samedi 4 février 2023

Reportage

Reportage (1227)

Beaucoup d’adolescentes en âge de procréer et des femmes font face aux grossesses non désirées. Les sages-femmes du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) prodiguent des conseils aux jeunes sur les différentes méthodes contraceptives. Reportage.

Tresse africaine au vent, coquette dans sa veste noire, Djenom Hélène est sage-femme. Elle est sollicitée par l’UNFPA lors des 16 jours d’activismes contre les VBG. Elle occupe un des kiosques installés dans la cour de la Maison de la Femme. Toute souriante ce matin, Djenom Hélène accueille des jeunes dames et jeunes hommes qui viennent s’informer sur les différentes méthodes des contraceptifs.

Selon Mme Hélène, il y a des méthodes de contraception de longue durée et de courte durée. « La méthode de courte durée concerne les pilules et les préservatifs. Celle de longue durée, notamment, le jadèle implantes et les stérilets » dit-elle. Les méthodes de longue durée, explique-t-elle, sont prises sur prescription médicale d’un médecin ou une sage-femme. Pour le stérilet, elle indique qu’il est implanté dans le vagin de la femme pour une durée de 10 ans. La femme peut l’enlever avant les 10 ans si elle veut procréer, précise-t-elle.

Selon elle, le rôle du stérilet est d’empêcher les ovaires de fonctionner normalement. Au cas où la femme après son intimité ne l’aperçoit pas, il est conseillé qu’elle consulte immédiatement, affirme Djenom Hélène. « Faute de quoi, en cas de rapport sexuel au jour d’ovulation, la femme peut tomber en grossesse. C’est la même chose pour les jadelles qui sont implantés pour 5 ans et 2 ans », précise-t-elle.

Effets secondaires

Selon Mme Hélène, ces produits ont des effets secondaires. Dans le cas des contraceptifs, cela dépend de chaque femme. « Certaines femmes saignent beaucoup lorsqu’elles en prennent d’autres non. D’autres encore, attendent deux à trois mois pour voir leur menstruation », indique-t-elle. Selon elle, si de telles complications adviennent, il est recommandé aux femmes de revoir le plus vite possible leur médecin ou sage-femme. « Il y a de solutions pour arrêter par exemple le saignement », affirme la sage-femme.

Djenom Hélène, exhorte les parents à parler de la sexualité aux enfants avant l’âge de puberté. Elle estime qu’il faut briser la barrière des tabous liés à nos us et coutumes. Si un (e) adolescent découvre par lui-même le sexe sans être préparé, il risque de s’adonner à la délinquance sexuelle. « Ne pas intimider les enfants s’ils vous posent des questions sur le sexe. Les mamans doivent déjà préparer les jeunes filles, en leur montrant les enjeux liés à la menstruation », conseille Mme Djenom. Le manque de communication interpersonnelle est la cause des mariages précoces ou forcés et des grossesses indésirées, justifie la sage-femme.

Selon elle, les contraceptifs concernent toutes les femmes en âge de procréer. Si une fille voit ses premières règles, elle peut tomber en grossesse si elle a des rapports sexuels non protégés. « On conseille aux adolescentes en âge de procréer de prendre des pilules, mais sur prescription médicale. Elles doivent aussi utiliser les préservatifs afin de se protéger des infections sexuellement transmissibles et le VIH/Sida », précise la sage-femme.

Pour Hélène, la cible de l’UNFPA au cours de ces 16 jours d’activismes contre les VBG est la jeunesse. Elle aborde avec les visiteurs de son kiosque d’autres sujets traitant d’espacement des naissances, de la puberté, de la grossesse non désirée, des mariages précoces. Et de la communication entre parents et enfants.

Moyalbaye Nadjasna

Le problème de la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) est un défi. Au Tchad, la question préoccupe de jeunes femmes et hommes. Ialtchad Presse est allé à leur rencontre pour en discuter. Reportage.

Un léger froid souffle sur la Maison de la Femme au quartier N’jari. Dans les couloirs, Hadjé Aché Nimir, étudiante à l’Université HEC-Tchad participe aux 16 jours d’activisme contre les VBG. 23 ans, taille moyenne, regard doux, l’air sérieux, ses paroles dégagent la confiance en elle, en ses principes. Selon la jeune femme, la question des VBG est délicate. Pour elle, les femmes et jeunes filles sont menacées dans tous les milieux : scolaire, communautaire et surtout professionnel. « Lorsqu’une femme est nommée directrice dans un service, elle est soit menacée, soit négligée par son personnel parce qu’elle est simplement femme », a confié Hadjé Aché. La jeune étudiante soutient qu’aujourd’hui, un garçon enceinte une fille, les gens trouvent cela normal. Mais la fille, elle, est maltraitée et traitée de « fille de plaisir », de « traînée ». Elle est rejetée par tout le monde. « La femme vaut beaucoup pour une communauté. Elle est épouse, mère, fille et sœur. Alors il faut la respecter et la protéger », dit-elle sur un ton ferme.

Une autre jeune femme qui requiert l’anonymat affirme que la lutte contre les VBG ne doit pas se limiter aux 16 jours d’activismes. Elle doit être un combat quotidien et tous les instants. Elle propose que la lutte s’oriente vers la scolarisation des jeunes filles. Selon elle, les filles peuvent étudier et devenir aussi des personnalités dans la vie et contribuer comme les garçons au développement. « Il faut que les violences faites aux femmes cessent immédiatement », martèle-t-elle.

Autosuffisance

Issakha Bouba Tela est participant aux 16 jours d’activisme contre les VBG. Selon lui, il faut faire un état des lieux sur les difficultés que rencontrent les femmes et filles tchadiennes. Elles sont victimes des vices, menacées et sans grande protection, estime-t-il. Les femmes jouent un rôle capital dans la société. Il faut prendre soigne d’elle.

Les VBG sont le résultat d’une anomalie psychologique qui pousse certains hommes à être violents avec leurs épouses, sœurs ou compagnes. Selon un expert, dans un centre d’orientation d’appuis psycho sociale, « toutes formes d’actes ou de paroles qui puissent porter atteinte à l’intégrité physique, morale, psychologique d’un individu, que cela vient d’un homme vers une femme ou d’une femme vers un homme ou d’une fille vers un adulte ou d’un garçon vers une femme adulte peut être considéré comme une VBG ».

Pour M. Tela l’important n’est pas seulement de lutter contre les VBG, mais il faut aider les victimes à entreprendre. C’est la seule possibilité pour elles de s’autosuffire et d’être indépendantes financièrement. Cela permettra d’aider à résoudre le problème des VBG.

Moyalbaye Nadjasna

La Maison de la Femme du Tchad dispose d’un centre multifonctionnel pour lutter contre les Violences basées sur le Genre (VBG). Ialtchad Presse vous amène à sa découverte. Reportage !

Chemise bleue tachetée de rose, Madjitoloum Vincent, la quarantaine révolue, est directeur d’appui psychosocial du centre Multifonctionnel de la Maison de la femme du Tchad. Depuis sa création, ce centre multifonctionnel est entériné par un décret d’application le 10 mai 2019, dit-il. Selon lui, le centre est dédié à la lutte et à la prise en charge des victimes des violences basées sur le genre (VBG). Il fait aussi le suivi des victimes et s’occupe de leur réinsertion sociale, a-t-il ajouté. Pour lui, les VBG ce sont toutes les formes de préjudices physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques y compris les menaces, la restriction ou la privation des libertés fondamentales envers les femmes. 

Il y a plusieurs types de VBG. Ce sont, entre autres, les violences sexuelles, psychologiques, sévices corporels, les mariages précoces ou forcés, les mutilations génitales féminines, etc. Le centre a pour objectif d’accueillir les victimes des VBG, les écouter, leur redonner la confiance et assurer leur suivi, explique-t-il. M. Madjitoloum explique que la direction psychosociale de la Maison de la femme a 4 services. Le premier, le service d’écoute : il assure le counseling. Le deuxième le service d’aide juridique et assistance judiciaire : il s’occupe des plaintes. Des conventions ont été signées avec certains cabinets d’avocats et commissariats de police dans le but d’aider les victimes à défendre leurs droits devant la Justice. Le troisième est le service des sages-femmes : il offre les premiers soins d’urgences des cas de viols avant tout référencement à la clinique partenaire. Et enfin, le quatrième, le service psychosocial : il redonne confiance aux victimes qui ont des chocs moraux ou psychologiques.

Difficile pour les victimes à nous contacter…

Les handicaps du centre Multifonctionnel de la Maison de la femme du Tchad sont nombreux, souligne Madjitoloum Vincent. « Nous ne disposons pas encore la ligne verte. Des démarches sont en train d’être faites afin de permettre aux victimes de nous contacter à tout moment », a-t-il confié. Selon lui, la plus grande difficulté c’est le manque de moyen de déplacement. Cela limite systématiquement les actions en urgence du centre, affirme le directeur. « De fois, les victimes s’arrangent elles-mêmes à venir et peut-être au retour, nous leur payons le transport et c’est vraiment la vraie difficulté dans le travail », signifie-t-il.

Selon lui, depuis le mois de mars, le centre a enregistré 84 cas des VBG et la moyenne par mois est une vingtaine. La plupart des cas sont les violences physiques dues aux coups et blessures. Selon le directeur, en octobre, le centre a enregistré 17 cas, dont un seul cas d’agression sexuelle. « En ce qui concerne les cas des viols et agressions sexuelles, les victimes sont parfois influencées par les pesanteurs sociales. Les cas sont présents, mais les gens ne les expriment pas », a-t-il précisé.

Le centre M est appuyé par l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) qui paie les honoraires les avocats, les traitements des médecins et des gynécologues. M. Madjitoloum Vincent, appelle d’autres partenaires à les accompagner dans cette lutte. Pour lui, la question de la réinsertion n’est pas si simple. S’ils n’accueillent pas bien les victimes et ne les accompagnent pas, ça ne serait pas juste. C’est une lutte d’envergure et il faut la contribution multiforme de tous, conclut-il.

Moyalbaye Nadjasna

La 8e édition du marché de l’artisanat tchadien a ouvert ses portes hier 3 décembre à N’Djamena. Artistes et artisans exposent leurs produits. Ialtchad Presse est allé parler avec les artisans, artistes de leur métier et de leurs produits. Reportage.

Il fait chaud ce vendredi 4 décembre à N’Djamena, la capitale du Tchad. Dans les jardins de l’Institut français du Tchad (IFT), des tentes sont installées ici et là. Ils servent de stand à des artistes et à des artisans. Nous sommes au marché d’artisanat tchadien organisé par le Collectif des artistes et artisans du Tchad (CAAT). Le 8e du genre qui prendra fin le 12 décembre. Tisserands, peintres, maroquiniers, sculpteurs, couturiers, brodeurs, promoteurs des produits bios sont présents. Ils sont patients, heureux. Ils attendent les passionnés d’arts. Ils attendent tous les N’djamenois. 

Ouvert hier 3 décembre, le marché se met en place peu à peu à l’IFT. Certains stands sont occupés, d’autres sont encore vides. Au deuxième jour de cette exposition-vente, l’engouement n’y est pas encore. Le public est absent. Mais les produits sont là. Et de qualité.

Devant ses produits bios, Mingueta Noubarabaye est en place depuis le matin. Elle exerce son métier de transformatrice des produits locaux depuis 5 ans. Elle est à sa deuxième participation à ce marché. Elle attend patiemment la clientèle. Mais il n’y a encore personne. Personne. Seulement des exposants qui errent d’un stand à un autre. « On s’est installés hier seulement. Donc le public n’est pas informé. Mais j’espère qu’il répondra présent », dit-elle mi-optimiste.

Ahmat Hassan Gonsallo est artiste peintre, créateur d’art décoratif. Il a 27 ans de métier dans le corps. Il est à sa 8e exposition depuis le début de cette initiative. Dans son stand, il expose des objets issus de l’art naïf. « C’est un art qui n’est pas réaliste parce qu’il renferme toutes sortes de couleurs », affirme-t-il. Ce cadre lui permet d’exposer, d’exprimer et de vivre de son art. Au-delà, « c’est aussi une occasion de rencontrer d’autres artisans », dit-il. Chez lui également, la clientèle tarde à se présenter. Il lance un appel au public, « venez nous soutenir ».

L’art tchadien se porte très bien et se développe plus vite que la musique. Et les artisans tchadiens sont des courageux. Les artisans et artistes présents sont unanimes, ils affirment que malgré les obstacles l’artiste tchadien produit. Mais on le mène en bateau en lui proposant des associations, de faux projets, etc. A la fin on racle l’argent en son nom auprès de l’État, des ONG, et on le laisse tomber.  

Mme Antoinette est tisserande et brodeuse. Sur la table de son stand sont exposés des tissus, des sacs, des porte-clefs et d’autres objets fabriqués localement. Sourire aux lèvres, elle accueille deux expatriées. Elles sont venues s’acheter un sac et deux tissus pour se coudre des jupes. « C’est déjà bien. Mais où sont les Tchadiens ? »

Selon Djibrine Yacoub Senoussi, chargé de communication adjoint du CAAT, le marché de l’artisanat est une initiative de l’ambassade de France au Tchad. « La 1re et la 2e édition ont été organisées par l’Ambassade de France grâce à l’IFT », souligne-t-il d’emblée. Ce n’est qu’à partir de la 3e édition que le CAAT s’est approprié l’activité. L’objectif de ce marché est, toujours d’après Djibrine Yacoub Senoussi, de favoriser les échanges entre les artistes et artisans du Tchad et de la sous-région. D’après lui, les artisans étrangers ont toujours pris part à cet événement. Cette année, dit-il, la pandémie du Covid-19 a tout bouleversé. « Avec cette crise sanitaire, les étrangers n’ont pas pu se déplacer sur N’Djamena pour prendre part à cette 8e édition », regrette Djibrine.  Le souhait du CAAT est que l’art tchadien déborde hors du pays. « Nous espérons un jour organiser ce marché dans un autre pays », dit le communicant du CAAT.

L’art tchadien est vivant et évolue, le véritable problème reste le marché de la consommation locale. « L’engouement du public est notre véritable problème. Le public tchadien aime accorder de l’importance à ce qu’on importe », exprime avec force et émotion M. Djibrine. Il interpelle la population tchadienne sur ce comportement qui impacte négativement l’art tchadien. « Les artisans tchadiens ont du talent. Pourquoi ne pas les valoriser ? Ils méritent mieux », martèle-t-il.

Christian Allahadjim

Après 3 mois de turbulence interne, enfin une Assemblée Générale sans Ibedou. Une partie de la Convention tchadienne pour la défense des droits de l’Homme (CTDDH) a désigné un nouveau secrétaire général exécutif. L’autre partie refuse de participer et crie à la trahison. Reportage.

Enfin. Après 3 mois d’imbroglio, un nouveau secrétaire général a été désigné pour diriger la Convention tchadienne pour la défense des droits de l’Homme (CTDDH). C’est sur les épaules de Dr Albissaty Saleh Allazam que reposent désormais les charges de cette organisation de défense des droits de l’Homme. Il remplace à ce poste Mahamat Nour Ibedou, suspendu de ses fonctions par une ordonnance du tribunal de Grande Instance de N’Djamena depuis le 13 août 2020. C’est à l’issue de l’assemblée générale extraordinaire tenue ce vendredi 4 décembre à N’Djamena. L’ex-Sg Ibedou était absent.

« L’assemblée a décidé au sortir de ces assises de reconnaître Dr Albissaty Saleh Allazam comme le seul habilité à représenter l’organisation et signer tous les documents administratifs officiels », dit la synthèse des travaux présentée par les rapporteurs. Un congrès, le 3e du genre, sera organisé pour élire les autres membres du bureau exécutif, a précisé le comité d’organisation. 

Depuis des mois, la CTDDH vit une crise interne. Deux camps se retrouvent face à face. Le premier camp, dirigé par Ahmat Hassaballah, accuse l’ex-secrétaire général Mahamat Nour Ibedou de violation permanente des textes statutaires de l’organisation. Et de son refus d’organiser une assemblée générale réclamée par la base. Le deuxième camp, soutien de l’ancien SG Ibedou, crie plutôt à la manipulation du pouvoir pour déstabiliser leur leader. Cette crise a abouti à la saisine de la Justice qui a suspendu le 13 août 2020 le secrétaire Ibedou après une requête déposée par Ahmat Hassaballah.

Face à cette division, le nouveau secrétaire général de la CTDDH estime que sa première mission sera de réconcilier les membres. « Pour moi tout est prioritaire. Mais la première mission c’est de réunir la maison CTDDH afin que nous puissions faire un travail sérieux », a déclaré Dr Albissaty Saleh Allazam. Il réaffirme l’engagement de son organisation à défendre le peuple tchadien. « Notre engagement au côté du peuple ne changera jamais. Et comme on le dit, c’est à la forge qu’on reconnaît le forgeron », rassure-t-il.

Christian Allahdjim

Le 4e congrès du Conseil national consultatif des Jeunes a été ouvert jeudi par le ministre de la Jeunesse Mohamed Christian Routouang Ndonga. Un nouvel exécutif sera désigné à l’issue de ces assises. Reportage.

Se tiendra ou ne se tiendra pas ? Telle est la question qui hantait les esprits des organisateurs du 4e Congrès du Conseil national consultatif des Jeunes (CNCJ) après la publication le 30 novembre d’une ordonnance du tribunal de Grande Instance de N’Djamena portant suspension dudit congrès. Il a fallu attendre jusqu’hier, mercredi 2 décembre, dans l’après-midi pour que le dénouement soit connu. Le président du tribunal a donné feu vert pour la tenue du congrès. 

Dans un climat tendre et calme, les activités du 4e congrès du CNCJ ont été lancées ce jeudi 3 décembre par le ministre de la Jeunesse, Mohamed Christian Routouang Ndonga à N’Djamena. Avec pour thème « le Conseil des jeunes au Tchad : quel partenariat pour une vie associative au Tchad », le congrès va se dérouler du 3 au 5 décembre.

Ce 4e congrès que le ministre de la Jeunesse qualifie de « la renaissance » vise deux objectifs majeurs.

Primo, réviser les textes du CNCJ afin de les rendre plus opérationnels, et ce, en conformité avec la législation nationale en vigueur en matière de la vie associative d’une part, et d’être en cohérence avec des règles des conseils la jeunesse des autres pays d’autre part.

Secundo, élire un nouveau bureau exécutif incontestable répondant aux attentes de la jeunesse tchadienne et capable de fédérer et d’apporter de la concorde et la cohésion au sein de la jeunesse tchadienne.

D’après le coordinateur général du comité d’organisation, Mahamat Hissein Frede, toutes les conditions pour un congrès crédible, paisible et accepté de tous.

En ouvrant les travaux, Mohamed Christian a félicité le bureau exécutif sortant le travail abattu dans un contexte difficile. Vu les multiples contestations qui ont mis à mal l’exécution du programme de l’équipe sortante, le ministre a exprimé son souhait de voir le nouveau bureau affirmer son leadership et de faire preuve d’une grande maturité sur tous les plans jouer son rôle fédérateur.

La cérémonie d’ouverture a pris fin avec la mise en place du présidium qui pilote les activités durant le congrès. Dr Ali Abdéramane Haggar assistée de Me Clarisse Nomaye ont la responsabilité de diriger ce panel. 

Le CNCJ, il faut le rappeler, a été mis en place en 2005 conformément à plusieurs recommandations aussi bien transcontinentales, la Confejes, continentale, la Chambre africaine de la Jeunesse, nationale, la Conférence nationale souveraine de 1993. Il est l’organe faîtier qui joue l’interface entre la jeunesse, des pouvoirs publics et les partenaires d’appui au développement. Sa mission principale est de devoir transcender toutes les considérations subjectives pour mieux conscientiser la jeunesse et faire sa promotion pour son éclosion tant sur le plan social, professionnel, éducatif, culturel, économique et sportif.

Christian Allahdjim

Les radios privées de N’Djamena, capitale tchadienne ont décidé une journée sans informations le 1er décembre. C’est à la suite des arrestations des journalistes de la presse privée et des atteintes à la liberté d’expression constatée ce dernier temps. Ialtchad Presse est allé recueillir la réaction des citoyens. Reportage

N’Djamena, capitale du Tchad. Avenue Kabalaye. Il est 11h locales. Une heure où la circulation est dense. Et les vrombissements des moteurs font mal aux tympans. MM. Alladoumbaye Alain et Nannadoumadji Kodalta sont assis devant leur lieu de service dans le 3e arrondissement. Ils font la « causette ». Lorsqu’on les approche d’eux, grande surprise, leur conversation porte sur la journée sans radios des radios privées. « Vous tombez à pique », disent-ils. Selon Alladoumbaye Alain, la journée sans radios privées c’est pour montrer que les radios privées ne sont pas là pour faire entretenir la haine. « Elles donnent la voix des sans voix qui disent ce qu’ils ne peuvent pas dire ailleurs. Ce n’est pas une question politique. Mais ils n’ont pas d’autres possibilités de se faire entendre. C’est le jeu de la démocratie et de la Liberté », a-t-il confié.

Pour son compagnon Nannadoumadji Kodalta, ce que la police a fait à FM Libertés est une atteinte à la liberté d’expression. Selon lui, ce sont ces radios qui les informent sur beaucoup de sujets, surtout sur le vivre-ensemble. « Cette privation de liberté est injuste. Les radios privées ont raison de se faire entend. C’est pour attirer l’attention des autorités par rapport à la promesse du président Deby Itno de 1990. Il disait qu’il n’offrait ni or ni argent à la population, mais la démocratie et la liberté », affirme-t-il. Il estime que le Président de la République serait en train de suivre ce qui se passe. « Même si on n’a pas à manger au moins qu’on s’exprime en toute liberté, car nous sommes en démocratie », s’exclame-t-il.

Pour Mbaidang Balthazar, ce qui s’est passé est indigne. « La dernière fois devant la radio FM Liberté, la voie publique était bloquée par la police. Et cela allait occasionner même des accidents. Comment dans un pays dit démocratique les choses se passent de cette manière ? Nous les jeunes, nous écoutons plus les radios privées. Le gouvernement doit respecter de la liberté d’expression pour la cohésion sociale », dit-il. Pour lui, les journalistes sont là pour montrer ce qui ne marche pas aussi pour corriger les choses. 

Laisser les journalistes faire leur travail…

Un autre, M. Mamramadji Gabriel affirme que la radio FM liberté lui manque. « Je ne rate pas l’émission ‘’choc des idées’’ et le journal de 19h. Il faut que le gouvernement laisse les journalistes du privé faire librement leur travail. Nous sommes en démocratie. Nous avons besoin des informations vraies et vérifiées. Pas de la propagande », souligne-t-il avec force. Daouda Gombo Mahamat se dit désolé pour ce qui se passe. « Depuis hier, je suis sous informé. J’ai l’habitude de suivre les informations de Dja FM, Arc-en-ciel, FM Liberté. Il faut qu’elles reprennent vite pour nous informer », regrette Gabriel.

Pour Abdarazak Haroun, depuis hier sur les antennes de FM Liberté et des autres radios privées pas d’informations. Il n’y a que la musique. Selon lui, il recoupe toujours les informations grâce aux journaux parlés de radio la FM Liberté et Dja-FM. « Cela me fait mal de rester sans informations. Je suis un auditeur fidèle de ces deux radios ».

Pour lui, l’article 27 de la constitution tchadienne dit, « Les libertés d'opinion et d'expression, de communication, de conscience, de religion, de presse, d'association, de réunion, de circulation, de manifestations et de cortèges sont garanties à tous. Elles ne peuvent être limitées que par le respect des libertés et des droits d'autrui et par l'impératif de sauvegarder l'ordre public et les bonnes mœurs. La loi détermine les conditions de l'exercice ». La liberté d’expression est une loi constitutionnelle. Il faut laisser les journalistes tranquilles, conclut-il.

Moyalbaye Nadjasna

N’Djaména est privé des diffusions radiophoniques ce 1er décembre. En cause, l’appel à une journée sans radio lancée par l’Union des radios privées du Tchad (URPT). L’équipe d’Ialtchad Presse est allé faire un tour dans les rédactions. Reportage.

Une « Journée sans radio ». C’est ce que vivent les Tchadiens, particulièrement les N’Djaménois ce mardi 1er décembre. C’est silence radio dans la capitale tchadienne. Cette journée sans radio a été décrétée par l’Union des radios privées du Tchad (URPT) en signe de protestation à la violation et à l’arrestation des journalistes en formation dans les locaux de la radio FM Liberté le 27 novembre passé.

Ce matin du 1er décembre, les bandes des radios telles que Vision Fm, Dja Fm, Oxygène et FM Liberté sont vides. Dans les rédactions, le silence est maître.

« Il n’y a personne. C’est fermé aujourd’hui », nous fait savoir le vigile de la radio Vision Fm, située à Atrone dans le 7e arrondissement de la ville.  Sur la page Facebook de la station, les responsables ont posté ce message : « En raison du mot d'ordre de l'URPT pour une journée sans radio ce mardi 1er décembre 2020, votre radio n'est pas en mesure de respecter ses programmes habituels. Nos émissions reprendront demain 5h30. Veuillez-nous en excuser. »

Même scénario à la radio Oxygène à Kamnda dans le 7e arrondissement. « En raison de la '' Journée sans radio'' lancée par l'Union des radios privées du Tchad, la RADIO OXYGENE informe ses auditrices, auditeurs, abonnés, partenaires qu'elle n'émet pas ce 1er décembre 2020 de 00h00 à 23h59. Elle ne fera pas également des publications sur sa page Facebook. La RADIO OXYGENE reprendra ses programmes le mercredi 2 décembre 2020. Merci de votre compréhension », a posté la direction.

À la radio Dja Fm, au quartier Ambassatna dans le 3e arrondissement, c’est aussi le vide. La rédaction et le studio sont désertés par les journalistes. À la radio Arc-en-ciel, par contre quelques journalistes sont présents. Mais l’antenne est restée fermée. De la salle de conférence au studio, c’est le vide. « Nous avons répondu à l’appel de notre organisation faîtière », a indiqué Rolande, la rédactrice en chef. Pour elle, c’est une question de solidarité. « Hier, c’est à FM Liberté. Demain, cela sera où ? », s’interroge-t-elle.

À la radio FM Liberté, le scénario n’est pas différent. Les bureaux, les studios ainsi que les salles de rédaction et de réunion sont hermétiquement fermés. D’après le directeur de la radio, Djekourninga Kaoutar Lazare, la scène qui s’est déroulée dans les locaux de sa station n’est pas seulement de la violation, mais une « agression armée. Les éléments du Groupement mobile d’intervention de la Police ont tiré des gaz lacrymogènes et de balles réelles. Heureusement qu’il n’y avait pas eu mort d’homme. En tant que membre de l’URPT, nous observons cette journée », soupire-t-il.

Selon le directeur, la radio FM Liberté ne compte pas s’arrêter là. D’autres actions sont en vue. « Nous organisons une journée de deuil, demain 2 décembre. La radio va émettre, mais que de la musique engagée et des bandes d’annonces », dit Djekourninga Kaoutar Lazare. La radio va reprendre ses programmes normalement le jeudi 3 décembre.

Selon le président de l’Union des radios privées du Tchad, Mékondo Sony, joint au téléphone, le pari est gagné malgré la mise en garde et le rappel à l’ordre du ministère de la Communication et de la Haute Autorité des médias audiovisuels (HAMA). « Le mot d’ordre est respecté à 100% sur toute l’étendue du territoire », déclare-t-il. Il souligne que l’appel ne concerne que les radios membres de l’URPT. Ce qui justifie la diffusion des programmes sur certaines stations radiophoniques privées.  Toutefois, ajoute-t-il, il y a des responsables des radios non affiliées à l’URPT qui ont manifesté leur solidarité à ce mouvement. 

L’appel à l’interruption des programmes sur les stations radiophoniques privées a provoqué l’indignation du ministère de la Communication et de la Hama. Ces deux institutions ont interpellé les responsables des médias à respecter les dispositions de leurs cahiers de charge et la loi. De la plaisanterie, rétorque le directeur de FM Liberté. « Je crois qu’à ce niveau, le ministère et la Hama sont passés à côté de la plaque », dit-il. Pour lui, l’Hama et le ministère devraient condamner l’acte qui a été posé par les éléments de la Police. Malheureusement, dit-il, « ces deux institutions ont gardé le silence et se plaisent à raconter des choses. » Interrogé sur les possibles représailles de l’organe régulateur, Djekourninga répond en reprenant cette citation philosophique, « dès qu’un homme est né, il est assez vieux pour mourir. »

Christian Allahadjim
Ngon Lokar Maurice

C’est la 30e année pour marquer la journée anniversaire de la Liberté et de la Démocratie qu’une cérémonie de prise d’armes et de défilé militaire s’est déroulée ce matin, 1er décembre à la Place de la nation de N’Djamena, capitale tchadienne. Reportage.

Peu d’engouement ce matin à la Place de la nation pour la célébration du 30e anniversaire de la Liberté et la Démocratie au Tchad. Différentes hautes personnalités étaient présentes. Notamment, les membres du gouvernement, le président de l’Assemblée nationale, le Chef d’État-major des Armées, la première Dame et le Président de la République, Idriss Deby Itno.

Les troupes sont passées en revue par le Chef d’État-major des armées debout dans son véhicule de circonstance. Ensuite, c’est au tour du président Deby Itno de saluer les troupes. Et a procédé au dépôt des gerbes des fleurs sur le monument des martyrs. Un acte pour honorer leur mémoire. S’en est suivi, le défilé militaire, ouvert par l’armée de l’air par le survol des chasseurs et des hélicoptères. Sous le rythme des fanfares militaires, différentes troupes se sont succédé dans une cadence toute militaire. Le cortège présidentiel est parti après la fin des défilés. La cérémonie s’est ainsi terminée.

Pour Miskine, jeune citoyen, le pouvoir a réalisé beaucoup de choses, il faut le reconnaître. Selon lui, des écoles et hôpitaux ont été construits un peu partout dans la ville de N’Djamena. « Je souhaite bon anniversaire et longue vie à notre démocratie. Surtout, il faut que l’État assure toujours et continuellement la sécurité de tous les Tchadiens. Il faut que le coût de vie soit un peu moins cher », dit Miskine.

M. Mekasse, un peu amoché par une journée arrosée reconnaît que le Tchad fête le 30e anniversaire de la liberté et de la démocratie. Selon lui, c’est une fête qui rappelle l’entrée du Président Idriss Deby Itno au pouvoir en 1990. « Je remercie le Bon Dieu parce que je vis en paix. Ce qui me permet d’aller travailler dans les chantiers et gagner mon pain. Je demande à Dieu de garder notre pays toujours en paix », insiste M. Mekasse.

Rappelons que le pays a été indépendant le 11 août 1960. Plusieurs régimes se sont succédé. Le pays a connu des soubresauts politiques, des dictatures et des guerres fratricides. À la chute de la dictature de l’ex-président Hissène Habré, le 1er décembre 1990, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) prend le pouvoir et proclame la liberté et la démocratie. Dans son discours à la nation, au lendemain de sa prise de pouvoir, le président, Idriss Deby Itno a déclaré, « je ne vous apporte ni or ni argent, mais la liberté. »

Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile voient le jour. Un vent d’espoir a balayé le pays. 30 ans plus tard, le bilan est contrasté.  Certaines voix s’élèvent pour dresser un bilan négatif. D’autres dressent un bilan positif selon d’autres.

Moyalbaye Nadjasna

Le paiement des titres de transport aux enseignants fait des mécontents. Mbairis Ngartoidé Blaise, Secrétaire Général (SG) du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) explique les critères. Reportage.

Chose promise, chose due, dira le gouvernement. Les titres de transport pour le compte de l’année 2016 sont enfin versés par le gouvernement. Appelé « 13e mois », les titres de transport ont été pour longtemps le point de revendication du SET. Mais le paiement de ces titres fait encore des mécontents parmi les enseignants.

Il est 7h00 ce vendredi 27 novembre. Devant les guichets des différentes banques de N’Djamena, la capitale tchadienne, les fonctionnaires de l’Administration publique font la queue pour percevoir leurs salaires. Parmi ceux il y a des enseignants. Ils sont tous impatients de savoir si le fameux « 13e mois » est versé ou non. Les agitations ou les questionnements devant les guichets automatiques en disent long. « Le truc là (13e mois) est versé? », se renseigne un enseignant auprès d’un monsieur qui vient de sortir de la pièce où est logé le guichet automatique. « Je ne suis pas de l’Éducation », lui rétorque son interlocuteur. Cette réponse n’a pas découragé l’enseignant qui ne cesse pas d’interroger ceux qui sortent de la chambre guichet. Enfin, un collègue en sortant lui répond, sourire aux lèvres : « c’est bon pour moi ». Cependant, ce n’est pas bon pour tout le monde.

 « Je n’ai pas eu le 13e mois », rapporte un autre enseignant, la mine triste. Il dit ne pas comprendre le système de paiement. « Le gouvernement nous a dit qu’il va verser pour tous les enseignants. Mais là, il y a des enseignants qui sont plus enseignants que d’autres. On ne comprend plus ce système », dit-il indigné.   

D’autres par contre ont reçu des messages de leurs banques attestant le virement du 13e mois. Mais une fois face au guichet, oh surprise, il n’y a que leurs salaires. Des sources disent que la Direction de la Solde a versé ces primes par erreur à ceux-là et a vite fait d’alerter les banques de retirer le 13e mois sur le compte de ces derniers. 

Quels sont les critères d’éligibilité ?

Selon Mbairis Ngartoïdé Blaise, SG du SET, il ne suffit pas d’être enseignant pour bénéficier de cet avantage. Il y a des critères, précise-t-il. « Pour être éligible au titre de transport, il faut que l’enseignant exerce pendant au moins 3 ans de service après son intégration et sa titularisation ». Pour le SG, à la base de cette incompréhension, le désintéressement de certains enseignants à prendre connaissance des textes. Il invite ses collègues, « le décret 567 qui donne lieu au titre de transport est là. Allez-y lire pour comprendre ».

Pour le non-paiement d’une partie des enseignants, Mbairis Ngartoidé Blaise explique qu’en 2016, le gouvernement avait déjà versé pour une partie. « Cette fois, ça ne concerne que ceux qui n’ont pas perçu en 2016. Moi-même, je n’ai pas reçu le 13e mois », dit-il. 

Mbairis Ngatoidé Blaise soutient que d’autres points de revendications ne sont pas encore pris en compte. Il cite notamment la couverture sanitaire et les allocations pour les funérailles. D’après lui, 85% de l’accord signé avec le gouvernement est réalisé. « Il ne reste que 15% », dit avec force le SG.

Christian Allahadjim
Djilel-Tong Djimrangué

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