L’Union des Syndicats du Tchad (UST) a tenu sa deuxième Assemblée générale (AG) évaluative ce samedi 4 juin à la Bourse du Travail. Des travailleurs des secteurs publics et privés se sont présentés et ont évalué à tour de rôle la grève au niveau sectoriel. Il a été décidé de tenir une autre Assemblée au cours de laquelle le service minimum dans les hôpitaux sera suspendu si les leaders arrêtés ne sont pas libérés le lundi. Reportage.
La grève est évaluée de temps à autre pour voir ou est-ce les syndicalistes vont. L’UST se réjouit du fait que les travailleurs des secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de l’administration du territoire, du pétrole ont pris part à l’AG de ce samedi. Chaque représentant des cellules syndicales a pris la parole pour évaluer la grève au niveau de son secteur respectif. Pour le président de L’UST Barka Michel, son organisation syndicale est satisfaite du fait que la grève continue à être suivie. Il poursuit en disant que des décisions allant dans le sens de leurs camarades en prison ont été prises. « Il a été décidé que jusqu’au 06 juin si nos camarades ne sont pas libérés, une autre AG sera conviée le mardi et probablement le service minimum sera suspendu. Les syndicalistes du secteur de l’élevage disent que les heures d’battage seront fermées. Le secteur privé décide de faire une grève de solidarité non pour soutenir, mais l’observer normalement comme il le faut. Alors nous sommes contents que les gens comprennent le sens de la lutte que nous menons », affirme-t-il.
L’occasion est toute indiquée pour l’UST de faire le point sur le soutien international qu’ils ont. Pour lui, toutes les organisations syndicales internationales leur ont apporté leur soutien. Elles ont en même temps pris de dispositions pour se faire entendre au niveau de Genève. « On ne peut pas négocier avec des gens qui ne respectent pas leurs propres lois. On va plutôt durcir les actions pour montrer au gouvernement que la solidarité des travailleurs ne va pas s’arrêter. Nous avons le soutien de la population face aux agissements du gouvernement. La seule chose qui reste au gouvernement c’est mettre les gens en prison et nous nous sommes fatigués de leur prison », a affirmé Barka Michel.
Il ajoute également que les autorités les insultent au téléphone, les suivent partout, mais tout cela ne veut rien dire pour les syndicalistes. L’UST a elle aussi engagé des procédures judiciaires contre l’État tchadien en déposant une plainte au niveau du Bureau international du travail (BIT). Me De La Rochelle suit le dossier et il a saisi la cour de Justice des droits de l’Homme et des peuples de l’Union africaine (UA). Le président de l’UST demande à tous les syndicalistes et militants de Wakit Tamma de converger tous au Tribunal de Grande Instance de N’Djamena pour dire qu’ils ne sont pas contents du déroulement du procès à Moussoro.
Kouladoum Mireille Modestine
Josiane Djikoloum Darwatoye a présenté ce jour 4 juin au Centre d’Études pour le Développement et la Prévention de l’Extrémisme (CEDPE) deux (2) articles de recherche. L’un intitulé « Une analyse conceptuelle du sentiment anti-français au Sahel » composé de cinquante (50) et l’autre « Action des femmes en matière de prévention de l’Extrémisme violent en quoi est-ce pertinent ? » composé de vingt-sept (27) pages. Reportage.
Le premier article intitulé « Une analyse conceptuelle du sentiment anti-français au Sahel » parut au Centre d’Études pour le Développement et la Prévention de l’Extrémisme (CEDPE). Pour la chercheuse, cette étude intervient à un moment où les relations entre la France et les pays du sahel sont remises en cause par les populations locales. Selon l’auteur, la remise en cause de ses relations s’explique par la montée en puissance de sentiment anti-français. Elle ajoute que cette question ne doit être prise au sérieux, sinon les conséquences seront désastreuses dans la lutte contre le terrorisme d’une part et sur le plan politique et diplomatique, d’autre part.
Pour elle, quelques conséquences sont déjà visibles, le départ de l’armée française du Mali et les manifestations anti-françaises un peu partout sont des parfaites illustrations, dit-elle. L’auteur affirme aussi que les populations locales sont frustrées par la présence militaire française et le résultat mitigé dans la lutte contre le terrorisme. Josiane Djikoloum Darwatoye présente trois (3) pistes de solution.
Tout d’abord, mettre la population au cœur de toute action de partenariat et prendre en compte le besoin de la population et respecter son choix. Ensuite, ouvrir un débat franc avec les universitaires, les chercheurs, les acteurs de la société civile afin de réajuster le partenariat Nord-Sud, rétablir le lien de confiance qui s’est brisé entre la France et les pays de l’Afrique dans le respect et la non-ingérence dans les affaires internes des États.
Le second article intitulé « Action des femmes en matière de prévention de l’Extrémisme violent en quoi est-ce pertinent ? ». Selon l’auteur, la croyance populaire veut que les femmes ne soient que victimes de l’extrémisme violent, pourtant les récentes tendances terroristes dans la région du sahel indiquent que les femmes sont à la fois victimes et auteurs des conflits. Pour Josiane Djikoloum Darwatoye, ces femmes peuvent à l’inverse être des auteurs clés dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent à tous les niveaux. Pour l’auteur, l’élaboration des politiques seules ne peuvent pas changer leurs communautés, mais plutôt la sensibilisation globale au Genre pourra être encore plus bénéfique afin de détecter les changements et les influences néfastes dans la société. Elle invite par cet article, l’opinion publique a porté un regard sérieux sur cette thématique. Si les femmes sont instrumentalisées dans l’extrémisme violent, elles peuvent aussi être vitales dans cette lutte et doivent à cet effet être impliquées.
Abderamane Moussa Amadaye
Ousmane Bello Daoudou
Le président du Parti pour le Rassemblement et L’équité au Tchad maître Théophile Bongoro a tenu une réunion d’information avec ses membres militants du PRET ce samedi 04 juin au siège dudit parti au quartier Dembé dans la commune du 7èmè arrondissement. Le président du Prêt a présenté les membres du bureau exécutif.
Dans son mot d’ouverture de la réunion maître Théophile Bongoro s’est violemment attaqué au Mouvement patriotique du Salut (MPS), l’ex-parti au pouvoir en affirmant, « l’efficacité n’étant pas la résultante du nombre, certains membres fondateurs, après avoir porté aux fonts baptismaux le parti, ont vécu de loin la vitalité de celui-ci pour des raisons diverses et variées. Mais tout est compréhensible par nous les gardiens du temple, tant le clientélisme et le politique a servi au pouvoir du Mouvement patriotique du Salut (MPS) comme mode captation des militants des partis sérieux et redoutables ».
Selon lui, le PRET a dès sa naissance, sous le leadership dynamique et clairvoyant de son président, entouré d’une équipe volontariste a conquis du terrain dans sa politique de maillage du territoire grâce aux femmes et aux hommes engagés. Au regard de l’activité politique émaillée de tuerie et de massacre à grande échelle à Abéché, Sandana, Danamadji, et aujourd’hui à Kouri-Bougoudi. Le président du PRET appelle les pouvoirs publics à assurer la sécurité des Tchadiens où qu’ils se trouvent en cette période d’incertitude. « Car, il relève de son pouvoir régalien, la protection de la population tant dans son intégrité physique que ses biens », dit-il.
Me Bongoro dit que cette réunion n’a d’autres objectifs que de mettre au même niveau d’information ses militants, les sympathisants et amis des jours passés et ceux d’aujourd’hui. Il rajoute qu’il est de bon aloi de se pencher sur l’état de la transition et surtout sur « nos choix et perspectives en tant qu’acteur politique majeur qui fait et fera le Tchad de demain », dit-il. Aussi, il soutient que le renforcement de l’équipe dynamique du parti est un atout dans un environnement politique en pleine recomposition et dans une période qui appelle les acteurs politiques à mener de front les préparatifs du dialogue national annoncé. « C’est pour cette raison que le parti demeurant dans l’alliance Victoire qui l’a porté à bout de bras lors de l’élection présidentielle inachevée d’avril 2021 a choisi d’être avec ses alliés ». Et ce avec la bénédiction du Bureau Politique National lors de sa réunion du vendredi 7 mai 2021, les institutions devant œuvrer pour les préparatifs de ce dialogue. Ainsi avec l’Alliance Victoire, le PRET et quelques nouveaux amis ne voulant laisser leur sort entre les mains des tiers, ont fait le choix d’investir les organes préparatifs du Dialogue National Inclusif Souverain (DENIS) pour le raisonnable motif que « ce qui se fera pour nous sans nous se fera contre nous » a-t-il conclut.
Le jugement des organisateurs de la marche autorisée du 14 mai dernier prévue pour le 6 juin va se dérouler en audience foraine à Moussoro. Pour éclairer nos lecteurs sur certains termes juridiques et l'appréciation de la procédure pénale enclenchée, Ialtchad Presse s'est entretenu avec Me Mouné Koudanbé et le prof Ahamat Mahamat Hassane, ex-ministre de la Justice, analyste politique et enseignant-chercheur. Explications.
Pour éclairer la lanterne des lecteurs, Me Mouné Koudanbé précise qu'une audience foraine est une audience qui se tient hors de son tribunal de juridiction ou d'un bâtiment juridique officiel, dans une autre localité que celle où siège la juridiction. Il explique que dans le cadre de l'audience foraine, l'administration juridique se rend directement au-devant des justiciables. l'avocat souligne que la procédure engagée pour cette audience qui vise les leaders de la manifestation du 14 mai dernier est illégale parce que le tribunal de Grande Instance ne peut pas aller siéger dans le ressort d'un autre tribunal de même degré que lui.
Selon professeur Ahmat Mahamat Hassane, toute la procédure est nulle et les avocats des prévenus l'ont soulevée d'une manière assez explicite et exhaustive. « Le tribunal compétent dans cette affaire quel que soit la qualification qu'on puisse donner, c'est le Tribunal de N'Djamena. D'abord la procédure de leur arrestation est illégale même si certains ont refusé de répondre aux convocations, le Code de procédure pénale prévoit le mandat d'amener et le mandat d'arrêt. On aurait dû fait usage de toutes les procédures prévues par le Code de procédure pénale tchadien », dit prof Ahmat. À son avis, l’arrestation du porte-parole de Wakit Tamma Me Max est un enlèvement. Par conséquent ils ont commis une autre infraction, dit-il. Il rajoute que, c'est une déportation sans qu'il ne soit reconnu coupable d'une infraction, ou condamné. « Ils sont des prévenus et en droit tchadien ils sont dans la présomption d'innocence. C'est dommage, le droit tchadien a été violé dans tous les sens », martèle le professeur.
Autre précision : l'analyste Ahmat déclare qu'il ne faut pas oublier également que le procureur de la République de N'Djamena a fait une déclaration, soi-disant qu'il a reçu des instructions, ont signifié les avocats des prévenus. Le procureur quel qu’est son rang, qu'il soit procureur de la République près d'un tribunal de Grande instance ou procureur général, près la Cour d'Appel et leurs substituts, ils sont dans une situation de subordination vis-à-vis de l'exécutif. Il s'agit notamment du ministre de la Justice et de sa hiérarchie. « Ces parquetistes ne sont pas comme le juge de siège qui jouit de son intimité et guidé par son intime conviction. En ce moment, nous voyons que la Justice est dans une situation de violation de ses propres règles de procédure. C'est dommage pour la République du Tchad », lance-t-il.
Pour compléter son analyse, le spécialiste en Droit public affirme que les gens se sont rendu compte des multiples violations de la loi pénale et de la procédure pénale, ils ont déporté l'audience qui devrait se tenir à N'Djamena en audience foraine à Moussoro. Les raisons soutient prof. Ahamat, les magistrats de Mossoro ne sont pas compétents, car les infractions n'ont pas été commises sur leur ressort territorial, mais sur celui de N'Djamena. Pour couvrir leurs fautes de procédures et toutes les violations, ils ont contourné la loi pour organiser une audience foraine, poursuit l'analyste. Professeur Ahamat indique que les conditions de la tenue d'une audience foraine en dehors du tribunal sont claires. Et dit-il, il n'y a aucun impératif pour ouvrir une procédure d'une audience foraine. « C'est de la gymnastique intellectuelle pour couvrir le manquement de la procédure et les violations », assure l'enseignant-chercheur.
Moyalbaye Nadjasna
La série de conférences-débats publiques organisées par le comité technique pour l’organisation du dialogue national inclusif (CODNI), continue. Le thème de ce vendredi est « pardon, réconciliation et dialogue ». Cette avant-dernière conférence-débat qui a lieu dans l’auditorium de l’office national des médias audiovisuels (ONAMA) a mobilisé plusieurs leaders des associations féminines et de la société civile. Reportage.
Les dialogues nationaux sont des processus politiques nationaux visant à générer les consensus parmi un large éventail d’acteurs nationaux en temps de crises politiques profondes, dans les situations d’après-guerre ou lors des transitions politiques profondes, définissent un auteur. Ces cas de figure sont expérimentés par notre pays. C’est dans ce sens que le CODNI organise depuis le 30 mai dernier une série de conférences-débats publiques pour informer et sensibiliser les citoyens sur les enjeux du dialogue national inclusif (DNI). Ce vendredi, le débat est accès sur le thème « pardon, réconciliation et dialogue ». 5 panélistes ont tour à tour expliqué l’importance d’organiser le dialogue avant d’ouvrir le débat qui a suscité la réaction de certains des jeunes, des responsables politiques, mais aussi des leaders de la société civile et des associations féminines.
Pour Abdéraman Djasnabaille, président du sous-comité thématique cohésion sociale, les facteurs qui divisent les Tchadiens sont multiples. Il énumère le problème de manque de la justice et le problème de la gouvernance. Selon lui, le pays a un déficit de bonne gouvernance. Abdéraman Djasnabaille souligne que les membres du gouvernement ne respectent pas les textes votés à l’hémicycle.
Dans la même logique, la directrice générale de la maison de la femme de N’Djamena Mme Dékoubou Mbaitoloum c’est urgent de trouver les voies et moyens pour une réconciliation. La directrice qui débat sur le thème « les conditions de pardon et de réconciliation » souligne que c’est un thème pertinent et vaste, qu’il faut avoir une expertise avérée. Selon elle, la réconciliation est un cheminement qui passe par la révélation de la vérité. Elle ajoute que pour se réconcilier, il faut se parler vrai et que l’autre reconnaît sa faute. Et c’est à ce niveau qu’il peut y avoir la réconciliation. Au sujet du pardon, elle a cité quelques versets du coran et de la bible pour démontrer l’importance de la réconciliation et du pardon pour les Tchadiens.
Djimta Martial est revenu sur les différents points de vue de la directrice de la maison de la femme. Il soutient que pour qu’il ait dialogue et réconciliation, il faut tenir compte de la vérité, il faudrait que les langues soient déliées, et que la vérité devrait être dite dans le respect de l’autre. Le juriste affirme qu’après le pardon, il tenir compte de la justice qui est un élément fondamental. Selon lui, sans la justice il est impossible de se faire la paix. « La réconciliation, c’est l’acte de mettre deux personnes en rapport ou un comportement d’unir deux communautés en état de conflit. Lorsque vous arrivez à les concilier vous être en train de développer le processus de réconciliation », explique-t-il. Il a pendant longtemps mis l’accent sur la justice transitionnelle. M. Djimta précise que dans un pays qu’on l’accent sur la justice transitionnelle, c’est une nation qui a traversé des périodes difficiles, autoritaires, totalitaires ou la dictature. Dans ce pays, dit-il, le peuple est opprimé et subit un mauvais traitement. Dance ce cas de figure, il propose la justice transitionnelle. Il soutient que le pays sort d’une situation difficile et il est raisonnable de rechercher la démocratie. Le juriste propose aussi que l’on établisse la vérité, offrir une tribune aux victimes en mettant sur pied les tribunaux. Il ajoute qu’après avoir offert une tribune aux victimes, il faut faire apparaître la responsabilité des auteurs de violations. Il suggère aussi que ceux qui ont commis de crimes soient poursuivis et renforcer l’État de droit et promouvoir le débat public.
Jules Doukoundjé
Rien ne va depuis quelques jours entre la direction administrative, la direction des études, la surveillance générale et les enseignants chargés de cours du Collège d’Enseignement général (CEG) N°2 d’Abena. Tout est parti d’un arrêté d’affectation sorti depuis le 22 avril dernier qui mute 4 enseignants de leur poste pour la province de Wadi-Fira et dans la même école. Les enseignants ont prévu organiser un sit-in ce 03 juin pour exiger le départ du directeur administratif, mais la Direction des Ressources humaines a calmé la tension. Reportage
La Direction des Ressources humaines DRH a convoqué ce matin les quatre enseignants mutés pour jouer la médiation suite au conflit qui les oppose avec le directeur administratif de l’établissement scolaire Abdel-bassid Mahamat Yacoub Dabio. De l’avis des enseignants, le directeur administratif a adressé une correspondance à la direction des ressources humaines pour affecter quatre des enseignants pour motif de perturbation. Informés, ces derniers boudent l’arrêté et comptent organiser un sit-in afin d’exiger le départ de leur directeur Abdel-bassid Mahamat Yacoub Dabio. Rencontrés, la direction des ressources a demandé aux éducateurs de sursoir au sit-in et penser plutôt à l’organisation du Brevet de l’Enseignement Fondamental (BEF) qui est à la porte. La DRH a également reproché aux enseignants de ne pas la saisir au préalable pour résoudre le problème, mais qu’ils ont écouté sur les ondes de la radio qu’un sit-in est prévu. Il ressort de cette médiation que les enseignants mutés ne seront plus au CEG d’Abena, mais seront réaffectés dans un établissement dans la commune du 7e arrondissement pour le compte de l’année 2022-2023. Le directeur administratif Abdel-bassid Mahamat Yacoub Dabio sera lui aussi affecté ailleurs.
Bembatem Victor est l’un des mutés, il fait la genèse du problème. Pour lui, la goutte d’eau qui a débordé le vase est la demande que les enseignants ont émise à propos de la clôture de l’établissement. « Lors d’une réunion avec le directeur, les enseignants lui ont demandé de faire un budget annuel et introduire le chapitre clôture de l’école. Depuis ce jour, le directeur a ciblé ceux qui ont pris la parole pour aborder cet aspect et c’est cela qui est à l’origine de notre affectation sanction », explique-t-il. Il ajoute que le directeur Dabio a tout confisqué et s’est refermé sur lui-même. Il ne collabore pas avec ses collègues et ne rend pas compte de la gestion financière de l’école. Pour les enseignants, le directeur est un ex-combattant qui ne fait pas partie du corps enseignant, mais mange dans la même assiette qu’eux. Au final les éducateurs ont décidés que si jamais les noms des quatre mutés ne figurent pas sur la liste de l’organisation du BEF, ils vont boycotter cet examen. Jusque-là, la liste des élèves devant composer le BEF et les enseignants qui doivent surveiller le déroulement des épreuves ne sont pas encore affichés.
Contacter pour sa version de fait, le directeur administratif contesté Abdel-bassid Mahamat Yacoub Dabio, affirme que c’était une incompréhension entre ses collègues et lui. Et que la hiérarchie a déjà résolu le problème.
Kouladoum Mireille Modestine
La ministre du Développement touristique et de l’Artisanat, Mme Mounira Hassaballah a effectué ce matin vendredi 03 juin, une visite officielle au village de Gaoui, situé à une dizaine de kilomètres à l’Est de la capitale N’Djamena pour faire l’état de lieux de la Maison d’argile et du groupement des femmes potières.
Son entourage affirme que c’est dans le cadre de sa mission d’accompagnement des mouvements associatifs exerçant dans le secteur du tourisme et de l’artisanat, la ministre du Développement touristique et de l’Artisanat, Mme Mounira Hassaballah s’est rendue à Gaoui et précisément à la Maison d’argile et au local du groupement des femmes potières pour faire le constat afin d’apporter des solutions idoines, dit-elle.
À sa descente de voiture, elle est accueillie par le Sultan de Gaoui, sa Majesté Abdoulaye et la Présidente du groupement des femmes potières, Halimé Ourdi. Mme Mounira Hassaballah a fait le tour à tour du local du groupement hébergé au sein du Musée de Gaoui et la Maison d’argile.
Au local du groupement des femmes potières, la ministre du Développement touristique et de l’Artisanat a visité le stand de fortune de fabrication puis le stand d’exposition. Ensuite, Mme Mounira Hassaballah s’est rendu à la Maison d’argile située à une trentaine de mètres du groupement. Elle a été guidée par le promoteur de ladite Maison, l’artiste Mandoué. Ensemble, ils ont visité tous les stands d’exposition et de fabrication.
La ministre du Développement touristique et de l’Artisanat a rappelé que sa visite s’inscrit dans la droite ligne de sa mission d’accompagnement des mouvements associatifs exerçant dans le secteur du tourisme et de l’artisanat. Elle a également relevé que cette visite vise à encourager les potières et les promoteurs pour leurs efforts dans la valorisation de la poterie et penser à la relève et écouter leurs préoccupations.
Il faut le rappeler, le village de Gaoui est l’un des lieux ancestraux où la tradition du travail de la terre cuite a connu son apogée. Cette connaissance a été préservée et transmise d’une génération à une autre.
Abderamane Moussa Amadaye
La capitale tchadienne N’Djamena est ceinturée à moitié par le fleuve Chari à sa sortie sud. Généralement vers les mois d’août et septembre voire octobre, c’est la période de crue ou montée des eaux. Les lits du fleuve sont occupés dans leur totalité. En période de décrue, les riverains mettent en valeur la berge. Diverses cultures sont entreprises. Mais la culture du manioc semble la plus répandue. Reportage.
Maxime, 16 ans travaille chaque matin et soir sur-le-champ de manioc de sa grande sœur. Ce matin, il chasse les cabris qui viennent souvent manger leurs pépinières. Il est maintenant en vacances et opte porter secours à sa grande sœur. « Je fais ce travail depuis cinq ans déjà. C’est un job pénible, mais on ne gagne rien sans sacrifice. Je me pointe ici à 5heure du matin. J’introduis la motopompe dans le fleuve pour drainer l’eau au pied des jeunes plants de maniocs. Je m’occupe également du désherbage. Seulement depuis 2 jours, ma motopompe est en panne », se lamente-t-il. Maxime s’inquiète pour ses plants, car, dit-il, s’il n’arrive pas à faire réparer vite sa motopompe, tous ses plants de maniocs vont se sécher. Ce serait une peine perdue à ce stade où tout est encore bon, assure-t-il.
Son voisin s’appelle Michel Weinembé, âgé d’une vingtaine d’années, il travaille pour le compte de M. Ousmane Abakar. Il est père d’une petite famille. « Je fais ce travail pour aider ma maisonnée. Rien n’est facile dans la vie. Ce que ta main sait faire il ne faut pas hésiter. Telle est ma vision de la vie », confie le jeune homme. Le manioc lorsqu’on la cultive, il faut six (6) à sept (7) mois pour récolter les tubercules. Michel relate qu’ils vendent aussi les feuilles fraîches avec les femmes vendeuses de légumes du marché de Dembé. Il soutient que le revenu leur permet de s’alimenter en carburant pour leur motopompe.
Son Chef M. Ousmane Abakar assure que ce n’est pas facile. Selon lui, ils font une culture de contre saison et par irrigation. L’eau, dit-il, est loin des terres fertiles de la berge. « Nous nous servons des motopompes et le carburant nous revient cher. La terre est fertile, il suffit que les plants soient bien irrigués et ça va bien produire. Une chose que nous déplorons ce sont les cabris des gens qui divaguent. Ils nous détruisent beaucoup de choses », signifie-t-il. L’horticulteur se plaint du fait que les propriétaires de ces animaux répondent que c’est un espace de l’État. Les autorités municipales sont aussi muettes lorsqu’ils leur présentent ces cabris, insiste-t-il. « C’est difficile, en plus de cela, les hippopotames constituent aussi pour nous un grand danger. Il n’y a pas un mois, ils ont tué un horticulteur qui gardait ses plants. On s’est plaint, mais comme le gouvernement les protège, on n’y peut rien », exprime Ousmane Abakar. Il martèle que le gouvernement pourrait bien les effrayer avec de bruit de fusils pour les éloigner de leurs champs.
Ce cultivateur âgé d’environ 60 ans estime que ce n’est tout le monde qui travaille au bureau. Il affirme que les gens négligent les pauvres qui se lancent dans le travail de la terre pour assurer leur quotidien. M. Ousmane Abakar ne demande que de matériels de travail à l’État ou à toute bonne volonté. « La berge est vraiment fertile et je crois que si moyens accompagne les efforts, il y aura des résultats surprenants. Il y a de la variété, ce n’est pas seulement du manioc », se résume-t-il.
Moyalbaye Nadjasna