait savoir qu’il faut travailler 3 mois pour payer un mois, à cause des recettes.  L’abattoir est malheureusement en arrêt depuis juillet et la situation est devenue intenable pour les employés. La nouvelle équipe se bat pour redémarrer l’abattoir, mais ce qui bloque, c’est le manque d’énergie électrique. Le gestionnaire affirme que la facture d’électricité a atteint les 843 millions de francs CFA. Toutefois, il affirme que le ministre de l’élevage et de la production animalière a écrit à son collègue des Finances. Il estime que la semaine prochaine étape est la réouverture de l’abattoir. Il a critiqué la création en désordre des aires d’abattage qui créent un manque à gagner à l’abattoir. Selon lui, les 6 aires d’abattage que compte la ville de N’Djamena sont un sérieux problème de santé publique, car il n’y a pas de contrôle de qualité et constitue un goulot d’étranglement pour l’abattoir.

Au sujet des arriérés de salaires, il dit que l’administration est consciente de la situation, et qu’ils ont le droit de manifester, mais dans bientôt ce serait un vieux souvenir. En abondant dans le même sens, l’administrateur gestionnaire adjoint, Baïdi Yanyabé estime que les négociations sont en cours avec la SNE pour ramener l’électricité. Il ajoute que la réouverture de l’abattoir dépend du retour de l’électricité. Et les négociations en cours permettront de décanter la situation. Le chef du personnel, Hissene Ladoual affirme que la production ne peut pas couvrir les salaires. Selon lui, il faut 25 millions par mois pour payer les salaires, alors que l’abattoir ne fait qu’entre 12 et 15 millions par mois. Les recettes ne peuvent couvrir la masse salariale.

Pour Azalo Hamid, président du syndicat national des agents du ministère de l’élevage et de la production animalière (SYNAME), les employés d’abattoir de Farcha devraient d’abord saisir le SYNAME avant d’engager une action revendicative. Selon lui, ses camarades ont organisé un setting devant le ministère de tutelle sans en informer la base.  Cette situation embarrassante l’avait obligé à demander une audience pour rencontrer le ministre de l’élevage et de la production animalière. Il souligne que le ministre les a reçus et leur a montré les preuves des correspondants envoyés au ministre des Finances pour qu’il rétablisse les salaires des employés. A son avis, le ministre de l’élevage et de la production animalière a aussi adressé une correspondance au Premier ministre de la transition, Pahima Padacké Albert pour lui expliquer la situation de ces agents. « Nous sommes en train de mener des démarches, mais les gens ne savent pas et sont pressés de faire de setting et c’est embarrassant. En tant que syndicat, on est garant de la médiation. On a discuté avec le ministre qui nous a promis de faire de son mieux pour rouvrir l’abattoir », explique le syndicaliste. Au sujet de leurs arriérés de salaire, Azalo Hamid précise que le ministre de l’élevage et de la production animalière leur a donné des garanties qu’ils seront payés dans les jours à venir. Pour le moment, ils doivent prendre leur mal en patience, car le ministre des Finances est en voyage avec le Premier ministre de la transition.  « C’est sur ce point que nous nous sommes entendu et j’ai rendu compte aux employés, il faut juste la patience », conclut le président du SYNAME. Pour l’employé blessé par la police devant le ministère de l’élevage, il affirme que le SYNAME a décidé de prendre l’affaire à main.

Jules Doukoundjé

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