vendredi 3 décembre 2021

Visio-conférence de la Banque mondiale sur l’économie au Tchad

Oct 16, 2021

Dans le cadre de « la semaine du savoir » initiée par la Banque Mondiale (BM) qui consiste à échanger avec les autorités et les acteurs de la société, une visioconférence a été organisée le 14 octobre dernier à la maison de la femme. C’était pour présenter le rapport intitulé « Tchad, note sur la situation économique et les avantages économiques d’une société post COVID 19 attentive à l’égalité hommes-femmes au public ». Le rapport examine l’ampleur des inégalités des genres et leur impact économique sur le pays. Reportage. 

L’objectif de la BM à travers « la semaine du savoir » est de recueillir les écoutes de l’audience pour faire des argumentations et des analyses qui sont nécessaires à l’amélioration de l’économie tchadienne. Depuis Washington, les conférenciers ont tour à tour exposé par vidéoconférence des thèmes liés à l’inégalité de Genre dans la production agricole. Ils ont aussi évoqué les effets de la COVID 19 qui aggravent les vulnérabilités déjà persistantes sur les femmes tchadiennes et ont proposé quelques pistes de solutions. La conférence s’articule sur l’agenda 2030 de la BM. Elle démontre comment l’inégalité Genre affecte les ménages, les entreprises, les marchés et les sociétés tchadiennes. Fulbert Tchana Tchana économiste principale de la Banque Mondiale a axé sa présentation sur l’inégalité de genre dans la production agricole et l’entrepreneuriat qui entraînent des pertes économiques substantielles. Il affirme que les parcelles gérées par des femmes sont 62% moins productives que celles gérées par les hommes. « La ségrégation entre les sexes peut également être liée au choix des cultures. Ainsi, plus les femmes cultivent le mil, le sorgho et le riz, plus leur écart de productivité agricole est faible ». Ajoute-t-il. Pour l’économiste, en plus de l’inégalité des genres dans la production agricole, la  ségrégation professionnelle aussi est plus apparente au Tchad. « Les hommes ont plus tendance à travailler dans les secteurs de la construction, des transports, de la communication, de l’agriculture et de l’élevage. Les femmes travaillent plus dans le domaine de l’éducation, de la santé, de l’hôtellerie et des services aux personnes », dit-il.

Un autre exposé présenté par madame Clara Delavalade, économiste principale du laboratoire de lutte contre les inégalités en Afrique Subsaharienne. Elle démontre un tableau sombre sur l’inégalité dans le domaine de l’éducation des filles et garçons. Pour l’économiste, les filles ont en moyenne une durée de scolarité de 1,3 année soit un peu plus d’un tiers de la durée pour les garçons qui est de 3,6 ans. Selon toujours elle, les garçons ont plus de chance d’être scolarisés et y rester plus longtemps que les filles. Pour Mme Clara Delavalade, le Tchad enregistre un taux de 67% de mariages des enfants. Elle souligne aussi que ce mariage est associé à un taux élevé de grossesse précoce. L’experte sur la question des inégalités note que le fait de donner en mariage trop tôt les adolescentes contraint celles-ci à abandonner les bancs de l’école. Selon elle, il existe un lien étroit entre le mariage des enfants, la grossesse précoce et les mutilations génitales féminines. « Les mutilations génitales féminines sont culturellement liées à une plus grande chance de mariage. Car elles servent de rite de passage de l’enfance à l’âge adulte alors il est difficile de les séparer de la pratique du mariage des enfants », affirme l ’économiste.

Les questions de l’assistance ont tourné autour de la responsabilité des parents dans l’éducation de leurs enfants, le rôle que joue la BM dans l’entrepreneuriat des femmes tchadiennes et en quoi la COVID 19 affecte plus les femmes que les hommes. Toutes ces préoccupations ont été prises en compte par les conférenciers. Ils soutiennent que la pandémie a fait une pression sur le système sanitaire mondial. Il faut signaler aussi que le système sanitaire du Tchad connaît déjà des problèmes et la pandémie n’a pas aidé surtout sur la santé de reproduction des femmes en ce qui concerne l’accès aux services de base. Les solutions proposées consistent entre autres à limiter la discrimination dans l’emploi et tous les niveaux de la société. Les conférenciers suggèrent qu’il faut maintenir le plus longtemps possible la fille à l’école. Ils souhaitent qu’on améliore la productivité dans le domaine agricole et entrepreneurial des femmes. Outre les pistes de solutions proposées, les économistes de la BM rassurent le public qu’un exemplaire du rapport est envoyé aux autorités. La BM fera le suivi des programmes et la sensibilisation afin de faire bouger les lignes dans le domaine économique au Tchad.

Kouladoum Mireille Modestine


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