|
L’instabilité politique tchadienne connaît
des rebondissements incessants au point où l’opinion
internationale se demande les motivations concrètes de ces
mouvements prônant le changement ainsi que les tenants et les
aboutissants de leurs projets.
Mais
au-delà de ces conflits, le peuple exprime t-il le sentiment de
vivre ensemble ? Et quels rapports avec les conflits
interarmées ?
En effet, la délimitation du territoire n’aura peut-être pas
suffit à forger un peuple d’une diversité ethnique peut-être
sans précédent à vouloir vivre ensemble quoique certains aient
réussi à le faire, je veux dire d’autres nations. Cependant,
devrions-nous prendre des exemples sur leurs construits
sociopolitiques ou voudrions-nous marquer notre différence par
notre esprit belliqueux et enfoncer ce beau pays dans un cercle
vicieux à tout jamais ? Telle est la question que se pose une
frange de jeunesse tchadienne en quête d’un avenir commun et
désirant une solution autre que des combats sanglants aux issus
incertains et dont la main invisible à ce sujet n’en dit pas
moins. Ainsi donc, trouver les causes profondes de ces soutiens
systématiques externes serait trouvé le Graal. D’ailleurs c’est
ce qu’essaient de faire la plupart de ces mouvements mais leurs
positionnements politiques ainsi que le choix du leadership ne
semblent pas convaincre les parties prenantes et peut-être même
pas l’opinion publique tchadienne car il y’a jamais deux sans
trois. Enfin bref la peur d’une énième réplique de ces processus
hante le peuple. Coup du sors, manque de lucidité tactique,
quelles sont les causes de ces échecs politiques ?
Je pense que certaines causes de nos
échecs sociopolitiques seraient d’abord le
manque du sentiment de vivre ensemble,
s’en suit l’égocentrisme. En fait,
on fait semblant de vouloir vivre ensemble et que toutes nos
actions se résument qu’autour du pouvoir. Comme si tout tchadien
est né pour gouverner et que tout les moyens sont bons pour y
arriver. Tabous ou constat cruel, en tout cas il est temps de
lever le voile car ce problème est un facteur fondamental
d’unité et de cohésion SOCIALE d’un peuple. Son champ
d’action inclus nos différences culturelles, ethniques,
religieuses, et l’esprit de progrès commun. Mais aujourd’hui le
constat est alarmant tant au niveau interne qu’externe car la
communication inter tchadienne est difficile du fait qu’on
n’aime pas vivre ensemble. La préférence clanique l’emporte sur
le patriotisme engendrant l’émergence des nombreuses parties
politiques ayant des visions politiques différentes les uns des
autres. Or le multipartisme n'est pas synonyme de tribalisme.
Cette confusion est source des divergences fondamentales
fragilisant certaines coalitions tant politico-militaires que
civiles pour conflits d'intérêts entrainant ainsi des échecs
stratégiques perpétuels écartant progressivement la perspective
d’unité. D’ailleurs les échecs des multiples et récents
affrontements opposant ces différents antagonistes illustrent
parfaitement la fragilité de notre capacité à communiquer et à
nous entendre, je dirais même que c’est l’égocentrisme
implicite. Nos échanges ne se résument qu’à des confrontations
physiques menant à des hostilités aux issues non négociables et
que la force physique l’emporte sur la raison. Jamais de
compromis. Jamais. Dans ce cas, construire un pays relève d'une
équation complexe et difficile mais pas impossible car nous
pouvons encore compter sur la nouvelle génération comme levier
d’action indispensable pour rendre le système
vertueux.
Jeunesse tchadienne, nous sommes face à notre destin et nous
nous devons de relever les défis. Nous devons tirer les leçons
du passé pour construire un avenir meilleur. Mais construire ce
pays, c'est avant tout sortir des stéréotypes ethniques et des
préjugés, dépasser le clivage nord-sud, musulman-chrétiens,
mettre de coté nos intérêts personnels et communiquer en ayant
un dialogue responsable afin d’agir ensemble. Nous devons
partager des valeurs patriotiques et faire de nos différences
culturelles un atout pour renforcer les liens qui nous unissent
et promouvoir une image positive de notre pays sur le plan
international afin d’oublier ce cliché qui nous associe aux
sauvages. Oui nous pouvons changer la vision de notre société
par une synergie issue des dialogues et compromis sincères dans
le respect de nos traditions et dans l’intérêt de nos
progénitures. Que l’héritage de nos parents ne nous obscurcisse
pas la vision d’un Tchad nouveau mais qu’il nous serve de base
constructive d’un avenir responsable et meilleur. Seul une telle
volonté, un tel engagement peut apporter des changements
radicaux au sein de la société. Nous devrions alors mettre de
coté nos haines, nos rancœurs, notre vision négative de
l’autre. Desserrons enfin nos points et tendons-nous les mains
pour une unité durable .Faisons du dialogue et de l’ouverture
d’esprit une arme de construction d’un avenir meilleur, c’est la
clé de notre destin commun car ensemble tout est possible.
Piquet
DINGAMMADJI
Etudiant (3ème cycle) management des entreprises
Ecole de commerce et de management ISEE
Paris
piquetdingammadji@yahoo.fr
|