samedi 4 février 2023

Bilan 2022 en matière des droits humains

Déc 26, 2022

2022 a été marquée par les massacres de Kouri-Bougoudi dans la région de BET, la répression violente des manifestants du jeudi 20 octobre appelé communément «jeudi noir», des conflits intercommunautaires et agriculteurs- éleveurs. Notamment ceux d’Abéché, Faya, Sandana, Danamadji, Léo, Mangalmé et Krim-Krim et des enlèvements contre rançon dans la zone méridionale. Quelques représentants des organisations des Droits de l'Homme donnent leur bilan, c'est le cas du Président de Fédération Internationale des Droits Humains pour la Zone CEMAC (FIDH) et l'Alliance Tchadienne Universelle pour la Défense de Droit de l'Homme (ATUDDH). Reportage.

Selon les Associations de Droit de l’Homme (ADH), le bilan 2022 en matière des droits humains est lourd. Il y a les massacres de Kouri-Bougoudi dans la région du Borkou Ennedi Tibesti (BET), les enlèvements contre rançon  dans le Mayo-Kebbi et le Logone Oriental avec des dizaines des personnes enlevées dont un proviseur du lycée retrouvé mort, des manifestants sont tués, certains sont arrêtés et déportés à Korotoro, et l'audience foraine qui a eu lieu à la prison de haute sécurité de Korotoro sans la présence des avocats, des médias et même des familles de victimes. La remarque faîte  sur les affrontements intercommunautaires et agriculteurs-éleveurs ont montré, selon ces associations, que le Tchad est presque dans l’état de nature là où l'homme devient un loup pour son prochain.

Pour le Secrétaire Générale de L'ATUDDH Acheikh Ben Saïd, la situation de Droit de l'Homme au pays est inquiétante. Il a déploré le nombre des morts et des blessés sur l'ensemble du territoire. Il a cité les évènements de Sandana, de Léo, de Danamadji, de Krim-krim, de Mangalmé, etc.

Idem pour le président de FIDH Dobian Assingar qui parle d’année d'épreuve éprouvante parce que le mal est partout à la porte de chacun et de tous. Beaucoup des vies humaines sont emportées, des centaines des blessés et des milliers des déplacés « comme si cela ne suffisait pas, est venu ajouté la violente répression des manifestants jamais connus dans le pays », a-t-il dit.

Le bilan de tension intercommunautaire au Tchad indique une courbe en hausse par rapport à l'année précédente selon la statistique du bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU. Selon le dernier décompte de 9 octobre, au moins 36 cas des violences intercommunautaires ont été enregistrés dans le pays. Sur les 36 cas, il y a 20 au Sud, 5 à l'Est, 5 au centre, 5 au Lac et 01 au Nord avec une forte proportion de 90% pour la gestion des ressources naturelles. Le sud du pays enregistre 56% des cas des conflits à cause de son climat plus clément et sa végétation abondante qui attire les bétails et le fait qu’il soit une grande zone de transhumance, c'est pourquoi les conflits se localisent dans cette zone. Il poursuit que le bilan le plus meurtrier de ce conflit a été observé à Kouri-Bougoudi où une altercation entre les orpailleurs a fait plus de centaines des morts et plusieurs blessés. Et le dernier conflit dramatique s'est déroulé le 30 septembre dernier à  Mangalmé dans le Guera où plus d'une vingtaine de personnes ont trouvé la mort.

De plus de ces conflits ont eu lieu 2 semaines après la fin du Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS) où les Tchadiens avaient espéré la paix au pays, « s’est rajouter la violente répression de 20 octobre jamais connu dans l'histoire avec des centaines des morts et des blessés pour des raisons incompréhensibles. Alors pourquoi tout ça ?», s’est indigné M. Assingar.

En termes de bilan, les affrontements intercommunautaires ont fait dans l'année 2022 au moins 528 morts, 600 blessés et plus de 7000 déplacés. Pour la répression violente du 20 octobre, elle a fait 150 à 200 morts au moins 500 blessés et plus d'un millier d'arrestations dont environ 700 déportés à Korotoro. Il ajoute que selon d'autres témoignages des détenus libérés, il y aurait 39 personnes qui ont trouvé la mort à cause de la soif, de la faim ou de la maltraitance. Avec des audiences foraines qui ont eu lieu, si on fait les décomptes des personnes condamnées, le non-lieu et les mineurs relâchés, il y a encore 140 personnes qui ne répondent pas à l'appel sur les 621 détenus selon les chiffres du gouvernement. « La population tchadienne attend légitimement que le gouvernement lui dise où sont passées les 140 personnes? Sont-elles décédées? Sont-elles en vie?». Le gouvernement doit clarifier les zones d’ombres. Et laisser la main libre à une véritable enquête internationale.

Noël Adoum

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