lundi 26 septembre 2022

DNIS : ombre de Habré, chasseurs de per diem

Sep 17, 2022

9h 15 min. Je suis arrivé avec un retard de 15 min. Je me suis dit à moi-même « toi aussi? Te voilà en retard… ».

Je m’engouffre dans la salle. Le débat d’hier continue à faire rage…

10h 00. Le président du présidium Gali intervient en annonçant à l’assistance que les religieux qui avaient quitté la salle sont de retour. Il affirme aussi que le comité Adhoc a un bilan mitigé. Il a également rappelé aux participants d’éviter les chamailleries inutiles tout en soutenant que le comité continuera à jouer un rôle de croix de transmission avec ceux qui refusent toujours de participer au dialogue.

Gali n’a pas pu s’empêcher d’envoyer une petite salve de critiques aux participants qui se présentent que pour retirer leur per diem, disparaître sans jamais participer aux travaux. Ils repartent en provinces « ils reviendront émarger à la prochaine paie », c’est pas correct.

Depuis hier quelques participants ont ramené dans le débat le rapatriement de la dépouille de l’ancien président Hissène Habré avec tous les honneurs dû à son rang.

10h 22 min. Au fond de la salle, la colère d’une dame explose. C’est une victime de la police politique de l’ex-président Habré. Selon un représentant des associations de droits de l’Homme, elle crie sa douleur parce qu’elle aurait perdu des membres de sa famille. Elle crie son désespoir parce que certains discutent du retour de la dépouille de leur tortionnaire alors que les victimes ne sont toujours pas indemnisées. La salle s’est figée pendant 10 à 15 minutes.

Devant et derrière moi, deux participants se sont échangés des noms d’oiseaux au sujet du rapatriement de la dépouille. Ils ont failli en venir aux mains. L’un deux furieux a tenté d’envoyer au visage de l’autre une bouteille d’eau remplie. Il a fallu que les voisins neutralisent les deux pugilistes. Je me suis interrogé si ce pays et ces Tchadiens sont prêts à tourner la page des Habré, Deby, Goukouni et consort et écrire une nouvelle page. Le scepticisme envahissait mon esprit. Je me suis ressaisi en me disant non ce sont des rageux têtes brûlées qui ne représentent en rien les Tchadiens.

10h 45 min. Le rapporteur général Limane Mahamat prend la parole et comme il sait le faire calmer la salle.

11h 25 min. Gali reprend le micro pour faire un rappelle de son dur passé dans une anaphore bien sentie… «  moi Gali j’étais prisonnier de la DDS. Moi Gali j’ai vu mes collègues prisonniers souffrir et mourir à côté de moi. Moi Gali j’estime que les victimes doivent être indemnisées, etc » la salle s’est accrochée à ses lèvres dans le silence. Il boucle son intervention en affirmant, « s’il y a des personnes qui ont réclamé le retour de la dépouille de l’ex-président, il faudra entendre cela. Pas besoin de s’énerver pour cela. On est capable de s’écouter…

Pause.

Les travaux devraient reprendre à 15h 30 min. Ils reprennent à 16h 00. Le rapporteur général Limane Mahamat fait la synthèse. Il dit que les Tchadiens sont unanimes. Ils veulent la paix et la cohésion sociale bien que l’unité des cœurs et des esprits est mise à rudes épreuves. Ils veulent vivre dans un État laïc, souverain et de justice sociale. Le mal vivre qu’ils ressentent est dû à la faiblesse de la conscience nationale, à la mauvaise gouvernance et à l’incapacité de l’État de faire régner la justice.

16h 15 min. Le rapport de la commission 1, paix, cohésion sociale et réconciliation est adopté.

C’est au tour de la commission V de présenter son travail. La salle s’est presque vidée. Gali lève la séance.

Bello Bakary Mana

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