samedi 24 septembre 2022

Édito

Édito (47)

Il y a quelques semaines, un colonel fou et assuré de son impunité a assassiné son jeune compatriote. Un mécanicien selon certaines sources, un simple badaud selon d’autres. Une minute après son odieux crime, un groupe de jeunes gens l’a lynché et a mis les images sur les réseaux sociaux tchadiens (RST). C’était l’ébullition. C’était un acte odieux de plus, sur le crime odieux de trop.

Depuis un temps, le feu couvait sur les RST. Pas par le fait de la nouveauté de ces réseaux, mais par la facilité et la liberté que procure cette technologie. L’esprit tchadien étant belliqueux, dit-on, la mauvaise utilisation des RS a trouvé sa niche grâce à la lâcheté de l’anonymat. Certains feignent de ne rien comprendre à ce phénomène dangereux. D’autres pensent, jusqu’aux récents évènements du marché de champ de fil, qu’il valait mieux cette utilisation maladroite que rien du tout. Puis, d’autres, extrêmes, ne jurent que par la censure pure et simple. Bref, l’usage des RS est devenu inquiétant, voire menaçant pour l’existence de notre Tchad éternel. À quoi sert Internet? En quoi est-il utile? Qu’est-ce qui s’est passé dans la tête du Tchadien? Quelle solution pour préserver le pays d’un cataclysme en gestation dont personne n’en sortira vainqueur?

Importance du Net

Internet fait partie de nous. Il nous a conquis. Le Tchad comme le reste du monde ne peut se passer de ce formidable outil indispensable à nos vies de tous les jours, à notre épanouissement personnel et au développement du pays. Internet contribue à rendre le monde agréable à vivre. Et rendre aussi le Tchad agréable à vivre, renforcer notre fameux vivre-ensemble.

Pour un pays pauvre comme le nôtre, il est aussi vrai que pour l’instant, Internet semble être un luxe, l'affaire d’une minorité, mais cette prétention est de plus en plus démentie par les réalités du pays. Même nos vieilles mamans, au marché, parlent les yeux étincelants de curiosité, de « donés », « pecebok», « fatsap » (donnés, Facebook, Whatsapp), etc. Cela dénote de l’importance qu’a prise cette technologie dans notre quotidien.

Internet est une technologie unique en son genre. Elle permet de disposer de plateformes pour l’innovation, la créativité et les opportunités économiques. Internet permet, avec un peu d’intelligence et de volonté, à améliorer la qualité de vie des Tchadiens. Il est utile pour la recherche universitaire et la recherche d’informations pour l’innover dans tous les domaines. Internet nous permet de communiquer de façon rapide et instantanée. Il ouvre et multiplie le champ du possible à l’infini. Il rapproche de tout, ouvre le monde à tous avec ses formidables outils : Facebook, Twitter, Instagram, etc. Au lieu d’en profiter pour en faire bon usage, beaucoup des Tchadiens, heureusement minoritaires, l’utilisent mal.

La haine

Ce qui se passe dans les réseaux sociaux tchadiens est guidé par la haine. La haine dans son visage le plus hideux. La haine de l’autre. La haine de soi. La haine de tous. La haine de son pays. Pour le cas de champ de fil, c’est la haine d’un homme envers un autre homme. Le colonel est un homme rempli de haine. Un homme qui se sent au-dessus de la loi. Cet évènement est l’addition de nos haines catapultées au regard du monde. La réaction de jeunes était aussi de la haine. Nous les avons tous vus hargneux animés par le seul esprit de venger leur frère mort. La haine dure. La haine pure. La haine au visage juvénile tellement la douleur et le sentiment d’injustice d’avoir perdu un être proche leur ont fait perdre la tête. Ce colonel qui est censé protéger le défunt a lui aussi perdu la tête. Pour une histoire de ferraille. Pour une affaire de quelques sous. C’est fou.

L’image de l’assassin ensanglanté, titubant, niant son crime est la personnification même de l’impunité. L’impunité incarnée qui nous parle en psalmodiant de stériles regrets. Le drame dans ce drame, c’est que presque personne n’intervient pour le secourir en calmant cette foule de jeunes emportée par la haine. La vindicte populaire. Oui, la justice populaire a fait place à la Justice. Beaucoup n’y croient plus en ce pays, en sa Justice. Ils se font alors justice.

Les images de l’assassin et des jeunes donnent froid au dos. Glace le sang. Ils nous enlèvent à tous un peu plus de notre humanité, un peu trop de notre âme tchadienne. À qui la faute? À nous tous. L’esprit tchadien si fraternel est mort disait un frère. Un autre le reprend, il est mort depuis fort longtemps.

À ces cruelles images a suivi un emballement dans les réseaux sociaux. Une explosion des attaques communautaires. Des groupes ethniques sont doigtés, qualifiés de tous les noms d’oiseaux mettant à mal le peu d’espoir qui nous reste à se rapprocher. À simplement s’aimer entre eux. Tribunal populaire. Tribunal tribal. Tribunal virtuel. Il y a quelque chose de diabolique dans les messages sur RS.

À cela, il faut ajouter la prolifération des nouveaux médias à base ethnique sur Internet. Il y a entre autres : Béri média, Toubou média, etc. Ces soi-disant médias passent leur journée à glorifier leurs communautés par toute sorte de subtilités. Ceux qui les animent ne représentent aucune communauté. Ils n’ont reçu aucun mandat, d’aucun groupe. Ils s’autorisent tout, sans avoir l’autorisation de personne. Nous sommes par nos proximités, notre culture, une société métissée. Une société mélangée. Nous sommes des « sangs mêlés ». Des tricotés serrés. Et l’avenir est dans le métissage disait le poète-président, Léopold Sédar Senghor.

Le Tchad est un pays magnifique. Un pays de diversité. Un carrefour culturel où se croisent toutes les origines de tous les horizons. Une richesse extraordinaire qui n’attend qu’un souffle positif. Les Tchadiens sont des gens bien. Ils ont des qualités humaines remarquables : l’amitié, l’hospitalité, le partage, la solidarité, la retenue, la dignité et d’autres valeurs insoupçonnées. Des valeurs disparues dans la plupart des contrées. Mais elles sont encore jalousement défendues par plusieurs d’entre nous. Nos grandes qualités font face à de grands maux : l’individualisme, le népotisme, le clanisme, le tribalisme, le matérialisme a tout craint, etc.

Les Tchadiens ont beaucoup souffert des déchirements entre eux. Des chicanes attisées par des hommes politiques à la recherche de leur propre gloire. Prêts à tout pour y arriver. Prêt à tout pour s’y accrocher. Les calculs politiques de certains de nos compatriotes tapis dans les salons doux à l’étranger sont malsains, insensés et surtout suicidaires lorsque ces calculs attisent les braises de la haine tribale. Mener des combats politiques, oui. Les mener de manière loyale et noble, oui. Rien ne peut justifier des engagements qui mêlent des sentiments tribaux à des évènements malheureux. L’engagement politique est un droit absolu. La liberté de s’exprimer, de choisir est notre Bien commun. L’engagement politique est à l’honneur de ceux et celles qui veulent servir leurs pays au plus haut niveau.

Le Tchad va bien? Va mal? Ce sont des interrogations légitimes. Chose certaine, il ne va pas bien comme on l’aimerait. Les détournements des deniers publics et les tares que charrie le pays sont des faits irréfutables. Ils parlent d’eux-mêmes. Même le président Deby Itno l’a reconnu publiquement. Et à plusieurs reprises d’ailleurs. La dernière fois, c’était à l’occasion de son élévation à la dignité de Maréchal.

L’usage malpropre des RS, menace le Tchad éternel. Ce pays est menacé par le communautarisme. Il est menacé par notre aveuglement d’aimer son ethnie plus que son pays. Il est menacé par nos inconsciences qui engendrent la détestation de ce pays qui n’attend que d’être aimé. Il est menacé par le manque d’amour envers les gens ordinaires qui peuplent ce pays. Ils sont à bout de souffle. Ils n’y croient plus. Il faudra recommencer à leur apprendre à espérer. Leur expliquer que le Tchad est une espérance infinie. Que la cohésion nationale est le socle sur lequel, il faut continuer à construire ce pays malgré toutes les difficultés et les mésententes. Qu’il ne faut pas le détruire à coup de messages haineux sur les RS.

Solutions

« L’amour seul ne solutionne pas. Le pouvoir seul ne suffit pas. L’intelligence seule n’aboutit pas. Il faut une combinaison des 3 », dit une sagesse peule. Les autorités tchadiennes doivent changer leurs approches des RS. La censure n’est pas la solution. L’interdit attire les hommes plus qu’ils ne les découragent. La censure est dépassée. L’interdit est impossible aujourd’hui. Alors que faire?

D’abord, il faut organiser un « Grenelle sur la liberté d’expression et l’usage des réseaux sociaux ». Parler des bienfaits de l’Internet. Se demander pourquoi ce formidable outil est devenu le lieu d’expression des frustrations des Tchadiens? Inviter des experts tchadiens et étrangers pour en débattre et proposer des solutions.

Avant cela, il faudra s’atteler à libérer encore plus et rendre plus accessibles les RS en forçant les fournisseurs privés à baisser les coûts de connexions par tous les moyens, même par la loi.

Ensuite, créer un grand ministère exclusivement réservé aux questions liées à Internet. Par exemple, créer un ministère des Nouvelles Technologies, de l’Économie numérique et du Bon usage des réseaux sociaux. Il aura pour mission d’implanter définitivement une culture de l’Internet, à faire émerger une véritable économie numérique, à attirer les jeunes africains à s’établir au Tchad à investir et s’investir dans le numérique.

Aussi, il faudra toiletter les médias publics qui croulent sous le laxisme, le favoritisme, l’amateurisme et la résistance aux changements, etc. Il faudra leur donner un nouvel élan avec de nouveaux hommes et de nouvelles femmes. Déjà, ces médias, par leur propre faute, sont doublés à leur droite par des initiatives privées. Et à leur gauche par les RS et les médias dits citoyens. Il faudra donc leur assigner la mission de sensibiliser les Tchadiens sur la mauvaise utilisation des RS. Cette mission doit s’effectuer dans une totale liberté journalistique à travers des émissions éducatives, politiques, sociétales où rien n’est tabou, mais tout est abordé avec professionnalisme.

Enfin, il faudra que les autorités ne se précipitent pas dans les bras des premiers « affairistes » flairant une opportunité d’affaire. Il ne s’agit pas d’une banale question de marché. C’est une question de survie, de notre cohésion sociale et de notre existence. Toute solution précipitée n’apportera aucune réponse durable. Il faut se donner le temps de la réflexion et des propositions avec des gens sérieux et professionnels.

Bello Bakary Mana

Ialtchad Presse, une décennie, un nouvel élan, le journal Ialtchad Magazine est lancé.

Créée exactement en 2000 sous une version électronique à l’adresse www.ialtchad.com, Ialtchad Presse fête aujourd’hui ces 10 ans d’existence. Le site web récapitule plus de 2,7 millions de visites, 6 millions de pages visitées, 182 mille courriels et enfin plus d’un millier de tchadiens ont signé le livre d’or. C’est un véritable outil de communication fondé sur des valeurs d’objectivité et de professionnalisme, une presse affranchie de toute appartenance autre que celle au Tchad. Avec abnégation, nous avons apporté notre contribution à la liberté et à la démocratie au Tchad, et nous en sommes fiers.

Aujourd’hui, notre indéfectible attachement au pays, notre assidu désir à participer au devenir de ce dernier et notre conviction en un Tchad en paix et prospère nous ont amenés à rééditer notre contribution à l’évolution de la presse privée. Nous voilà sur support papier pour signer notre entrée dans l’univers de la presse classique.

En effet, Ialtchad Magazine est le premier magazine tchadien intégrant le nouveau concept triple nord américain soit : information général, commercial de promotion et people. Le mensuel est publié en 5000 exemplaires, 32 pages, papier glacé, 100 % couleurs et dans un design authentique, très soigné. La qualité, le style et le contenu du journal résument l’expertise et le professionnalisme de notre équipe. Plusieurs rubriques vous sont proposées, elles abordent la société, l’économie, l’art et culture, la santé, l’environnement, etc. Le magazine est aussi vendu au Canada, en France, au Cameroun et au Sénégal.

Il faut souligner, Ialtchad Magazine se veut un outil d’information générale, d’encouragement de débats sociaux-culturels, et de promotion des biens et services. A ce titre, nos colonnes sont ouvertes à tous les acteurs de la vie publique et privée du pays. Le Magazine est une propriété de Ialtchad Media & Trade, un réseau d’information et une régie publicitaire. Le réseau d’information et de promotion comprend un labo pour montages numérique (audio-photo-vidéo) et création web, 4 sites web professionnels et un magazine commercial de promotion et people.

Aussi, le lancement d’un journal papier est aussi une occasion pour formuler des vœux. Que disparaissent à jamais la guerre et son miséreux cortège. Que l’intérêt personnel, les détournements des deniers publics, la gabegie, le népotisme et la médiocrité fassent place à la justice, à la démocratie, au développement, à l’excellence et à l’unité des tchadiens. Méditant cette dialectique, nous soutenons sans réserve la politique de la main tendue du président de la république Idriss Deby Itno. L’accord politique du 13 août 2007 entre le gouvernement et l’opposition politique et le rétablissement des relations diplomatiques entre le Tchad et le Soudan consolident la recherche de la paix et de la stabilité. Un Tchad de paix et de droit, est tout ce que les tchadiens attendent.

Enfin, nous sommes très heureux de vous compter parmi nos lecteurs. Ensemble, consolidons l’œuvre entamé il y a dix ans, l’œuvre dont le nom à seul « Ialtchad » en dit tout sur son objectif.  Vos suggestions, contributions et autres commentaires sont toujours bienvenues, n'hésitez pas à nous les envoyer.  Bonne lecture.

Moussa Yayami, Hamid

Le Tchad, le peuple, la Nation, la République sont des réalités en désuétudes, on se cache plus pour placer haut sa personne, sa famille, sa région, sa religion, son appartenance ethnique. C’est une des pensés les mieux partagées par les tchadiens, on ne peut y échapper aujourd’hui parce qu’il appartient aux AUTRES de nous qualifier.  Ainsi, il y a une situation grave dans ce pays. Quand a commencé cette situation ? Tout tchadien a plus qu’une idée, il a une foi. Pour certains c’est avec la Constitution de 1962, pour d’autres avec le coup d’Etat de 1975 ou encore avec la guerre civile de 1979, avec les FAN 1982, avec le MPS 1990. Pas de volontaire pour la guillotine, ici il n’y a pas une, mais des vérités, le scientifique et la raison sont indéfiniment discutés. Chaque ethnie, tribut ou région à son sorcier. Pour chacun c’est les AUTRES, les arabes, les goranes, les ouaddaeins, les nordiste, les sudistes, les habreistes, les itno, les zakhawa, la France, la Libye, les soudanais et j’en passe. Les AUTRES, pas NOUS. Tous, non coupables ? Que Satan soit lapidé !
Pourtant on se doit de comprendre quelque chose. La question tchadienne est tout autre chose sauf des écritures d’opinions antinomiques. Les opinions contradictoires constituent un éventail des négations inter tchadien, au-delà, elles contribuent à rendre la question plus complexe. La désastreuse situation du Tchad peut trouver ses origines aussi loin dans les expressions colonialistes d’André Malraux proclamant l’indépendance du Tchad, mais elle serait aujourd’hui entretenue par le manque de courage.

Bientôt dix-neuf ans au pouvoir, même si tout n’a pas commencé en 1990, le régime en place ne peut nier sa responsabilité. Ce régime devrait se sonder en interrogeant son bilan. Quoiqu’on puisse discourir sur les origines de notre triste sort, aujourd’hui c’est plutôt l’absence d’une véritable démocratie et particulièrement la décrépitude économique et sociale du pays qui sont les causes de l’instabilité endémique du pays. C’est dans ces fondements que les mouvements rebelles et autres oppositions politiques harponnent légitimités et prétextes.
Sur le plan économique, la Somalie, pays en guerre civile depuis près de deux décennies n’a pas à nous envier. Le pétrole exploité depuis 2003 n’a rien apporté de concret. La corruption et les détournements sont troublants. Le pays reste pauvre parmi les pays les plus pauvres. Jusqu’à quand veut-on couver ce non-sens ? Courage, c’est tout ce qu’il faut pour dire qu’il s’agit d’un pays le Tchad, et non d’un bazar privé.

Constitués essentiellement des architectes d’hier, ceux de ce même système en place, il faut le dire, les mouvements armés sont mal partis. Il est impossible ou presque de greffer des bonnes causes sur du vent et en faire une pitance comestible. Beaucoup d’entre eux ont eu la chance, le temps et la responsabilité nécessaire pour montrer qu’ils aiment le Tchad, mais ils ont fait le contraire. Ce qu’ils trouvent injuste aujourd’hui est bien leur irresponsable toile. Sans vision, sans leader crédible, la prétention que la rébellion armée sera un orchestre national est à démontrer. Le plausible est une désolante continuité parce que le pouvoir par les armes n’est absolument pas différent de ce que les tchadiens vivent depuis le coup d’Etat institutionnel de 1962. Le courage, c’est tout ce qu’il faut pour condamner avec le défunt Ibni Oumar Mahamat Saleh « la prise de pouvoir par les armes et » son inévitable « confiscation par les armes.»

Aussi, s’ajoute des personnes ne trouvant pas autre vocation que celle d’attiser la haine et d’appeler à la mort d’autres tchadiens pour leurs mesquins intérêts. Désinformations, injures, viles propagandes, diffamations, étalage de vies privés et le tout contre des tchadiens comme eux. Femmes et enfants ne sont pas épargnés. Est-ce cela traité de l’information ? Des blogs, des images, des vidéos aux relents de la Radiotélévision Libre des Mille Collines rwandaise pour évangéliser la haine et la mort. Qu’on se le dise, prendre les armes et aller mourir à l’Est n’est pas le propre à une communauté, d’ailleurs à aucun individu. La conviction pour un changement par la violence restera inachevée si elle se limite à des ridicules et haineux clavardages.  Sans la vérité, toute détermination demeurera dérisoire. Du courage, et on verra qu’on n’est pas en train de servir le Tchad.

Un pays, un Etat de droit, sont les aspirations des tchadiens. Cela ne peut pas se réaliser tant qu’on n’aura pas le courage de dire que la victoire militaire des tchadiens sur des tchadiens ne sera jamais la libération. Cette dernière entretiendra au contraire le cycle de la barbarie, le cycle de cette même dictature qu’on voulait initialement résister. Ourdir le mal sous toutes ses formes contre ses concitoyens qui ne penseraient pas comme nous ou qui n’appartiendraient pas à notre famille est en soi une vision sans éclairage, de la stupidité. Pour sortir le Tchad du bois, il faut une lutte contre tous les vices qui nous minent et d’où qu’ils viennent. On ne peut dissocier la lutte contre ces muezzins de la haine et des opportunistes convertis en rédempteurs, de la lutte contre la dictature. C’est le cycle de l’impasse qu’il faut contenir par un changement pour tous et non un changement aux effluves partisans. Du courage pour refuser l’aliénation partisane. Rien que du courage pour s'accepter mutuellement afin d’avoir les coudées franches pour sauver le Tchad.
Courage n’est-ce pas ?  

Moussa Yayami, Hamid

Les premiers pas de notre Magazine, l’urbanisation plutôt muscle, le timide recensement électoral sont en substance les fourches de ce deuxième édito.

Ialtchad Magazine : un pari promoteur

Le Magazine bien accueilli à N’Djamena et à Moundou. Nous avons tout donné en qualité comme en contenu pour sa réalisation et la conséquence est une pluie de messages de soutien, de remerciements et de suggestions. C’est aussi ce que nous attendions de nos nombreux lecteurs. Pour façonner ensemble un Magazine aussi proche de leurs réalités et autres souhaits. Que ceux qui nous ont suggéré des rubriques s’assurent, nous sommes en train d’étudier les nombreuses sollicitations. Mais pour ceux qui ont souhaité nous voir faire davantage de place à l’actualité, nous leur disons que pour l’instant nous trouvons qu’il y a pas mal de journaux qui s’occupent de l’actualité. Toutefois rien n’est exclu. Aussi, on avance, le Magazine sera disponible dès le 18 juin 2010 à Abéché, à Sarh et Massaguet, nous en ferons progressivement pour les autres grandes villes du pays. Le prix reste partout au Tchad à 1000 F CFA.

N’Djamena : le pari de Paris

Il y a sûrement mille choses à dire sur l’urbanisation de la capitale, mais l’engagement de la mairie et du ministère de l’intérieur de faire de N’Djamena la vitrine de l’Afrique Centrale se fait d’une manière baraquée. La promesse de la compréhension de la première femme maire par rapport à son prédécesseur n’aura donc pas lieu. Les expropriations et les déguerpissements continuent tranquillement. Sous une saison de pluie, les désagréments ne manquent pas, les décisions sont prises le plus souvent à la hâte et l’exécution avec un empressement démesuré. Comme si Paris s’est construit à quelques mois du 25 août 1994 soit cinquante années après sa libération. Chose certaine, il ne manquera pas bientôt un discours du genre “N’Djamena otage, N’Djamena brisé, N’Djamena martyrisé, mais enfin N’Djamena une vitrine de l’Afrique Centrale”. Vouloir faire de N’Djamena une belle ville est en soi noble comme volonté, mais on doit faire preuve d’humanisme et de réalisme surtout. Les choses sérieuses se font avec plus de responsabilité et non avec des propos du type “que ceux qui n’ont pas les moyens de construire en matériaux durables vendent leurs propriétés”.

Recensement électoral : un pari diminué

L’accord du 13 août 2007 fait son petit chemin mais pas comme on le souhaitait. Le recensement électoral qui constitue l’ossature de ce dernier accord, se déroule à dos d’âne. Le consensus politique, la technologie mise en avant (puisque c’est pour la première fois qu’on cherche à établir au Tchad des listes électorales informatisées) et les nombreuses missions de sensibilisations peinent à convaincre la population. À quelques dix jours de la fin du processus de recensement le constat serait tout sauf un succès. Pas un véritable engouement chez la population. Même si cela ne compromettra en rien les échéances électorales futures, un travail de communication est à faire. A une semaine de l’échéance du recensement, on peut espérer changer d’avis à bien de personnes. Peut-être même penser à proroger si nécessaire l’échéance.


Moussa Yayami, Hamid

S’il est vrai que ce n’est pas la première fois que les tchadiens iront aux urnes pour choisir leurs représentants à l’Assemblée Nationale et leur Président de la République, les prochaines échéances électorales seront tout de même particulières. D’abord parce qu’elles se dérouleront dans un climat de sécurité et de paix, ensuite il y a l’importante adhésion politique autour de l’organisation de ces élections qui, il faut le dire, est une grande avancée pour notre démocratie. Une jeune démocratie qui a besoin d’être entretenue.

Ainsi, selon le chronogramme des élections générales 2011 émis par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), les tchadiens se rendront aux urnes le dimanche 06 février 2011 pour les législatives, le dimanche 03 avril 2011 pour le premier tour du scrutin présidentiel. Et le deuxième tour du scrutin présidentiel si nécessaire, est prévu pour le dimanche 26 juin 2011.

Comme dans tous les pays en développement, les défis de la prochaine législature et surtout du prochain quinquennat présidentiel seront principalement l’économie, le développement, l’éducation et la justice qui sont au plus bas. L’après élection augurera certainement une nouvelle ère, celle de l’émergence économique et du développement. Car, le désagréable retard dans lequel le Tchad baigne a d’abord été conditionné par la question de la sécurité. Mais la paix et la sécurité sont des préalables fondamentaux à l’existence d’un Etat de droit et il est commun, voir même juste que le chef de l’Etat en fasse ses priorités. Soulignons tout de même, alors que toute l’attention du pays était portée sur la question de la sécurité nationale, d’autres fléaux qui n’honorent pas le Tchad ont fait logis, singulièrement la corruption, les détournements des fonds publics et la gabegie. Présents par monts et par vaux, la corruption et les détournements sont les activités qui se portent le mieux dans ce pays, et d’ailleurs le Tchad excelle en la matière à l’échelle internationale. Le rapport 2010 de l’ONG Transparency International (TI) sur l'Indice de Perception de la Corruption, classe le Tchad au 171e rang sur 178 pays à côté des Etats comme le soudan, l’Irak, l’Afghanistan ou la somalie. Ces pratiques sont en réalité les tares qui gangrènent notre émergence et rendent dérisoires nos maigres efforts.

Aujourd’hui, l’instabilité tend à être classée dans les calendes grecques. La paix semble s’imposer. Le dialogue et le consensus sont continus. Sans doute, les prochains scrutins se dérouleront dans des conditions et dans un état d’esprit relativement meilleur que les précédents. Sans doute, dans la paix et la sécurité, le prochain Président de la République aura les coudées franches pour s’atteler aux urgents problèmes qui minent l’émergence du Tchad. La lutte contre la corruption et les détournements seront inéluctablement parmi les prochains engagements de la République. Oui, si on veut bien anticiper sur la déchéance de l’autorité de l’Etat. Oui, si on veut bien être porté au pinacle.

Moussa Yayami, Hamid

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