Chronique

Chronique (87)

Une fois de plus, les tchadiennes et tchadiens viennent d’assister à une démonstration de l’incompétence notoire des autorités tchadiennes face un problème aussi minime que la situation des étudiants tchadiens en Russie.

Ayant cru à l’intelligence et au sens de responsabilité de nos gouvernants, les étudiants Tchadiens en Russie ont patienté et attendu deux bonnes années le complément de leur bourse d’étude. Mais fort est de constater qu’ils ont à faire à une bande des mafias au pouvoir que, même le diable implore sa pitié, animée d’aucun souci face à la dégradation de la couche sociale tchadienne et moins encore de la situation financière dans laquelle se trouvent les étudiants tchadiens à l’étranger.  

En remettant une enveloppe de 10 millions de FCFA à son excellence Djibrine Abdoul, Ambassadeur du Tchad en Russie, pour les étudiants boursiers en Russie, qu’est-ce que le président Idriss Deby voudrait prouver à l’opinion nationale et internationale? Qu’il est à l’écoute et est sensible à la souffrance de ses compatriotes? La souffrance dont il doit assumer une bonne part de responsabilité.

Les tchadiens ont été fort longtemps dupés, enroulés dans le mensonge par le politique. Nous disons trop c’est trop. La jeunesse d’aujourd’hui ne veut être complice et refuse de participer à la mendicité. Elle ne réclame rien d’autre que son droit. C’est pourquoi les étudiants tchadiens boursiers en Russie ne devraient pas voir dans le geste du président Deby un signe de gratitude mais, plutôt une insulte à leur intelligence. Ils ont droit au paiement régulier du complément de leur bourse, étant donné qu’ils sont détenteurs des arrêtés de bourse. Et aussi, le montant annuel du complément de leur bourse a été comptabilisé dans les autres dépenses (charges diverses) et incorporé dans le budget de dépenses de l’état. Nous ne voyons pas la raison pour laquelle son excellence Djibrine Abdoul ait parti réclamer auprès de Deby pour le compte des étudiants en Russie et lui soutiré 10 millions de FCFA, au lieu d’obtenir une garantie suivi de paiement régulier de dudit complément de la part du ministère de finances chargé d’exécuter les dépenses budgétisées de l’état.

Ce geste confirme une fois de plus « l’intouchabilité » du ministre de finances, et la confusion de gestion de bien public au patrimoine personnel.

Le ministre de finances doit comprendre que lorsqu’on élabore un budget annuel d’un pays, il sert à la réalisation des engagements inscrits dans le cahier de chaque ministère y compris celui de l’éducation et enseignement supérieur. Et étant que ministre de finances, il n’a que le simple mandat d’assurer la bonne distribution de ce budget au moment et au temps voulu par chaque ministère.

Si le président Idriss Deby par le passé réglait des problèmes en remettant personnellement des enveloppes contenant des sommes minables, que le partage donnerait 135 $ par personne, au lieu de rappeler le ministère de finances à l’exécution véritable de ses tâches, ce qui serait de nature responsable, nous dirons que le problème des étudiants tchadiens en Russie, est loin d’être résolu.

Ces étudiants n’ont jamais inscrit à leur ordre du jour « une démarche d’assistance financière auprès d’Idriss Deby par le biais de la mendicité ». Tout ce qu’ils réclamaient, que le complément de leur bourse soit versé de façon continuelle et conformément à la durée de leur formation. Cette revendication ne peut être comprise que si, le président de la république, le ministre de finance, et le gouvernement dans son ensemble ont la volonté politique de s’occuper des tchadiens, ce qui n’est pas le cas jusqu’à nos jours.

Armand Djedouboum Nadjibé

Le fonds monétaire international (FMI) dans sa politique de lutte contre la pauvreté dans les pays les plus pauvres, a mis sur pied un programme dénommé la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC). Grâce à ce programme, le FMI accorde aux pays dits les plus pauvres de la planète terre un crédit à taux d’intérêt de 0,5 % remboursable sur 10 ans avec une période de grâce de cinq ans et demi.

Mis au courant de l’existence d’un tel programme, le Tchad sous le gouvernement de Haroun Kabadi, dans son mandat de 365 jours, a monté un dossier contenant des informations erronées sur le retard de ses paiements extérieurs lui permettant de soutirer 7,6 millions de dollars de la caisse de FMI, en octobre 2002, dans le cadre dudit programme.

Or, en agissant ainsi, le gouvernement tchadien a ignoré le pouvoir de décision rétroactive que dispose le FMI dans le cadre de cet accord. Pourtant les termes de référence de cet accord de crédit sont simples et clairs. Ils disent : « tout pays bénéficiant de crédit dans le cadre de l’accord de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) doit performer et éviter de connaître de nouveaux arriérés de paiements extérieurs. En cas de non-respect et/ou de violation, le pays perd tous les avantages liés à ce prêt à terme, et se verra imposer un échéancier à court terme de remboursement des sommes dues au FMI. » 

Lorsque nous jetons un coup d’œil sur le cas du Tchad, nous remarquons durant la période de juillet, septembre 2002 jusqu’en avril 2003 une accumulation de nouveaux arriérés de paiements extérieurs. Cette accumulation des arriérés qui n’a jamais été mentionnée au FMI par les autorités tchadiennes, mais découverte quand même par l’institution financière, constitue donc une violation de critère de performance susmentionné. Face à ce non-respect de l’entente et du mensonge des autorités tchadiennes, le Fonds monétaire international n’est pas allé avec le dos de la cuillère. Dans un communiqué rendu publique le jeudi 26 juin 2003 à Washington, le FMI demande au Tchad de rembourser les 7,6 millions de dollars (environ 5 milliards de francs CFA) en deux versements égaux au plus tard le 31 juillet et le 31 octobre 2003.

Cependant, il faut se demander où est-ce que le Tchad, dans l’état actuel de ses finances, va trouver une somme pareille ? Ces dirigeants, oui ! Comme la tradition présidentielle le veut en Afrique, les avoirs d’Idriss Déby après 12 années de pouvoir sont plus élevés que toute la richesse du Tchad. Cette richesse accumulée de façon malhonnête dont une partie vient des programmes de développement financés par les institutions de Bretton Wood, fait aujourd’hui de Déby un président de la république généreux aux yeux de ses adorateurs vivant aux quatre coins du monde. Ces louangeurs voient, le fait que Déby reçoive les gens au palais rose et leur remette une enveloppe ou une clé d’une grosse cylindrée (voiture) de ses propres mains, un signe de bonne gouvernance. Quelle absurdité ?  C’est dommage !

Fidèle à sa tradition, Idriss Déby, agirait-t-il ainsi dans ce dossier ? Ou bien, obligerait-il Haroun Kabadi à ramener les 7,6 millions $ US (environ 5 milliards de francs CFA) ?

Ce dont les tchadiennes et tchadiens sont sûr, c’est que cet argent n’a pas été dépensé pour la lutte contre la pauvreté, la cause pour laquelle le gouvernement de Haroun Kabadi a menti en ternissant l’image du Tchad auprès du monde des finances.

Connu des comportements malpropres dans plusieurs dossiers dont celui de la société cotonnière du Tchad (COTONTCHAD) ou il y avait eu 17 milliards de FCFA de déficit après ses trois années de gestion, Haroun Kabadi, est un personnage à moralité douteuse. Si le Tchad est un pays qui se respecte, celui-ci ne serait jamais Premier ministre.  Mais comme Déby nomme les gens au poste de Premier ministre sur la base de leur croyance au « Débyisme », Haroun Kabadi étant adepte émérite de cette doctrine qui prône l’enrichissement illicite des deniers publics, fut propulsé Premier ministre. Ainsi tout au long de son mandat de 365 jours, le premier ministre ne s’est soucié d’une seule chose : comment profiter de son séjour à la primature pour amasser plus de la richesse afin de battre le record de ses prédécesseurs tels Djimasta Koibla et Nagoum Yamassoum.

Gagné par cette obsession, la gestion des affaires courantes a échappé au 8e premier ministre de Déby. L’insécurité permanente a refait surface. Les fonctionnaires dans les provinces accusent dix mois d’arriérés de salaires. Les ambassades du Tchad manquent des moyens logistiques au point que certains ambassadeurs se déplacent en transport en commun (métro, autobus). La situation des étudiants tchadiens à l’étranger reste précaire. La capitale, N’djamena, demeure une ville sans eau et sans électricité. La corruption bat son plein, plaçant ainsi le Tchad en premier ex-æquo avec le Nigeria parmi les pays les plus corrompus du monde.

Il est bien dommage que nos Premiers ministres ont toujours voulu faire plaisir à Idriss Déby en sacrifiant tout un pays. Mais ce qu’ils ne savaient pas, ce dernier finit toujours par couper la main d’autrui qui le sert lorsqu’il est rassasié.

Moussa Faki, juriste intègre d’après le clan MPS, à vous maintenant le bâton de relais de la primature. Vous feriez mieux de porter une armure aux deux bras.

Que Dieu épargne la jeunesse tchadienne de ce comportement ignoble ! 

Armand Djedouboum Nadjibé

Mode de vie, choix personnel, désespoir, réjouissance ou refuge ?  L’alcoolisme est présent à jamais au Tchad.
Encouragé par le déficit récurrent de l’autosuffisance alimentaire et de la rareté de l’eau potable, l’alcoolisme sévit la jeunesse au Tchad. Une jeunesse sans défense, fragilisée très tôt par les querelles égoïstes de ses aînés ôtant en elle toute la joie de vivre, fait maintenant face au fléau de l'alcoolisme.

Ce phénomène paru dans le macro environnement social du Tchad, désoriente le sens de responsabilité et du civisme des jeunes. Il handicape, hypothèque sérieusement nos valeurs ancestrales, et remet même en doute l’existence du Tchad en tant que Nation capable d’assurer à sa jeunesse la satisfaction de ses besoins fondamentaux, entre autres, se nourrir, se vêtir, se soigner, se loger, etc., sans la moindre offense de la conscience.

Au seuil du nouveau millénaire où se profilent les richesses et la multiplication des besoins artificiels, la jeunesse tchadienne est toujours à la recherche de la satisfaction de ses besoins vitaux dont elle est incapable d’assurer le strict minimum sans vendre son âme ni sa dignité.

Ranger dans l’oubliette la notion de la débrouillardise dans un pays ou l’économie tourne plus lente que la marche d’un caméléon, la jeunesse tchadienne engorgée par la souffrance et n’ayant aucune autre porte de sortie que celle de l’alcoolisme, a confisqué son avenir et son droit d’être heureuse en empruntant ce sentier morbide.

Ce n'est pas surprenant au Tchad de voir, pour besoin d’un verre et/ou d’une calebasse d’alcool, les gens s’adonner à n’importe quoi.

Aujourd’hui, les Cabarets - Bars sont élevés au rang des meilleurs centres de thérapie au Tchad où les jeunes  prennent refuge afin de se guérir des maux de vie. Hypnotisé sur cette pensée irréelle, le contrôle de soi n’a pu résister cédant ainsi son trône à la misère, à l’immoralité, à la malnutrition, à des maladies (le sida, la tuberculose pour ne citer que ceux-là), causant ainsi des morts de façon géométrique dans les ménages tchadiens.

Comme si cela ne suffisait pas, « la sentence du diable est prononcée ». A la porte de sortie de ces centres de thérapie (cabarets – bars)  se pointent les Sectes. Celles-ci élevées au rang des meilleurs centres de psychologie au Tchad, récupèrent et endoctrinent l’alcoolique (le tchadien vulnérable par l’effet de la thérapie). Cette pratique basée sur des idéologies hors du bien-être commun, ne répondent qu’à la vision et aux objectifs visés par les gourous.

Bien que la visibilité de la dérive de la jeunesse tchadienne soit aussi claire que même un non voyant aurait aperçu, le gouvernement et la classe politique à l’Assemblée Nationale du Tchad adeptes du sadisme, ne manifestent aucun intérêt pour la mise en place d’un mécanisme de lutte contre ce fléau. Par exemple initier et encourager la création des centres de désintoxication – aménager des centres de loisirs – enrichir les émissions culturelles à la télévision - contrôler les horaires d’affaires des débits de boisson (les bars qui s’ouvrent la plupart, de lundi au jeudi, à partir de 10 heures du matin et se ferment à 22 heures, et fonctionnent 24h sur 24 les week-ends), etc. Ils préfèrent,  bien au contraire, encourager, en octroyant davantage des patentes et licences d’exploitation permettant aux Cabarets - Bars de se proliférer et prendre en otage la population tchadienne. Ceci, dans le seul but de se créer des richesses dont les tchadiennes et tchadiens ignorent la gestion et les retombées. Si cette création de richesses ne servirait pas à augmenter le ratio de productivité des institutions financières et le mouvement des capitaux dans les pays auxquels nos véreux gouvernants détiennent des comptes bancaires anonymes (tout sauf au Tchad).

La vulnérabilité d’une bonne partie de la jeunesse face au fléau de l’alcoolisme menace le tissu social et la stabilité des foyers dont les premières victimes sont les femmes et les enfants. Le gouvernement et l’Assemblée Nationale n’ont pas le droit de rester muet face à ce fléau. Ils doivent agir au plus vite, sinon ils seront complices du suicide collectif d’une bonne partie de la population qu’ils prétendent représenter.

Armand Djedouboum Nadjibé

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