mercredi 21 février 2024

Une majorité de jeunes N’Djaménois rêve de quitter le pays

Déc 03, 2023

Les jeunes de la capitale tchadienne, N’Djamena, sont de plus en plus tentés de quitter le pays. Ils sont prêts à payer des fortes sommes d’argent aux passeurs pour rejoindre l'Europe ou l'Amérique (États-Unis ou le Canada) pour réaliser leur rêve. Ialtchad Presse a échangé avec plusieurs jeunes. 8 sur 10 veulent immigrer. Un échange non scientifique, mais qui marque une lourde tendance. Reportage.

Certains sont encore au banc du lycée, d’autres sont à l'université ou ont déjà leurs diplômes en poche. Tous rêvent de quitter le pays. « Je suis navré de le dire, il n'y a pas de perspective au Tchad. C'est une vérité absolue. Il n'est secret pour personne que l'injustice existe à tous les niveaux rendant impossible la réalisation de nos rêves. Il faut toujours avoir quelqu'un derrière pour avoir de l'emploi, du financement de projets, etc. Nous vivons comme des étrangers dans notre propre pays, pas d'eau potable ni d'électricité. De surcroît un pays pétrolier où il y a toujours des pénuries », se désole Mahamat Ibni Mahamat, étudiant en biomédical dans un institut de la place. Il préférait aller ailleurs, par exemple au Canada, payant 3 millions de FCFA plutôt que de vivre cette vie désolante et humiliante dans son pays, dit-il. « Ce n’est pas de mon gré, ce sont les conditions qui me poussent à rêver de partir, mais je reviendrai une fois que j'aurai fait un peu d’argent », explique-t-il.

Ali Adam, son ami assis à ses côtés partage son avis, mais lui veut partir pour faire des études. « Ici, les conditions ne sont pas réunies pour faire de bonnes études et avoir une très belle formation. Je préfère aller aux États-Unis un jour pour bien me former, travailler et retourner si Dieu le permet. Inchallah ».

Gérard Ndinguenan Gérard, chômeur diplômé en socio-anthropologie depuis plus de 2 ans rêve aussi de quitter le pays si rien ne change. Il estime qu'il y a trop d'injustice sur le marché de l'emploi, « il est difficile de joindre les deux bouts ou de subvenir à ses besoins malgré les efforts pour se trouver un emploi. En Europe ou en Amérique, c’est facile. Je compte partir, mais revenir », dit-il.

Si la majorité ambitionne d’immigrer,  une minorité de jeunes estime qu'il est souhaitable de  rester au pays, de se battre pour gagner sa vie et faire bouger les choses. C'est le cas de Al-Béchir Ousmane Abakar, étudiant, la vingtaine révolue. « On a besoin des jeunes pour construire ce pays. Si nous tous quittons le pays qui le reconstruira à notre place?», s'interroge-t-il. Le jeune Abakar poursuit que ce pays a besoin de ceux qui croient que tout est possible. Que tout peut changer un jour, mais pas changer d’un coup de baguette magique, « il changera par le travail, l'honnêteté, l'audace et la résilience ».

Abderamane Moussa Amadaye

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