Critiques, questions, observations et amendements ont constitué les temps forts de la présentation du programme politique du gouvernement de la transition ce 14 mai 2021 à l’Assemblée nationale. Retour sur l’événement avec ialtchad!
La majorité des députés qui ont pris part lors de la présentation du programme politique du gouvernement de transition ont qualifié le programme de très évasif et ambitieux. Selon l’honorable Madjitoingué Bérangar, ce programme est un discours remplit de belles parole. «Nous ne savons pas avec quels moyens financiers le premier ministre réalisera ce programme politique», dit-il observer. Pour lui, l’équipe de transition devrait focaliser ce programme sur deux axes. La première devrait être une phase intérimaire et la seconde transitoire, a proposé le député. Aujourd’hui dit-il, le citoyen lambda ne connait pas faire la différence entre militaires, gendarmes, polices, etc. car le Tchad n’a pas une armée républicaine. On a plutôt monté des gens pour les faire entrer dans l’armée. «Il faut qu’on respecte la laïcité de l’Etat. Il y a des gens dans la salle qui sont allergiques à la vérité. Ce beau discours que vous venez de faire, son application doit être de rigueur », a-t-il martelé avant de terminé son propos.
Le député Issa Mardo, note un manque de cohérence, d’articulation et d’idées dans le programme politique de transition. Dans ce document déclare-t-il, du point de vue la forme, on joue avec les articles comme «le, la, les pronoms personnels tels que je, nous, et de répétitions de mots.» Il estime que le document devrait être harmonisé. Le 6ème vice-président de l’Assemblée Nationale, député Rakhis Mahamat Saleh, demande au premier ministre les raisons de la réquisition de l’hôtel Chari et le sort de ses employés. Acceptez-vous de laisser la main libre à votre ministre de la justice, a rajouté l’élu?
Apres quelques observations, Saleh Kebzabo note au premier ministre et ses collègues de comprendre que ce qui s’était passé avec la junte c’est un coup d’Etat. Alors si tel en est le comité militaire doit gérer le pays ordonnance tout simplement et il n’y aura plus de désordre. Saleh Kebzabo s’est vu coupé son intervention en direct à la Radio et Télévision nationale. Après vérification, il se trouve que c’était une erreur technique. Il était réécouté 10 minutes plus tard. Pour le député Manadji Tolkem Bertin, la nation repose sur trois (3) piliers, notamment la sécurité, la justice et les finances. Aujourd’hui, dit-il, ce qui touche les tchadiens, c’est la justice sociale. L’administration tchadienne est truquée des incompétents, affirme-t-il. L’honorable interpelle le premier ministre de revoir tout cela s’il veut que son gouvernement soit acclamé.
« … l’hôtel du Chari est un immeuble public»
Etant donné que la plupart des interventions étaient des observations et amendements, le premier ministre de transition Pahimi Padacké Albert, s’est appesanti sur la question de de la réquisition de l’hôtel Chari, le sort de ses employés et celle des manifestants et leurs commanditaires.
Le chef du gouvernement de transition a tout d’abord signifié que l’hôtel du Chari est un immeuble public. Selon lui, pour une petite histoire, en 2009 à 2018 cet hôtel a accumulé des arriérés d’impayé d’impôt de 19 milliards. «Cet hôtel, un moment donné assurait une sorte de suppléance dans les infrastructures hôtelières qui n’étaient pas des nôtres de 2012-2014», précise-t-il. Pour terminer sur ce point, Pahimi indique hôtel Chari est fermé depuis avril 2020. D’après lui, depuis cette date, c’est l’Etat tchadien qui a versé l’argent pour y loger les personnes atteintes du Covid-19. Depuis lors, l’ l’hôtel Chari est fermé informe-t-il. «Le personnel a été confié à la SONECSO qui payait déjà leur salaire. Ces agents vont être ensuite redéployés dans quelques hôtels, propriétés de l’Etat. L’hôtel du Chari va abriter définitivement la primature», a éclairé le premier ministre. Il relève en outre que les lits de cet hotel vont être affectés aux hôtels de chasse qui sont construits depuis 2 ans et qui n’ont pas été meublés.
Concernant le cas des manifestants ou des commanditaires, l’homme d’Etat a regretté les pertes en vies humaines et des cas de blessures signalés. Cependant, il note dans le contexte actuel, les menaces pèsent de tout côté sur le pays. «La loi tchadienne permet la marche. Mais, je voudrai demander à mes chers compatriotes, ce que nous voyons, est-ce que c’est vraiment de la marche ? Amener les mineurs à brûler les pneus, jeter des cailloux sur les biens publics et privés, est-ce cela la marche? Nous ne pouvons pas éduquer nos enfants à casser. Il faut que nous soyons responsables», s’est-il interrogé.
Pour lui, conclut-il, la voie du dialogue devait être privilégié dans les revendications des droits. «Seul moyen de résoudre nos problèmes pour permettre à notre pays d’avancer», a-t-il exprimé.
Moyalbaye Nadjasna
Allarassem Djimrangar
Dissoute après la mort du président Idriss Deby Itno, puis réhabilitée, l’Assemblée Nationale (AN) vient d’accorder sa confiance à l’équipe du gouvernement de transition de Pahimi Padacké Albert. C’était à travers un vote entérinant le programme politique présenté ce, 14 mai, à l’hémicycle à Gassi, dans le 7e arrondissement.
149 pour, 0 contre, 0 abstention, c’est le résultat du vote des parlementaires tchadiens qui a entériné le programme politique du gouvernement de transition, présenté par Pahimi Padacké Albert. «Préserver la paix et garantir la sécurité des tchadiens» est le credo de ce gouvernement a affirmé le Premier ministre. C’est un programme axé sur 9 points a indiqué le Premier ministre. Il s’agit entre autres:
Dans les détails, le Premier ministre de transition met l’accent sur la paix et la sécurité comme conditions primordiale pour la garantie du processus électoral équitable et transparent. Il rajoute que la paix tant souhaitée ne peut cohabiter avec la détention illégale et généralisée d’armes de guerre par les civils. Pahimi Padacké Albert soutient que son gouvernement va veiller à l’apaisement des tensions communautaires pour une cohabitation pacifique et le vivre ensemble des filles et fils du Tchad. Car dit-il, la diversité sociale et culturelle devrait être un gage du développement du Tchad. «Le dialogue politique, social et interreligieux doit enraciner la paix et la concorde nationale», a insisté le Premier ministre de transition dans sa présentation. En outre, il relève que le respect des lois, des droits et l’exercice des droits individuels et collectifs par la puissance publique et les citoyens doivent marquer la démocratie au Tchad.
L’autre point important, c’est l’organisation d’un dialogue inclusif de la réconciliation nationale. Pour le chef du gouvernement de la transition, ce cadre verra la participation de tous les Tchadiens de l’intérieur comme de l’extérieur du pays. Aucun sujet d’intérêt national ne va être occulté, rassure-t-il. «Nous débattrons de tout et nous déciderons sur tout ce qui concerne le nouveau contrat social que nous voulons pour notre peuple ».
Un autre point est la nouvelle constitution. Pahimi Padacké Albert, signale que son équipe va élaborer un projet de constitution qui va tenir compte des conclusions du dialogue national inclusif. Objectif, aboutir des institutions fortes, plus démocratiques, pour des élections crédibles et transparentes, signifie dit-il. Pour améliorer les conditions de vies des Tchadiens, il promet de rendre disponible le vaccin contre la covid-19 d’ici peu.
À noter que la Cour Suprême par un avis du 7 mai 2021, après l’examen de la requête du Ministre Secrétaire Général du gouvernement a habilité l’Assemblée nationale d’exercer les attributions du Conseil national de transition (CNT) en attendant sa mise en place. La présentation de ce programme politique du gouvernement de la transition fait suite au conseil du ministre tenu le 12 mai 2021.
Moyalbaye Nadjasna
Allarassem Djimrangar
A la simple évocation de son nom, les visages s’attristent, l’émotion noue les gorges, les timbres des voix chevrotent, les mots sont pesés et soupesés, ils sortent difficilement, la douleur remonte dans les mémoires et paralyse le verbe de ceux qui tentent d’évoquer ce fils du pays : le défunt journaliste Saleh Gaba. Ialtchad Presse a failli abandonner ce projet qui consiste à mieux connaître et faire connaître ce grand monsieur du journalisme tchadien. Portrait.
En abordant chaque fois le sujet on y ressent un immense respect et un attachement à l’homme, à l’éminent journaliste qu’il a été. Saleh Gaba, tchadien, journaliste mort dans les geôles de la dictature pour avoir voulu exercer librement son métier de journaliste. Pour avoir été simplement un esprit libre. Pour avoir été un soldat de l’information.
Les mots qui reviennent souvent dans la conversation quand on parle de Saleh Gaba sont : « esprit libre », « rigueur », « passion », « droiture », « amoureux du journalisme », « amoureux de son pays », « amoureux de sa région natale », « amoureux de l’être humain », « amoureux de la Justice », « amoureux des libertés », « amoureux de l’égalité ». Ces mots mis ensemble personnifient le mieux Saleh Gaba. « Saleh c’est amour », nous dit ému un de ses parents qui insiste pour témoigner comme anonyme. On insiste pour l’identifier dans l’article. Il refuse, se racle la gorge et répond « la douleur de la disparition de Saleh est encore vive. On vient d’enterrer son épouse, après sa fille unique ».
Amour. Journalisme. Ces mots sont le fil conducteur qui a aidé à décrire ce Tchadien natif de la région du Guerra, née pour être journaliste. Rien d’autre que le journalisme. Il a commencé à travailler comme journaliste et animateur sans avoir suivi une formation dans le domaine. C’est comme ça qu’il est arrivé au journalisme. Et le journalisme est arrivé à lui. Il est ensuite admis à la prestigieuse École Supérieure Internationale du Journalisme de Yaoundé, au Cameroun où il sort nanti d’un diplôme en 1977, c’était la douzième promotion.
De retour au pays, il est intégré comme journaliste à l’Agence Tchadienne de Presse (ATP). Rigoureux, passionné viscéralement attaché aux grands principes du journalisme : la déontologie, la liberté d’informer, les faits, rien que les faits vérifiés et revérifiés. C’est pour lui les pieds, la tête, le cœur, l’œil, les oreilles et les mains du journalisme. Ce sont ces principes qui lui ont permis de se distinguer. Et d’être sollicité, comme correspondant, par des médias réputés : l’agence Reuters, l’Agence France Presse (AFP) et Radio France Internationale (RFI).
Patriote, amoureux de son pays, journaliste engagé pour la justice, l’égalité et la liberté, il avait de la misère à vivre sous un système liberticide qui réduisait peu à peu les Tchadiens à la soumission et à la servitude. Il avait horreur du journalisme de propagande qui prenait racine dans les rédactions. Il en avait ras le bol des exactions de la dictature de l’ancien régime d’Hissène Habré. Homme de plume, mais aussi homme d’action, il ne supportait plus de voir l’étau de la dictature se resserrer sur son pays. Il s’engagea dans la résistance armée comme tête pensante du Mouvement pour le Salut National du Tchad (MOSANAT), un mouvement armé. À son corps défendant il lâcha momentanément la plume pour la kalachnikov. Il fut arrêté dans la capitale de sa région natale, Mongo, en 1987. Et envoyé dans les geôles de la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS), la sinistre police politique où il laissera sa vie pour avoir aimé la liberté. Pour avoir aimé le journalisme. Pour avoir refusé l’injustice et l’arbitraire. Malgré la mobilisation des organisations des droits de l’Homme et des organisations de presse, rien n’y fait, la dictature est restée sourde, les mains salent du sang de Saleh et des milliers d’autres combattants de la liberté .
Saleh Gaba aurait été assassiné par balles, à bout portant, dès son acheminement à N’Djamena, capitale tchadienne, disent certaines sources. Il serait mort dans les geôles de la dictature disent d’autres. Bref, SG est mort pour que le journalisme tchadien reste vivant. Ne l’oublions pas.
Nous, Ialtchad Presse avons décidé de baptiser notre studio, « Studio Saleh Gaba » pour continuer à garder vivant l’esprit Saleh Gaba pour ne pas l’oublier. Ce studio est notre façon de lui rendre hommage. Dans chacune de nos publications, nous tentons de suivre ses pas. Nous, nous interrogeons sur chacun de nos papiers « et si c’était lui comment il allait écrire tel papier? Comment il allait choisir tel angle? Ou tel autre? ». Nous tentons, malgré les difficultés, de rester libres, indépendants et influents. D’être des journalistes, engagés pour la Liberté d’informer. Et les libertés qui font avancer la démocratie comme l’aurait fait Saleh Gaba.
Bello Bakary Mana
Les fidèles musulmans célèbrent ce jeudi la fête de l’Aid-El-fitr El-Moubarak marquant la fin du mois saint du Ramadan. A N’Djamena, l’ambiance est moins festive que les années précédentes.
C’est un moment de convivialité, de pardon et de réjouissance, la fête marquant la fin du mois saint du Ramadan est le plus souvent célébrée en grande pompe. Habituellement, la fête commence après la grande prière à la mosquée pour finir avec des visites familiales. A N’Djamena, la capitale tchadienne, la fête de l’Aid-El-Fitr-El-Moubarak n’est pas célébrée avec faste ce jeudi 13 mai.
Dans les quartiers Sud tels que Walia, N'gueli, Abena, Chagoua, Moursal, Dembé, pour ne citer que ceux-là, le constat est identique. Ces quartiers ne grouillent pas de fêtards. L’ambiance est morose. Pas de fanani (musique), poussé à fond. La circulation est presque fluide. Après la prière à la mosquée, les musulmans ont regagné leurs domiciles.
Dans les quartiers du Centre et du Nord où il y a une forte présence musulmane, la fête se sent. Des enfants, en petits groupes, sillonnent les avenues pour rendre visite. Et recevoir des gâteaux et quelques pièces de monnaie. Les adultes, sur des motos, paradent de fois à vive allure sur les grandes artères. D’autres en familles s’entassent dans des véhicules particuliers pour des rondes de visites familiales. Les grandes artères de ces quartiers sont presque désertes. L’avenue El-Nimery ou la rue de 40m qui est toujours engorgée est en ce jour désengorgée.
Toutefois, dans les familles, la fête se passe joyeusement. « Cette année, ma famille et moi avions décidé de fêter l’Aid-El-fitr-El-Moubarak chez mes beaux-parents. Donc, je peux vous dire que la fête se passe à merveille », dit Mahamat Saleh, un père de famille rencontré sur l’avenue El Nimery. Selon lui, l’année dernière avec la pandémie du Covid-19, les fidèles musulmans n’ont pas fêté comme il se le doit. « Il n’y avait pas le côté festif. Nous avons fêté à la maison et en famille. Dieu merci, cette année, il y a un peu le côté festif », dit-il. Abdramane renchérit pour sa part que malgré qu’il y ait le côté festif de la fête du Ramadan, elle est toutefois timide. « Comme vous pouvez le constater avec moi, on ne ressent pas vraiment la fête sur les avenues, artères de la capitale. La ville est calme », déclare-t-il. La situation politico-militaire qui règne actuellement en dit long.
La fête est un moment de joie. Cependant, avec la fête de Ramadan, certains ménages sont privés de certains produits de première nécessité. Et l’économie aussi prend un coup. Dans les quartiers, les boutiques sont fermées. Les marchés sont presque vides. Le cas du marché à mil et du grand marché qui généralement sont bondés de monde sont aujourd’hui déserts. Car c’est la fête. Étant donné que les boutiques et magasins sont détenus en grande partie par des commerçants musulmans.
Allarassem Djimrangar
Christian Allahadjim
Le jeûne marquant le Ramadan entamé depuis le 13 avril s’est achevé hier 12 mai tard dans la nuit. Ce jeudi 13 mai, une prière commune a été dirigée par Cheick Ahamat Annour Mahamat Alhélou, imam de la grande mosquée de N’Djamena. C’était en présence du président du Conseil Militaire de la Transition (CMT), Mahamat Idriss Deby. Reportage.
Dès 6h du matin, l’ambiance autour de la grande mosquée de la capitale tchadienne grouillait de monde. Les fidèles musulmans s’empressaient pour ne pas rater la grande prière de reconnaissance et de bénédiction après un mois d’humilité devant Allah le Tout puissant. Les dispositifs sécuritaires sont aussi déployés pour assurer la sécurité du président du CMT invité à participer à cette prière. La grande mosquée de N’Djamena se trouve coincé entre le grand marché, le commissariat de police du 3e arrondissement, l’Avenue Maldom Bada et le vieux quartier Mardjandaffack. Avant la cérémonie, dans la salle sacrée certains fidèles, très concentrés, font déjà leur dévotion. Le sultan de la ville de N’Djamena est venu plus tôt que prévu. Sont aussi présents, les dignitaires musulmans , quelques ministres et autres personnalité comme le maire de la ville Ali Haroun.
Autres choses : on voit des jeunes formant une haie qui accueillent et orientent les fidèles, mais aussi les dignitaires qui ont accueilli de façon conviviale le président du CMT habillé en civile. Coronavirus oblige, on ne se serre plus les mains, pas d’accolades non plus, mais la salutation par coude ou « salutation corona » comme disent les N’Djamenois. Lorsque le président du CMT entre dans la salle de prière, tout le monde se lève pour l’honorer.
Aussitôt, la grande prière commence sous la direction de l’imam Cheick Ahamat Annour Mahamat Alhélou. À la fin de la prière, l’imam passe un message de paix et de bénédiction dans la vie de tous les fidèles musulmans qui ont observé avec beaucoup de piété le jeûne de 30 jours du mois saint de Ramadan. Il appelle les musulmans, mais tous les Tchadiens à l’unité, à la solidarité et au pardon pour un Tchad prospère. Car selon lui, celui qui garde la haine n’a pas la paix avec lui-même. Cheick Ahamat Annour Mahamat Alhélou, rajouter qu’il n’y a pas de solutions à nos problèmes si nous ne sommes pas unis. « Il faut éviter à tout prix la division », dit-il. Selon lui, Dieu nous demande de nous pardonner, et il faut que les Tchadiens s’acceptent. Nous devons être fidèles pour réparer notre pays, le construire dans le dialogue et la non-violence. Notre différence doit être plutôt notre force et non la faiblesse. Soyons soudés comme les cinq doigts de la main, conseille-t-il à tous.
L’imam de la grande mosquée de N’Djamena exhorte les Tchadiens a une cohabitation pacifique, au vivre ensemble, car ce pays nous appartient tous. D’après lui, le développement du Tchad doit se faire par tous ses filles et fils. Il demande à l’ensemble de la communauté internationale de nous guider vers une bonne voie. Cheick Ahamat Annour Mahamat Alhélou, note qu’il prie afin que Dieu guide les nouvelles autorités a mené a bien la destinée du Tchad dans la paix et la justice.
Ali Haroun, maire de la ville de N’Djamena, interrogé appelle, les Tchadiens au retenu. Selon lui, les musulmans ont profité de ce moment de jeûne de 30 jours pour implorer la grâce de Dieu pour la paix et la stabilité de notre pays.
Moyalbaye Nadjasna
L’Agence Tchadienne de presse et d’Edition (ATPE) ne publie pas depuis plusieurs semaines. Elle ne joue plus son rôle d’agence. Elle est réduite en un journal écrit dénommé Info-Tchad. Malgré qu’elle fonctionne comme un journal, beaucoup de difficultés sont décriées par son personnel. Un préavis de grève allant du 12 au 15 mai a été donné à la direction générale.
Le personnel de l’Agence Tchadienne de presse et d’Edition (ATPE) perd patience. Une correspondance du personnel notifiant la dégradation des conditions de travail a été déposée ce 11 mai au bureau de la directrice générale de ce média public. Selon la teneur du document, le personnel revendique la dotation de la rédaction des matériels de travail adéquats (ordinateurs portables, enregistreurs, appareils photos, calepins, stylo à bille, badges professionnels, les chaises, tables, bancs, tableaux, accès à l’Internet, abonnement aux journaux). Aussi, rajoute le communiqué, la mise en place d’une équipe de rédaction complète notamment, un rédacteur en chef et son adjoint, un secrétaire de rédaction et son adjoint, un chef de service des reportages, des chefs de desks ainsi que d’autres chefs de service administratif et technique.
En outre, les agents de l’ATPE, revendiquent également le versement intégral de leurs primes et indemnités de 2019 et 2020. Selon nos sources, le journal Info-Tchad n’a pas paru depuis plus de six mois déjà.
Créée en 1966 par l’ordonnance du 15 juillet 1966, d’après nos recherches, l’Agence tchadienne de presse (ATP), est un établissement public à caractère industriel et commercial. Elle a un statut d’un service public placé l’autorité du ministère de l’Information, puis replacée en 2003 sous la tutelle du ministère de la Communication. À ses débuts, l’ATP était le seul organe de presse ayant le monopole de la collecte, du traitement et de la diffusion des informations. Faute de réseaux et des moyens d’équipement adéquats pour offrir un service d’agence, l’ATP s’est contentée de la production d’un bulletin à la base des informations liées aux évènements. Sa rédaction centrale outre la collecte d’information, complète, objective, exacte et impartiale, la rédaction centrale traite les informations collectées sur tout le territoire national. L’ATP disposait à l’époque quatre bureaux régionaux à Moundou, Sarh, Abéché et Faya. Elle va évoluer puis se métamorphose en Agence tchadienne de presse et d’édition (ATPE). Son bulletin quotidien Info Tchad disparaît de facto.
L’ATPE lance un nouveau journal dénommé «Info.» Le premier numéro a été lancé le 03 octobre 2011 qui paraît deux fois dans la semaine (bihebdomadaire). Bien que la nouvelle vision de l’ATPE c’est l’information générale, elle continue de véhiculer les informations à caractère officiel ou institutionnel. L’ATPE ne dispose pas du bureau à l’extérieur du pays. Elle peut cependant distribuer un service d’information mondiale moyennant des conventions de partenariat avec d’autres agences de presse, notamment (AFP et China Nouvelle).
A noter que malgré la tenue de son conseil d’Administration aboutissant à la nomination d’une équipe autour de la direction générale, l’ATPE est restée égale à elle-même. Ces revendications susmentionnées ne sont que des vieilles réclamations réactualisées. Et pourtant ce personnel fait un travail professionnel malgré le peu de moyens à sa disposition.
Même si la patience dit on est la longueur du temps, l’exigence du monde en perpétuelle mutation s’impose et exige de matériel de qualités pour un travail de qualité. La Directrice générale de l’ATPE à qui nous avons contactées hier après-midi pour un éventuel échange nous a dit : «ce préavis de grève ne me frisonne pas» .
Moyalbaye Nadjasna
Les retraités de la Fonction publique s’indignent de l’arrêt non justifié du paiement de leurs pensions déclenché le 18 avril 2021. Réuni ce 11 mai à la bourse de travail, ils décident d’exprimer leur mécontentement devant la Caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT) ce 12 mai. Ialtchad s’est intéressé à la question de ces retraités. La CNRT promet poursuivre le paiement enclenché. Reportage.
Un set in prévu pour 6h du matin, c’est plutôt aux environs de 7h, une heure plus tard que les retraités ont pu se retrouver. Selon Alladoum Tedengarti, Président du Comité Adohc, des retraités, de sitôt réunis, la direction générale de la Caisse nationale des retraités du Tchad a dépêché un de ses représentants pour échanger avec eux. Au cours des échanges d’après lui, la CNRT a affirmé que l’arrêt du paiement est dû à une erreur technique que la Banque Commerciale du Chari (BCC). Elle devait alimenter les autres banques a débité le paiement avec les retraités de son institution. La CNRT promet que ce même jour, elle va se battre pour que toutes les banques soient servies. Pour le président des retraités, ils vont vérifier et s’il se trouve qu’il n’y a rien ils repartiront pour des explications.
« Le mobile de notre mécontentement est les paiements des pensions, les arriérés, les primes de départ, les primes de transport des années 2016-2019. On a beau revendiquer, ils sont là à tergiverser », dit M. Alladoum Tedengarti. Pour clarifier leur intention, il rappelle qu’ils s’étaient retrouvés le 15 avril passé avec le directeur général de la CNRT. Il les avait rassurés que leurs pensions soient payées le 18 avril, le billetage simultanément avec le virement. « Le billetage a commencé très timidement vers le 19 avril. Pas pour le virement sans une justification. Or, le ministre de Finances et du Budget est resté il connaît le dossier, et l’Administration est une continuité. Si c’était un autre ministre on aurait compris que les passations de service aurait fait de retard», dit-il. Président du Comité Adohc, des retraités affirment que les pensions des retraités proviennent de leurs cotisations versées dans une caisse appelée CNPS ou CNRT lorsqu’ils étaient actifs. La CNPS, dit-il, agit bien avec les retraités du privé, mais au niveau de l’État, la caisse est toujours vide. « Qu’est-ce qu’on fait avec les cotisations des fonctionnaires qu’on retire chaque fin du mois. Ou est-ce qu’on les verse ? Et qu’est-ce qu’on en fait? » , s’est-il interrogé. Pour lui, en principe les retraités ne devaient pas avoir de problèmes de pensions.
Ce sont des gens qui survivent toujours malades coucher, d’autres morts, des veuves abandonnées à leur triste sort, fait-il savoir. «Tout simplement parce que les retraités n’arrivent pas à se nourrir ou se soigner. Nous avons nos enfants sur les bras lorsqu’on a investi pour leur formation, ils deviennent des diplômés sans emploi qu’on doit encore s’occuper d’eux de leurs enfants et leur femme», a soutenu M. Alladoum Tedengarti. Selon lui, les fonctionnaires qui sont des potentiels retraités se fichent d’eux. D’après lui, ils ont patienté du 18 avril jusqu’au 12 mai. Cela fait pratiquement un mois déjà. «Un paiement qui traine un mois c’est quelle sorte de paiement? Ça ne se passe nulle part dans le monde. Un paiement c’est un paiement, à l’instant T, tout le monde doit avoir son argent. Il faut trouver un mode de paiement qui puisse satisfaire tout le monde», déplore-t-il tout en demandant que cette façon change.
À noter que dans les provinces, la situation des retraités de la CNRT est pire. Plusieurs coupons ne sont pas payés jusqu’à l’heure actuelle à l’exemple, des retraités de la ville de Sarh, province du Moyen-Chari d’après une source de la localité.
Alladoum Tedengarti, informe que le comité Adohc des retraités a été créé le 02 octobre 2020. Il regroupe en son sein, les retraités de 2016, 2017, 2019 et 2020, note-t-il. «L’Assemblée générale du 11 mai à la bourse de travail, beaucoup de retraités nous ont plébiscités de defender leurs causes», conclut-il.
Moyalbaye Nadjasna
La marche pacifique de la plateforme dénommée « Vision nouvelle » autorisée par le ministère de la Sécurité publique a lieu ce 12 mai. Pour la première fois, une marche est encadrée par les forces de l’ordre. Ialtchad Presse a fait réagir quelques participants.
Youssouf Nassour Kossi est étudiant. Il a pris part à la marche organisée par la plateforme Vision nouvelle. Pour lui, les choses commencent par changer positivement. « Parce que c’est pour la première fois dans notre histoire qu’une manifestation est autorisée et encadrée par les forces de l’ordre », déclare-t-il. Son souhait est que les autorités continuent dans ce sens en accordant des autorisations pour la tenue des manifestations contre-pouvoir. Il dit soutenir le Conseil militaire de Transition (CMT) pour éviter que le pays ne tombe dans le chaos. « Soutenir le CMT est un choix personnel. De prime à bord, parce qu’il a mis en place un gouvernement de transition composé de la société civile, de l’opposition et de la majorité. Ensuite, parce que le CMT promet de mettre en place très bientôt le Conseil National de Transition (CNT) qui sera le 3e organe de transition. Enfin, parce que les élections prochaines seront libres, transparentes et crédibles ».
Mahamat Thibaut, agent d’encadrement de la marche partage le même sentiment que Youssouf Nassour Kossi. Il explique qu’il ne s’attendait pas à ce que les autorités autorisent cette marche vu le contexte. « Avec le désordre qui est installé dans la capitale tchadienne, il est vraiment difficile d’organiser une marche moins encore qu’on vous l’autorise. Mais Dieu merci, le CMT a compris l’essence du dialogue social et de la paix en nous autorisant de marcher. Nous sommes vraiment très ravis et très émus par rapport à ce geste », avoue-t-il. Pour le soutien qu’il apporte au CMT en participant à cette marche, Mahamat Thibaut donne ses raisons : « Je soutiens le CMT parce qu’il prône le dialogue social et sans le dialogue social, on ne peut pas construire un Tchad nouveau ».
C’est pourquoi nous apportons notre soutien au CMT pour la préservation de la paix et pour la stabilisation du pays. Nous soutenons le Conseil Militaire de Transition pour la paix, rien que pour la paix. Étant un citoyen lambda qui n’a pas une réserve d’alimentation, si nous cautionnant le désordre et si la guerre s’installe, ça serait de la catastrophe. Le dialogue est plus important que la violence, car il permet de construire un pays »
Mahamat Nasser Adoum, agent de sécurité. Il soutient le CMT pour la stabilité, la sécurité et la paix qui règnent à N’Djamena après les attaques rebelles qui ont coûté la vie au président Deby Itno. « Je dis non à la guerre et à la division que prônent certains. Le Tchad a connu des évènements les plus tragiques de son histoire, notamment les évènements de 2 février, 13 avril, pour ne citer que ceux-là », retrace-t-il. D’après lui, il faut éviter de replonger les Tchadiens dans ces années âpres. Et la solution est le CMT. « Je ne pensais pas qu’après la mort du Maréchal Idriss Deby Itno, le Tchad resterait debout. Dès que les militaires ont pris les commandements de choses, N’Djamena, la capitale tchadienne, est stable. L’armée a aussi ratissé les colonnes des terroristes du Tibesti et du Kanem. ».
Propos recueillis par Allarassem Djimrangar