jeudi 6 octobre 2022

Gaz butane, de plus en plus rare

Aoû 10, 2022

Les ménages remuent ciel et terre à la recherche de gaz butane ces derniers jours. Il n’est pas facile de trouver le produit et une fois trouver les consommateurs sont obligés de payer plus de 2000 FCFA pour se le procurer. Ialtchad Presse à sillonner les artères de la ville pour s’enquérir de la situation. Reportage.

C’est pour faire face à la dégradation de l’environnement que le gouvernement a interdit l’importation et la vente du charbon et des bois de chauffe (fagots) sur les marchés de N’Djamena et d’ailleurs. Pour aider les ménages, il a instauré à la population l’utilisation de gaz butane et a réduit le prix de la bonbonne de gaz fixé à 3000f à 2000f.  Mais cette situation ne semble pas satisfaire les ménages qui ne cessent de se lamenter. Il y a cela quelque mois le ministre de l’Environnement Mahamat Ahmat Lazina a fait une descente inopinée dans quelques marchés de la ville et a saisi les sacs de charbon des vendeuses. Ainsi le charbon, le fagot sont devenus de plus en plus chers malgré que certaines femmes achètent au Cameroun voisin pour revendre. Et le gaz devient de plus en plus rare. Face à cette situation, les ménages sont désemparés.  

Cela fait pratiquement 2 semaines que les ménages manquent de gaz butane. Personne ne semble connaître la cause exacte de cette carence malgré plusieurs personnes interrogées.

Il est 9h, nous parcourons quelques artères pour s’enquérir de la situation. Les vas et viens des usagés, ménages, enfants avec des bonbonnes de gaz attaché derrière les engins, prouvent qu’il n’y a pas de gaz. Alladji détenteur d’un point de vente sur l’axe CA7 dans le 7e arrondissement affirme qu’il ne connaît pas le problème exact de cette rareté. Il explique que même ces bombonnes envoyées pour le remplissage depuis plus de 5 jours ne sont toujours pas chargé. Alors que par le passé, une journée ou 2 jours suffisaient pour remplir les bouteilles et les récupérer, souligne-t-il.  

Devant les points de vente de gaz, les clients font la file indienne en attente de gaz. Il y a ceux qui font de boutiques en boutique à la recherche du sésame. Certains passent des heures devant les boutiques dans l’espoir de trouver du gaz. Interrogé a ce sujet Angel, explique que : « le gouvernement nous a habitués à l’utilisation de gaz. Nous avons déjà pris goût et il n’est pas facile de nous en passer. Mais subitement il n’y a plus de gaz. J’ai quitté Ambata dans le 7e arrondissement pour venir à Kabalaye dans le 3e arrondissement pour me procurer de la bombonne de gaz. C’est une de mes connaissances qui m’a informé, il était obligé de payer au boutiquier pour me garder la bonbonne », souligne-t-elle.

Joint au téléphone à ce sujet, le vise président du syndicat des distributeurs et revendeurs de gaz butane au Tchad Abdelbassit Baharadine Ahmed laisse entendre que : « la demande de nos jours est de plus en plus élevée que par le passé. Par jour 7 à 10 citernes de gaz sont ravitaillées. Les citernes quittent Douala au Cameroun pour Ndjamena et avec la dégradation des voies ils ne viennent pas tous ensemble. Parfois c’est seulement 4 à 5 citernes qui arrivent donc ça ne peut pas combler le vide ».  Concernant les hausses de prix, Abdelbassit Baharadine Ahmed soutient que ce sont les commerçants véreux qui se lancent dans cette pratique. Et généralement ils le font dans les quartiers reculer de la ville. Sinon, souligne-t-il, dans les points de vente sur les grands axes les prix restent les mêmes comme le gouvernement a fixé. Il conseille à la population qu’une fois que ces derniers augmentent les prix de leurs bouteilles pour revendre il faille les dénoncer, souligne-t-il.

Joint au téléphone le Président de l’Association Dynamique Citoyenne pour la protection des droits des Consommateurs (ADC) Moussa Mahamat Mahadir, explique, « la question de raréfaction de gaz se pose avec acuité au ménage tchadien et consommateur que nous sommes. Nous avons été reçues par la Direction de ARSAT et nous avons exprimé notre préoccupation par rapport à la raréfaction. Quelquefois ce n’est pas les quantités qui sont mises dans les bouteilles de gaz. Et cela pose un sérieux problème. A supposer que si vous pouvez avoir une bouteille de gaz de 6 kilogramme vous allez vous rendre compte que vous aurez que 3 Kl ». Il attire l’attention des consommateurs sur la question, ce n’est pas autant avoir de gaz, mais de la qualité est mieux. Il souligne qu’étant donné que des manœuvres sont faites dans le but de pouvoir soutirer autant de gaz. Et ces malfaiteurs sont en complicité avec quelques points des ventes qui se sucrent allégrement les doigts sur le dos des consommateurs. Pour lui, le choix de l’Association c’est d’amener les consommateurs à une éducation assez responsable et d’alerter les structures concernées comme ARSAT, le ministère et les Marqueteurs afin de vérifier les gaz avant de mettre à la disposition des points de vente. Lorsque les ménages constatent le manquement de ces aspects, ils doivent les saisir à travers une requête et l’association a son tour saisi le marqueteur, vendeurs pour que ces consommateurs entrent dans leurs droits.

Djénom Josiane

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