lundi 26 septembre 2022

Bassins de rétention : désarroi des riverains et des usagers de la route

Aoû 10, 2022

Les grosses pluies qui se sont abattues ces derniers jours sur la capitale tchadienne, N’Djamena, ont  mis les riverains des bassins de rétention de Dembé et les usagers de l'axe Santana dans une situation délicate. Un véritable cauchemar constaté ce mardi, 9 août par Ialtchad. Reportage.

Le soleil est moins brûlant ce matin sur l'axe Santana reliant rond-point Gazelle au marché de Dembé. Sur les deux rives de cette voie appelée aussi avenue du 10 octobre se trouvent deux bassins de rétention d'eau. Le spectacle est triste. Les bassins de rétention ont débordé, crachant ainsi l'eau dans les maisons des voisinages. Certaines rues d'intersection sont coupées et impraticables. Sur l'axe principal, en état de détérioration avancée, les usagers peinent à circuler. Des véhicules échoués dans de gros nids de poules sont engloutis par l'eau, les motocyclettes, hommes et femmes se battent comme des diables dans l’eau bénite pour passer de l'autre côté de la rue. Certains habitants venant vers le sud de Santana empruntent des pirogues.

Une partie de la route bitumée est noyée, des adolescents s'organisent pour donner de coups de poussettes aux motocyclettes et automobilistes moyennant de petite monnaie. Un peu plus loin, d'autres lavent les motos. Les uns se lamentent, les autres semblent se frotter les mains.

Allaissem Marcel, un riverain d'environ 40 ans apprécie la canalisation et les bassins de rétention d'eau. Mais le défaut, dit-il, l'eau qui se trouve dans cette cuvette n'a pas de sortie. L'eau est obligée de se déverser dans les maisons, assure le jeune homme. « Je pense qu'il faudrait que les autorités cherchent à voir là où c'est boucher pour frayer un chemin pour que l'eau puisse passer. Soit le canaliser vers le fleuve Chari, soit vers Goudji comme s'était le cas dans les années passées. On est depuis quelques jours dans l'eau comme des poissons », dit-il. A son avis, s’il faudrait aller louer ailleurs, pas de moyens pour cela. Marcel craint le risque de maladies saisonnières, surtout pour leurs enfants.

Un conducteur de mototaxi, Allarabé Roland est à côté. Il affirme qu'ils ont cru qu'avec le curage des bassins de rétention, la situation allait s'améliorer, mais c'est pire. « Aujourd'hui, non seulement nos concessions sont inondées, mais nous sommes également isolés complètement de nos activités. Je suis clandoman, mais regarder ce qui se passe actuellement sur cette route, c’est lamentable. Et pourtant on nous crie à l'oreille chaque jour que le développement passe par la route, la canalisation qu'ils ont faite n'est que du gâchis », affirme Roland. Pour lui,  il n’y a rien de bon. Il estime que les autorités communales auraient dû canaliser l'eau des cuvettes jusqu'au fleuve.

Manamou Benjamin lui aussi est conducteur de la mototaxi. Selon lui, c'est inadmissible. Il déplore que ce soit dans la capitale que se produise chaque année de choses indignes et jamais corrigées. « Rien de bon dans tout ce qu'ils ont fait. Normalement ils doivent reconstruire la route avec des canalisations sérieuses. Cela serait la meilleure solution pour canaliser les eaux des bassins. C'est un travail bâclé et de l'argent jeté sans résultat, la preuve est là », dit-il en colère.

Moyalbaye Nadjasna

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