mercredi 7 décembre 2022

Journalistes en dangers au lendemain du 20 octobre

Oct 24, 2022

La manifestation du 20 octobre qualifiée par le gouvernement de transition d'insurrection populaire armée n'a pas seulement causé des dégâts matériels, humains, mais aussi et surtout a remis en cause la liberté de Presse. Depuis ce jour plusieurs journalistes ont été arrêtés, d'autres torturés et un cas de décès signalé. L'équipe d'Ialtchad Presse a baladé son micro chez quelques professionnels du métier ce 24 octobre. Reportage.

Le 20 octobre dernier, une manifestation a été sévèrement réprimée par les forces de l'ordre. Certains partis politiques, des ADH et autres déplorent plus d'une centaine de morts, dont un journaliste, Orédjé Narcisse. Depuis lors, plusieurs journalistes ont été victimes de violence dans l’exercice de leur métier.

Yo-Hounkillam Jules Daniel, Directeur de Publication du journal Le Libérateur affirme qu'il a été victime de torture le samedi 22 octobre à 17h sous le viaduc de Chagoua, à quelques mètres de l'Ambassade des États-Unis. Il souligne qu'il partait voir son neveu fauché par balle réelle à l'hôpital. Toujours selon lui, à sa grande surprise, des policiers lui obstruent la route. ‹‹ Je me suis arrêté, avant que je me présente, des policiers appartenant au GMIP ont commencé à me tabasser ››, a-t-il déclaré. Il ajoute, ‹‹ c'est grâce à l'intervention d’un autre élément du GMIP qui était descendu du véhicule que j'ai eu la vie sauve », dit-il. M. Jules laisse soutient qu'après être sauvé, il a voulu s'arrêter, mais son sauveur lui a demandé de quitter les lieux sinon, ces policiers pourraient lui tirer déçu, a-t-il confié avec une voix fatiguée et un visage rempli de frustration. Le cas de Jules n'est pas le seul. Le Réseau des Journalistes Reporters tchadiens (RJRT) dénombre un nombre plusieurs cas des journalistes arrêtés, torturés, menacés ou encore tués.

Pour Leubnoudji Tah Nathan est Secrétaire Exécutif du RJRT, il dénonce le fait que les journalistes sont devenus la cible privilégiée des forces de l'ordre à chaque manifestation. Tout d'abord, le Secrétaire Exécutif du RJRT déplore l'assassinat du journaliste Orédjé Narcisse de FM CEFOD. Selon lui, Orédjé a été tué par balle qu'il suppose être délibérément tiré. ‹‹ Nous ne pouvons pas comprendre que ce soit une balle perdue dans la mesure où il en a reçu deux ››, a-t-il lâché. Il poursuit, ‹‹ dans ce cas, tout porte à croire que ce n'est pas une balle perdue, mais délibérément tirée par des gens qui l'ont visé et atteint ›› .  Le Secrétaire Exécutif du RJRT dénonce également l'arrestation d'un journaliste du journal Le Pays. Il affirme, ‹‹ Ayi Nathan a été arrêté alors qu'il observait la manifestation dans son secteur ››, a-t-il confié. Toujours selon lui, Ayi avait présenté ses pièces, mais les forces de l'ordre l'ont torturé. ‹‹ Il a été obligé de ramper sur des cailloux ›› précise-t-il. M. Nathan dénonce aussi l'arrestation de Ousmane Azarag, journaliste de Le Progrès. Il a été arrêté, torturé avant d'être relâché, dit M. Nathan. En province, M. Leubnoudji dénonce l'arrestation et la torture de deux confrères. L'une de la radio Lotico et l'autre de l'ONAMA. Selon le Secrétaire Exécutif du RJRT, plus de 10 journalistes ont été torturés. Il lance un appel aux autorités, qui doivent selon lui, prêcher l'apaisement, la retenue et le respect de la liberté de Presse et des hommes et des femmes de presse.

Signalons que malgré la dérogation spéciale accordée aux journalistes, ils sont toujours exposés à des maltraitances ou à des violations de leur droit depuis les évènements tragiques du jeudi 20 octobre.

Abderamane Moussa Amadaye

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