vendredi 2 décembre 2022

CNRT, les retraités exigent le départ du directeur

Jui 14, 2022

Les retraités civils, militaires, veuves et orphelins demandent le départ du directeur de la Caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT). Ils réclament plusieurs mois d’arriérés de pensions et de retard de coupons. Ils campent devant le siège de la CNRT. Reportage.

Les retraités civils, militaires, veuves et orphelins disent ne plus supporter d’être maltraités. Ils campent devant le siège depuis ce matin du 14 juin pour demander le départ sans condition du directeur de la CNRT. Ils accusent ce dernier d’avoir refusé de leur payer plusieurs mois d’arriérés et de coupons impayés. Installés à même au sol, ils expriment leur ras-le-bol et accusent le nouveau directeur d’être le responsable de leur souffrance.

Pour le président du comité de crise et porte-parole des retraités, le commandant Jean Blagué, les retraités, veuves et orphelins réclament juste leur droit. Selon lui, ils ont servi le pays pendant plusieurs années et sont admis à la retraite et veulent leurs arriérés de pensions. Il rappelle que c’est le président du conseil militaire de la transition (PCMT), le général Mahamat Idriss Deby qui a ordonné le ministère des Finances de verser la totalité de leurs arriérés et que le ministre de Finances a donné un délai de 45 jours pour qu’on les paye, mais rien n’est fait. Le porte-parole des retraités ajoute que plus de 200 personnes ont désigné 4 représentants pour aller rencontrer le directeur de la CNRT, mais celui-ci a refusé de les recevoir. Il affirme qu’ils ont écrit au PCMT pour demander son intervention.

Le commandant Jean Blagué explique que, quand ils ont décidé de manifester, le directeur l’a convoqué au commissariat du 5e arrondissement le vendredi dernier, mais à cause de la journée courte, il s’est rendu hier lundi accompagné de tous ses camarades de lutte. En colère, ils décident de camper devant la direction pour demander le départ de leur directeur. Le président du comité de crise déclare qu’un chef doit être patient, tolérant et doit opter pour le dialogue avec ses agents, mais ajoute-t-il, leur directeur est un va-t’en guerre et doit partir.

Abondant dans la même logique, Mme Rassem Anise, veuve d’un retraité militaire avec 8 enfants venant de Doba, dans la province du Logone Oriental, a vendu son bœuf pour faire les papiers de son défunt mari. Elle confie qu’elle n’a eu qu’un seul coupon et peine à avoir ses arriérés. Elle exprime son amertume et souhaite que la CNRT rembourse la valeur de son bœuf et reprendre le livret qui ne la sert à rien. La veuve cherche à retourner chez elle, mais elle est bloquée par manque d’argent. 

Le directeur de la CNRT, Laring Baou balaie du revers de la main les accusations des retraités, selon lui une partie des arriérés est versée et ils attendent la biométrie avant de déclencher la paie. Il affirme qu’ils ont commandé de machines pour la biométrie qui sont arrivées avec retard et c’est ce qui a retardé la paye. Le directeur qui tente de justifier le retard de paiement des arriérés des retraités soutient que les machines sont déjà disponibles et configurées et que le paiement va commencer le jeudi prochain. Il explique que c’est depuis une semaine que l’administration est en négociation avec le syndicat officiel de la CNRT. « Il se trouve que Jean Blagué se met en marge et prend quelques personnes pour créer un comité de crise, alors qu’il n’y a pas de crise », dit-il. M. Laring Baou promet que d’ici jeudi le ministre de Finances sera présent pour lancer officiellement l’opération de la biométrie et le paiement d’une partie des arriérés. Ils vont aussi payer les coupons du 2e trimestre et qu’ils vont commencer à N’Djamena avant d’étendre dans les provinces.

Au sujet des livrets brûlés, il minimise en disant que ce sont des livrets qui contiennent des erreurs et qui encombrent les archives qu’il a ordonné de brûler. Concernant la plainte contre le président du comité de crise le commandant Jean Blagué, le directeur reconnaît, mais dit avoir retiré la plainte après une négociation avec l’UST et que le porte-parole des retraités a promis verbalement qu’il va cesser de fermer le portail de la CNRT. Mais, dit-il, ce dernier n’a pas respecté son engagement. Et c’est pour cette raison qu’il a demandé aux forces de l’ordre d’intervenir hier.

Jules Doukoundjé

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